A notre compagnon Sameh Saeed Aboud

أنا أزرع فسائل للحرية والمساواة لعلها تثمر يوما ويجد من يبحث عنها ما يشبعه

Je plante des semis de liberté et d’égalité, afin qu’elles portent un jour leurs fruits, et que ceux qui les recherchent trouveront pleine satisfaction (Profil du blog de Sameh)

Ce 23 juillet 2020, notre compagnon Sameh Aboud aurait eu 64 ans. Il est parti trop tôt le 18 janvier 2018, après une maladie fulgurante.

Sameh est un des pionniers de la résurgence de l’anarchisme dans la région arabophone. Militant de gauche dès les années 79 , dans des organisations marxistes-léninistes égyptiennes, l’échec du Socialisme réel et l’effondrement du bloc soviétique l’a amené non pas à jeter le bébé révolutionnaire avec l’eau du bain marxiste, comme l’ont fait nombre de « camarades » dans le monde entier, mais à mener une réflexion profonde sur la révolution, le socialisme, l’organisation etc … réflexion qui l’a amené à considérer positivement l’anarchisme comme moyen et fin de la lutte révolutionnaire. il fait partie des précurseurs du mouvement anarchiste égyptien, qui a éclot lors de la Révolution de 2011 de la place Tahrir.

Il a également participé à de nombreux collectifs, dont le Comité de solidarité populaire avec les peuples palestinien et libanais, et dernièrement le groupe égyptien contre la mondialisation.

https://dc606.4shared.com/img/FWlv1FZQce/s21/14ca27cf340/___online

Penseur radical et profond, o n lui doit la publication de nombreux textes de recherches sur le droit (il était Directeur de recherche au Centre Al-Mahrousa pour la publication, les services de presse et l’information) mais aussi sur l’anarchisme, les coopératives, les problème sociaux. Il fut à l’origine de la publication – souvent pour la première fois en arabe – de classiques de la littérature anarchiste. Il avait créé un maison d’édition pour essayer de rendre ces livres accessibles au plus grand nombre. Toujours dans ce même souci de diffusion maximale, il avait participé à la bibliothèque anarchiste arabe en ligne, la « black cat library ».

Nous avions entretenu une correspondance avec Sameh depuis le début des années 2000. nous avions traduits en français certains de ses textes et il en avait traduit en arabe un certain nombre des notre, notamment lors des émeutes des banlieues de 2005.

اللاسلطو ,سامح سعيد عبود

Pour que ne disparaisse pas dans le vide digital l’oeuvre de notre compagnon, nous avons repris le flambeau de la « black cat librairy ». Ces chers livres sont désormais de nouveaux accessibles en ligne les ouvrages, dont son propre ouvrage « اللاسلطوية » , l’anarchisme, qui est la première introduction aux principes anarchistes rédigés en arabe et pour un public arabophone.

Par ailleurs la meilleure façon d’honorer la mémoire de notre compagnon est d’enrichir cette bibliothèque virtuelle de nouveaux titres, ce que nous faisons chaque fois que possible.

La bibliothèque est en ligne à l’adresse suivante :

http://cnt-ait.info/category/inter/arabe/bcl/

des compagnons anarchosyndicalistes en France

Nous reproduisons ci-dessous un texte de nos compagnons anarchistes tunisiens pour honorer sa mémoire. Nous les remercions d’avoir accepté que nous le rediffusions.

