STEF MONTBARTIER EN GREVE : CONSOMMATEURS SOLIDAIRES !

Les travailleurs de l’entrepôt STEF de Montauban (Montbartier) dont en grève depuis le 17 décembre 2020 pour les conditions salariales. La Direction leur « offre » 15 euros d’augmentation par mois ! Ils ont organisé un filtrage de la plateforme logistique, que la justice de classe leur a ordonner de lever. Depuis ils continuent la lutte, organisant des actions pour sensibiliser la population à leur situation. STEF est le principal opérateur logistique d’Intermarché, et le premier transporteur frigo alimentaire d’Europe. Consommateurs, quand nous achetons des produits en magasin, ilest toujours passé entre les mains d’un travailleur de STEF. Un grope de consommateurs solidaires a rédigé un texte de soutien, pour diffuser aux portes des magasins, marchés, etc …

Depuis un an, nous vivons une période exceptionnelle du fait de la crise COVID 19. Dans cette gestion sanitaire chaotique, nous avons tout de même pu continuer de survivre, grâce à l’implication et au dévouement des travailleurs des secteurs essentiels, qui ont tout fait pour que les chaines d’approvisionnement puisse continuer de fonctionner. Ceci est tout particulièrement vrai dans le secteur alimentaire où la logistique (transport frigo, préparation des commandes, entrepôts frigorifiques) a permis que nous tous, consommateurs, nous puissions être approvisionnés sans pénurie.

L’entreprise STEF est le leader européen du transport et de la logistique sous température contrôlée. Une part significative des produits alimentaires consommés en France transitent sous forme brute ou transformée par le réseau Stef. Avec plus de 10 000 clients et plus de 100 000 livraisons par jour en phase normale d’activité, cette société européenne est bien évidemment au cœur de la chaîne alimentaire depuis le début de la pandémie de Covid. Le patron de STEF lui-même, Marc Vettard, a reconnu, dans une interview au journal professionnel de référence LSA, l’implication de tous les salariés alors qu’au début toutes les conditions de sécurités n’étaient pas réunies : «Je voudrais d’abord souligner la forte mobilisation de tous nos collaborateurs dans un contexte sanitaire très particulier et très précaire. Ils ont été remarquables et ont assuré leurs missions avec un vrai sens des responsabilités et de la solidarité. Personne n’a renoncé malgré le défaut d’équipements, de masques ou de gel hydroalcoolique auquel nous avons dû faire face. »

La STEF dispose d’un site logistique à Montbartier. Les salariés de la STEF, qui travaillent dans le froid parfois à -20°C, avec parfois des horaires décalées tard le soir ou tôt le matin, pensaient que leur dévouement serait reconnu par le patron, par une revalorisation de leurs salaires qui ne sont pas ceux des flambeurs de la bourse. Mais face à la surdité de la direction, ils ont décidé de se mettre en grève le 17 décembre dernier pour obtenir le respect de leur dignité ! Depuis, ils organisent des piquets et des actions pour se faire entendre, et en premier de nous, les consommateurs.

Derrière chaque produit alimentaire que nous achetons, il y a un travailleur de la STEF. Nous leur devons une fière chandelle. Leur combat, c’est aussi le nôtre, car si les travailleurs essentiels ne réussissent pas à se faire respecter et reconnaitre leur dignité, alors tous les autres, les travailleurs qui sont jugés non essentiels, seront traités encore moins bien qu’ils ne le sont actuellement.

On nous a promis que le monde d’après renouerait avec les jours heureux. Mais on voit qu’en fait c’est toujours la même logique d’une économie au service du profit, une économie où les humains – travailleurs comme consommateurs – ne sont que des variables d’ajustement. Il est temps d’en finir avec ce système injuste  et que l’économie redevienne utile à toutes et tous !

Pour cela, nous ne pouvons que compter sur notre solidarité entre travailleurs, et entre travailleurs et consommateurs, et nous méfier de tous les politiciens qui nous trahirons tous, demain comme hier, qu’ils aient été au pouvoir, ou pas encore.

Pendant le premier confinement, certains exprimaient leur solidarité avec les travailleurs essentiels en applaudissant aux balcons. C’est sympathique, mais ça ne suffit pas. C’est pourquoi nous vous invitions, en tant que consommateurs solidaires, en tant que travailleurs concernés, à exprimer concrètement votre solidarité avec les grévistes de STEF en lutte, en soutenant leurs actions et en contribuant à la caisse de solidarité avec les grévistes.

