La raison contre la peur

Paru dans Anarchosyndicalisme !, n° 169, septembre octobre 2020

L’histoire de l’humanité n’est pas un long fleuve tranquille. Des évènements, guerres, innovations technologiques culturelles ou religieuses, modifient parfois brusquement le cours prévisible des choses, les manières de vivre, de travailler ou de penser. Ces événements constituent des ruptures par rapport à l’évolution normale des sociétés, ils sont des révolutions. D’un seul coup des traditions culturelles, des rapports sociaux, des comportements qui semblaient immuables deviennent obsolètes.

À coup sûr l’irruption de la Covid dans nos société et surtout les techniques mises en œuvre par l’État pour gérer cette crise constituent un de ces événements. Il y a eu un « avant Covid », nous entrons dans « l ’ après ». En soi pourtant l’arrivée d’un nouveau virus n’a rien d’extraordinaire. Depuis le néolithique, les sociétés humaines se sont habituées à cohabiter avec des virus et des microbes. Ils se rappellent à notre bon souvenir chaque année en causant des épidémies de grippe, de gastro ou d’autres maladies plus ou moins bénignes. En France, chaque année quelques milliers de personnes sont tuées par le virus de la grippe sans que nos autorités s’en émeuvent outre mesure.

À l’inverse, l’apparition des premiers cas de Covid a suscité dans la population un sentiment d’effroi et a amené le gouvernement à prendre des mesures radicales pour éviter, nous a-t-on dit, l’effondrement du système de soin. Nombre de ces mesures sont de simple bon sens et on ne peut que s’étonner qu’elles n’aient pas été mises en œuvre auparavant. Après tout, puisque de simples mesures de distanciation physique sont efficaces pour limiter la diffusion de la Covid pourquoi ne pas les avoir préconisées pour lutter contre les autres épidémies ? Dans nombre de pays, ces mesures sont expliquées aux populations qui les appliquent sans rechigner. Les gens ne sont pas stupides et voient vite où est leur intérêt.

En France, nos gouvernants doivent penser que les citoyens manquent de bon sens car non seulement ils n’avaient auparavant jamais jugé utile de leur expliquer l’intérêt des mesures de distanciation en période d’épidémie mais en plus, dès que contraints et forcés par la virulence du microbe, ils les ont décrétées, ils les ont immédiatement assorties de sanctions lourdes en cas de non-respect. Et du jour au lendemain, nous avons découvert que nous ne pouvions plus sortir de chez nous que durant un temps limité, qu’il nous fallait pour cela emporter avec nous une attestation signée, que nous ne pouvions plus déambuler que dans un périmètre restreint etc… En bref, du jour au lendemain, comme dans un mauvais film de science fiction, nous avons découvert qu’une de nos libertés fondamentales, celle de pouvoir aller et venir à notre guise nous était retirée.

Le plus extraordinaire est que personne ou presque n’a protesté. La population comme tétanisée par la peur (remarquons le rôle joué par les médias) a courbé l’échine ; les Français prétendument si attachés à la Liberté ont joué le jeu, présentant leur attestation aux policiers, ouvrant leurs sacs pour montrer que le but de leurs sorties était alimentaire et payant les amendes infligées (quelques centaines de milliers). Si nombre d’entre eux ont triché, photocopiant des fausses attestations à qui mieux mieux, il n’y a pas eu de remise en cause collective de ces mesures liberticides. Si comme le dit Goya « le sommeil de la raison engendre des monstres », constatons que la peur endort la raison.

Mais me direz-vous ces mesures exceptionnelles, n’avaient pour but que de nous protéger, d’éviter que l’épidémie ne devienne ingérable, l’État nous répète qu’il ne les a mise en place que pour notre bien. Soyons clairs, il ne s’agit pas de refuser la réalité de l’épidémie, personne ne songe à nier l’intérêt des mesures de distanciation mais pourquoi les accompagner de sanctions ? Quelle est la fonction réelle de cette attestation dérogatoire ? Aurait-elle une vertu magique qui nous protégerait du virus ou ne serait elle pas plutôt le signe de notre allégeance à l’État, la marque de la toute puissance que l’État exerce sur nos vies ?

C’est une chose d’expliquer, de démontrer, de recommander en bref de donner à une population les moyens de s’auto-protéger et c’en est une autre que de la contrôler à tout va, de la sanctionner, de lui imposer par la force des règles, en bref de la violenter. Curieuse conception qui nous ramène à des temps d’ailleurs pas si lointains où des religieux enseignaient à des enfants leurs dogmes à grands coups de bâtons et n’imaginaient pas qu’il puisse en être autrement. Preuve que du point de vue de l’État, les citoyens, ceux-là même qui sont appelés à voter et à élire, sont des incapables, des enfants indisciplinés et rebelles ne comprenant exclusivement que le langage de la force.

Ce qui n’empêche pas d’ailleurs dans un autre registre nos gouvernants de se prétendre les défenseurs des libertés individuelles. Vous êtes libres, libres nous disent-ils, libres de déposer le bulletin de votre choix dans une urne, (qu’importe le bulletin puisque de toute façon, rien ne changera), libres d’acheter dans un super marché la marque A au lieu de la B, mais si vous veniez à faire un mauvais usage de votre liberté, pour vous protéger dans l’intérêt supérieur de la collectivité, nous vous la retirerons. C’est la grande leçon de l’épisode Covid notre liberté est toujours suspendue au bon vouloir de l’État. Nous vivons en liberté surveillée mais même ce simulacre de liberté peut nous être retiré à tout moment.

Covid aujourd’hui, demain terrorisme, après-demain catastrophes environnementales, les menaces dont l’État peut prétendre nous protéger sont multiples. On peut en la matière faire confiance à son imagination. Le message envoyé par les tenants de l’ordre établi à tous les révoltés, aux gilets jaunes, à tous les perdants de la lutte des classes, à tous ceux qui ne se satisfont plus des simulacres que nous sert le système est clair : ne rêvez plus, résignez-vous, le monde actuel est indépassable et faites confiance à vos gouvernants !

Mais de plus en plus de personnes constatent combien ce discours est creux et mensonger. Il suffit d’ouvrir les yeux pour voir combien ce monde est injuste, inégalitaire, mortifère et suicidaire et ce sont bien les politiques décidées par les élites, les logiques économiques chères à nos classes dirigeantes qui sont les causes des catastrophes économiques ou écologiques qui nous menacent (la Covid en fait partie). Pour se maintenir au pouvoir, pour que rien ne change, les états criminels sèment l’effroi dans les populations en les menaçant des pires catastrophes si elles ne sont pas soumises. Ces stratégies dignes des états totalitaires ne pourront être mises en échec que par l’usage de la raison, et c’est la raison qui nous incite à réfléchir ensemble, à élaborer ensemble, à imaginer une autre société basée sur des paradigmes différents de l’actuelle si nous voulons que le futur ait un sens.

Sur le même thème :

Claude Bernard, Bachelard et Feyerabend : trois scientifiques contre le scientisme.


texte paru dans Anarchosyndicalisme !, journal de la CNT-AIT

Téléchargeable en ligne : http://www.cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?article1049

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LA LUTTE C’EST PAS DU CINEMA !