L’image contient peut-être : 1 personne, lunettes et gros plan

اليوم يوافق عيد ميلاد الرفيق سامح و قد توفي يوم 18 جانفي 2018 و بهذه المناسبة اردت التعريف به و ببعض اعماله … كم نفتقد كتاباتك يا رفيق …
الاسم : سامح سعيد عبود
تاريخ الميلاد :23/7/1956
محل الميلاد : مدينة العمال ـ إمبابة ـ الجيزة ـ مصر
المؤهلات : خريج معهد البصريات بالقاهرة عام 1980 ، وحاصل على ليسانس حقوق جامعة القاهرة عام 1988
العمل:
مديرالبحوث بمركز المحروسة للخدمات الصحفية والأبحاث والنشر
من عام 1996 ،بعد فترة من العمل كمحامى حر من عام 1988 إلى 1996
التاريخ السياسى:
النضال السياسى عبر العديد من المنظمات اليسارية والماركسية اللينينية المصرية من عام 1979وحتى عام 1993، و المشاركة فى العديد من اللجان العامة التضامنية كلجان المناصرة للشعبين الفلسطينى واللبنانى ، و آخرهما اللجنة الشعبية المصرية لدعم انتفاضة الشعب الفلسطينى والمجموعة المصرية لمناهضة العولمة .
تم الانتقال تدريجيا بدأ من أوائل التسعينات من صفوف اليسار الماركسى اللينينى إلى اليسار اللاسلطوى عبر نقد الماركسية اللينينية .
المؤلفات:
1 ـ الجزء الأول من موجز تاريخ المادة و الوعى ـ صدرت الطبعة الأولى عن دار الثقافة الجديدة بالقاهرة عام 1991ـ باقى الأجزاء لم تنشر بعد
2 ـ العلم والأسطورة منهجان للتغيير الاجتماعى ـ صدرت الطبعة الأولى عن مركز المحروسة للخدمات الصحفية والأبحاث والنشر فى يناير 1998والطبعة الثانية فى يناير 1999
3 ـ انهيار عبادة الدولة ـ صدرت الطبعة الأولى عن مركز المحروسة للخدمات الصحفية والأبحاث والنشر فى يناير 1998
4 ـ مجموعة مقالات الفسائل المنشور بموقعى التحررية الجماعية و الحوار المتمدن , ومدونة الفسائل
5 ـ كتاب تاريخ الكون المنشور بموقعى التحررية الجماعية و الحوار المتمدن
6 ـ مجموعة من الأبحاث القانونية منها قانون الجمعيات الأهلية فى ظل القانون 32لسنة 1964 عن مركز المساعدة القانونية بالقاهرة عام 1997، قانون الجمعيات الأهلية والتدهور المستمر فى حالة حقوق الإنسان عن مركز الأرض بالقاهرة عام2002،والمشاركة فى بحث العنف ضد المرأة والتقرير العمالى عن مركز المحروسة للخدمات الصحفية والأبحاث والنشر فى عام
7ـ اعداد وتحرير كتاب غروب شمس الأنظمة العربيةعن مركز المحروسة للخدمات الصحفية والأبحاث والنشروله ترجمات عديدة وسلسلة من المقالات حول تاريخ اللاسلطوية والتعاونيات….
وله ترجمات عديدة وسلسلة من المقالات حول تاريخ اللاسلطوية والتعاونيات….

لروحك السلام و السكينة …

=======

اللاسلطوية

أفكار برودون، باكونين، وكروبوتكين قد أهملت من قبل التاريخ، خصوصا في المنطقة العربية. لكن اليوم هناك تنامي للاهتمام بتلك الأفكار التحررية خصوصا مع فشل الاشتراكية السلطوية. إن تاريخ اللاسلطوية هو تاريخ مقاوم ضد السلطة، ضد اضطهاد الدولة، وضد استغلال الرأسمالية. في هذا النص يغطي سامح سعيد عبود تاريخ اللاسلطوية، أهدافها وممارستها ويتحدث عن مستقبل هذه الحركة. هذا الكتاب الصغير هو أساسي في التعرف على اللاسلطوية.

Le « rêve d’anarchie » de la place Tahrir

Article du journal « Le Monde » de Claire talon, publié le 26 novembre 2011 à 13h25

Un par un, les hommes politiques de tous bords qui se sont aventurés, depuis le 19 novembre, sur le « coeur battant de la révolution égyptienne » s’en sont fait expulser sans concession.

Il est interdit de crier des slogans politiques. Il est interdit de monter une tribune. Il est interdit à tout parti politique d’entrer sur la place » : les révolutionnaires égyptiens ont érigé en lettres rouges les règles de « Tahrir » sur des bâches en plastiques amarrées au terre-plein central. Un par un, les hommes politiques de tous bords qui se sont aventurés, depuis le 19 novembre, sur le « coeur battant de la révolution égyptienne » s’en sont fait expulser sans concession.

