Catégorie : CNT-AIT : QUI SOMMES NOUS ?

Textes de présentations de la CNT-AIT

L’anarchosyndicalisme aujourd’hui : questions / réponses

L’anarchosyndicalisme aujourd’hui : questions / réponses
suivi de :
Fédéralisme et réseau : pour une organisation anarchosyndicaliste fédérale du XXIème siècle

Cet ensemble de questions / réponses est le fruit de l’expérience des luttes, des discussions et des réflexion des membres de la CNT-AIT des 20 premières années du XXIème siècle, qui les ont amené à redéfinir ce qu’était pour eux les principes, tactiques et finalités de l’anarchosyndicalisme. Il ne s’agit pas d’un dogme figé et indépassable, mais un point de départ pour continuer le débat avec les personnes intéressées par l’anarchosyndicalisme, principe et outil vivant en perpétuel façonnement.

LES RAISONS DE LA COLERE

Partout, tous les jours, que ce soit sur notre lieu de vie, notre lieu de travail, en discutant avec nos voisins, les raisons de se révolter ne manquent pas :

– Au « sud », les trois quarts de l’humanité souffrent de faim et de guerre dans la plus complète indifférence et le mépris le plus total des élites. Chaque jour, 30 000 enfants meurent de faim.

– Dans nos contrées occidentales, salariés, précaires, chômeurs, étudiants, lycéens, retraités…, sommes tous livrés à la même logique marchande qui impose précarisation, flexibilisation, et nous dépossède totalement de nos vies, de notre liberté d’action.

On nous divise en inventant des cloisonnements et des identités imaginaires : jeunes/vieux, français/ étrangers, travailleurs/chômeurs… selon la bonne vieille tactique de diviser pour mieux régner. L’individualisme et le communautarisme ne font que renforcer les égoïsmes individuels ou collectifs, au détriment de la solidarité universelle.

L’ANARCHO-SYNDICALISME, C’EST QUOI ?

LA C.N.T.-A.I.T. , QU’EST-CE QUE C’EST ?

La Confédération Nationale du Travail est une organisation anarcho-syndicaliste : nous sommes la section française de l’A.I.T., c’est-à-dire que nous sommes les seuls membres français de l’Association Internationale des Travailleurs, laquelle regroupe des sections et amis dans toute l’Europe, mais aussi en Amérique Latine et en Amérique du Nord, ainsi qu’en Asie, Océanie et Afrique.

Il est fondamental de comprendre que l’anarcho-syndicalisme n’est pas une idéologie parmi d’autres, n’est pas un ensemble d’idées toutes faites que l’on cherche à plaquer sur la réalité, mais bien au contraire que la théorie et la pratique anarcho-syndicalistes sont le fruit de l’expérience des luttes de plusieurs générations de femmes et d’hommes dont le but a été et est toujours- la transformation radicale de la société et des conditions de vie.

Au centre même de l’anarchosyndicalisme, il y a donc le souci constant d’éviter tout écart entre ce qui est dit et ce qui est fait, entre ce qui est vécu et ce qui est pensé. Ni compilation de recettes révolutionnaires, ni idéologie momifiée, l’anarcho-syndicalisme est avant tout vivant et expérimental dans le sens où c’est le vécu de ses militants, leurs expériences de lutte et de vie qui engendrent la théorie et non l’inverse.

Hier comme aujourd’hui, chacun, chaque anarcho-syndicaliste, chaque militante, chaque militant apporte sa contribution à l’élaboration d’une théorie et d’une pratique, sa quote-part à la construction du mouvement. Les cénétistes espagnols (c’est-à-dire les militants de la C.N.T. espagnole qui firent la révolution de 1936) avaient coutume de dire de leur organisation : « Elle m’a construit », c’est vrai, mais il faut bien sûr ajouter que chacun construit et nourrit le mouvement de son énergie. C’est donc un mouvement qui part du vécu des personnes et qui a pour objectif de transformer les conditions de vie qui nous sont faites, qui nous sont imposées. le cri de ralliement des fascistes espagnols pendant la guerre civile était « Viva la muerte » (vive la mort). Pour nous cénétistes, c’est, cela a été et sera toujours « Vive la vie ! ».