Dans certaines entreprises de projection cinématographique, derrière les discours radicaux citoyennistes, altermondialistes voire anti-néo-libéraux, il y a parfois des pratiques plus conciliantes avec l’exploitation salariale …. La lutte déclarée au libéralisme économique et à l’uniformisation culturelle prend alors une tournure anti-lutte de classes ; et devant l’objectif ultime de la Culture et de sa promotion militante des patrons – avec l’assentiment de certains militants de gôche – s’arrangent finalement de l’exploitation salariale et ses extravagances. Mais la Résistance s’organise … Récits de luttes dans différents cinémas en France et en Allemagne.

Utopia, ABC, Les Carmes, BABYLON KINO, etc.
DANS LES ENTREPRISES CULTURELLES,
DES PATRONS COMMES LES AUTRES …

Dans certaines entreprises de projection cinématographique, derrière les discours radicaux citoyennistes, altermondialistes voire anti-néo-libéraux, il y a parfois des pratiques plus conciliantes avec l’exploitation salariale …. La lutte déclarée au libéralisme économique et à l’uniformisation culturelle prend alors une tournure anti-lutte de classes ; et devant l’objectif ultime de la Culture et de sa promotion militante des patrons – avec l’assentiment de certains militants de gôche – s’arrangent finalement de l’exploitation salariale et ses extravagances. Mais la Résistance s’organise … Récits de luttes dans différents cinémas en France et en Allemagne.

« La classe ouvrière et la classe patronale
n’ont rien en commun. »

Préambule à la constitution des IWW, 1905

Ces mots qui introduisent le préambule des IWW, organisation syndicaliste révolutionnaire américaine sont plus que centenaires mais sont toujours d’actualité : « la classe ouvrière et la classe patronale n’ont rien en commun ».

Ce qui est une évidence pour tout militant de gauche, et a fortiori révolutionnaire, s’évanouit pourtant souvent quand on aborde le secteur de la « culture » … Ah la Culture ! La Culture – ou plutôt devrait-on dire l’industrie du divertissement avec un habillage plus ou moins intello  – serait un secteur « à part », où les lois du marché ne s’appliqueraient pas vraiment, où – sous couvert de faire réfléchir le gens – tout serait permis. On trouve dans le secteur du divertissement culturel une multitude de structures économiques : certaines sont un peu plus dégagées de la profitabilité économique directe comme les associations, d’autres sont un peu moins inégalitaires et hiérarchique dans la prise de décision comme les coopératives, mais on y trouve aussi une pléthore d’entreprises commerciales de statut classique, notamment des SARL. Il est fréquent que ces SARL développent, pour faire la promotion de leur production, un discours citoyenniste, altermondialiste, écologiste, anti-néo-libéral voire même anticapitaliste. Ces entreprises déclarent la guerre au libéralisme économique et à l’uniformisation culturelle. Mais en interne c’est souvent une autre histoire …

Sous prétexte que certaines entreprises « culturelles » auraient une démarche « militantes », cela leur permettrait de s’affranchir des règles en matière de travail … d’ailleurs ce n’est plus un travail ni une exploitation, mais un plaisir et un véritable don de soi pour la cause … Des pratiques qui sont intolérables –avec raison – dans le moindre Mac Do (heures non payées, hiérarchie autoritaire, embrigadement et adhésion à l’idéologie portée par le patron), deviennent soudainement « normales » et même des vertus.

On nous rétorquera que les entreprises culturelles s’en tirent souvent difficilement économiquement. Certes, mais pas plus que les PME de l’agroalimentaire, ou les artisans plombiers-zingueurs. Est-ce que cela excuse pour autant l’exploitation qu’ils font subir à leurs salariés ? Comme le disaient les salariés grévistes du Cinéma des Carmes d’Orléans « On nous a reproché de sous-estimer les difficultés financières du cinéma, que ce n’était pas le bon moment d’entamer une crise (sociale) au sein d’une entreprise dont la pérennité n’est pas assurée : nous aimerions savoir alors à quel moment nous devions nous “plaindre” ? et faut-il tout accepter quand une entreprise a des difficultés ? »

Oui mais c’est que les entreprises culturelles ne génèreraient pas de capital autre que « culturel ». Cela reste à voir : dans le cas des cinémas par exemple, il arrive que les patrons militants soient par ailleurs les propriétaires – via une SCI – des murs, ce qui leur assure – quand ils seront revendus une fois la retraite venue – un joli pactole, accumulé grâce à l’extorsion de la plus-value du travail de leurs salariés pour parler comme un vulgaire marxiste … Et quand bien même, est ce que la fin justifie les moyens ? Comme le disaient toujours les grévistes des Carmes : « On nous a aussi reproché de méconnaître voire d’ignorer la spécificité attendue de fonctionnement d’un cinéma d’art et d’essai, d’une entreprise indépendante, d’une programmation audacieuse: si nous sommes d’accord sur le constat, nous pouvons diverger sur la méthode : être salarié d’un cinéma d’art et d’essai implique-t-il une disponibilité et un investissement personnel plus importants que dans un autre cinéma ? dans quelle mesure, et avec quelle limite ? faut-il enfin ne pas critiquer une organisation du travail interne parce que le projet final (montrer des films différents) serait plus décisif ? »

Il nous semble donc important de rappeler cette évidence : une entreprise culturelle c’est avant tout une entreprise, c’est-à-dire des propriétaires / patrons et des salariés ; or la classe ouvrière et la classe patronale n’ont rien en commun. Cela nous semble d’autant plus important à rappeler aujourd’hui : après la crise dramatique du Covid19, l’industrie du divertissement culturel fait face à une crise économique majeure, d’une ampleur inouïe. Déjà des voix s’élèvent dans l’intelligentsia pour exiger le sauvetage de l’industrie culturelle, c’est-à-dire le sauvetage de ses entreprises, appelant l’Etat à la rescousse à coup de subventions. Mais il y a fort à parier qu’en contrepartie l’Etat demande aux entreprises de réduire leurs « charges » (et pas leurs profits …). Déjà l’Etat fait appel à l’esprit de l’Union Sacrée, il nous demande d’oublier les divergences d’intérêts de classes entre patrons et salariés. Dans un mouvement paradoxal, on peut s’attendre à ce que les entreprises culturelles « militantes » cherchent à nous faire croire qu’elles ont dépassé leur statut d’entreprise privée pour se hisser au rang de « symbole de résistance culturelle » qu’il faut sauver, à tout prix, pour montrer qu’un des bastions de l’ « anti-néo-libéralisme » tient encore et contre tout. Et au nom de la lutte contre l’Union Sacrée on demandera aux salariés … de faire l’union avec leurs patrons militants… pour le plus grand profit de ces derniers !

Encore une fois, il y a fort à parier que ceux qui payeront réellement la note du « sauvetage économique » de cette industrie ce seront les salariés à qui on va demander d’accepter de faire des heures non payées, de réduire leurs salaires, de travailler plus pour gagner moins … avec ces arguments imparables propres à cette industrie « c’est pour la culture ! », « c’est de la Résistance au néolibéralisme ! ».

