Triste bilan au Liban …

Le nitrate d’ammonium, bien connu des toulousains suite  l’explosion de l’usine AZF en septembre 2001 (la plus grosse catastrophe industrielle en Franc à ce jour … cf. 21 septembre 2001, TOULOUSE, AZF : UNE JOURNEE SOUS LA TERREUR) a de nouveau fait entendre la puissance de sa voix destructrice, cette fois ci à Beyrouth. L’explosion a été entendue jusqu’à Chypre, distante pourtant de 200kms des côtes libanaises. L’entrepôt n°12 contenait 2750 tonnes d’ammonite, soit une quantité neuf fois supérieure à la charge qui a sauté à Toulouse en 2001.

Bien que ce produit d’une dangerosité avérée ait déjà fait souvent parler de lui (en 1921 à Oppau en Allemagne : 561 morts, en 1947 à Brest explosion d’un cargo norvégien, en 2001 à Toulouse, en 2013 au Texas :15 morts dans la ville de West), il continue cependant d’être commercialisé et très utilisé dans le monde, soit comme engrais, soit comme explosif pour l’industrie minière. Ni son stockage, ni sa circulation ne font l’objet de mesures de surveillance réellement contraignantes (ni au Liban, ni ailleurs). Rappelons au passage que ce sont les marchands de canons internationaux qui à l’origine ont réussi à recycler en engrais agricoles leurs stocks de poudre invendus (au sortir de la Première et surtout de la Seconde guerre mondiale) : splendide exemple d’adaptabilité et de diversification d’un secteur industriel que la paix aurait pu gravement impacter.

L’explosion du 4 août a tué 180 personnes et en a blessé 6500 autres. On ignore encore le nombre des disparus, ensevelis sous les décombres ou réduits en bouillie par la déflagration. Beyrouth est encore une fois transformée en champ de ruines ; 300 000 personnes se retrouvent sans domicile, le port est en grande partie détruit. En 2014 un cargo géorgien dont la coque présente des voies d’eau, est contraint de faire escale à Beyrouth : il y décharge sa cargaison possiblement explosive avant de couler quelques semaines plus tard dans les eaux du port. Averties depuis 2016 par la direction du port de la présence de cet énorme stock de matière dangereuse, les autorités libanaises n’auraient donné aucune suite…

Nous avons ces dernières années, malheureusement souvent été obligés d’aborder dans notre journal Anarchosyndicalisme ! le thème des catastrophes « industrielles » ou « naturelles » et nous avons donc rappelé combien l’attitude de l’Etat (de n’importe quel Etat) en cas de crise grave, obéissait à un certain nombre de constantes : incurie totale quant à l’anticipation et la prévention des risques, absence criminelle de réactivité et impréparation face au déclenchement de la crise, communication mensongère cherchant à diluer les responsabilités. L’exemple Libanais vient encore une fois confirmer que les Etats n’ont en fait que bien peu de considération pour la sécurité et le bien-être des populations dont ils ont la charge. Dépassées par l’ampleur de la crise, les autorités s’inscrivent dans un premier temps aux abonnés absents, abandonnant les gens à leur triste sort : la solidarité se met alors en oeuvre au sein de la population cherchant à pallier aux carences de l’état.

Depuis 2018 , 2019 les libanais avaient déjà pris l’exacte mesure de ce qu’ils pouvaient attendre de leurs dirigeants : aux coupures récurrentes d’eau et d’électricité, à la montée vertigineuse des prix des denrées de première nécessité, au chômage en voie de généralisation, à la dévaluation de plus de 80% de la livre libanaise, à la pandémie de la Covid, voila que vient s’ajouter cette gigantesque destruction qui laisse une bonne partie des beyrouthins sans domicile, plongés d’un coup dans la misère la plus totale, frappés par le chagrin mais habités par une colère qui ne s’éteindra pas de sitôt.

Ce drame du 4 août survient donc à un moment bien particulier de l’histoire du Liban, alors que la crise est totale : une catastrophe qui peut apparaître comme l’étape ultime de la descente aux enfers d’une population, otage depuis près de cinquante années d’une clique de politiciens criminels, une catastrophe particulière dans un pays bien spécifique.

Etymologiquement « Lub nan » en arabe signifie la montagne blanche. Au cours des siècles la montagne libanaise va en fait servir de refuge à de multiples communautés religieuses (tant chrétiennes que musulmanes) qui cherchent à échapper à leurs ennemis en occupant des sites difficiles d’accès. Présenté dans la bible comme le « pays où coule le lait et le miel » le Liban a souvent attiré la convoitise de ses voisins en raison de ses richesses, de son climat, de ses ressources en eau facilitant le développement de l’agriculture.

Aprés la fin des phéniciens en -300 avant JC qui, marins commerçants, avaient fondé des comptoirs tout  autour de la Méditerranée, le Liban va être occupé successivement par les Perses, les Assyriens, les Grecs, les Romains les Arabes, les Mamelouks, les Croisés qui fondent (Raymond IV de Toulouse) le comté de Tripoli, l’empire Ottoman (entre 1516 et 1918) et enfin par la France après 1918. L’histoire du Liban est donc riche en influences et au cours du XXème siècle la diversité de sa population va encore s’accroître puisque le pays va accueillir sur son territoire des flux importants de migrants et réfugiés : en 1922 les Arméniens fuient en masse les massacres perpétrés par l’armée turque, bientôt suivis par des milliers de kurdes. Après la création de l’état d’Israël en 1948, ce sont les Palestiniens qui arrivent en nombre (une seconde vague suivra dans les années 70) puis entre 58 et 75 arrivent des Syriens fuyant le régime; après le déclenchement de la guerre en 2012 pas moins de un million et demi de syriens trouveront refuge au Liban qui comptait alors à peine quatre millions d’habitants.

Ce melting-pot pot de populations diverses aurait pu constituer un atout pour le Liban mais le choix en 1943 d’une constitution fondée sur l’allégeance confessionnelle des citoyens avec répartition proportionnelle des responsabilités politiques et administratives selon le poids démographique des confessions va en fait faire le lit des tensions entre communautés. On ne peut s’empêcher de penser que ce choix plus ou moins téléguidé par la France, ex puissance protectrice, est encore une fois l’illustration du fameux principe, souvent appliqué lors des décolonisations : diviser pour mieux régner.

L’institution du confessionnalisme comme fondement de la société permet en plus aux diverses oligarchies de prévenir les luttes sociales en enfermant les citoyens dans leur communauté religieuse. Pourtant jusque dans les années 70, le Liban va connaître une réelle prospérité, ses banques sont alors florissantes et l’on parle du Liban comme de la « Suisse du Proche Orient » tandis que Beyrouth, ville cosmopolite et festive devient le « Paris de l’Orient ». Même si la prospérité n’est pas identique pour tous, le Liban vit ces années là en paix et en (relative) démocratie, exception notable dans le monde arabe qui est plutôt abonné aux dictatures ou aux monarchies autoritaires.

C’est avec les conflits israélo-arabe et israélo-palestinien que le fragile équilibre entre les diverses communautés vole en éclats. La guerre civile s’installe de 1975 à 1990 avec des périodes de tensions extrêmes, suivies de calmes relatifs. Au cours de ces quinze années de guerre où s’affrontent un camp conservateur chrétien et une coalition islamo-progressisto-palestinienne (avec en outre deux interventions militaires extérieures, l’une syrienne , l’autre israélienne). 130 000 personnes vont trouver la mort, 150 000 seront blessées (beaucoup resteront handicapés à vie) et 10 000 disparaîtront. Enlèvements, tortures, viols, massacres collectifs, bombardements d’habitations , snipers tirant sur des civils sont monnaie courante à Beyrouth et au Liban dans cette période.

En 2006, alors que le pays commence à se remettre de ses blessures, une nouvelle guerre éclate avec le voisin israélien. Cette seconde guerre va modifier l’équilibre entre les forces confessionnelles. Le Hezbollah, (parti de dieu, parti milice chiite) se distingue par sa capacité à résister à l’armée israélienne et devient de fait la principale force politico-militaire du Liban. Survenant après 15 années de guerre civile, cette guerre va stopper le redémarrage du pays. Pourtant, Beyrouth, ville plusieurs fois détruite au cours de son histoire ancienne (séisme, incendie, bombardement de la marine anglaise en 1837) ou récente, se reconstruit cette fois encore, et ce dernier, comme les fois précédentes s’accompagne de scandales financiers. La classe politique ayant une fâcheuse tendance à puiser sans compter dans les caisses de l’Etat, l’endettement du pays va croissant. Un certain nombre de banque libanaises attirent des fonds étrangers avec des taux d’intérêts extrêmement avantageux ; intérêts qui sont en fait remboursés par prélèvements sur les dépôts confiés à la banque par ses nouveaux clients. Ce système apparenté à la «pyramide de Ponzi » ne peut durer très longtemps, la faillite et la banqueroute sont la fin inéluctable et logique de ces sortes de combines.

Des pratiques mafieuses et une conjoncture internationale instable précipitent le pays dans une crise économique et financière à partir de fin 2018. Juste avant le grand krach 6 milliards de dollars auraient quitté le pays pour des cieux plus sereins…. La livre libanaise perd 80% de sa valeur, 50% de la population passe en dessous du seuil de pauvreté ; même la classe moyenne voit ses revenus divisés par 3 ou 4 ; les gens n’ont plus qu’un accès très limité à leur compte bancaire, beaucoup sont ruinés. Excédés par l’incurie et l’incompétence de leurs politiciens les libanais descendent par dizaines de milliers dans la rue pour exiger le départ de leurs dirigeants : les libanais nomment cet épisode leur révolution du 17 octobre (par référence sans doute à une autre révolution d’octobre).

Il faut savoir que les actuels dirigeants sont pour la plupart d’anciens chefs de guerre qui veillent scrupuleusement sur leurs intérêts propres et sur ceux de la communauté qu’ils sont censés représenter. Le confessionnalisme, le communautarisme favorisent évidemment le clientélisme, renforcent le sentiment d’appartenance à un clan et contribuent à instituer le règne du patriarcat  : pour obtenir un travail, un logement, une bourse, il faut s’adresser à la bonne personne à qui on sera redevable du service rendu. Le communautarisme religieux (5 églises chrétiennes différentes : maronite, grecs orthodoxes et catholiques, arméniens catholiques et protestants ; 3 communautés musulmanes : sunnites, chiites et druzes) pèse en fait comme un carcan sur la société libanaise. Au sein de la jeune génération nombreux sont ceux qui rejettent ces divisions , ces rivalités qui ne profitent qu’à une petite minorité dont le seul objectif reste le maintien du statu-quo et de leurs privilèges. Des observateurs de la scène libanaise parlent de « vétocratie », les chefs des différentes obédiences s’opposant systématiquement aux propositions qu’ils jugent défavorables à leur clan.