Anarchistes atlantistes

« Certes la république n’est pas l’idéal mais elle existe. En la défendant circonstanciellement, nous n’abandonnons pas nos positions révolutionnaires. La CNT[Vignoles] aurait fait une erreur en prônant l’abstention. Il est peut être temps de dire que le bulletin de vote peut parfois se montrer utile » in un autre futur, bulletin syndicat communicatin-spectacle de la CNT […]

Quand les Vignoles appelaient à voter Chirac …

On se souvient qu’en 2002, le second tour des élections présidentielles françaises a vu s’affronter le représentant de la droite et celui de la droite extrême, Chirac contre Le Pen. Le résultat ne faisait aucune illusion, il était évident que Chirac serait élu, réunissant sur son nom tous les républicains de droite comme de gauche. […]

I. Histoire de la CNT-AIT : Une courte apogée (1945 – années 1950)

Nous verrons dans cette première partie comment la CNT-AIT, après sa constitution, connaît une rapide apogée. Elle fut écourtée par des problèmes théoriques et pratiques qui la divisèrent. Ces divisions affaiblirent fortement l’organisation et la plongèrent dans un isolement dont elle n’est pas parvenu à sortir.
1- Des débuts prometteurs (1945-1949)

a) Les anarcho-syndicalistes dans la CGT (1945-mai 1946)

Au sortir de la deuxième guerre mondiale, les anarcho-syndicalistes étaient entrés à la CGT. Les anciens adhérents à la CGT-SR, qui avait cessé d’exister pendant le conflit (1), dans un appel daté du 15 septembre 1944 adressé aux syndicalistes révolutionnaires, demandèrent en effet “de faire, tous, l’Unité Syndicale, complète, totale, absolue, qui nous donnera dans ce pays une seule Centrale Syndicale : la CGT ; dans le monde une seule Internationale dont peu importe son titre.” (2) . Ainsi, plutôt que de faire renaître une CGT-SR, ses anciens adhérents ont préféré former la Fédération Syndicaliste Française (F.S.F.) afin de regrouper tous les syndicalistes révolutionnaires au sein de la CGT. Ils créèrent en même temps un journal, L’Action syndicaliste. Outre les anciens de la CGT-SR, la FSF était composée de jeunes issus de la résistance, tel que Raymond Beaulaton, ou bien encore d’espagnols en exil en France. L’importance de cette FSF en terme d’adhérents est difficile à évaluer. Selon Aimé Capelle (3), on pouvait compter environ 2000 adhérents rien que sur Paris. Toujours selon Capelle, la FSF aurait surtout été constituée par “les copains des métaux”, et dans une moindre mesure par “les copains du bâtiment” qui avaient reconstitué le S.U.B. (Syndicat Unifié du Bâtiment, principal syndicat de la CGT-SR). Des sections F.S.F. se sont constituées à Paris, Bordeaux, Toulouse, Lyon, Marseille, Lille, Saint-Nazaire. Une toute autre estimation de la F.S.F. est donnée par l’union locale de la CNT-AIT de Bordeaux en novembre 1947 : “La F.S.F. n’eut pas grand succès. Elle ne groupa jamais plus de quelques centaines d’adhérents, -presque tous anciens de la CGT-SR- et surtout elle n’eut aucune influence dans la CGT”. On peut ainsi affirmer que la F.S.F. n’eut aucun poids au sein de la CGT, bien qu’il soit difficile d’évaluer précisément ses effectifs. Si la F.S.F. semble être une tendance de la CGT, ses statuts sont assez flous et même proches de ceux d’une centrale : “Article premier. -La Fédération Syndicaliste est organisée sur la base de groupes locaux intersyndicaux, ou, à défaut, de groupes régionaux. Dès que le nombre de leurs membres le permet, les groupes doivent constituer des sections industrielles qui, elles-même, devront s’appuyer sur des sections d’ateliers, chantiers ou bureaux.” (4). D’après cet article, il est donc possible de constituer dans une entreprise une section F.S.F. à côté d’une section CGT. L’article 2 montre également que la F.S.F. se présente comme une organisation à part entière plus que comme une tendance de la CGT : “Article 2. -Les adhérents des groupes peuvent être membres d’une Centrale Syndicale non adhérente à l’A.I.T. (…)”. Or, la F.S.F. est la seule section française de l’A.I.T. (selon les statuts de l’A.I.T., il ne peut y avoir qu’une seule section par pays). Elle se présente comme une organisation syndicale tout en autorisant ses membres à adhérer à une autre centrale. Elle ne s’affirme donc pas comme une tendance organisée de la CGT, bien qu’elle n’existe qu’au sein de cette dernière. L’objectif de la F.S.F. au sein de la CGT n’était autre que de s’opposer à sa direction, et de diffuser les idées syndicalistes révolutionnaires. L’article fondamental des statuts de la F.S.F. présente un condensé du syndicalisme révolutionnaire. Apparaissent les thèmes de “suppression du patronat, d’abolition du salariat et la disparition de l’État”. Elle vise l’instauration d’une société basée sur le “communisme libre”. Il paraît d’ailleurs plus judicieux de parler d’anarcho-syndicalisme plutôt que de syndicalisme révolutionnaire. A la lecture des statuts, il est peu probable que la F.S.F. ait pu recruter les syndicalistes révolutionnaires regroupés autour de la revue La Révolution prolétarienne. La F.S.F. affirme clairement son opposition aux partis politiques : “Son action se déroule en dehors de celle de tous partis politiques et en opposition avec ceux-ci” (article fondamental). Il est également ajouté qu’“en aucune façon, ils (les adhérents de la F.S.F.) ne peuvent être membres de partis politiques” (article 2).