Avec une détermination chaque jour plus forte, la place Tahrir cultive un tropisme politique qui subjugue les analystes. Les jeunes révolutionnaires qui l’animent refusent obstinément les règles du jeu politique tel qu’elles ont été établies par le Conseil supérieur des forces armées et les partis. Pour eux, la révolution ne fait que commencer. Il ne s’agit pas d’une « transition vers la démocratie », mais de la mise à plat d’un système. Battre les cartes et les redistribuer, inventer une nouvelle grammaire politique. Le poids des Frères musulmans au sein de la vie politique égyptienne en dépendra, ils en sont convaincus. Ils réclament le transfert immédiat du pouvoir du conseil militaire à un gouvernement civil de salut national.

Après quelques semaines d’une campagne largement improvisée, même ceux qui se sont aventurés dans l’arène politique le temps d’un tour de cirque médiatique sont de retour sur la place pour crier leur rejet du cadre politique dans lequel doivent se jouer les élections, prévues le 28 novembre.

Dispersés entre les partis, faisant campagne en solitaires ou refusant de jouer le jeu électoral, les révolutionnaires ne sont pas parvenus, en dix mois, à imposer un véritable leadership susceptible de contrer l’emprise croissante du Conseil supérieur des forces armées (CFSA) sur la vie politique égyptienne. Pas plus qu’ils n’ont été en mesure de renouveler les règles du jeu électoral.

Les mouvements de jeunesses formés sur Internet ont vu émerger des figures emblématiques sans véritable expérience politique. Le Mouvement du 6 avril, qui avait joué un rôle de déclencheur dans le lancement des premières manifestations, n’a pas développé de véritable agenda politique et ne s’est pas transformé en parti. La Coalition des jeunes de la révolution, symbole du mouvement auprès des médias, a perdu de sa crédibilité en se montrant incapable d’adopter une position politique claire. Venus d’horizons très divers, les cinquante candidats issus de ses rangs ont choisi de se lancer en politique à travers les différents partis (libéraux, de gauche ou islamistes) fondés après la révolution.

Mais intégrer un parti, même neuf, revient aux yeux de beaucoup de jeunes révolutionnaires à faire de la politique « à l’ancienne ». C’est souvent avec résignation qu’ils ont intégré des formations politiques et se sont prêtés au jeu d’un système électoral jugé insatisfaisant, en essayant de contrer l’état d’esprit clientéliste encore très présent au sein des gouvernorats.

« La campagne électorale en Egypte se mène à un niveau très basique, constate amèrement le célèbre blogueur Mahmoud Salem – alias Sandmonkey -, candidat du parti des Egyptiens libres (libéral) à Héliopolis. Des affiches, des flyers, des distributions de nourriture et d’argent, des subsides. Le Parlement a toujours été un substitut pour le gouvernement : les gens votent pour des services, ils ne sont pas habitués à ce qu’on leur parle politique, et ce n’est pas sûr qu’ils aiment ça… »

Certaines figures emblématiques de la révolution, symboles de la génération Facebook, ont tenté de tirer parti de leur célébrité pour se faire élire en indépendants. Mais leur difficulté à conclure des alliances les a menés souvent à se livrer une concurrence qui est apparue à beaucoup comme lamentable. A Héliopolis, trois célèbres révolutionnaires (Mahmoud Salem, Amr Hamzaoui et Asmaa Mahfouz) se présentent l’un contre l’autre face à une poignée d’anciens membres du Parti national démocratique d’Hosni Moubarak.

« Bloguer, c’est bien. Ça te donne une notoriété internationale. Les Américains et l’Union européenne t’arrosent de billets, ils t’invitent aux quatre coins du monde pour donner des conférences. Ils te paient des formations pour t’apprendre la démocratie. Mais, au final, tu n’as pas de véritable compétence politique, pas d’expérience de terrain. Tu ne sais pas mener des gens, ni ce que c’est qu’une campagne électorale », estime Mohammed Naim, membre du Parti social-démocrate.

Cette débandade politique semble donner raison à ceux qui, depuis des mois, jugent que, face aux abus de pouvoir du CSFA et à l’opportunisme des Frères musulmans, il n’y a qu’une carte à jouer : Tahrir. Au contraire de la dispersion des révolutionnaires en politique, la place est en effet un espace de cohésion inédit, où les leaders sont malvenus mais où il règne une véritable organisation spontanée. « Un rêve d’anarchie », soupire Fadi, qui y ête ses 33 ans. C’est la force de Tahrir, et son pouvoir d’attraction.