Une bonne partie de la population libanaise veut le départ de ces chefs de guerre (qui sont souvent entre autres choses les riches propriétaires d’entreprises de BTP, diversification oblige), mais après la catastrophe du 4 août , même si la colère populaire gronde, on peut craindre que les « généreux donateurs», les fournisseurs de l’aide internationale ne veuillent contrôler de très près l’évolution de la situation politique. Les réformes structurelles du Liban dont rêve Emmanuel Ier, roi des français ne sont sans doute pas à la hauteur du changement souhaité par les libanais en révolte. Il est malheureusement probable, que l’on dégottera au fond d’un placard des politiciens bien propre sur eux et qu’on renverra avec beaucoup d’égards les vilains corrompus. Mais très vite, à l’usage, les intègres se révéleront aussi corrompus que ceux qu’ils ont remplacés puisque comme l’a si bien formulé Louise Michel, « tout pouvoir corrompt ».

Le communautarisme a prouvé au Liban son extrême nocivité. Les courants, qui en France et ailleurs militent pour l’instauration d’une société fondée sur le communautarisme devraient se pencher sur ce malheureux exemple. Nous sommes tous des êtres humains, des citoyens du monde et la seule réelle identité que nous ayons, c’est la place que nous occupons dans la société, notre appartenance à la classe des exploités ou à celle des exploiteurs. L’exemple du Liban montre que la classe dominante sait parfaitement utiliser le communautarisme pour étouffer les luttes sociales et assurer sa suprématie.

explosion de Beyrouth : les coupables …

Communiqué de nos compagnons du groupe anarchiste libanais KAFEH :

Carl O. Tangen

Carl Olsen Tangen (født 1888, død 26. november 1947) var redaktør av Norsk Syndikalistisk Føderasjons (NSF) organ Alarm 1919-27, deretter ansvarshavende i redaksjonskomiteen. Han ble stadig dømt og fengslet for artikler i Alarm.

Liv og virke

Carl O. Tangen ble fagorganisert i 1906, og sluttet seg til Fagopposisjonen av 1911 i 1912. Tangen var en periode sekretær for Akershus & Hedmarkens Agitationsdistrikt i NSF. Han var også medlem av Kristiania Ungsocialistiske Klub. Tangen var formann i Kristiania Stein-, Jord- og Sementarbeideres forening fra 25. januar 1914, men fungerte bare til juli måned, da han måtte stikke av til Sverige på grunn av at han var ettersøkt for militærnekting.

I Sverige gikk han inn i Sveriges Arbetares Centralorganisation (SAC). Han ble formann i Göteborgs lokale samorganisation og Västergötlands distriktsorganisation. I 1918 kom han tilbake til Kristiania og ble medlem av NSF.

I 1937 ble Tangen forretningsfører i NSF. Han var også formann i Oslo Lokale Samorganisasjon. Vinteren 1940 ble Carl O. Tangen dømt til ett års fengsel for ærekrenkelse mot fremmed stats overhode, etter anmodning fra det nazistiske Tyskland. Foranledningen var et oppslag i Alarm 9. desember 1939 hvor Hitler, Hermann Göring og Joseph Goebbels omtales på en lite flatterende måte. For Hitlers vedkommende het det: «Enkel, men stinkende mekanisme bestående av en skitten tannbørste over kjeftamentet og en gramofon med utslitne gamle skiver. Antakelig resultat av en lettsindig rasekjendsel mellom guden Odin og en ur-arisk zigøynerpike Gøbbels fikk også sitt: «Et misfoster som av misforståelse ansees for å være det manglende ledd mellom aper og mennesker, trots livlige protester fra apenes side.» Om Gøring het det: «Levende bevis på de svenske internerings- og sinnssykelovenes lettsindige bestemmelser. Mange anser at han ble utskrevet som helbredet 10 år for tidlig. Andre derimot mener at han ble sluppet ut 20,000 år for sent.»

3. februar 1940, sto det i Alarm: «Etter begjæring av den tyske legasjon i Oslo har påtalemyndighetene konfiskert ‘Alarm’ nr. 25 1939 og utstedt siktelse mot bladets ansvarlige redaktør C. O. Tangen etter straffelovens paragraf 247, jmf. par. 96, jmf. par. 102 og 103 for æreskrenkelse mot fremmed stats overhode. Det gjeller i dette tilfellet Nazi-Tysklands overhoder Hitler, Gøring og Gøbbels. Resultatet av konfiskasjonen ble ytterst magert for politiet. Bare 6 eksemplarer ble funnet. De tilhører forresten arkivet og redaktøren har protestert ovenfor politimesteren og forlangt eksemplarene levert tilbake, i det en konfiskasjon fra arkivet strider mot enhver kotyme og dessuten visstnok mangler lovlig hjemmel. Redaktøren nektet å avgi forklaring til politiet og anså seg på ingen måte straffskyldig, i det han mente det lå høyt over hans evner å kunne ærekrenke menn som de tre naziførere.»

Under okkupasjonen av Norge ble Tangen arrestert, og satt på Grini fangeleir fra 1942 til 1944.

Carl O. Tangen døde 26. november 1947 etter et langvarig sykeleie.

Norsk Syndikalistisk Forbund er i besittelse av Carl O. Tangens memoarer i 60 bind.

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Norsk Syndikalistisk Føderasjon

NSF 1918

Norsk Syndikalistisk Federation (NSF) ble stiftet i Oslo 28. desember 1916.

Innhold

Svensk påvirkning

Mange svensker ble tvunget til å dra til Norge etter storstreiken i 1909, fordi de var svartelistet i Sverige. Det var dermed de mest aktive og radikale svenske arbeiderne som kom til Norge, og deres virksomhet begynte snart å sette spor. Den første tiden ble det agitert for i hovedsak en anarkistisk preget ungsosialisme. Omslaget til mer ren syndikalistisk argumentasjon kom i 1911, samme år som den norske storkonflikten. Året før hadde Norsk Stenhuggerforbund gjennomførte sine tariff-forhandlinger. Forhandlingene hadde trukket i langdrag, men det endelige resultatet var skuffende. Man var også skuffet over steinhoggerforbundets handlemåte. En omlegging av forbundet til en organisasjon etter Fagopposisjonens retningslinjer førte ikke frem, og de mest militante steinhoggerne besluttet i 1913 å opprette egne Lokale Samorganisasjoner tilsluttet Båhuslen distrikt av Sveriges Arbetares Centralorganisation (SAC). De lokale samorganisasjonene drev en viss agitasjon. De distribuerte svenske Syndikalisten og norske Direkte Aktion. Virksomheten var visstnok ikke særlig vellykket. Man drev også en del skoleringsarbeid innen samorganisasjonen.

Lokale Samorganisasjoner (LS)

Steinhuggerne i Østfold hadde allerede i 1912–13 åtte syndikalistiske Lokale Samorganisasjoner, LS, tilsluttet den svenske syndikalistorganisasjonen, SAC. I 1914–15 ble det stiftet to til i samme område. I løpet av 1916–17 ble det dannet ni LS-er. 1916 var det 17 Lokale Samorganisasjoner i Norge med tilknytning til SAC. Medlemstallet var 775, i hovedsak svensker, men også noen nordmenn og finner. Å arbeide innenfor de eksisterende reformistiske organisasjonene ville bare resultere i en svekkelse av klassekampen; kompromisser, kjøpslåing og avtaler med herskerklassen ville bli resultatet, mente de. De nydannete LS-ene sto for en ren syndikalisme, og sto derfor i et latent motsetningsforhold til Fagopposisjonen av 1911 og dens «kvasisyndikalisme»

Lokale Samorganisasjoner fungerte som en slags konkurrenter til fagforbundene, spesielt til Norsk Arbeidsmandsforbund som, i likhet med LS-ene, organiserte gruve- og anleggsarbeidere. LS-ene søkte også å trekke de uorganiserte ved anleggene, hovedsakelig bondegutter, inn i sin organisasjon. Dette medførte en del konflikter. Det var ønskelig å få LS-medlemmene inn i den ordinære fagbevegelsen. Også innen Fagopposisjonen så man med skepsis på det man mente var en splittelse av fagbevegelsen. Enheten i arbeiderbevegelsen måtte bevares, og omformingen skulle skje innenfra. I oktober 1916 ble det reist spørsmål om stillingen til de personer ute på arbeidsplassen som vegret seg for å gå inn i Kristiania Stein-, Jord- og Sementarbeiderforening, og som «inntok en uvennlig holdning til fagorganisasjonen under påberopelse av at de sto i en L.S.», i hovedsak svensker. Enkelte mente at dette var en lite solidarisk holdning fra vedkommende arbeideres side. Saken vakte stor debatt.

NSF stiftes

3. juledag 1916 ble en konferanse holdt mellom Lokale Samorganisasjoner, Norsk Arbeidsmandsforbund og Fagopposisjonen for å få slutt på stridighetene. Medlemmene av SAC ble tilbudt fri overgang til Arbeidsmandsforbundet. Syndikalistene var avvisende til å gå inn i den «reformistisk-politiske» fagbevegelsen.

Representanter fra tretten LS-er kom så sammen, og det ble besluttet å sende ut et forslag til de forskjellige LS-ene til avstemning, som ble vedtatt. 28. desember 1916 ble Norsk Syndikalistisk Federation (NSF) stiftet i Kristiania. Akkurat som for Norges Ungsocialistiske Forbund, så var steinhuggerne i Østfold en viktig organisatorisk basis for den nye organisasjonen.

Richard Hansen, formann i Arbeidsmandsforbundet, advarte bestemt mot å stifte en slik særorganisasjon, og han la frem en uttalelse fra forbundets hovedstyre, der det het: «Arbeidsmandsforbundet kan derfor ikke anerkjende nogen organisation, som arbeider for en splittelse av arbeiderklassen. Heller ikke lokale samorganisationer i tilslutning til S.A.C.» Syndikalistene ble beskyldt for å opptre arrogante overfor de norske organisasjonene. Disse, på sin side, mente at Norsk Arbeidsmandsforbund samarbeidet med arbeidskjøpere for å få dem vekk fra arbeidsplassene. Arbeidsmandsforbundets reaksjon var skarp, og man erklærte at man heretter ville behandle syndikalister på arbeidsplassene som uorganiserte.