La CNT-AIT, une histoire à écrire

L’histoire de l’anarcho-syndicalisme en France n’a jamais, ou très peu, suscité l’enthousiasme des historiens français. Faire un bilan historiographique de l’anarcho-syndicalisme est donc relativement rapide. Trois travaux principalement relatent la période de l’entre-deux guerres (1). Son histoire à partir de 1945, quant à elle, n’a encore jamais été retracée. Les différents ouvrages traitant du syndicalisme d’après-guerre se limitent le plus souvent à informer le lecteur de la création de cette organisation. On ne trouve ainsi qu’un simple paragraphe, ou tout au plus une page, consacrée à la CNT-AIT. Certains auteurs se sont cependant montrés soucieux de relater la participation de la CNT-AIT à certaines grèves, mais sans s’éterniser pour autant sur la nature de cette organisation (2). Notre critique s’arrêtera particulièrement à l’ouvrage de Guy Caire. Ce dernier, après avoir mentionné rapidement la création de la CNT-AIT, écrit dans son livre : “En fait la véritable tradition de l’anarcho-syndicalisme se retrouve davantage dans certains courants minoritaires de Force Ouvrière” (3). Une telle affirmation, sans fondement (4), suffit à écarter la CNT-AIT de l’histoire des syndicats ouvriers. Une fois de plus, le lecteur n’en saura pas d’avantage sur la CNT-AIT. Difficile donc pour ce dernier de se faire une idée sur cette organisation. A la lecture de ce type d’ouvrages, il semblerait que la CNT-AIT n’ait joué aucun rôle dans la recomposition syndicale de l’après-guerre, ce qui, comme nous le verrons, est entièrement faux. Pour mieux connaître la CNT-AIT, on peut étudier l’histoire de l’anarchisme, notamment à travers deux ouvrages de Roland Biard (5). Les travaux de Roland Biard permettent en effet d’avoir une idée assez large de la CNT-AIT. S’il ne s’agit pas d’une histoire détaillée, elle donne en revanche un aperçu général et relativement fiable de l’évolution de la CNT-AIT entre 1946 et la fin des années soixante. Le tome II du travail de Jean Maitron (6) sur le mouvement anarchiste en France apporte des informations intéressantes, malgré quelques erreurs -mais ne s’intéresse pas en particulier à la CNT-AIT. Jean Maitron conclut simplement à la quasi-impossibilité de retracer l’histoire de cette organisation. Suite à ce rapide bilan historiographique, nous voyons qu’il est très difficile, et même impossible, de retracer l’histoire de la CNT à partir d’ouvrages historiques.