Des consommateurs solidaires des grévistes de STEF

Cagnotte en ligne : https://www.leetchi.com/c/stef-montbartier-logistique

EN UKRAINE COMME EN FRANCE ! UN SALAIRE DIGNE POUR LES PERSONNELS DE SANTE !

En Ukraine aussi, la politique de privatisation de la santé fait des ravages. Les personnels de santé viennent de lancer un mouvement de lutte contre la politique budgétaire et pour des salaires dignes. Nous assurons les travailleurs de la santé en lutte où qu’ils soient dans le monde de notre entière solidarité internationaliste !

Des travailleurs de la santé de la CNT-AIT


« En 2020, un véritable front de la lutte contre la pandémie s’est ouvert pour tous les médecins et personnels de santé ukrainiens, et, sans surprise, le principal ennemi des descendants d’Hippocrate n’était pas le virus, mais notre propre gouvernement ukrainien. Les fonctionnaires et les oligarques de la médecine, poursuivant le travail de leurs prédécesseurs, détruisent la médecine publique au profit de la médecine privée. Ils le font si cyniquement qu’il n’y aura bientôt plus d’infirmières ou de médecins qualifiés, ni de respect pour leur travail en Ukraine.

Les salaires des médecins restent  disproportionnés par rapport aux risques. C’est difficile à imaginer, mais le salaire moyen des médecins n’atteint pas le salaire moyen en Ukraine ! Selon le ministère de la Santé, le salaire moyen d’un médecin est d’environ 9 000 hryvnia (environ 260 euros), 7 000 hryvnia (environ 203 euros) pour les infirmières confirmées et 5 000 hryvnia (144 euros) pour les infirmières débutantes.

C’est pourquoi, aujourd’hui, nous, anarchistes, ne pouvons pas rester à l’écart et nous soutenons la lutte de ceux qui nous défendent tous et qui ont besoin de notre solidarité! Des militants du « Drapeau Noir » et de « l’Action Populaire » se sont joints aux infirmières pour manifester contre l’oppression sociale perpétrée par le gouvernement néolibéral contre la santé publique.

Lors de l’action, les infirmières ont exprimé leurs revendications :

1. Financement de la médecine à hauteur d’au moins 7% du PIB.

2. Augmentation des salaires du 01.01.2021 pour les travailleurs médicaux au niveau de 23 mille hryvnia pour les médecins, 17 mille pour les infirmières et 12 milles pour le personnel médical junior.

3. Garantie de recevoir des prestations d’assurance contre les maladies professionnelles pour les personnels de santé atteints de COVID-19 (présomption de lien entre la maladie et l’activité professionnelle).

4. Publication des dépenses, des revenus et des budgets des établissements médicaux (comptabilité ouverte), droit collectif de choisir la gestion des établissements médicaux.

5. Lancement d’un programme d’État pour fournir des logements au personnel médical.

6. Arrêter la destruction des institutions des services de maladies contagieuses (tuberculose), de psychiatrie et d’épidémiologie.

7. Transfert des infirmières travaillant dans les établissements scolaires et préscolaires au personnel des établissements de soins de santé du Ministère de la santé.

La solidarité avant tout ! »

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La CNT-AIT est une organisation anarchosyndicaliste. Elle regroupe des travailleuses et des travailleurs, qui face à l’inaction de toutes les structures syndicale, ont décidé de s’auto-organiser. Nous ne pouvons que compter sur nous-mêmes. Organisons nous en collectif, appelons à des AG de luttes de tous les personnels, pour discuter et réfléchir collectivement sur la situation actuelle et ce que nous pouvons faire ensemble, de façon autonome de tout parti ou syndicat traditionnel. Pour tout contact : contact@cnt-ait.info

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медсестрам – гіднy зарплатy : un salaire digne pour les infirmières ! Lviv, 16 décembre 2020

Dans la santé comme partout : travaille et crève

On est très injuste avec ce gouvernement ! Nous pensons tous que sa gestion catastrophique de la crise COVID est due à son incapacité à anticiper et à se préparer. C’est complètement faux et le gouvernement nous donne tous les jours la démonstration qu’il est tout à fait capable de prévoir et de s’organiser, quand il le veut.