I et sirkulære fra Norsk Arbeidsmandsforbund begynnelsen av 1917 konkluderer forbundets hovedstyre med at medlemmer av LS var å se på som uorganiserte. Andre mente, selv om de var uenige i det å stifte en syndikalistisk organisasjon utenfor de bestående organisasjoner, at siden de nå engang eksisterte, skulle man ikke oppta noen kamp med dem, heller ikke å betrakte dem som uorganiserte.

Blant skandinaviske syndikalister var det uenighet om opprettelsen av NSF. Diskusjonene gikk friskt i Direkte Aktion i ukene før stiftelsen og et stykke ut i 1917.

Syndikalismen kom til å stå særlig sterkt i rallarmiljøet. Dette var folk som dro fra det ene stedet til det andre, rastløse og frie. Det var den store mangelen på arbeidskraft som gjorde denne friheten mulig. Man fikk alltid arbeid. Det var høykonjunktur, og i denne situasjonen var det klart at militant faglig kamp ga resultater. Fikk de sparken et sted var det bare å dra til et annet, og fortsette kampen der. Særlig sterkt sto NSF i Nord-Norge, og blant anleggsarbeiderne sørpå ved bl.a. Rauma-, Røros– og Sørlandsbanen.

Selv om Arbeidsmandsforbundets holdning til syndikalistene var avvisende, så kunne det unntaksvis forekomme et samarbeid lokalt. Dette skjedde bl.a. ved Fosdalen gruver, der det en stund var én avdeling av Arbeidsmandsforbundet og én syndikalistisk forening – med et fellesstyre! Men slike kombinasjoner ble ikke støttet av forbundsstyret. Det ble også samarbeidet om en blokade i Haugesund i 1920.

Syndikalistene forfølges

Ifølge NSF var både LO, myndighetene og arbeidskjøperne ute etter syndikalistene. Fra NSFs stiftelse i 1916 til 1918 ble det, ifølge NSF, utvist drøye tusen medlemmer av NSF fra Norge, de fleste svensker. I kjølvannet fulgte familietragedier og liv i fattigdom. I de ca. førti sosialdemokratiske avisene var det helt taust om dette. Også LO lot den store forvisning skje i stillhet. Takket være denne taushet kunne «bødlene» arbeide i fred. Syndikalistene ble satt under dobbelt press – fra bedriftsherrene, og fra fagbyråkratene som lovet NSF «krig på kniven». NSF forsøkte å konkurrere med LO som fagorganisasjon – ble isolert – og sto lagelig til for hogg. Syndikalistene ble karakterisert som «uorganiserte». De ble forfulgt på arbeidsplassene, og utvist ble den som var syndikalist. Protestene i arbeideravisene var stort sett tamme. Kampen innen fagbevegelsen forklarer dette – kampen mellom de gamle reformistene, Fagopposisjonens nye menn og det nystartede NSF. Sammenstøtene innen fagbevegelsen var harde.

1920–1940

NSF nådde sitt høydepunkt i 1920–21 da den hadde 3100 medlemmer i 62 lokale samorganisasjoner. Utover i 1920-årene gikk NSFs medlemstall ned, og NSFs innflytelse avtok.

I 1935 ble «Den syndikalistiske kvinnegruppe Samhold» stiftet.

I 1937 var antallet Lokale Samorganisasjoner i syndikalistføderasjonen sunket til omkring tyve. Det var også en «forgubbingsprosess» på gang.

13. april 1940 ble Alarm stanset av okkupasjonsmakten. Det siste nummeret var en oppfordring til den norske arbeiderklasse om å fortsette kampen for et fritt samfunn. Redaktør Carl O. Tangen og flere andre NSF-ere, deriblant flere av kvinnene, ble arrestert.

Etterkrigstiden

Etter krigen samlet de anarkosyndikalistiske kreftene i Norge seg, og gjenreiste bevegelsens organ. Alarm ble omgjort til Solidaritet, som et månedlig organ. Fagforeningsvirksomheten ble gjenopptatt i Oslo og i steinhuggerdistriktet i Østfold (Fagerholt LS). For øvrig konsoliderte føderasjonen sin stilling som propagandaorganisasjon for frihetlige idéer. Den nye given ga et visst oppsving i bevegelsen, men noe gjennombrudd for frihetlige idéer fikk man ikke til. Makthavernes propagandamaskineri klarte å få blandet sammen idéen om rask gjenreisning av landet med tanker om sentralisme, statlig planøkonomi og korporative samlingsorganer i folks bevissthet. I dette bildet var det liten plass til tanker om klassekamp og arbeiderselvstyre; ja, frihetlige idéer overhodet.

Forgubbingsprosessen fortsatte ufortrødent videre, steinindustrien i Østfold ebbet ut, og derved svant bevegelsen sakte inn. Den ene LS etter den andre ble oppløst. I 1951, da Solidaritet gikk i sin 7. Årgang, kom det foreløpig siste nummer av bladet. Den 8. Årgang kom ikke før i 1957. Grunnlaget for et rent norsk organ var da ikke lenger tilstede, og bladet ble omorganisert til Syndikalistisk organ for Skandinavia, tilsluttet Internasjonal Arbeider-Assosiasjon. Bladet utkom annenhver måned og ble redigert av en komité med Johs. F. Johansen fra Oslo som ansvarshavende. På dette tidspunktet var Oslo LS den eneste samorganisasjonen som var igjen i den norske syndikalistføderasjonen. I 1960 gikk Solidaritet inn. Tidlig på 1960-tallet hadde NSF kun ett medlem under 70 år. NSF hadde kontor i Folketeaterpassasjen som de leide for 100 kroner måneden. Disse pensjonistene skramlet sammen av sine pensjonspenger for å fortsette å ha lokalet. På midten av 1960-tallet ble lokalene overtatt av en musikkforretning.

Det ble stille rundt NSF. Zernikow Henriksen, mangeårig sekretær i NSF, døde i 1967, møtene ble holdt mer uformelt i private hjem, men man opprettholdt de internasjonale kontaktene. NSF ble innbudt til SACs kongress i 1968, men kunne ikke delta. I 1973 ble NSF oppløst. Det blir også hevdet at NSF ble formelt oppløst i 1964/65.

NSF reorganiseres

I 1977 kom gamle NSF-ere og unge arbeidere sammen og reorganiserte NSF. Bakgrunnen var et kontaktnett innen en liten gruppe arbeidere. Frem mot LO-kongressen dette året forsøkte disse, med et visst hell, å samordne forslag til kongressen gjennom fagforeningene. 16/4 ble stiftelsen av Norsk Syndikalistisk Forbund formalisert, som en samordningsorganisasjon for syndikalistiske arbeidere. Dette var arvtakerne etter Norsk Syndikalistisk Føderasjon. I 1983 kom første nummer av ArbeiderSolidaritet. I 1992 skiftet det navn til Syndikalisten. Det siste nummer som foreløpig er kommet ut er nr. 4 1999. NSF har, foruten å gi ut blader med dagsaktuelt stoff, nyutgitt en del skrifter fra «gamle» NSFs tid. NSFs viktigste oppgave har vært å være en radikal opposisjon innad i LO. De har også vært aktive i internasjonalt solidaritetsarbeid – bl.a. støtte til fagopposisjonelle bevegelser, samt streikestøttearbeid. I 2001 overtok NSF Internasjonale Arbeider-Assosiasjons (IAA) sekretariat.

Influence suédoise

De nombreux Suédois ont été contraints de se rendre en Norvège après la grève générale de 1909, car ils étaient inscrits sur la liste noire en Suède. Ce sont donc les travailleurs suédois les plus actifs et les plus radicaux qui sont venus en Norvège, et leurs activités ont rapidement commencé à faire leur marque. Au début, il était agité pour le socialisme de la jeunesse principalement anarchiste. Le virage vers une argumentation syndicaliste plus pure intervient en 1911, la même année que le conflit majeur norvégien. L’année précédente, l’Association norvégienne des tailleurs de pierre avait mené ses négociations collectives. Les négociations s’étaient prolongées, mais le résultat final était décevant. Ils ont également été déçus par les actions de l’association des tailleurs de pierre. Une réorganisation du syndicat en une organisation selon les directives de l’opposition syndicale n’a pas réussi et les tailleurs de pierre les plus militants ont décidé en 1913 de créer leurs propres coopératives locales en rejoignant le district de Båhuslen de l’Organisation centrale des travailleurs suédois (SAC). Les organisations locales ont eu une certaine agitation. Ils ont distribué le syndicaliste suédois et l’action directe norvégienne. L’entreprise n’a apparemment pas eu beaucoup de succès. Il y a également eu un travail de formation au sein de la co-organisation.
Coopératives locales (LS)

Les tailleurs de pierre d’Østfold avaient déjà en 1912–13 huit co-organisations syndicalistes locales, LS, rejoignirent l’organisation syndicaliste suédoise, SAC. En 1914–15, deux autres ont été établis dans la même région. De 1916 à 1917, neuf LS ont été formés. En 1916, il y avait 17 co-organisations locales en Norvège affiliées au SAC. L’effectif était de 775, principalement des Suédois, mais aussi des Norvégiens et des Finlandais. Travailler au sein des organisations réformistes existantes ne résulterait qu’en un affaiblissement de la lutte de classe; des compromis, des négociations et des accords avec la classe dirigeante en seraient le résultat, pensaient-ils. Les LS nouvellement formés représentaient un pur syndicalisme, et étaient donc dans une opposition latente à l’Opposition syndicale de 1911 et à son «quasi-syndicalisme»

Les coopératives locales fonctionnaient comme une sorte de concurrent des syndicats, en particulier du syndicat norvégien des travailleurs, qui, comme les LS, organisait les travailleurs des mines et du bâtiment. Les LS ont également cherché à impliquer les personnes non organisées dans les établissements, principalement des garçons paysans, dans leur organisation. Cela a conduit à un certain nombre de conflits. Il était souhaitable d’intégrer les membres de LS dans le mouvement syndical ordinaire. Même au sein de l’opposition syndicale, les gens regardaient avec scepticisme ce que l’on pensait être une division du mouvement syndical. L’unité du mouvement ouvrier doit être préservée et la transformation doit se faire de l’intérieur. En octobre 1916, des questions ont été soulevées sur la position de ces personnes sur le lieu de travail qui ont refusé d’adhérer à l’Association des travailleurs de la pierre, de la terre et du ciment de Kristiania, et qui «ont adopté une attitude hostile envers le syndicat au motif qu’elles étaient en », Principalement des Suédois. Certains ont estimé qu’il s’agissait d’un manque de solidarité de la part des travailleurs en question. L’affaire a suscité beaucoup de controverse.
NSF est fondée

Le jour de Noël 1916, une conférence a eu lieu entre les coopératives locales, la Confédération norvégienne des syndicats et l’opposition syndicale pour mettre fin au conflit. Les membres du SAC se sont vus offrir un transfert gratuit vers Arbeidsmandsforbundet. Les syndicalistes hésitaient à rejoindre le mouvement syndical «réformiste-politique».