Nous avons voulu dans cette brochure rappeler un cycle de luttes, que la CNT-AIT avait activement soutenues, menées dans les années 2004-2010 dans le secteur de la projection cinématographique. Ce secteur est emblématique de cette industrie du divertissement culturel, qui prend un alibi militant pour couvrir ses pratiques managériales brutales. Ces luttes, qui se sont déroulés dans plusieurs villes de France et même en Allemagne, ont connues des scénarios sommes toutes assez semblables :des patrons « militants », exigeant une adhésion totale des salariés au projet managérial, impliquant leur dévotion corps et âmes à l’entreprise (horaires extensibles et non payés, primes à la gueule du patron, licenciement des éléments récalcitrants, …) et avec des pratiques hiérarchiques et salariales identiques voire pire que dans des entreprises non militantes, un rideau de fumée organisé par le copinage patrons / organisations de gauches, chacun trouvant son intérêt dans la promotion pour son propre compte d’une image de questionnement social voire de contestation, mais qui n’est en fait que la consommation d’un spectacle pour public de gauche averti mais qui ne fait pas le lien entre ce qu’il voit à l’écran et la réalité de sa production.

La répétition de ces faits dans des entreprises qui n’ont aucun lien entre elles, montre qu’il ne s’agit pas d’un problème de personnes, mais bien d’un problème structurel, ancré de longue date dans l’industrie du divertissement culturel. Ce problème ne pourra être dépassé que par un changement structurel profond, d’un niveau global, qui fasse disparaitre l’Etat et le Capitalisme, et leurs soubassements idéologiques tels que la propriété et la hiérarchie. Bref, une Révolution. Et en attendant, rien n’interdit que dans le domaine « culturel » et du divertissement, d’autres formes que celle de l’entreprise commerciale soient expérimentées, même si elles n’ont pas à elles-seules la capacité de remettre en cause le modèle social et économique dominant.

La lutte ce n’est pas du cinéma. Que ceux qui veulent être acteurs de leur destin et non des figurants, sachent que la CNT-AIT sera toujours au côté de ceux qui luttent contre ceux qui les exploitent.

Des travailleurs de la CNT-AIT

TABLE DES MATIERES


– INTRODUCTION : « La classe ouvrière et la classe patronale n’ont rien en commun. »

LUTTE A UTOPIA TOULOUSE

– La maladie du Docteur Utopia

– Cinémas UTOPIA : danger patrons de Gôche (2005).

– Quelle est la différence entre un patron de « Gôche » et un patron…

– Sauve qui peut Utopia!

– A propos d’un « droit de réponse patronal »

– Danger : Faizant de gauche !

– Petit voyage en Utopia

– Justice : le cinéma toulousain, chantre de la dénonciation des injustices sociales, épinglé par le conseil des prud’hommes (2007)

– Utopia mon amour

– Cracher dans la soupe et mordre la main qui nourrit

– Courrier de spectateur solidaire

– La fabrique de l’Opinion … Tentative d’enfumage gauchiste

– Utopia, l’envers du discours

– Malaise social au cinéma Utopia (2018)

– «Utopia, un cinéma alternatif, une entreprise comme les autres»

LUTTE AU CINEMA DES CARMES

– Rappels aux spectateurs du cinéma les Carmes d’Orléans (2004)

– 2 salariés du cinéma les Carmes d’Orléans sont en grève ce mercredi 28 juillet

– Suite et fin de grève au cinéma les Carmes

– Cinéma des Carmes – Orléans (45) : Il y a compromission et compromission

– Nous soutenons les grévistes dans les films … et dans les cinémas

– ATTAC 45 et les Amis du Monde Diplo : pour soutenir une SARL, c’est la lutte des places

LUTTE AU CINEMA ABC

– Exploitation… cinématographique ! (2005)

– Licenciement à l’ABC : j’y tiens pas … (2008)

– ABC : polémique autour des licenciements

LUTTE AU CINEMA BABYLON (BERLIN)

– La lutte des travailleurs du Cinéma Babylon de Berlin (2010)

– Lettre ouverte aux militants du « Parti de Gauche » et à tous ceux pour qui les notions de lutte de classe et de solidarité ouvrière ont encore un sens …

– La révolte des travailleurs des cinémas

– TRAVAILLEUR, CHOMEUR, ETUDIANT


Claude Bernard, Bachelard et Feyerabend : trois scientifiques contre le scientisme.

Editorial de Anarchosyndicalisme !, n° 1-9, septembre octobre 2020

Une communauté scientifique divisée, des mensonges gouvernementaux légitimés par un conseil scientifique, des injonctions sanitaires contradictoires, des prévisions systématiquement fausses, un droit de prescription des médecins bafoué par le Conseil de l’Ordre… Comme aux pires heures de la catastrophe de Tchernobyl, le constat est posé, une certaine science s’est servilement mise au service de l’État.

Cet accouplement monstrueux signe la persistance d’un projet politique aussi ancien que pervers, consistant en la mise en œuvre d’une politique ancrée sur des dogmes ayant pour but de nier la liberté des individus au profit d’un ordre social et économique figé et donc sans perspective de changement. Ce projet est parfaitement explicité par une figure des Anti- Lumières, Ernest Renan. Dans « L’avenir de la science » publié en 1890, il appelait de ses vœux « un gouvernement scientifique, où des hommes compétents et spéciaux traiteraient les questions gouvernementales comme des questions scientifiques et en chercheraient rationnellement la solution. » .

Rappelons qu’à cette époque la dictature de Porfirio Diaz, qui allait être balayée par la Révolution Mexicaine , avait pris ce modèle en s’appuyant sur « los Científicos » c’est à dire un conglomérat de personnages richissimes utilisant la technocratie et les statistiques pour exploiter une population réduite à la misère.
Une telle idéologie scientiste s’est très rapidement heurtée à la pensée scientifique moderne, dés 1865, Claude Bernard écrivait un premier avertissement vis-à-vis de l’émergence des études statistiques en matière médicale et surtout de leur tendance à transformer des probabilités en certitudes et ces certitudes en fantasmes.

« Quant à la statistique, on lui fait jouer un grand rôle en médecine, et dès lors elle constitue une question médicale qu’il importe d’examiner ici. La première condition pour employer la statistique, c’est que les faits auxquels on l’applique soient exactement observés afin de pouvoir être ramenés à des unités comparables entre elles. Or, cela ne se rencontre pas le plus souvent en médecine. Tous ceux qui connaissent les hôpitaux savent de quelles causes d’erreurs grossières ont pu être empreintes les déterminations qui servent de base à la statistique. Très souvent le nom des maladies a été donné au hasard, soit parce que le diagnostic était obscur, soit parce que la cause de mort a été inscrite sans y attacher aucune importance scientifique, par un élève qui n’avait pas vu le malade, ou par une personne de l’administration étrangère à la médecine. Sous ce rapport, il ne pourrait y avoir de statistique pathologique valable que celle qui est faite avec des résultats recueillis par le statisticien lui même. Mais dans ce cas même, jamais deux malades ne se ressemblent exactement ; l’âge, le sexe, le tempérament, et une foule d’autres circonstances apporteront toujours des différences, d’où il résulte que la moyenne ou le rapport que l’on déduira de la comparaison des faits sera toujours sujet à contestation. Mais, même par hypothèse, je ne saurais admettre que les faits puissent jamais être absolument identiques et comparables dans la statistique, il faut nécessairement qu’ils diffèrent par quelque point, car sans cela la statistique conduirait à un résultat scientifique absolu, tandis qu’elle ne peut donner qu’une probabilité, mais jamais une certitude » ( Dans introduction à la médecine expérimentale).