Congrès constitutif de la CNT-AIT française (Décembre 1946)

Compte rendu des débats, décembre 1946 Congrès constitutif de la CNT – 7, 8, 9 décembre 1946 Congrès constitutif de la CNTdécembre 1946 Extrait de l’Action syndicaliste (Organe de la CNT – Section française de l’AIT), n° 24, 25 décembre 1946, p. 1-2. La fondation de la Confédération nationale du travail en décembre 1946 est un […]

DIS MOI QUI SONT TES AMIS ET JE TE DIRAI QUI TU ES … A PROPOS DE LA CGT ESPAGNOLE

Il existe actuellement plusieurs organisations avec le nom CNT en France : la CNT-AIT (qui publie ce site internet http://blog.cnt-ait.info), la CNT Vignole (du nom de l’adresse de son local parisien au 33 rue des Vignoles) qui a scissionné de la CNT-AIT en 1993 et la CNT-SO qui a elle-même scissionné des Vignoles en 2012. On nous demande parfois quelle est la différence entre les 3 CNT. Ci-dessous un exemple de ce qui nous différencie en tant qu’organisation. Bien sûr, en tant que militants, nous souhaitons que tous les anarchosyndicalistes sincères se retrouvent et se réunissent, dans la clareté et sans compromission avec nos idées et nos pratiques.

La scission de la CNT en France en 1993 a été précédé par une scission de la CNT en Espagne, qui s’est faite sur les mêmes motifs : une organisation révolutionnaire peut elle, oui ou non, participer aux élections professionnelles (DP, CHS, …). Pour la CNT-AIT, anarcosyndicaliste, la réponse est clairement non. Alors que c’est tout à fait acceptable pour les « syndicalistes révolutionnaires » de la CNT- Vignoles (qui s’est ensuite elle même divisée avec la CNT-SO, mais pas sur cette question des élections pour laquelle ils sont tous d’accord).

Dans le processus de scission de la CNT française, les Vignoles ont donné comme modèle et exemple à suivre la CGT espagnole, elle même scission de la CNT-AIT en Espagne.

Les documents de la CIA révélés par Wikileaks éclairent d’un jour nouveau le processus qui a amené à cette scission pro-élection de la CGT espagnole … Il sravère d’après ces documents, qui sont des compte rendus de l’Ambassade des Etats Unis en Espagne, que les dirigeants de la fraction réformiste de la CNT espagnole, qui ensuite créeront la CGT espagnole, se sont rendus à plusieurs reprises – de leur propre initiative – à l’Ambassade des USA, pour leur faire passer des messages et – en retour – espérer un soutient du Gouvernement Américain… Gouvernement qui répondra positivement en invitant ces futurs dirigeants de la CGT-e à venir suivre des formations dans le cadre d’un séminaire « syndicaliste » aux USA … formation qui sera annulée par le secteur révolutionnaire de la CNT-AIT qui avait bien flairé la manipulation.

Parmi les messages transmis par les réformistes futurs dirigeants de la CGT-e – dont le fameux menteur professionnel Enrique MARCOS, faux déportés, vrai flic infiltré – celui ci : ils ne sont pas des anarchistes politiques mais des anarchistes « travaillistes » ; ils sont contre les violences des travailleurs ; ils souhaitent un gouvernement fiable et démocratique et agit dans le cadre des lois et surtout il faut les appuyer à participer aux élections syndicales en maintenant leur statut légal, car les élections sont le point de rupture d’avec les mauvaises habitudes révolutionnaires et violentes héritées du passé …

Nous présentions que le spectaculaire développement de la CGT en Espagne n’était pas complètement l’oeuvre du Saint Esprit ni de Saint Angel Pestaña et son « Concile » des Trentes … Mais maintenant Wikileaks, qui n’est qu’une partie émergée de l’iceberg des correspondances secrètes des services américains nous en apporte la certitude …

Le vieux dicton populaire affirme « dit moi qui sont tes amis, je te dirai qui tu es ». Et aussi « qui se ressemble s’assemble » …

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