Des représentants de treize LS se sont ensuite réunis et il a été décidé d’envoyer une proposition aux différents LS pour un vote, qui a été adoptée. Le 28 décembre 1916, la Fédération syndicaliste norvégienne (NSF) a été fondée à Kristiania. Tout comme pour l’Association norvégienne des jeunes socialistes, les tailleurs de pierre d’Østfold constituaient une base organisationnelle importante pour la nouvelle organisation.

Richard Hansen, président d’Arbeidsmandsforbundet, a vivement mis en garde contre la création d’une organisation aussi spéciale, et il a publié une déclaration du conseil d’administration principal du syndicat, qui déclarait: «Arbeidsmandsforbundet ne peut donc reconnaître aucune organisation qui travaille pour une division de la classe ouvrière. Les co-organisations locales affiliées à la S.A.C. » Les syndicalistes ont été accusés d’agir avec arrogance envers les organisations norvégiennes. Ceux-ci, à leur tour, pensaient que la Confédération norvégienne des syndicats collaborait avec les acheteurs de main-d’œuvre pour les éloigner du lieu de travail. La réaction du syndicat a été vive et il a été déclaré qu’il traiterait désormais les syndicalistes sur les lieux de travail comme désorganisés.

Dans une circulaire du syndicat norvégien des travailleurs au début de 1917, le conseil principal du syndicat conclut que les membres de la LS devaient être considérés comme désorganisés. D’autres ont soutenu, même s’ils n’étaient pas d’accord avec la création d’une organisation syndicaliste en dehors de celles existantes, que puisqu’elles existaient même, il ne fallait pas s’engager dans une lutte avec elles, ni les considérer comme désorganisées.

Parmi les syndicalistes scandinaves, il y avait un désaccord sur la création de la NSF. Les discussions se sont bien déroulées à Direkte Aktion dans les semaines précédant la fondation et jusqu’en 1917.

Le syndicalisme est devenu particulièrement fort dans les rassemblements. C’étaient des gens qui ont quitté un endroit à l’autre, agité et libre. C’est la grande pénurie de main-d’œuvre qui a rendu cette liberté possible. Tu as toujours un travail. C’était un boom, et dans cette situation, il était clair que la lutte professionnelle militante a donné des résultats. S’ils ont été renvoyés quelque part, allez dans un autre et continuez le combat là-bas. NSF était particulièrement forte dans le nord de la Norvège, et parmi les travailleurs de la construction dans le sud par ex. Rauma, Røros et Sørlandsbanen.

Bien que l’attitude de la Confédération des syndicats norvégiens à l’égard des syndicalistes soit dédaigneuse, il peut y avoir exceptionnellement coopération locale. Cela s’est produit i.a. aux mines de Fosdalen, où pendant un certain temps il y avait une branche de l’Arbeidsmandsforbundet et une association syndicaliste – avec un conseil commun! Mais de telles combinaisons n’étaient pas soutenues par le conseil fédéral. Il y avait aussi une collaboration sur un blocus à Haugesund en 1920.
Les syndicalistes sont persécutés

Selon NSF, LO, les autorités et les acheteurs de main-d’œuvre recherchaient les syndicalistes. De la fondation de la NSF en 1916 à 1918, selon la NSF, un peu plus d’un millier de membres de la NSF ont été expulsés de Norvège, la plupart suédois. Dans la foulée ont suivi des tragédies familiales et la vie dans la pauvreté. Je de ca. quarante journaux sociaux-démocrates ont gardé le silence à ce sujet. LO a également laissé le grand exil se dérouler en silence. Grâce à ce silence, les «bourreaux» pouvaient travailler en paix. Les syndicalistes ont été soumis à une double pression – de la part des chefs d’entreprise et des bureaucrates syndicaux qui ont promis à la NSF « la guerre au couteau ». NSF a essayé de concurrencer LO en tant que syndicat – était isolé – et était prêt à couper. Les syndicalistes ont été qualifiés de «désorganisés». Ils ont été persécutés sur le lieu de travail et celui qui était syndicaliste a été expulsé. Les protestations dans les journaux ouvriers étaient largement apprivoisées. La lutte au sein du mouvement syndical l’explique – la lutte entre les vieux réformistes, les nouveaux hommes de l’opposition syndicale et la NSF nouvellement créée. Les affrontements au sein du mouvement syndical ont été féroces.
1920–1940

La NSF a atteint son apogée en 1920-1921 lorsqu’elle comptait 3 100 membres dans 62 coopératives locales. Tout au long des années 1920, l’adhésion à la NSF a diminué et l’influence de la NSF a diminué.

En 1935, le «groupe de femmes syndicalistes Samhold» est fondé.

En 1937, le nombre de co-organisations locales dans la fédération syndicaliste était tombé à une vingtaine. Un « processus de vieillissement » était également en cours.

Le 13 avril 1940, l’alarme est stoppée par les forces d’occupation. Le dernier numéro était un appel à la classe ouvrière norvégienne pour qu’elle poursuive la lutte pour une société libre. Le rédacteur en chef Carl O. Tangen et plusieurs autres membres de la NSF, dont plusieurs femmes, ont été arrêtés.
La période d’après-guerre

Après la guerre, les forces anarcho-syndicalistes en Norvège se sont rassemblées et ont reconstruit le corps du mouvement. L’alarme s’est transformée en Solidarité, en tant qu’organisme mensuel. L’activité syndicale a repris à Oslo et dans le quartier des tailleurs de pierre à Østfold (Fagerholt LS). De plus, la fédération a consolidé sa position en tant qu’organisation de propagande pour les idées libertaires. Le nouveau donné a donné un certain élan au mouvement, mais aucune percée pour les idées libertaires n’a été réalisée. La machinerie de propagande de ceux au pouvoir a réussi à confondre l’idée d’une reconstruction rapide du pays avec des pensées de centralisme, d’économie planifiée étatique et d’organismes de ralliement corporatifs dans la conscience du peuple. Dans cette image, il y avait peu de place pour la réflexion sur la lutte des classes et l’autonomie des travailleurs; oui, des idées libertaires que ce soit.

Le processus de vieillissement s’est poursuivi sans relâche, l’industrie de la pierre d’Østfold s’est effondrée, et ainsi le mouvement a lentement diminué. Un LS après l’autre a été dissous. En 1951, alors que Solidaritet en était à sa 7e édition, le dernier numéro du magazine est sorti. La huitième année n’est venue qu’en 1957. La base d’un organisme purement norvégien n’était alors plus présente et le magazine a été réorganisé en un organisme syndicaliste pour la Scandinavie, a rejoint l’Association internationale des travailleurs. Le magazine a été publié tous les deux mois et a été édité par un comité avec Johs. F. Johansen d’Oslo comme responsable. A cette époque, Oslo LS était la seule co-organisation restante dans la Fédération syndicaliste norvégienne. En 1960, Solidarité entre. Au début des années 1960, la NSF ne comptait qu’un seul membre de moins de 70 ans. NSF avait un bureau à Folketeaterpassasjen qu’ils louaient pour 100 couronnes par mois. Ces retraités ont dépensé leur argent de retraite pour continuer à posséder les locaux. Au milieu des années 1960, les locaux sont repris par un magasin de musique.

C’est devenu calme autour de NSF. Zernikow Henriksen, secrétaire de longue date de la NSF, est décédé en 1967, les réunions se sont tenues de manière plus informelle dans des maisons privées, mais les contacts internationaux ont été maintenus. La NSF a été invitée au Congrès du SAC en 1968, mais n’a pas pu y assister. En 1973, la NSF a été dissoute. On prétend également que la NSF a été officiellement dissoute en 1964/65.
NSF est en cours de réorganisation
En 1977, d’anciens NSF et de jeunes travailleurs se sont réunis et ont réorganisé la NSF. L’arrière-plan était un réseau de contacts au sein d’un petit groupe de travailleurs. Avant le congrès de LO cette année, ils ont essayé, avec un certain succès, de coordonner les propositions pour le congrès à travers les syndicats. 16/4 la fondation de l’Association syndicaliste norvégienne a été officialisée, sur une organisation de coordination des travailleurs syndicalistes. Ce sont les héritiers de la Fédération syndicaliste norvégienne. En 1983 est venu le premier numéro d’ArbeiderSolidaritet. En 1992, il a changé son nom en syndicaliste. Le dernier numéro qui a été publié à ce jour est le n ° 4 1999. En plus de publier des magazines d’actualité, la NSF a récemment publié un certain nombre de publications de «l’ancienne» NSF. La tâche la plus importante de NSF a été d’être une opposition radicale au sein de LO. Ils ont également été actifs dans le travail de solidarité internationale – par ex. soutien aux mouvements d’opposition syndicale et travail de soutien à la grève. En 2001, l’Association internationale des travailleurs de la NSF (IAA) a repris le secrétariat.

BRESIL : FOGO NOS RACISTAS e FACHOS !!!

Nos compagnons de la section au Brésil de l’AIT (COB) à Porto Alegre (Rio Grande do Sul) participent aux manifestations suit à l’assassinant de João Alberto Freitas, par deux vigiles d’un magasin Carrefour.

Les vigiles étaient des membres (actuels ou en retraites) de la police militaire mais en contrat pour une entreprise de sécurité privée.

Comme Cédric Chouvat ici, comme Georges Floyd aux USA, João Alberto Freitas était un travailleur, un père de famille, d’une quarantaine d’année, et il est mort asphyxié, entre les mains de policiers.