Ce passage qui garde toute son actualité est peut-être destiné à rester dans l’oubli tant il est évident qu’il ne peut que déplaire à un système basé sur l’accumulation de données au profit des industriels du numérique. Au pire, il leur sera facile de déboulonner Claude Bernard, fondateur de la médecine expérimentale, au motif qu’il a largement pratiqué la vivisection. Mais il n’en demeure pas moins qu’en affirmant cette vérité fondamentale que « jamais deux malades ne se ressemblent exactement », il remet déjà en cause une médecine fondée sur les big data et défend pour chaque patient en tant qu’être unique le droit de ne pas être traité comme un numéro. C’est pourquoi la médecine pensée comme connaissance de l’humain débute toujours par un colloque singulier et direct entre la praticien et son patient.

Cette critique du réductionnisme mathématique va s’élargir un siècle plus tard. D’abord sous les coups de Bachelard qui dénonce dans « l’engagement rationaliste » la superstition scientifique des formalistes et des logiciens débitant une dialectique qui « peut conduire peut-être à une morale et à une politique générales. » mais absolument pas « à un exercice quotidien des libertés d’esprit, » contre ce rationalisme étriqué et bourgeois qui « prend alors un petit goût scolaire. ..élémentaire et pénible, gai comme une porte de prison, accueillant comme une tradition. » Bachelard écrit que « pour penser, on aurait d’abord tant de choses à désapprendre ! Il propose ce qu’il nomme une démarche surrationnaliste.

« Le risque de la raison doit d’ailleurs être total. C’est son caractère spécifique d’être total . Tout ou rien. Si l’expérience réussit, je sais qu’elle changera de fond en comble mon esprit. Je fais une expérience de physique pour changer mon esprit. Que ferais-je, en effet, d’une expérience de plus qui viendrait confirmer ce que je sais et, par conséquent, ce que je suis. Toute découverte réelle détermine une méthode nouvelle, elle doit ruiner une méthode préalable. Autrement dit, dans le règne de la pensée, l’imprudence est une méthode. Il n’y a que l’imprudence qui peut avoir un succès. Il faut aller le plus vite possible dans les régions de l’imprudence intellectuelle. Les connaissances longuement amassées, patiemment juxtaposées, avaricieusement conservées, sont suspectes. Elles portent le mauvais signe de la prudence, du conformisme.. »
En 1975, ce discours contre une méthode figée et que les politiciens voudraient hégémonique est amplifié par Feyerabend qui va écrire son essai « Contre la méthode » avec en sous-titre Esquisse d’une théorie anarchiste de la connaissance.

Pour Feyerabend, il s’agit avant tout de pointer ce qu’il nomme le chauvinisme scientifique , c’est à dire un corpus de savoirs s’appuyant sur une méthode ad-hoc et dont l’État favorise la prolifération. Pour lui, il faut séparer la science de l’État, comme on a séparé l’État de la religion, de façon à ce chaque individu soit en mesure de choisir librement ce qu’il doit penser. En tous les cas on assiste plus souvent au renouvellement de la connaissance qu’à son dépassement au sens étymologique du terme. Ainsi Copernic renouvelle Aristarque et la physique du XX ème siècle renouvelle l‘intuition des atomistes grecs. La prétention scientiste à renvoyer les connaissances passées aux poubelles de l’histoire et à mépriser des connaissances extra occidentales est nuisible à l’imaginaire nécessaire au renouvellement de la pensée scientifique et donc à son progrès.

Ce qu’on a appelé la crise sanitaire a mis en évidence cette bataille séculaire entre un savoir au service du système dominant et une science libre et ouverte. Version moderne de la croisade positiviste d’Auguste Comte pour qui la science devait être au service de l’ordre bourgeois contre l’esprit des Encyclopédistes responsables à ses yeux des troubles de la Révolution Française. N’oublions jamais en tous cas que contrairement à ce qu’écrivait Shakespeare, le pouvoir n’a jamais peur d’un temps où des « des idiots dirigent des aveugles ».

CNT-AIT

Editorial de Anarchosyndicalisme !, n° 1-9, septembre octobre 2020

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LES ELECTIONS PROFESSIONNELLES CONTRE LES LUTTES SOCIALES

Première publication : dimanche 2 décembre 2001

Délégués du personnel, représentants aux commissions paritaires, aux comités d’entreprises, conseillers prud’hommes, chambres d’agriculture, … on vote beaucoup sur le lieu de travail. Si quelques petits patrons y sont encore réfractaires, le patronat public (fonction publique territoriale, d’Etat ou hospitalière) et le grand patronat privé est furieusement pour. Tant d’énergie dépensée par nos patrons pour nous amener à voter pour nos “défenseurs” cache bien évidemment quelque chose.

L’entreprise, privée ou publique ressemble de plus en plus à la société dans son ensemble : on voudrait nous faire croire qu’il n’y existe pas une féroce exploitation collective de tous les salariés mais simplement, parfois, rarement même, des problèmes individuels de tel ou tel d’entre nous. Dans l’usine, le chantier, le bureau ou le magasin, nous ne sommes plus des ouvriers ou des employés ; mais après être devenus voici quelques années “techniciens de surface”, “force de vente” “agents de réception”… nous voici “citoyens” dans l’entreprise comme nous le serions dans la cité. Tout au long de ces dernières années, il s’ est agi pour le patronat d’éradiquer la dimension collective de la lutte pour l’atomiser, la ramener à une défense individuelle, si possible négociée. Les institutions de représentation des personnels ont joué un rôle capital dans ce processus de désagrégation des luttes.

Dans l’entreprise comme dans la cité, voter c’est en effet abdiquer sa volonté et son pouvoir, confier à quelques personnes ses intérêts individuels et de classe. Les différentes institutions ont été conçues pour “calmer le jeu” en institutionnalisant la négociation, en l’ individualisant. Du point de vue patronal, elle ont magnifiquement fonctionné Les “Commissions paritaires” sont, dans la fonction publique, l’ exemple extrême de ce processus. Loin d’être un lieu de contestation, de revendication collective ; elles sont devenues au fil des ans un lieu de défense de quelques individus en difficulté avec leur hiérarchie pour finir par être essentiellement un lieu privilégié de marchandage entre les syndicats et l’administration, permettant tous les coups de piston et fermant les yeux sur toutes les magouilles. Ce qui est vrai pour ces fameuses commissions paritaires l’est pour l’ensemble des institutions censées assurer la représentation du personnel par voie électorale.

Le bilan qu’on peut tirer de plus de cinquante ans d’élections professionnelles est catastrophique : ces dizaines de milliers d’élus ont-ils servi réellement à quelque chose ? Tout au plus, ils ont aidé quelques salariés [1]Mais, ont-ils empêché le démantèlement de la fonction publique, les vagues de privatisation ? Ont-ils empêché dans le privé les grandes vagues de licenciement, la montée du chômage ? Ont-ils l’installation de la précarité, de la flexibilité ? Evidemment, Non, Non et Non.

Quels que soient les arguments, finalement assez minables, de ceux qui défendent encore ces institutions, le bilan est clair : la classe ouvrière, les salariés qui, dans leur ensemble, avaient confié bien imprudemment leur “défense” à des élus se trouvent bernés. La régression sociale que nous vivons actuellement est un des fruits pourris de l’électoralisme sur les lieux de travail.