Quand la nuit tombe, les irréductibles se répètent le défi de Tahrir. « Cette fois-ci, les Frères ne sortiront pas indemnes de s’être désolidarisés de Tahrir. Ils en paieront les frais aux élections… quand il y aura de vraies élections », murmurent les ombres sur la place, emmitouflées dans leurs duvets.


coco.boer@yahoo.fr

Claire Talon

TUNISIE, EGYPTE, YEMEN … LA PEUR CHANGE DE CAMP

Tunisie, Egypte, Yémen, et partout dans le monde
DEHORS LES CRIMINELS

Depuis tant d’années, qu’ils oppriment, depuis tant d’années qu’ils exploitent, depuis tant d’années qu’ils tuent par la torture, par des assassinats, par la faim… Depuis tant d’années que tout le monde le sait et que (presque) tout le monde fait semblant de l’ignorer… Tant d’années…que cela paraissait devoir durer toujours… Jusqu’à ce que les gens les plus simples, les plus méprisés, ceux qui sont supposés n’y rien comprendre parce que pas « politisés », pas « éduqués », pas de « l’élite » descendent en foule dans les rues de Tunis pour clamer à la face du monde : ceux qui nous dirigent ne sont qu’une bande de criminels !

L’EPOUVANTAIL DE L’ISLAMISME

Pour justifier leur terrorisme d’Etat, les criminels au pouvoir se présentent comme les remparts contre l’islamisme. Rien n’est plus faux. Tout comme en France la politique ultra-sécuritaire et répressive du gouvernement avec sa propagande sur « l’identité nationale » nourrit le discours de haine et fait monter les néo-fascistes ; les pratiques coupables des Etats maghrébins font monter l’islamisme. Au lieu d’être des remparts de la « démocratie », ils sont les fournisseurs du totalitarisme !

LES ELITES ONT TRAHI

Achetées, imprégnées de post-modernisme, faisant sous couvert de « respect de la différence » le jeu de la propagande la plus réactionnaire (nationalisme, régionalisme, religion,…), raillant les droits fondamentaux des travailleurs, méprisant le « petit peuple », niant même que l’oppression fondamentale provient du capitalisme et de l’état, ceux qui se prétendent « l’élite » (médias, universitaires,…) et qui en ont tous les avantages, ont été massivement les complices du système. Aucune confiance ne peut leur être faite.

LA CLASSE POLITIQUE FRANÇAISE COUPABLE

Quand la ministre française des affaires étrangères, la dame Alliot-Marie, propose au dictateur Ben Ali d’envoyer gracieusement sa police pour l’aider à réprimer le peuple, quand le ministre de la « culture », le sieur Mitterrand, trouve toutes les excuses pour justifier le maintien au pouvoir d’une bande corrompue, la classe politique française de droite montre son vrai visage : celui du cynisme, de la corruption, de la répression et de l’exploitation.

Quand l’Internationale socialiste compte parmi ses responsables des Ben Ali, des Gbagbo, mais aussi des Strauss-Kahn (président du FMI), des Lamy (président de l’OMC) alors que le FMI et l’OMC sont des armes de destruction massive tournées contre les populations du monde, elle montre également son vrai visage : c’est le même : cynisme, corruption, répression exploitation ! Droite, gauche, milieu… le peuple n’a qu’une chose à faire de tous les politiques : les renverser !

L’ESPOIR SE LEVE AU SUD

Par son courage, par sa détermination, par son intelligence, la classe exploitée tunisienne vient de donner à tous et à chacun une leçon d’espoir. Faisons tout ce qui est possible pour la soutenir dans une voie qui, écartant les politicards, les religieux, les capitalistes et autres manipulateurs conduise vers un autre futur

Télécharger Un Autre Futur – Février 2011 (PDF – 11.4 Mo)

Que vive la résistance populaire autonome en Tunisie !