« C’est sous une pluie de bombes lacrymogènes et de balles en caoutchouc, que nous avons tous été accueillis, mais l’Observatoire Social / COB FORGS AIT, ne bouge pas, et reste dans les manifestations, pour le soutien, pour la répudiation totale, le dégoût, la consternation pour le meurtre lâche de João Alberto Freitas, pour la solidarité avec la population révoltée et pour appuyer les investigations de l’événement !!!

BOYCOTT DE CARREFOUR !

FEU AUX RACISTES ET AUX FASCISTES !!!!! »


L ‘ une des choses que nous avons notées hier lors des manifestations de protestation contre l’assassinat de João Alberto Freitas par des vigiles-policiers de Carrefour à Porto Alegre, c’est qu’avant d’y aller, nous avons vu sur des images que toute une faune de partis politiques et drapeaux étaient là, mais ils étaient là pour l’habituelle propagande médiocre et opportunisme bon marché.

Mais quand l’atmosphère s’est transformée et que la nuit est arrivé, et que la violence s’en est occupée, cette faune opportuniste, a simplement disparue de la carte, plus de trace de drapeaux, la candidate elle-même à la mairie de Porto Alegre (Manuela D ‘ Avila – ce sont les municipales au Brésil actuellement) est apparue et a disparu rapidement, puis ils ont essayé d’organiser un discours pour délégitimer et disqualifier les actions directes de la population en affirmant que les actions et la violence ne seraient pas efficaces et productives.

Ce discours collaborationniste d’institutions et d’entreprises privées et bourgeoises de gauche, on pouvait s’y attendre !!! Et il se rapproche aussi beaucoup de celui des individualistes inoffensifs qui prétendent qu’aucune action ne devrait être faite, qu’il faudrait juste contempler le paysage.
Pourtant !! La population qui ne s’intéressait pas aux partis et encore moins aux discours démagogiques et opportunistes, ni à l’immobilisme bon marché, est restée aux manifestations de manière indépendante et courageuse !!!
Il suffisait de le voir pour le croire, telle était l’obstination et la détermination de jeunes hommes et de jeunes femmes, qui portaient dans la même intention !!!


Ces événements ont servi de schisme manquant, pour quelque chose d’encore plus grand, et oui: c’est de ces événements que surgit le besoin d’organisations et d’insurrection, et de ne pas attendre la «bonne volonté» individualiste.

Sob uma chuva de bombas de gás lacrimogênio e tiros de bala de Borracha, fomos Todos recebidos , mas o Observatório social / COB FORGS AIT , não arreda o pé , e permanece nas manifestações , pelo apoio , pelo total Repúdio ,asco , consternação pelo Assassinato covarde de João Alberto Freitas , pela solidariedade a população revoltada e nas investigações do evento !!!

BOICOTE O CARREFOUR

CARREFOUR FOGO NOS RACISTAS e FACHOS !!!

Infelizmente, a bosta do Face book, não permitiu publicar os vídeos que fizemos !!!

Uma das coisas que notamos ontem nas manifestações, é que antes de irmos, vimos em imagens que toda uma fauna de partidos e bandeiras estavam por lá, mas estavam pela propaganda mediocre de sempre , e oportunismo barato ,

mas quando a atmosfera se transformou a noite chegou , e a violência tomou conta, essa fauna oportunista , simplesmente desapareceram do mapa, nem rastro de bandeiras ,a própria candidata a prefeita de Porto Alegre, ( Manuela D’Ávila) apareceu e desapareceu rapidamente ,

e depois ainda tentaram engendrar um discurso deslegitimador e desqualificar as ações diretas da população afirmando que as ações e a violência não iriam ser efetivas e producentes . Esse discurso colaboracionista de instituições e empresas privadas e burguês da esquerda, já era de se esperar !!!

E se aproxima muito também de individualistas inócuos que afirmam que nenhuma ação deveria ser feita , somente contemplar a paisagem .

No entanto!! A população que não tinha interesse nenhum em partidos e muito menos em discursos demagogos e oportunistas,e imobilismo barato , permaneceram nas manifestações de forma independente e valente !!!

Só vendo pra crer , tal era a obstinação e garra de homens e mulheres jovens, no mesmo intuito !!!

Esses eventos serviram como a xispa que falta , para algo ainda bem maior , e sim: é provindo desses eventos que surgem a necessidade de organizações e a insurreição , e não de esperar pela  » Boa vontade » individualista .

اگر انسان قادر نیست بر خود حکومت کند، چگونه می‌تواند قادر باشد بر دیگران حکومت کند؟

اگر انسان قادر نیست بر خود حکومت کند، چگونه می‌تواند قادر باشد بر دیگران حکومت کند؟و برعکس، اگر او قادر است بر خود حکومت کند، چرا نیاز دارد که بر او حکومت شود؟

Si l’homme ne peut pas régner sur lui-même, comment peut-il régner sur les autres?

À l’inverse, s’il est capable de se gouverner lui-même, pourquoi a-t-il besoin d’être gouverné?

L’AIT de 1920 (extrait d’un texte d’A. Souchy)

C’est avec le développement du Syndicalisme révolutionnaire antiétatiste que le temps vint revivifier le mouvement ouvrier international dans le sens de la tendance antiautoritaire de la 1re Internationale. L’aile antiautoritaire de la 1re Internationale ayant déjà considéré les organisations professionnelles révolutionnaires (au point de vue économie) comme, les organes appelés à guider la lutte du prolétariat conscient de son devoir de classe, et à mener vers le succès la révolution sociale, le syndicalisme révolutionnaire reprit et continua cette tendance. Aussi l’A. I. T. d’aujourd’hui peut compter pour la seule héritière véritable des meilleures traditions de l’aile antiautoritaire de la 1re Internationale.

En 1913 déjà, se réunirent, à Londres, les délégués des organisations syndicalistes-révolutionnaires de presque tous les pays européens et autres, afin de poser la. première pierre d’une nouvelle Internationale ouvrière devant suivre le chemin tracé par la 1re Internationale. La résolution principale adoptée à Londres portait :

« Le premier congrès international syndicaliste reconnaît que la classe ouvrière de tous les pays souffre de la même répression par l’État et le système capitaliste. Par là il se déclare pour la lutte de classe et 1a solidarité internationale, pour l’organisation indépendante de la classe ouvrière sur la base d’union fédérative.

« II tend à l’élévation immédiate matérielle et morale de la classe ouvrière jusqu’à la destruction finale du capitalisme et de l’État.

« Il déclare, ensuite, que la lutte de classes est une conséquence nécessaire de la possession privée des moyens de production et de distribution, et par là il tend à la socialisation de cette possession.

« A ceci appartiennent l’élaboration et le développement des organisations syndicalistes, dans ce sens qu’elles sont en état de faire avancer la fabrication et la distribution de produits dans l’intérêt de la société entière.

« Constatant que les syndicats internationaux ne peuvent faire la lutte de classe avec succès que lorsque les ouvriers cesseront de se diviser sur des différence-politiques et religieuses, le congrès déclare que la lutte. comme telle, ne pourra être que d’un caractère économique, exprimant par cela que les organisations ne tâchent pas d’atteindre leur but par des collaborations de gouvernement et leurs assistants, et qu’elles s’appuient seulement, par excellence, sur le pouvoir des organisations et leur action directe.

« En conséquence de cette déclaration, le congrès fait appel aux travailleurs de tous les pays pour s’unir en organisations industrielles fédératives indépendante sur la base de la solidarité internationale avec le but de délivrance complète de la répression par l’État et le capitalisme. »

Malheureusement, l’œuvre de la réunion internationale des organisations industrielles révolutionnaire libertaires fut interrompue par la guerre éclatée en 1914. Tous les pays se fermèrent hermétiquement Toute liaison internationale des travailleurs devint impossible. La réaction dura jusqu’à la fin de la guerre .

La révolution en Russie et en Europe centrale créa une situation nouvelle. Les forces dispersées du prolétariat révolutionnaire recommencèrent à s’unir.

La tentative de continuer l’œuvre commencée à Londres en 1913 ne réussit, cependant, qu’en 1920. Cette année là, une conférence syndicaliste préliminaire eut lieu à Berlin, du 16 au 21 décembre.

Les organisations suivantes y étaient représentées : les I. W. W. de l’Amérique, la F. O. R. A. de l’Argentine, le Comité syndicaliste-révolutionnaire (France), la F.A. U. D. (Allemagne), le Schop-Steward and Workers Committee Movement (Angleterre), l’organisation centrale des ouvriers suédois (Suède) et le National Arbeids Secretariat de la Hollande. En outre, l’Union syndicaliste italienne, la Confederacion Nacional del Trabajo (Espagne), la Fédération Syndicaliste de la Norvège et l’opposition des unions professionnelles danoises, se déclarèrent d’accord pour la création d’une « Internationale Syndicaliste », tout en exprimant leur regret de ne pas avoir pu prendre part à la Conférence. Les unions professionnelles russes étaient représentées par Bélenky qui était là à titre de visiteur.

On adopta à cette conférence la résolution suivante :

« 1° L’Internationale Révolutionnaire du Travail se place, sans aucune réserve, sur le point de vue de la lutte de classe révolutionnaire et du pouvoir de la classe ouvrière.

« 2° L’Internationale Révolutionnaire du Travail tend à la destruction et à l’anéantissement du régime économique, politique et moral du système capitaliste et de l’État. Elle tend à la fondation d’une société communiste libre.

« 3° La conférence constate que la classe ouvrière est seule en état de détruire l’esclavage économique, politique et moral du capitalisme par l’application la plus sévère de ses moyens de pouvoir économique qui trouvent leur expression dans l’action directe révolutionnaire de la classe ouvrière pour atteindre ce but.

« 4° L’Internationale Révolutionnaire du Travail se place ensuite sur le point de vue que la construction et que l’organisation de la production et de la distribution sont la tâche de l’organisation économique dans chaque pays.

« 5° L’Internationale Révolutionnaire du Travail est entièrement indépendante de tout parti politique. Dans le cas où l’Internationale Révolutionnaire du Travail déciderait une action et que les partis politiques ou toute autre organisation se déclareraient d’accord avec cette action ou vice-versa, alors l’exécution de cette action peut se faire en commun avec ses partis et organisations.