Il faut dire que le système électoraliste a donné au patronat une arme de choix : quand l’élu est un gars honnête, “qui y croit encore”, qui essaye vraiment de défendre les collègues … le patron le vire sans aucun problème et sans scrupule [2] ; dans les autres cas, il l’achète. Un exemple qui illustre bien ces propos nous est fourni par le géant Vivendi (le groupe qui possède La Générale des Eaux, …). Ce patron de choc à le bon goût de laisser aux “représentants des travailleurs” le soin de fixer eux-mêmes leur note professionnelle. Or, nous apprend “Le Canard enchaîné”, “une bonne note entraîne une bonne prime : jusqu’à cent quatre vingt mille francs de plus par an pour les cadres. Deuxième recette employée par Vivendi pour amadouer les syndicalistes et leur faire trahir la classe ouvrière : l’embauche des parents et des copains. “La belle fille d’un chef cégétiste a été ainsi engagée en 48 heures et sans formalité à un grade élevé” nous apprend le même journal. Un délégué FO au conseil d’administration a pris sa retraite (après soyez en sûr de “bons et loyaux” services) avec, toujours selon les informations du Canard [3] , “une superbe indemnité transactionnelle”. On n’en finirait pas de donner des exemples.

De plus en plus de salariés le comprennent et refusent de voter [4]. Ils ont raison : refuser de légitimer ceux qui ont trahi la classe ouvrière est un premier pas, il est indispensable pour permettre un retour des luttes collectives.

Dans l’entreprise comme dans la cité, ne nous laissons plus embobiner. Abstention et action doivent être nos mots d’ordre.

Marc F. (CNT-AIT 31)

Vous pouvez commander notre brochure « Les élections professionnelles contre le syndicalisme » pour 2 Euros auprès du syndicat de Toulouse CNT AIT 7 rue St Rémésy 31000 TOULOUSE



[1] Si l’on peut appeler “aider” obtenir quelques milliers de francs d’indemnité pour un licenciement qui vous met en quelques années à la rue !

[2] Le Monde du 10 mai 99 révélait que, en une seule année, 13 521 salariés élus (et légalement “protégés”) ont été virés (avec l’accord de l’Inspection du travail).

[3] “Vivendi fiche les mauvais sujets et cajole les bons syndicalistes”, Le Canard enchaîné, 12 avril 2000.

[4] La dernière consultation nationale, celle des Prud’hommes, s’est traduite par une vrai raclée anti-électorale : l’abstention étant majoritaire avec 65,6 % de non votants.

USA : Déclaration du WSA à l’occasion de la fête du travail 2020

Si dans certains pays le 1er Mai es un jour officiellement chômé ce n’est pas le cas partout, et notamment aux Etats Unis. Aux USA, le jour officiel est le 4 septembre, et ce n’est pas la journée des travailleurs mais la journée du Travail, lequel est ainsi sacralisé dans une célébration censée réunir ensemble patrons et salariés. C’est d’ailleurs ce même intitulé – fête du Travail – que donnera Pétain à la journée du 1er mai, quand il la déclarera pour la première fois fériée, à l’instigation de son Ministre du Travail, l’ancien syndicaliste CGT René Belin.

Aux USA comme pour Pétain, l’objectif est le même : enlever la charge symbolique du 1er Mai, où l’on commémore l’assassinat des anarchistes de Haymarket, Chicago, par l’Etat pour le compte des patrons ; enlever toute dimension de lutte à cette journée de solidarité pour en faire un jour férié de célébration corporatiste. (sur l’hitoire du 1er mai cf. cet article ) Nos compagnons du WSA, amis de l’AIT aux USA, nous rappellent les orignes de cette journée du travail du 4 septembre aux USA, et la signification particulière qu’elle a eu en cette année 2020


L’heure est venue !

Il y a plus de cent ans, le président américain Grover Cleveland, effrayé par la montée des révoltes sociales, a poussé le Congrès à reconnaître la fête du travail comme un jour férié fédéral en 1894.

Le congé de septembre a été observé pour la première fois en 1882 par la Central Labor Union of New York. [le 1er Mai 1886, a lieu la grève des travailleurs de Mac Cormick à Chicago, réprimée par le massacre de Haymarket]

[Cete époque est une période d’intense agitation sociale, les Etats Unis sont traversés de grèves souvent violentes. Une panique financière s’empare du pays en 1893, du fait d’un krach boursier lié à la surproduction dans la construction ferroviaire]. Suite à la grève sauvage des cheminots de la Pullman company, qui s’étend à tous le secteur ferroviaire du pays, le Président envoie les U.S. Marshals et les soldats qui tirent sur les grévistes. 13 travailleurs sont assassinés par les fédéraux, 57 blessés.

Pour calmer le jeu, le président Cleveland décide de jeter des miettes aux masses, et institue la fête du travail. Dans ce qui était peut-être une sage décision, il s’est assuré que cette fête ne tomberait pas le 1er mai, jour de la Fête internationale des travailleurs déjà existante, ni même à proximité. Le 1er mai, les travailleurs du monde entier commémorent un événement qui a eu lieu au cœur même des États-Unis (Haymarket, 3 mai 1886 et adopté au niveau international en 1889 par un congrès international de socialistes, d’anarchistes et de travailleurs radicaux) et ils appellent souvent à un changement radical, voire à la révolution. Aussi sûr que l’eau descend la colline, la miette de la fête du travail n’a fait que taquiner le ventre vide des travailleurs qui exigent une vie meilleure. Aujourd’hui encore, toute une histoire de lutte a été écrite et ses nouveaux chapitres se déroulent sous nos yeux.

Tout au long de cette histoire, les travailleurs ont manié les armes de la solidarité et de l’action directe afin de protéger et de promouvoir leurs propres intérêts. Avec les grèves, le sabotage, les sit-in et sit-downs et autres actions, les travailleurs se sont défendus les uns les autres depuis que les patrons ont commencé à les exploiter. Souvent, au cours de ces luttes, les travailleurs ont été abandonnés et condamnés, souvent par leurs propres dirigeants syndicaux, et laissés démoralisés et forcés soit de poursuivre la lutte par eux-mêmes, soit de capituler devant le patron.

2020 a été une année particulièrement difficile pour les travailleurs. Le virus Corona a frappé de plein fouet les travailleurs du secteur des services, de la restauration, de la transformation de la viande, de l’agriculture, du commerce de détail, de la fabrication et des transports. Les travailleurs à bas salaires sont particulièrement touchés. Des pans entiers de l’économie, comme l’hôtellerie et la restauration, ont été mis en veilleuse ou vidés de leur substance. Les travailleurs du secteur de la santé, qu’il s’agisse des aides-soignants à domicile moins bien payés, des femmes de ménage, des infirmières et même des médecins, ont été poussés à bout et mis en danger.

Capitalism kill, workers rise-up : le Capitalisme tue, travailleurs levez-vous !



Le chômage a explosé, des millions de personnes sont toujours au chômage et beaucoup vont bientôt être privées d’assurance-chômage. Les parents, et surtout les mères, constatent la précarité de la garde des enfants, les crèches et les écoles maternelles ayant fermé ou diminué leur disponibilité. Les enfants plus âgés restent également à la maison. Les parents, surtout les mères, doivent trouver un équilibre entre la garde des enfants et le travail ou réduire leurs heures de travail afin de pouvoir s’occuper de leurs enfants de tous âges. La nature invisible de la garde d’enfants devient peut-être plus visible durant cette pandémie.