En préambule à l’ouverture du Congrès national de la CNT section française de l’Association Intenationale des Travailleurs, les délégués ont adopté à l’unanimité la motion suivante :
Les délégués des syndicats de la CNT-AIT française réunis ce jour à Toulouse saluent le soulèvement populaire du 14 janvier 2011 en Tunisie. L’action de la population tunisienne est un signal fort dans la lutte mondiale contre le capitalisme et l’Etat ; elle nous montre que la résistance autonome des exploités peut faire tomber les pires dictatures.

Nous souhaitons que cette lutte pour la justice sociale et l’émancipation puisse se développer, que les travailleurs et la jeunesse tunisienne puissent développer leurs propres moyens de décisions, malgré toutes les tentatives de récupérations et de divisions politiciennes ou religieuses qui risquent d’avoir lieu.

Seule la résistance autonome des exploités unis dans une perspective de lutte de classe pourra s’opposer victorieusement à la barbarie du système.

Vive le communisme libertaire !
Vive l’Association Internationale des Travailleurs !

Toulouse, le 15 janvier 2011

Image

Nous remercions les anonymes qui ont traduit notre communiqué et qui l’ont fait circuler dans tous les pays de langue arabe. Nous les assurons de toute notre sympathie et de tout notre soutien.

« INGERENCES ? », VOUS AVEZ DIT « INGERENCES » ?

Le 12 décembre dernier François Baroin a dit : « La Tunisie est un ancien protectorat français. Compte tenu de nos liens d’amitié et compte tenu de notre histoire commune, aller plus loin serait faire preuve d’une ingérence qui n’est pas du tout la ligne de (notre) diplomatie ». Mais j’ai du mal à comprendre pourquoi alors Sarkozy s’est mêlé des élections en Côte d’Ivoire. Ce pays est aussi une ancienne colonie et nous avons aussi une histoire commune. Pourquoi donc nos politiciens soutiennent Alassane Outarra ? C’est pourtant autant un dictateur que Laurent Gbagbo.

La réponse est que les politiciens sont des menteurs.

La preuve ?

Cette déclaration de Michelle Alliot Marie(1) : « Nous proposons que le savoir-faire qui est reconnu dans le monde entier de nos forces de sécurité permette de régler des situations sécuritaires de ce type. C’est la raison pour laquelle nous proposons aux deux pays [Algérie et Tunisie, ndlr], dans le cadre de nos coopérations, d’agir en ce sens pour que le droit de manifester puisse se faire en même temps que l’assurance de la sécurité. ». Alors pourquoi dit-elle le contraire de son porte-parole ? Soit elle n’était pas au courant de la « ligne politique » de son gouvernement. Soit sont ami Baroin est un menteur…

Diego

(1) Amie personnelle de Ben Ali. Accessoirement ministre des affaires étrangères.

Image

Les agences de notation financières ont baissé la note de la Tunisie et vont bientôt baisser celle de l’Egypte On se doute que la raison est simple, la révolte des habitants de ces pays qui réclament une vie plus digne. Il serait difficile de trouver meilleur exemple pour illustrer la devise : le capitalisme est incompatible avec la liberté.

LA PESTE OU LE CHOLERA

Comment ne pas se poser des questions sur le soutien sans faille que porte Nicolas Sarkozy au président « bien élu » de cote d’Ivoire Alassan Ouatarra ? L’ancien président Tunisien était lui aussi soutenu par l’Élysée, et Ben Ali était un dictateur…

Alassane Ouattara est présenté comme l’alternative « démocratique » a une situation politique très dégradé dans ce pays (1). Pourtant le « président », pour prendre la place de Gbagbo, s’est allié avec Henri Konan Bedié, celui-là même qui a utilisé le concept d’ivoirité(2) pour pouvoir diviser son pays et régner plus efficacement. Les reportages qui font de Ouatera un « honnête politicien » qui incarnerait l’espoir de voir la démocratie triompher en Côte d’Ivoire sont mensongers. Les journalistes qui acceptent de donner cette version sont des menteurs et des complices des horreurs passées et futures. La vérité est que chaque camp est corrompu jusqu’à la moelle, et que l’action politique locale ne se décide qu’en faveur des intérêts des grandes entreprises françaises comme Bolloré ou Bouygues.