« 6° La conférence adresse un appel urgent à toutes les organisations syndicalistes révolutionnaires et industrielles et les invite à prendre part au Congrès convoqué le 1er mai 1921 à Moscou par le Conseil provisoire de l’Internationale Rouge du Travail (I. S. R.) afin de fonder une Internationale Révolutionnaire du Travail unifiée de tous les travailleurs du monde. »

Lorsque, en été 1921, eut lieu, à Moscou, le Congrès constitutif de l’Internationale Syndicale Rouge (I. S. R.), les syndicalistes révolutionnaires y étaient représentés, il est vrai, en grand nombre. Il y avait, cependant, aussi des organisations syndicalistes révolutionnaires qui, à ce moment déjà, se rangèrent au point de vue de ne pas vouloir vivre aux frais du gouvernement de la Russie.

Ce point de vue était, en première ligne, celui des syndicalistes allemands qui avaient fait, préalablement, au sujet d’une délégation à Moscou, un référendum dans leurs rangs, qui donna un résultat négatif. On supposait, d’autre part, que les communistes russes n’iraient jamais jusqu’à tolérer une Internationale syndicaliste révolutionnaire véritablement indépendante, c’est-à-dire, antiautoritaire, car ils défendaient la théorie d’après laquelle une dictature du Parti devait être exercée sur les unions professionnelles.

Cette supposition fut justifiée. Ayant formé une majorité à leur dévotion, les Russes ont su étouffer l’opinion des syndicalistes révolutionnaires. Mais, à Moscou déjà, la minorité se serra et tomba d’accord sur un manifeste contre le Congrès.

Au Congrès des anarcho syndicalistes, à Dusseldorf, en automne 1921, eut lieu, complémentairement, une petite conférence internationale à laquelle prirent part : un délégué des I.W.W., un autre des syndicalistes suédois, une délégation des syndicalistes hollandais et les syndicalistes allemands. A cette conférence, la décision fut prise de convoquer à Berlin, l’année suivante, une conférence internationale des organisations qui n’étaient pas d’accord avec les décisions du Congrès de Moscou.

Cette Conférence préliminaire des syndicalistes eut lieu à Berlin, du 16 au 18 juin 1922.

Y étaient représentés : la Freie Arbeiter Union Deutschlands (Allemagne), la Unione Sindacale Italiana (Italie), la Confédération Générale du Travail Unitaire (France), la Confederacion Nacional del Trabajo (Espagne), la Sveriges Arbetares Centralorganisation (Suède), la Norsk Syndikalistisk Federation (Norvège), la minorité syndicaliste des unions professionnelles russes, la Federaciôn Obrera Regional (Argentine). Il y avait aussi un représentant des unions professionnelles russes, qui fut admis à titre auditif.

La dernière grande discussion avec les unions professionnelles russes eut lieu à cette conférence. Au moment où devait être élaborée une résolution de protestation contre les persécutions des ouvriers révolutionnaires, les représentants de la minorité syndicaliste de Russie essayèrent aussi la mise en liberté des révolutionnaires emprisonnés en Russie soviétique. Le représentant des unions professionnelles russes, Andréieff, défendit les mesures politiques du gouvernement russe. Une âpre discussion éclata. Finalement, une Commission fut nommée, qui posa nettement au représentant des unions professionnelles russes les deux questions suivantes :

« 1° Le Comité Central des unions professionnelles russes pense-t-il intervenir, de façon formelle, en vue de la mise en liberté de tous les syndicalistes et anarchistes emprisonnés pour leurs idées ?

« 2° Le même Comité a-t-il l’intention d’exiger que les camarades puissent développer librement leur activité révolutionnaire dans les unions professionnelles, à la condition qu’ils ne luttent pas contre le gouvernement russe les armes à la main ? »

La réponse à ces questions fut donnée par trois fois, mais toujours équivoque. Il devint absolument clair que le gouvernement russe était défendu par les unions professionnelles russes.

La Conférence se prononça alors pour les révolutionnaires emprisonnés en Russie soviétique. Lorsque le représentant des unions professionnelles russes comprit qu’il ne pourrait rien obtenir, il quitta la Conférence. Dès ce moment, la séparation des deux organisations : des unions professionnelles autoritaires de la Russie soviétiste et des organisations syndicalistes révolutionnaires antiautoritaires fut un fait accompli.

La Conférence élabora, en dix thèses, une déclaration de principes du syndicalisme révolutionnaire, qui fut adoptée unanimement.

Cette déclaration fut adoptée presqu’en entier, par le Congrès constitutif ultérieur de l’Association Internationale des Travailleurs, et nous la citons plus bas. Ensuite, la Conférence adopta une résolution contre l’Internationale Rouge ; car, affirma-t-elle, elle n’y voyait pas la véritable base sur laquelle pourrait s’unir le prolétariat révolutionnaire du monde entier. Un bureau provisoire fut formé, qui devait convoquer un congrès international des syndicalistes révolutionnaires. A ce congrès furent également invitées les organisations qui adhéraient à l’Internationale Rouge. Le siège du Bureau fut fixé à Berlin. Enfin, du 25 décembre 1922 au 2 janvier 1923, eut lieu, à Berlin, le Congrès constitutif des syndicalistes révolutionnaires.

A ce Congrès étaient représentées les organisations syndicales révolutionnaires de l’Argentine, du Chili, du Danemark, de l’Allemagne, de la France (Comité de défense syndicaliste), de la Hollande, de l’Italie, du Mexique, de la Norvège, du Portugal, de la Russie (la minorité), de la Suède, de l’Espagne, de la Tchécoslovaquie (la minorité).

La déclaration de principes y fut adoptée, les statuts élaborés, et le nom de l’Union fédérale établi : l’Association Internationale des Travailleurs.

Ainsi ressuscita l’A. I. T., ceci non seulement de nom, mais aussi comme essence.

La déclaration de principes et les statuts de l’A. I. T. portent :

1.Introduction

« La lutte séculaire entre exploités et exploiteurs a pris une amplitude menaçante. Le Capital tout puissant, chancelant pour un moment après la guerre mondiale et dévastatrice, surtout après la grande révolution russe et les révolutions – bien que moins imposantes – de la Hongrie et de l’Allemagne, relève sa tête hideuse. Malgré les luttes intestines qui déchirent la bourgeoisie et le capitalisme cosmopolite, ces derniers sont en bonne route pour s’entendre afin de se jeter avec plus d’union et plus de force sur la classe ouvrière et l’attacher au chariot triomphant du Capital.

« Le Capitalisme s’organise, et de la défensive dans laquelle il s’est trouvé il repasse à l’offensive sur tous les fronts contre la classe ouvrière épuisée par les guerres sanglantes et les révolutions manquées. Cette offensive a son origine profonde dans deux causes bien déterminées : d’abord la confusion des idées et des principes, qui existe dans les rangs du mouvement ouvrier, le manque de clarté et de cohésion sur les buts actuels et futurs de la classe ouvrière ; la division en camps innombrables, souvent ennemis, – en un mot la faiblesse et la désorganisation du mouvement ouvrier. Ensuite et surtout la déroute subséquente de la Révolution Russe qui, au moment de son éclosion, en raison même des grands principes énoncés par elle en Novembre 1917, avait soulevé les plus grands espoirs chez tous les prolétaires du monde, et qui est retombée au rang d’une révolution politique ayant servi à maintenir la conquête du pouvoir étatiste aux mains du parti communiste, dont le seul but est de monopoliser dans ses mains toute la vie économique, politique et sociale du pays. Cette déviation d’une révolution sociale en une révolution politique a eu pour résultat une hypertrophie du socialisme étatiste dont la conséquence a été le développement d’un système capitaliste aussi exploiteur et aussi dominateur que tout autre système d’origine bourgeoise. La nécessité de rétablir le capitalisme en Russie a été l’enjeu du capitalisme mondial. Le socialisme étatiste, dénommé « communisme », a sauvé le capitalisme bourgeois en faisant appel à son aide pour… sauver la révolution !

« C’est ainsi que, grâce à ces deux éléments désorganisateurs – la confusion dans les rangs du prolétariat et le bolchévisme capitaliste – le gros capital industriel et foncier sent ses forces s’accroître et ses chances de renaissance augmenter.

« Contre cette attaque serrée et internationale des exploiteurs de tout aloi, il ne reste qu’un seul moyen : c’est l’organisation immédiate de l’armée prolétarienne dans un organisme de lutte embrassant tous les ouvriers révolutionnaires de tous les pays en un seul bloc granitique, contre lequel viendraient se briser toutes les entreprises capitalistes et qui finirait par les écraser sous son poids immense.

« Plusieurs tentatives ont déjà été faites dans ce sens. Deux de ces tentatives espèrent encore y réussir : ce sont les deux Internationales dites d’Amsterdam et de Moscou ; mais les deux portent en elles le germe empoisonnant et autodestructeur. L’Internationale d’Amsterdam, perdue dans le réformisme, considère que la seule solution du problème social réside dans la collaboration des classes, dans la cohabitation du Travail et du Capital et dans la révolution pacifique patiemment attendue et réalisée, sans violence ni lutte, avec le consentement et l’approbation de la bourgeoisie. L’Internationale de Moscou, de son côté, considère que le Parti Communiste est l’arbitre suprême de toute révolution, et que ce n’est que sous la férule de ce parti que les révolutions à venir devront être déclenchées et consommées. Il est à regretter que dans les rangs du prolétariat révolutionnaire conscient et organisé il existe encore des tendances supportant ce qui, en théorie comme en pratique, ne pouvait plus tenir debout : l’organisation de l’État, c’est-à-dire l’organisation de l’esclavage, du salariat, de la police, de l’armée, du joug politique, – en un mot de la soi-disant dictature du prolétariat qui ne peut être autre chose qu’un frein à la force expropriatrice directe et qu’une suppression de la souveraineté réelle de la classe ouvrière et qui devient, par là, la dictature de fer d’une clique politique sur le prolétariat. C’est l’hégémonie du communisme autoritaire, c’est-à-dire la pire forme de l’autoritarisme, du césarisme en politique, de la complète destruction de l’individu.