Mais le travail de garde non rémunéré et sous-payé est toujours négligé et risque de devenir un dommage collatéral à l’avenir, car le problème a été exacerbé par la pandémie. « Partout dans le monde, les femmes, en particulier les femmes de la classe ouvrière, les femmes de couleur, les femmes migrantes et les femmes vivant dans les communautés rurales effectuent la plus grande partie du travail social reproductif sous-payé, ou totalement non rémunéré ». (Varsity, Cambridge, Royaume-Uni, septembre 2020)

Au cours des six derniers mois, les travailleurs, qu’ils soient dans les usines de conditionnement de la viande ou dans les hôpitaux, ont souvent mené des luttes auto-organisées pour obtenir des conditions de travail plus sûres et des équipements de protection individuelle. Des actions directes et des mini-grèves des travailleurs ont largement, mais pas exclusivement, éclaté spontanément dans tout le pays. Même chez Amazon, où les travailleurs ne sont pas formellement organisés, il y a eu un certain nombre de luttes et de petites actions contre la volonté de productivité et de rendement du mastodonte.

Même si ce n’a pas été es grèves massives, ni même des grèves en tant que telles mais plus des arrêts de travail comme ceux en solidarité avec le mouvement des Black Lives Matter, tous ces petits faits mis bout à bout ont envoyé un message fort. Pour ceux d’entre nous qui sont des fans de sport, un grand respect à ces joueurs de basket qui ont organisé une grève sauvage contre le racisme en augmentation et les meurtres racistes qui se produisent dans ce pays.

La crise des travailleurs ne se limite pas au seul lieu de travail. Les dizaines de millions de chômeurs sont également aux prises avec des problèmes de logement, dans l’incapacité de payer, en tout ou en partie, leur loyer ou leur prêt. Chaque semaine, les propriétaires s’apprêtent à les expulser de leurs appartements et de leurs maisons. La pression du manque de travail, la pression pour payer le loyer ou le prêt conduiront finalement à une crise majeure. Les mises en suspens temporaires des loyers ou des prêt dureront éternellement. Et lorsque le barrage se rompra, le coût humain pour les sans-abris sera immense.

2020 a été une année particulièrement brutale et raciste. Des hommes et des femmes de couleur ont été abattus ou étouffés par les mains des hommes en bleu dans tout le pays. Breonna Taylor dans le Kentucky, a été tuée dans son lit par des flics enragés lors d’une expédition de chasse.

Avec l’encouragement du Klansman en Chef qui tente agressivement de montrer qui est au pouvoir et au contrôle, les rues se transforment en zones de guerre avec ses forces de choc, les troupes fédérales dont les agents ne portent pas de signes d’identification. En outre, le Klansman en chef a fait plus qu’un clin d’œil : il a envoyé des signes d’approbation aux milices et aux justiciers racistes et fascistes.

S’il y a jamais eu un temps pour la création de nouveaux mouvements, à la base, pour le contrôle par les travailleurs et les communautés, c’est maintenant. Le temps est venu d’aider à développer des mouvements sociaux antiracistes d’en bas qui capturent le meilleur de l’esprit de l’action directe et de l’action de masse.

Le temps est maintenant venu de raviver l’esprit de combativité de la classe ouvrière. Nous cherchons à organiser et à construire un mouvement ouvrier indépendant, militant, autogéré et auto-organisé. Un mouvement directement démocratique, libre et non bureaucratique qui promeut des objectifs anti-discriminatoires, pro-écologiques et anti-capitalistes. Avec la menace du changement climatique, le besoin d’un mouvement ouvrier militant qui peut exiger une transition juste pour s’éloigner des combustibles fossiles et pour créer des emplois plus respectueux de l’environnement s’est accru.

Parallèlement, il est de plus en plus nécessaire de remplacer à terme les marchés par une économie autogérée par tous, car le déplacement des coûts du marché et les externalités négatives ne sont pas écologiquement viables. Nous pensons que ce besoin peut être satisfait par un socialisme libertaire où chacun a son mot à dire dans les décisions économiques, dans la mesure où il est concerné par celles-ci.

Ce type de mouvement ne peut être instauré du haut vers le bas, et ne peut avoir de patrons. Le mouvement ne défendra les intérêts des travailleurs de la base que tant que la base le contrôlera de bas en haut, démocratiquement. Afin de s’enraciner solidement, il devra pouvoir inclure non seulement les travailleurs salariés actuels, mais aussi tous ceux qui sont, seront et travailleront sans rémunération. En d’autres termes, tous ceux qui se trouvent impuissants dans cette société chaotique doivent travailler ensemble pour en forger une nouvelle. Elle doit refléter dans sa structure le type de société que nous souhaitons construire, une société vide de hiérarchie et pleine de démocratie.

Vous avez peut-être trouvé que les miettes, même si elles sont souvent jetées des tables de marbre, ne semblent jamais remplir votre estomac vide. Sachez que d’autres en ont également assez des miettes et souhaitent avoir le gâteau entier à la place.

N’hésitez pas à nous contacter pour en savoir plus sur la façon de combattre votre patron au travail, pour en savoir plus sur le socialisme libertaire et la lutte de la classe ouvrière, ou simplement pour discuter de la situation plus en détail.

L’heure est venue !

Workers’ Solidarity Alliance (Alliance de solidarité des travailleurs)

https://workersolidarity.org

http://www.ideasandaction.info

دلورس پرات

در چنین روزی، ۱۲ سپتامبر ۲۰۰۱، آنارشیست اسپانیایی و کارگر منسوجات دلورس پرات* در سن ۹۶ سالگی درگذشت. به عنوان انقلابی مادام‌العمر او از نوجوانی برای ۸ ساعت کاری در روز مبارزه کرد، در انقلاب اسپانیا شرکت کرد و در پی شکست آن به فرانسه گریخت، جایی که او و خانواده‌اش در اردوگاه کار اجباری به کارآموزی گماشته شدند و بعد به اسپانیا دیپورت شدند. او توانست با نوردیدن پیرنه از مرگ قطعی بگریزد و به فرانسه برود و در معدن کار پیدا کند. او در تبعید در اتحادیه‌ی آنارشیست CNT-AIT فعال باقی ماند و در سن ۹۱ سالگی به طور فعال آغاز به حمایت از مهاجران بدون ویزا کرد. هر سال از ۱۹۹۶، گروهی از مردم مسیر او را از کاتالونیا تا فرانسه از بین کوه‌ها دنبال می‌کردند.

Dios y dólares (11 de septiembre de 2001)

Armados con dioses y dólares, algunos hinchados de arrogancia , otros consumidos por la ambición, dos clanes megalómanos chocan sacrificando grandes masas de humanos anónimos.

Algunos matan a diario con ataques aéreos, saqueos organizados del planeta, bloqueos asesinos: 300.000 muertos en la ex Yugoslavia bajo las bombas de la OTAN, 200.000 muertos por falta de medicamentos en Irak, 30 millones muertes por VIH porque las compañías farmacéuticas estadounidenses no quieren renunciar a sus derechos comerciales y sus patentes, 40.000 niños que mueren de hambre o enfermedades todos los días. Es un llamado al odio, una invitación a la barbarie.