Dans son numéro de janvier de « Billets d’Afrique » l’association Survie fait le bilan de dix ans de désastre politique en Côte d’Ivoire. Cette citation finira peut-être de convaincre les plus incrédules :

« Le 6 octobre 2002, cent-dix personnes, gendarmes et leurs enfants, sont extraits de leur caserne et emmenés dans une prison où ils sont immédiatement abattus par des combattants du MPCI, dont le secrétaire général est Guillaume Soro. Aucune suite ne sera jamais donnée à cette tuerie. »

Guillaume Soro est le chef de la rébellion anti- Gbagbbo. Il est dans le camp de Ouattara. On comprend donc que l’action « démocratique » est loin d’être l’option choisie par les opposants à Gbabbo. Non, Allassan Outarra n’a pas été démocratiquement élu. Les fraudes ont eu lieux dans les deux camps qui sont aussi corrompus l’un que l’autre. Non Allassan Ouattara n’est pas un inoffensif politicien qui désire servir les intérêts des Ivoiriens. C’est un dictateur en puissance, soutenu par les capitalistes qui hier soutenaient Gbagbo l’ignoble dictateur actuel.

1. – La France a introduit des divisions dans la population ivoirienne. Elle a poussé des rebelles proches de Ouattara à monter une partie de la population contre l’autre sur des bases religieuses (le nord musulman contre le sud chrétien) et ethniques
2.- L’ivoirité est un concept d’extrême-droite qui introduit une différence entre les « vrai » ivoiriens « qui sont là depuis toujours » et les « faux » qui seraient là depuis moins longtemps. C’est l’équivalent de « la France aux français ». Rappelons que c’est ce genre de concept qui a entraîné le génocide au Rwanda

LA PEUR CHANGE DE CAMP

Le tremblement de terre causé par le soulèvement populaire des habitants de Tunisie bouscule les Etats et les dictateurs arabes et leurs alliés. Les immolations qui ont eu lieu dans toute la région ne sont pas pour les rassurer.

Bouteflika, président-dictateur algérien, déploie ses forces répressives (formées par la France) et son matériel « de maintient de l’ordre » (fourni par la France). En même temps il fait baisser les prix des produits de premières nécessités et acheté un gros stock de blé et de farine. Il semble vouloir calmer les gens de peur de se faire virer comme son voisin tunisien. Pendant ce temps en Libye, Kadhafi, a lui aussi, dû baisser les prix. Un grand nombre d’habitants n’ayant pas de quoi se loger, a auto-réquisitionné des habitations. La police a dû laisser faire, qu’il s’agisse de logements publics ou même privés. Kadhafi n’a pas eu d’autre choix que d’approuver et même encourager ces initiatives, ce qui aurait été évidemment impossible il y a deux mois.

En Tunisie les habitants des quartiers de tout le pays se sont organisés spontanément pour assurer leur sécurité contre les flics-voyous que Ben Ali a laissé derrière lui pour effrayer les gens et provoquer le chaos. Mais cette stratégie ne fonctionne pas. Les travailleurs sont dans la rue et on a vu ceux de l’entreprise STAR (Société Tunisienne d’Assurances) virer leur PDG Abdelkarim Merdassi. Ce qui effraie le plus le pouvoir c’est que tout le monde se rende compte que, malgré la vacance de pouvoir, la vie continue.

Le gouvernement saoudien a été obligé d’annoncer que Ben Ali était en résidence surveillé et qu’il avait interdiction de fait quoi que ce soit qui nuise à son pays. Effet d’annonce ou pas, en tout cas force est de constater qu’ils sont obligé de montrer patte blanche face à une opinion internationale plus que favorable à la révolution tunisienne.

Le parti communiste chinois, lui-aussi, a peur de la contagion des révoltes arabes. Il a interdit tous les sites internet contenant le mot « Egypte »…

La peur change de camp, l’espérance aussi.

QU’ILS DÉGAGENT TOUS !

La presse Française qui couvre les événements en Tunisie est généralement conciliante avec l’ancien régime, et n’hésite pas à donner la parole aux personnes soit-disant modérées, et on a droit à des « Je suis contente que le mouvement s’apaise, je vais pouvoir revenir en cours » d’une étudiante, ou alors à des « On a besoin de ces ministres (NDR : les anciens de Ben Ali), pour pouvoir passer de la dictature à la démocratie » dit une femme en tailleur (source Yahoo actualité).On a l’impression qu’ils parlent d’une grève des services publics en France. En effet de là à dire « Ils prennent la population en otage ! » il n’y a qu’un pas !