« Contre l’offensive du Capital d’un côté, contre les politiciens de toute envergure de l’autre, les ouvriers révolutionnaires du monde doivent donc dresser une vraie association internationale des travailleurs dont chaque membre saura que l’émancipation finale des travailleurs ne sera possible que lorsque les travailleurs eux-mêmes, en tant que travailleurs, dans leurs organisations économiques, seront préparés non seulement à prendre possession de la terre et des usines, mais aussi à les gérer en commun et faire de telle sorte qu’ils soient en état de continuer la production. « Avec cette perspective devant lui, le Congrès International des Syndicalistes Révolutionnaires, réuni à Berlin en décembre 1922, déclare sienne la déclaration de principes suivante, élaborés par la Conférence Préalable des Syndicalistes Révolutionnaires (Juin, 1922) :

2.Principes du Syndicalisme Révolutionnaire

« 1. Le syndicalisme révolutionnaire, se basant sur la lutte de classe, tend à l’union de tous les travailleurs manuels et intellectuels dans des organisations économiques de combat luttant pour leur affranchissement du joug du salariat et de l’oppression de l’État. Son but consiste en la réorganisation de la vie sociale sur la base du communisme libre, au moyen de l’action révolutionnaire de la classe ouvrière elle-même. Il considère que seules les organisations économiques du prolétariat sont capables de réaliser ce but, et s’adresse, par conséquent, aux ouvriers, en leur qualité de producteurs et de créateurs des richesses sociales, en opposition aux partis politiques ouvriers modernes qui ne peuvent jamais être considérés du point de vue de la réorganisation économique.

« 2. Le syndicalisme révolutionnaire est ennemi convaincu de tout monopole économique et social, et tend vers leur abolition au moyen de communes économiques et d’organes administratifs des ouvriers des champs et des usines sur la base d’un système libre de Conseils affranchis de toute subordination à tout pouvoir ou parti politique. Il érige contre la politique de l’État et des partis l’organisation économique du travail ; contre le gouvernement des hommes, la gestion des choses. Il n’a pas, par conséquent, pour but la conquête des pouvoirs politiques, mais l’abolition de toute fonction étatiste dans la vie sociale. Il considère qu’avec le monopole de la propriété doit aussi disparaître le monopole de la domination, et que toute forme d’État, la forme de la « Dictature du Prolétariat » y comprise, ne peut jamais être un instrument d’affranchissement, mais sera toujours créateur de nouveaux monopoles et de nouveaux privilèges.

« 3. La double tâche du syndicalisme révolutionnaire est la suivante : d’un côté il poursuit la lutte révolutionnaire quotidienne pour l’amélioration économique, sociale et intellectuelle de la classe ouvrière dans les cadres de la société actuelle. De l’autre côté, son but final est d’élever les masses à la gestion indépendante de la production et de la distribution, ainsi qu’à la prise de possession de toutes les ramifications de la vie sociale. Il est convaincu que l’organisation d’un système économique reposant, de la base au faite, sur le producteur ne peut jamais être réglée par des décrets gouvernementaux, mais seulement par l’action commune de tous les travailleurs manuels et intellectuels dans chaque branche d’industrie, par la gestion des fabriques par les producteurs eux-mêmes sous une forme telle que chaque groupement, usine ou branche d’industrie soit un membre autonome de l’organisme économique général et développe systématiquement sur un plan déterminé et sur la base d’accords mutuels, la production et la distribution dans l’intérêt de toute la communauté.

« 4. Le syndicalisme révolutionnaire est opposé à toute tendance et organisation centralistes qui ne sont qu’empruntées à l’État et à l’Eglise et qui étouffent méthodiquement tout esprit d’initiative et toute pensée indépendante. Le centralisme est l’organisation artificielle de haut en bas qui remet en bloc, aux mains d’une poignée, la réglementation des affaires de toute la communauté. L’individu ne devient alors qu’un automate dirigé et mis en mouvement d’en haut. Les intérêts de la communauté font place aux privilèges de quelques-uns ; la diversité est remplacée par l’uniformité ; la responsabilité personnelle fait place à la discipline inanimée ; le dressage remplace l’éducation. C’est pour cette raison que le syndicalisme révolutionnaire se place sur le point de vue de l’organisation fédéraliste, c’est-à-dire de l’organisation de bas en haut, de l’union libre de toutes les forces sur la base des idées et intérêts communs.

« 5. Le syndicalisme révolutionnaire rejette toute activité parlementaire et toute collaboration avec les organismes législatifs. Le suffrage le plus libre ne peut faire disparaître les contradictions flagrantes existant au sein de la société actuelle ; le système parlementaire n’a qu’un seul but, celui de prêter un simulacre de droit légal au règne du mensonge et de l’injustice sociale ; amener les esclaves à apposer le sceau de la Loi à leur propre esclavage.

« 6. Le syndicalisme révolutionnaire rejette toutes les frontières politiques et nationales arbitrairement fixées et ne voit dans le nationalisme que la religion de l’État moderne, derrière laquelle se cachent les intérêts matériels des classes possédantes. Il ne reconnaît que des différences d’ordre régional et exige pour tout groupement le droit de sa propre détermination en accord solidaire avec toutes les autres associations d’ordre économique, régional ou national.

« 7. C’est pour les mêmes raisons que le syndicalisme révolutionnaire combat le militarisme sous toutes ses formes et considère la propagande anti-militariste comme une de ses tâches les plus importantes dans la lutte contre le système actuel. En première ligne, il faut considérer le refus individuel et, surtout, le boycottage organisé contre la fabrication du matériel de guerre.

« 8. Le syndicalisme révolutionnaire se place sur le terrain de l’action directe et soutient toutes les luttes qui ne sont pas en contradiction avec ses buts : l’abolition du monopole économique et de la domination de l’État. Les moyens de lutte sont : la grève, le boycottage, le sabotage, etc. – L’action directe trouve son expression la plus profonde dans la grève générale qui, en même temps, doit être, du point de vue du syndicalisme révolutionnaire, le prélude de la révolution sociale.

« 9. Ennemis de toute violence organisée entre les mains d’un gouvernement quelconque, les syndicalistes n’oublient pas que les luttes décisives entre le capitalisme d’aujourd’hui et le communisme libre de demain ne se passeront pas sans collisions sérieuses. Ils reconnaissent, par conséquent, la violence comme moyen de défense contre les méthodes de violence des classes régnantes dans la lutte pour l’expropriation des moyens de production et de la terre par le peuple révolutionnaire. Tout comme cette expropriation ne peut être commencée et menée à bonne fin que par les organisations économiques révolutionnaires des travailleurs, la défense de la révolution doit aussi se trouver dans les mains de ces organismes économiques et non dans celles d’une organisation militaire ou autre œuvrant en dehors de ces organes économiques.

« 10. Ce n’est pas dans les organisations économiques révolutionnaires de la classe ouvrière que se trouve la force capable de réaliser son affranchissement et l’énergie créatrice nécessaire pour la réorganisation de la société sur la base du communisme libre. »

Dès lors, l’A. I. T. se développa toujours progressivement. Elle réunit aujourd’hui en son sein toutes les organisations professionnelles et syndicales révolutionnaires antiautoritaires. * * * L’A. I. T. eut son 2e Congrès en Hollande, au printemps 1925. L’organisation y fut fortifiée. Elle prit nettement position vis-à-vis des autres tendances dans le mouvement ouvrier. La résolution suivante y fut adoptée :

Résolution du Congrès d’Amsterdam

Le deuxième congrès de l’A. I. T. réitère sa conviction fixée dans les statuts de l’A. I. T., à savoir :

« Que, bien que toutes les organisations économiques du prolétariat soient capables de lutter pour les revendications économiques au sein de la société actuelle et de les réaliser, seules les organisations ouvrières révolutionnaires anti-autoritaires représentent la seule forme naturelle, véridique, susceptible d’entreprendre la réorganisation de la vie économique et sociale sur les bases du communisme libertaire ;

« Que les partis politiques, quel que soit le nom dont ils s’affublent, ne peuvent jamais être considérés comme force motrice de la réorganisation économique, car leur activité se déploie exclusivement sur « le terrain de la conquête du pouvoir étatiste ;

« Qu’un des buts primordiaux du mouvement ouvrier doit être non pas la conquête du pouvoir, mais la suppression de tout organisme dominateur et centraliste dans la vie sociale, étant donné que l’indépendance du mouvement ouvrier est la condition principale sur la route pour la réalisation de son but final ;

« Plaçant ces principes à la base de son activité, le Congrès a considéré que la moindre tentative de subordination des syndicats à des partis politiques quelconques détourne inévitablement la classe ouvrière de ses propres buts et aspirations et que, par conséquent, -toute coalition entre les organismes économiques de la classe ouvrière et les partis politiques est dangereuse et néfaste.

« Le Congrès rejette néanmoins la définition trompeuse qui place au même niveau les partis aspirant au pouvoir politique et les groupements idéologiques qui agissent dans la direction de la transformation sociale, en dehors de tout principe d’autorité et d’étatisme.

« Devant cette situation, pleine de dangers pour la classe ouvrière mondiale, le IIe Congrès de l’A. I. T. considère qu’il est du devoir des syndicalistes révolutionnaires de continuer, plus énergiquement que jamais, l’œuvre de regroupement de la famille syndicaliste sur les bases des principes du syndicalisme révolutionnaire tels qu’ils sont énoncés par les statuts de l’A. I. T. ; de ne participer à aucune conférence d’unité syndicale entreprise par ceux qui désirent étouffer le mouvement ouvrier en le faisant la proie des partis politiques quels qu’ils soient ; de grouper autour de l’A. I. T. toutes les forces révolutionnaires anti-étatistes du monde entier. »

Le Congrès a également protesté contre la réaction dans tous les pays, réclamé le droit d’expression par la pensée et par la presse, et fait appel à la classe ouvrière mondiale pour lutter contre le fascisme et la dictature.

Le Congrès adopta en outre des résolutions fixant l’attitude de l’A. I. T. en face des luttes quotidiennes pratiques, de l’application du plan Dawes à l’Allemagne, du rôle mondial des jeunesses syndicalistes, ainsi que des résolutions fixant l’action internationale de l’A. I. T. et les relations de celle-ci avec les Fédérations internationales d’industrie. Le Congrès prit fin en organisant une Commission internationale d’Etudes..

Les hommes qui dirigent les affaires de l’A. I. T., sont : Rudolf Rocker, A. Schapiro, Augustin Souchy, Bernhard Lansink, A. Borghi, A. Jensen, D.-A. Santillan.

A. SOUCHY.

Faire face ensemble aux heures sombres

Nous assistons actuellement en France à la mise en œuvre d’une campagne qui par divers moyens cherche à déstabiliser la société et à enclencher une guerre civile, par affrontement de blocs identitaires.