Los otros, reyezuelos en petrodólares o dictadores sin imperio, beben de la desesperación de los oprimidos, de su miseria, de sus sufrimientos, y fabrican tropas asesinas prometiendo el eterno espejismo de un paraíso poblado de muertos.

El capitalismo o la religión son dos caras de una misma dominación, a través de la explotación, la sumisión y el terror. Los miles de estadounidenses muertos responden a los millones de muertos en el planeta por historias falsas de dioses y verdaderas historias de dólares.

La carnicería del 11 de septiembre nos recuerda que ninguna tecnología bélica o mortal puede igualar la desesperación. Ningún poder, por moderno y civilizado que sea, puede negar la vida de los hombres sin morir a su vez.

Los laudatores del mundo mercantilista han olvidado que si pueden matar de hambre o de comida basura a los seres humanos, si pueden comprar los o vendar los, los seres humanos no pueden vivir sin dignidad y sin esperanza.

CNT / AIT – Asociación Internacional de los Trabajadores, 13 de septiembre de 2001

En Frances : http://cnt-ait.info/2001/09/11/dieux-et-dollars-11-septembre-2011

En Esperanto : http://cnt-ait.info/2001/09/11/dio-kaj-dolaro-la-11-an-septembro-2001/

En Aleman : http://cnt-ait.info/2001/09/11/gott-und-dollars-11-september-2001/

متن کامل کتاب : درود بر کاتالونیا ، اثری از جرج اورول

Homage to Catalonia – Georges ORWELL

درود بر کاتالونیا ، اثری از جرج اورول نویسنده انگلیسی، که در ۱۹۳۸ منتشر شد. در میان صدها داوطلبی که در بریگادهای بین المللی در جنگ داخلی اسپانیا جنگیدند بسیار بودند شاعران نوپا و نویسندگان خوش ذوق. اما کمتر کسی از میان ایشان به تیزبینی جورج اورول و با واقع بینی او درباره رویدادهای این دوره نوشته است.

جورج اورول برخلاف ارنست همینگوی نه بعنوان یک خبرنگار و نویسنده با شهرت بین المللی بلکه بعنوان یک داوطلب ساده به اسپانیا رفت.  و باز برخلاف بسیاری از داوطلبان خارجی که به بریگادهای بین المللی پیوستند به ستون نظامی POUM در کاتالونیا پیوست که در جبهه آراگون مستقر بود. این ستون می کوشید بر شهر ساراگوسا تسلط یابد که در اوائل جنگ داخلی به تصرف ناسیونالیستها درآمده بود. اما در زمانی که واحد اورول به خط مقدم می رسد، هر دو طرف به  آرامی در خطوط خود مستقر شده بودند و به جز فعالیتهای گشت و شناسایی از سایر عملیات نظامی پرهیز می کردند. این فقدان تحرک دیری نمی پاید و جورج اورول بزودی در یک حمله شبانه شرکت می جوید.

«بدرود کاتالونیا» حاوی مشاهدات او در این دوره است.  واقع بینی او و آن حس عمیق انسانیت بدور از شعارهای عوام فریبانه و صداقت اورول در گزارش احساسات و وقایع کتاب را از سایر نوشتارهای این دوره متمایز می کند. منتقدی درباره این کتاب می نویسد: «هیچکس جز اورول نمی تواند خشونت و تراژدی جنگ داخلی اسپانیا را با این تاثیر تصویر کند.» با اینحال اورول به خواننده خود یادآور می شود که این تنها گواهی یک فرد است و نه تاریخ.

در مدت اقامتش در اسپانیا اورول چند بار به بارسلونا، پایتخت کاتالونیا و جاییکه او به POUM ملحق می شود، مسافرت می کند. گزارشهای او از تغییرات در این شهر سنجش نبض تحولات جمهوری اسپانیاست. او همچنین در جریان شورشهای بارسلونا در ۱۹۳۷ که اوج درگیری حزب کمونیست و دولت مرکزی با احزاب مستقل کاتالونیا و آنارشیستهاست در این شهر است.  و ناچار می شود برای نجات از دستگیری بوسیله پلیس دولت جمهوری که تحت تسلط کمونیستهاست مدتی مخفی شود. طنزآمیز اینست که اورول حتی عضو POUM نبود. مانند بسیاری از اولین داوطلبان او به اولین گروهی پیوسته بود که عازم جبهه بود. خود او در شرح این روزها از این نکته غافل نیست و شاید با لبخندی تلخ این سطور را نوشته است.  این کتاب نه تنها درباره جنگ داخلی اسپانیاست بلکه سیریست در قدرت طلبی و نبرد برای آن. این کتاب یک کلاسیک به تمام معناست.

منبع

KATALONİYA MƏHƏBBƏTLƏ – Corc Oruel

Kataloniyaya məhəbbətlə

Tərcüməçi Əli Nəcəfxanlı (azərb.)
Nəşriyyat Qanun Nəşriyyatı (azərb.), Secker and Warburg (London)

Kataloniyaya məhəbbətlə (ing. Homage to Catalonia) – Corc Oruellin İspaniya Vətəndaş Müharibəsindəki təcrübələri və təhlilləri barədə şəxsi hesabatı. İlk dəfə 1938-ci ildə Böyük Britaniyada nəşr olunmuşdur. 1952-ci ilin fevralına qədər ABŞ-da çapdan çıxmamışdır. Oruellin sağlığında kitab ancaq italyan dilinə tərcümə olunmuşdur (dekabr 1948).[1] Fransız dilinə tərcüməsi isə Oruellin ölümündən 5 il sonrakı müddət boyunca nəşr olunmamışdır.[2]

Məzmun

Siyasi baxışları 1936-cı ilin dekabrında Corc Oruelli Frankoya qarşı savaşan ispan respublikaçılarının sıralarına gətirmişdir.

Oruell Marksist fəhlə partiyasının hərbi dəstələrində vuruşurdu. Bu savaş onun həyatında silinməz iz qoyur. Oruell 1937-ci ilin iyununda bu ölkəni tərk edir. İspaniyadakı gərgin, həyəcanlı günlərdən sonra yarım il Mərakeşdə yaşayan yazıçı burada bir tərəfdən aldığı yaradan müalicə olunmuş, digər tərəfdənsə ispan faşizminə qarşı beynəlmiləl mübarizəni əks etdirən « Kataloniyaya məhəbbətlə » kitabını qələmə almışdır.


İstinadlar

[1] Omaggio alla Catalogna, translated by Giorgio Monicelli (Mondadori, Verona, December 1948), The Lost Orwell, p.124
p.xvi,
[2] Facing Unpleasant Facts, 1937–39, Secker & Warburg, 1998 ISBN 0-436-20538-6

Solidarité avec les grévistes en Biélorussie !

Le monde entier observe avec inquiétude la situation au Bélarus. Le soulèvement de la société biélorusse contre le gouvernement autoritaire se développe et se manifeste de différentes manières. On peut observer non seulement des manifestations de masse, mais aussi des grèves qui unissent des travailleurs de différentes professions, exprimant la colère de la classe ouvrière locale contre la tyrannie. Nous espérons que les grèves se transformeront en grève générale, qui conduira au renversement du dictateur Loukachenko.