En attendant en Tunisie, le couvre feu est toujours de rigueur. Même allégé, c’est toujours un couvre feu. Il faut donc en déduire qu’en Tunisie ils ont chassé un despote, mais que rien n’est encore gagné ! Souhaitons du courage aux révolutionnaires Tunisiens. Surtout ne vous faites pas embobiner ! Les « nouveaux politiciens » au gouvernement avec l’ancien premier ministre, ça sent vraiment trop l’escroquerie. Qu’ils dégagent tous !

Dédé

PAS DE QUARTIER SUR LES IDÉES PRÉCONÇUES !

Quand les médias parlent des banlieues, qu’importe la chaîne de télé, cela me hérisse les poils, je ne dirai pas où ça me hérisse, je risquerai d’être vulgaire. Quand on les écoute cela commence par « les zones de nondroit avec les trafics de drogues et d’armes qui circulent par l’économie souterraine », ça continue par « les étrangers qui refusent de s’intégrer à la communauté nationale », et ça finit par « le fanatisme religieux » … Moi, j’ai un problème avec ce discours. Les quartiers dont ils parlent, je les connais, j’y vis, les gens y travaillent, ils y ont des ami(e)s, de la famille, des relations sociales normales. Ce qu’ils disent eux, c’est tout simplement de la propagande d’un Etat qui est en train de se fasciser de plus en plus tous les jours, qui a produit cette misère sociale, et qu’importent les gouvernements de gauche ou de droite qui se sont succédés depuis plus de quarante ans. Pour ma part, j’appelle la population à ne pas se laisser le racisme, le machisme, l’homophobie, les religions et le communautarisme prospérer dans les quartiers. Cela à malheureusement touché une certaine partie d’entre nous ; les plus démunis qui ont été laissé tomber et qui n’ont pas trouver autre chose que ses saloperies pour exprimer leur colère. Oui je vous le dit, nous retisserons nos liens, nous serons solidaire les uns avec les autres face à l’épreuve de force qu’ils essayent de nous imposer, nous apprendrons à gérer nos quartiers par nos propres moyens. La misère qu’ils ont semée, on s’en débarrassera et eux avec elle !

POUR EN SAVOIR PLUS :
Articles et infos en ligne :
http://liste.cnt-ait.info (liste de diffusion)
http://cnt-ait.info (Paris-Nord, très complet)
http://cnt.ait.caen.free.fr (Ouest, avec forum)
http://cnt-ait-toulouse.fr (Sud, midi-Pyrénées)
http://sia32.lautre.net (gers, midi-Pyrénées)
http://gasycntait89.over-blog.com (Est)
http://anarsixtrois.unblog.fr/cnt-ait/ (Centre)
Quelques adresses utiles :
Paris-Nord : contact_at_cnt-ait.info
Lille : cnt.ait.lille_at_no-log.org
Caen : cnt.ait.caen_at_free.fr
Puy-de-Dôme : cntait63_at_gmail.com
Gers : sia32_at_no-log.org
Toulouse : contact_at_cntaittoulouse.lautre.net

UN AUTRE FUTUR !
supplément à ANARCHOSYNDICALISME !
7, rue St Rémésy,
31000 Toulouse.
Tel : 05 61 52 86 48

La CNT-AIT, c’est quoi ?

La CNT-AIT regroupe tous ceux qui, parmi les exploités, veulent combattre le capitalisme et l’État et instaurer une société libertaire. Sur les lieux de travail comme sur les lieux de vie, elle pratique l’anarchosyndicalisme : action collective directe, autogestion des luttes, solidarité de classe. Elle rejette toute compromission avec les patrons, les pouvoirs publics et les médias. Elle boycotte toutes les élections. Elle refuse de syndiquer les membres des forces répressives de l’État, considérées comme les ennemies des travailleurs.
Elle représente en France l’Association Interna-tionale des Travailleurs (AIT, Première Internationale).

Image

Un autre futur été rédigé le 29 janvier 2011 par des militants anarchosyndicalistes, salariés ou chômeurs. Il ne reçoit aucune subvention.