Des guerres civiles, guerres de tous contre tous et, au-final, guerre contre l’humanité, ont causées des ravages immenses en Iran depuis 1979, en Algérie dans les années 90, en Irak depuis 2003, en Tunisie et en Lybie depuis 2011, en Syrie et au Kurdistan depuis 2012, etc…Partout ces guerres ont les mêmes causes : d’abord les injustices, les inégalités et la misère causées par un système économique et politique injustes, puis les manipulations que des idéologues nationalistes et/ou religieux mettent en œuvre pour satisfaire leurs ambitions.

Sur le plan mondial on voit que le choix de société que les dirigeants (économiques, politiques ou religieux) veulent nous imposer est celui de la mise en réseau de bulles sociales ou communautaires, en s’appuyant sur les nouvelles technologies (information, biogénétique, big datas, etc …). Au triptyque « liberté ,égalité, fraternité », ils substituent celui de « surveillance, discrimination, communauté « .

Pour eux, l’être humain n’est pris en compte que dans sa relation à la marchandise, soit en tant que producteur, soit en tant que consommateur. Cette relation réduite à un algorithme, anéantit l’esprit critique aussi bien que n’importe quelle secte, que n’importe quelle religion. Le post-modernisme veut nous imposer ce choix mortifère, c’est un choix antihumain.

Partout dans le monde, comme on peut, avec qui on peut, Il faut le combattre.

Nous anarchistes, en France et partout, à leur rêve de guerre civile et leur cauchemar de mort, à leur logique du pire, nous opposons notre utopie et notre certitude qu’un autre monde est possible, par la solidarité internationale. Dans ce monde actuel qui part à la dérive, nous nous réclamons fièrement de nos principes universels : la liberté comme base, l’égalité comme moyen, la fraternité comme objectif.

Nations, états, religions, races, genres etc… toutes ces notions sont utilisées par nos exploiteurs pour nous diviser, nous opposer les uns aux autres. Par-delà toutes les différences de culture, de langue,d’origine, etc… nous affirmons que l’humanité est une, et que nous en sommes tous, à égalité, femmes et hommes, les membres.

Notre « patrie » c’est le Monde, notre « famille» c’est l’Humanité ! Vive la vie !

CNT-AIT

« Travaille, travaille encore, travaille toujours » est notre seul droit !

Il y a déjà quelques années, l’ancien PDG d’Air France Alexandre de Jugnac, se plaignait sur les acquis sociaux en évoquant que c’est une notion vague et surtout, qu’en fRance on ne peut pas les remettre en question, en citant en exemple les 35 heures, l’âge du départ à la retraite, le travail des enfants…

Quelques années plus tard, un type est élu président de la république face à l’hydre «fasciste» et a sauvé la «démocratie». Nous pouvons donc vivre dans le meilleur des mondes « démocratique» en supprimant au passage quelques « acquis sociaux », qui nous rendait malgré tout la vie plus supportable, et augmentant dans le même temps des taxes diverses et variées, notamment celle du carburant au nom de l’écologie. La suite nous la connaissons, les classes populaires et moyennes de ce pays ont enfilé le fameux gilet jaune, et la colère a durée plus d’un an.

Cet épisode de la vie sociale et politique française nous à démontrer une chose, c’est que même un régime « démocratique » peut se muer petit à petit en un régime autoritaire, et peut être avec un peu de malchance carrément en dictature, surtout quand il se sent en danger. Combien y a t-il eu de gilets jaunes incarcérés pour pas grand-chose ? Combien d’arrestations arbitraires ? Combien de violences policières ? Combien de manipulations ? Combien de mensonges ? Combien d’yeux en moins ? De mains en moins ? Ainsi le gouvernement au nom des principes « démocratiques » peut nous foutre en prison quand il le souhaite et n’a aucune espèce de considération de quoi que ce soit pour les gens simples.

Il y a eu ensuite cette pandémie, où ces ministres, non seulement nous ont menti comme des arracheurs de dents , sur les dispositifs sanitaires, les masques… mais en plus en ont profité pour nous rendre la vie encore plus impossible en modifiant des trucs dans le code du travail du style qu’une entreprise pourrait nous faire bosser jusqu’à 60H par semaines, tout en profitant de se mettre à l’abri du code pénal en cas d’éventuelle plainte pour mise en danger d’autrui, ce sont des petits malins… Alors comme d’habitude les gens sont scandalisés et outrés, ils veulent une vraie « démocratie », où les décideurs doivent rendre des comptes. Mais dans les faits, que leur reproche-t-on ? Si ce n’est de faire ouvertement ce que les gouvernements précédents faisaient en toute discrétion, et le plus diplomatiquement possible ?

Le mot « démocratie » à leur bouche n’est qu’un mot, qu’une fable, puisque au nom de la « démocratie » ils auraient presque droit de vie ou de mort sur nous, notre rôle se limitant à la production de richesses pour la nation, leur entreprise en bref pour eux ! Un mythe à combattre Qu’on se le dise, les droits « démocratiques » ne sont jamais des victoires prolétariennes, mais toujours des armes de la bourgeoisie. Qui essaiera toujours de nous amadouer avec des miettes : le droit de grève, la liberté d’expression, toujours en accord avec les intérêts de la nation bien entendu. Si une force populaire et contestataire émerge, comme les GJ, et tente de remettre en cause la dictature capitaliste, l’état démocratique montre alors son vrai visage. Mais tant que cette dictature se maintient, alors elle montre son doux visage en se présentant comme le garant des libertés publiques et des droits, à condition que le citoyen s’y plie sans discuter.

De novembre à décembre 1947, il y eut en France des mouvements sociaux particulièrement revendicatifs et forts au point que le PCF et la CGT, qui soi-disant tenaient et canalisaient la classe ouvrière, ont été débordé. Ce mouvement de grève est ce qu’on pourrait appeler de nos jours des grèves insurrectionnelles, puisque la bourgeoisie n’a pas hésité à envoyer l’armée dans les mines de charbon pour réprimer les travailleurs. Le 29 novembre 1947, par exemple, lors de la marche des grévistes à St Etienne, le gouvernement et son préfet lancèrent contre les 90 000 manifestants, trois auto-mitrailleuses. Ce mouvement avait commencé par l’arrestation d’ouvriers marseillais qui protestaient contre la hausse du prix du ticket de tramway, puis il s’est généralisé sur tout le territoire, des mineurs aux métallurgistes, du BTP aux Cheminots, jusqu’aux enseignants. Ce mouvement se solda par l’assassinat par l’État d’une dizaine de personnes. Il y a fort à parier que tous les « avantages sociaux » que nous avons acquis à cette période-là (et il n’y a pas eu que cette grève), ont été des miettes lancées pour calmer les prolétaires en colère ; la bourgeoisie de l’époque n’avait alors peut être pas envie d’une révolution.

Quand se réalise une véritable grève qui se passe de toute autorisation, où les intérêts de la classe dominante sont vraiment attaqués, il n’y a plus de droit qui tienne : les grévistes seront toujours accusés de tous les maux de la terre. Une véritable grève est toujours déclarée illégale, sauvage et anti-syndicale, ce qu’elle est en réalité.

N’être dupes de rien

Mais il est aussi une autre réalité, c’est que la nature a horreur du vide, ces soi-disant acquis sociaux, qui malgré tout nous rendent la vie plus facile, il faut une vigilance de tous les instants afin de pouvoir les conserver. Si personne ne se bat, si tout le monde s’endort sur ses lauriers, ce n’est pas compliqué ils les suppriment un à un, Il faut bien garder à l’esprit que ce ne sont pas ces partis politiques de gôche, ces syndicats institutionnels, ces sociétés civiles, qui protégeront les prolétaires contre les éventuelles attaques politiques et économique de ce système. Ce sont les syndicats qui ont sifflé la fin de la récré en Juin 36, en Mai 68, en renvoyant les ouvriers au boulot à coups de pied dans le cul si besoin.

Les partis politiques de gôche, quant à eux, ont toujours protégé les bourgeoisies et leurs intérêts. D’un coté les sociaux démocrates qui historiquement ont souvent été impliqués dans les répressions anti-ouvrières, et par conséquent ont fait le lit des fascismes en Europe (Rosa Luxembourg a été assassiné par des flics aux ordres de Noske, ministre de l’intérieur social démocrate …). De l’autre, les partis dit communistes, ont mis en place un système policier, contre toute velléité émancipatrice des prolétaires d’Europe de l’Est et d’Extrême orient : à coup de goulag, de lao gaï, de procès et des exécutions, en envoyant accessoirement les factures des balles de fusil aux familles des opposants assassinés.

Ce ne sont pas non plus ces groupes divers et varié défendant des causes sociétales, ces associations racialistes dites « anti-racistes », qui opposent les prolétaires « non-blancs » aux prolétaires « blancs », avec des formations ou des meetings interdit au « blancs », ni encore moins ces groupes dit néo-féministe-queers soi-disant super radicales, mais authentiquement interclassiste qui jouent sur l’identitarisme avec un individualisme surdéveloppé, à l’instar d’ailleurs de la plupart de ces idées à la mode, comme l’antispécisme, le primitivisme, ou le transhumanisme…

Qu’on ne s’y trompe pas, nous les prolétaires, gens du peuple, gens de rien, nous n’avons aucun « droits », puisque n’importe lequel de nos « droits », même les plus élémentaires, légitimes et vitaux, peuvent être remis en cause par la bourgeoisie quand elle veut et comme elle le souhaite. Elle a toujours eu besoin de domestiquer le prolétariat, car il en va de sa survie. La plupart de nos soi-disant avantages sociaux et acquis, ont souvent été des miettes concédées par la classe dominante pour canaliser les colères populaires et surtout pour éviter les révolutions. La légalité bourgeoise en même temps qu’elle garantie de le droit de grève, l’encadre fortement et le limite. Ainsi gare à ceux qui ne respectent pas le « droit du travail » et veulent déborder ce cadre en faisant des grèves et actions plus ou moins sauvages, sans tenir compte de l’avenir économique de l’entreprise dans laquelle ils travaillent, voire de l’avenir économique de la nation.

Pour se défendre, l’État pour le compte de ses actionnaires, la bourgeoisie, brandira la matraque, n’hésitera pas faire pression sur nos familles, voire ira jusqu’à nous mettre en prison, ou pire à nous assassiner.

Les coups de matraques restent des coups de matraques que ce soit dans une « démocratie » ou dans une « dictature » : ça fait mal !

Un prolétaire

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Article du journal « Anarchosyndicalisme ! »n° 169, sept.-oct. 2020

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