La section en pologne de l’AIT (ZSP-AIT) tient à exprimer sa solidarité avec la classe ouvrière biélorusse, estimant que le soulèvement contre le gouvernement permettra aux travailleurs de croire en leur force et pourra amener la lutte des travailleurs sur une voie nouvelle et plus audacieuse. Nous encourageons vivement les travailleurs à entamer le processus d’unification en un mouvement de travailleur de base, auto-organisé, indépendant des partis politiques et des dirigeants syndicaux traditionnels. Un mouvement qui, à la suite de grèves de masse, peut prendre le contrôle des lieux de travail et des moyens de production. Seule la lutte organisée et systématique d’une société unie dans de telles organisations de travailleurs de base peut gagner cette lutte inégale. Ce sera une étape importante et nécessaire vers la libération de la société bélarusse. Nous espérons que vous pourrez transformer le système politique et économique en accord avec le sens de la responsabilité sociale. Nous espérons également que vous ne ferez pas les mêmes erreurs qu’ici en Pologne, où le syndicat qui avait le slogan « Solidarité » (Solidarnosc) écrit sur ses drapeaux suivait des dirigeants politiquement naïfs qui échangeaient la dictature du Parti communiste contre la dictature de la politique capitaliste, du pouvoir et des affaires. Les travailleurs polonais ressentent encore les conséquences de cette erreur jusqu’à aujourd’hui.

Pour cela, il ne suffit pas de changer un pouvoir politique pour un autre. Il est nécessaire de reconstruire la société de bas en haut, en jetant les bases de structures autogérées.

Chers compagnons travailleurs ! Nous vous envoyons des mots d’encouragement et de soutien pour votre quête de liberté et espérons que vous gagnerez le combat contre la violence et la répression par l’État autoritaire. Aujourd’hui, vous êtes responsable de la libération de tous les travailleurs du Bélarus de la répression. La victoire sur le régime sanglant dépend de vous.

Nous sommes avec vous !

ZSP-AIT, Pologne

https://zsp.net.pl/solidarnie-ze-strajkujacymi-na-bialorusi

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Solidarnie ze strajkującymi na Białorusi!

Cały świat z niepokojem patrzy na rozwój sytuacji na Białorusi. Narasta w białoruskim społeczeństwie bunt przeciwko autorytarnej władzy. Przejawia się on w różnych formach. Oprócz masowych demonstracji, z zainteresowaniem i podziwem obserwujemy zataczający coraz szersze kręgi ruch strajkowy, będący wyrazem gniewu miejscowej klasy robotniczej przeciwko tyranii. Mamy nadzieję, że przerodzi się on w strajk generalny, który doprowadzi do obalenia dyktatora Aleksandra Łukaszenki.

Związek Syndykalistów Polski solidaryzuje się z białoruską klasą robotniczą wierząc, że jej bunt przeciwko władzy pozwoli uwierzyć we własną siłę i wprowadzić walkę pracowniczą na nowe, odważniejsze tory. Gorąco zachęcamy robotników i robotnice do rozpoczęcia procesu zrzeszania się w oddolny, samorządny ruch pracowniczy, niezależny od partii politycznych i etatowych liderów związkowych, który poprzez masowe strajki przejmie kontrolę nad zakładami pracy, a także środkami produkcji. Tylko zorganizowana i systematyczna walka społeczeństwa zorganizowanego w związki zawodowe może wygrać w tej nierównej walce. Będzie to ważny i niezbędny krok do wyzwolenia białoruskiej klasy robotniczej. Wierzymy, że w poczuciu odpowiedzialności społecznej, przebudujecie system polityczny i gospodarczy w swoim kraju. Mamy nadzieję, że nie popełnicie błędu jakiego dopuścił się w Polsce związek zawodowy z hasłem solidarności na sztandarach, który poprzez naiwnych politycznie liderów zamienił dyktaturę partii komunistycznej na dyktaturę kapitalistycznej władzy i biznesu. Skutki tego błędu polscy pracownicy i pracownice odczuwają do dzisiaj…

Z tego powodu nie wystarczy zmiana jednej władzy politycznej na drugą, ale potrzebne jest przebudowanie społeczeństwa w sposób oddolny, oparty o samorządne struktury.

Drodzy Pracownicy, drogie Pracownice! Przesyłamy wyrazy wsparcia dla waszych wolnościowych dążeń i liczymy, że zwyciężycie w walce z przemocą i represjami autorytarnego państwa A. Łukaszenki. To na Was spoczywa teraz obowiązek wyzwolenia białoruskich pracowników i pracownic z jarzma ucisku. To od Was zależy, czy pokonacie reżim okrutnego dyktatora.

Jesteśmy z Wami!
Związek Syndykalistów Polski IWA-AIT

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¡En solidaridad con los huelguistas de Bielorrusia!


El mundo entero mira con preocupación la evolución de la situación en Bielorrusia. La rebelión contra el gobierno autoritario está creciendo en la sociedad bielorrusa. Se manifiesta de diversas formas. Además de las manifestaciones masivas, observamos con interés y admiración el movimiento de huelga que se está extendiendo cada vez más, expresando la ira de la clase trabajadora local contra la tiranía. Esperamos que se convierta en una huelga general que lleve al derrocamiento del dictador Alexander Lukashenko.


La Union de Sindicalistas de Polonia, la sección de la AIT en Polonia, se solidariza con la clase trabajadora bielorrusa, creyendo que su rebelión contra el gobierno les permitirá creer en su propia fuerza e introducir la lucha de los trabajadores en caminos nuevos y más audaces. Alentamos encarecidamente a los trabajadores y trabajadoras a iniciar un proceso de asociación en un movimiento obrero de base, autogobernado, independiente de partidos políticos y dirigentes sindicales a tiempo completo (liberados), que, mediante huelgas masivas, tomará el control de los lugares de trabajo y los medios de producción. Sólo la lucha organizada y sistemática de una sociedad organizada en organización de trabajadores de base puede ganar en esta lucha desigual. Este será un paso importante y necesario hacia la liberación de la clase trabajadora bielorrusa. Creemos que con un sentido de responsabilidad social reconstruirá el sistema político y económico de su país.

Esperamos que no cometa la error cometido en Polonia en su tiempo, con un sindicato que había inscritado la palabra “Solidaridad” (Solidarnosc) en sus pancartas, mientras que, a través de líderes políticamente ingenuos, transformó la dictadura del partido comunista en la dictadura del poder capitalista y empresarial. Los efectos de este error los sienten los trabajadores polacos hasta hoy …

Por eso, no basta con cambiar un poder político por otro, sino que es necesario reconstruir la sociedad de abajo hacia arriba, basada en estructuras de autogobierno.

Estimadas trabajadoras, estimados trabajadores! Enviamos nuestras palabras de apoyo a sus aspiraciones de libertad y esperamos que ganen en la lucha contra la violencia y represión del estado autoritario de A. Lukashenko. Ahora es su responsabilidad liberar a los trabajadores y trabajadoras bielorrusos del yugo de la opresión. Depende de usted derrotar al cruel régimen del dictador.

¡Estamos con vosotros!

Unión Sindicalista Polaca ZSP-AIT

https://zsp.net.pl/solidarnie-ze-strajkujacymi-na-bialorusi