Déjà au mois de mars 2020, nous n’avions pas de stock de masques par ce que le gouvernement n’en avait pas commandé. Par contre il n’a pas oublié en novembre 2019 puis de nouveau en avril 2020 de commander plusieurs millions d’euros de gaz lacrymogènes, de LBD et autres drones policiers. Ce gouvernement a le sens des priorités et des urgences !

Dans la santé c’est pareil. Alors que la seconde vague est là, et que l’iceberg de toutes les autres pathologies « reportées » va réapparaître, que croyez-vous que le gouvernement fasse ? Ne parlons pas de cet accord de la honte le Ségur … C’est un accord de trahison, signé par les syndicats réformistes et contre lequel les syndicats dit contestataires n’ont organisé aucune résistance sérieuse (ils ont appelé à des AG dans votre structure ?) alors que l’opinion publique nous était archi favorable. Les 183 euros ne vont même pas couvrir l’inflation des dix dernières années avec point d’indice bloqué !



Alors que nous sommes exténués, que de nombreux collègue sont en burn out, que dans certains services des collègues ont été contaminés par la Covid faute de moyens de protection, que fait le gouvernement ? Il embauche ? il donne des moyens supplémentaires ? Mais non voyons, son éminence Macron nous l’a dit le 6 octobre, en réponse à un collectif de soignants en colère « « Ce n’est pas une question de moyens, mais d’organisation »

Et question organisation, le gouvernement prépare l’avenir : il ouvre le feu vert à la privatisation.

Oh, il le fait en douce, pas franchement, par petites touches. Ça avait commencé avec le décret 2019-1593 du 31 décembre 2019 (pris en pleine période de fêtes de fin d’année, pour passer inaperçu) qui introduit la rupture conventionnelle dans la fonction publique. Autrement dit qui permet de licencier sans le dire des fonctionnaires … Et puis ce 3 septembre, un nouveau décret, le n°2020-1106, relatif aux mesures d’accompagnement en cas de suppression d’emploi dans la fonction publique hospitalière.

Certes ce décret ne parle pas de licenciement, il explique juste ce qui va se passer lors des fermetures d’hôpitaux. Bien sûr ce texte dit que l’agent pourra rester en activité, même si sa structure de rattachement est fermée. Mais le texte prévoit que l’État n’a pas obligation de lui trouver une nouvelle affectation… Or si l’État ferme des structures, ce n’est pas pour en rouvrir d’autres, ni pour gonfler les effectifs de celles existantes car l’heure est au « dégraissage du mammouth »… Si l’agent est sans affectation, il ne percevra plus aucune prime liée à l’exercice de ses fonction  ! Autrement dit son revenu sera largement amputé, de telle façon que si l’agent a une famille, des remboursements à payer, des enfants étudiants il ne gagnera plus assez pour subvenir à ses besoins…  L’agent sera alors poussé à négocier son départ de la fonction publique avec l’illusion qu’en s’installant en activité libérale ou en rejoignant des structures privées, il pourra trouver une meilleure alternative.

On le comprend, ce texte n’est rien de moins qu’un texte de harcèlement institutionnel officialisé, pour pousser les agents vers la sortie … L’État aura beau jeu de dire qu’il ne privatise pas et que ce sont les agents qui partent vers le privé « à leur demande », mais auront-ils le choix ? Et pour les patrons des structures privées ce sera sans risque : l’article 16 permet une période d’essai pour le salarié qui peut aller pendant un an dans une structure privée, en mise à disponibilité. Ainsi si « la greffe » ne prend pas, le patron peut se séparer de son employé sans risque et en prendre un autre. Qui a dit que l’État ne pensait pas à tout et ne préparait rien ?

Là encore, on n’entend pas les syndicats sur ce véritable plan de privatisation et de harcèlement institutionnel…

Alors nous aussi il faut nos préparer à riposter, pour ne pas laisser faire.
La crise Covid a montrée que la santé était un bien public, et qu’une gestion strictement comptable produisait catastrophe sanitaire et injustice. Et la future « organisation », privatisée, n’arrangera rien !

A nous de nous mobiliser, soignants et patients ensemble, pour exiger plus de lits dans nos hôpitaux, des embauches massives des salaires dignes.

De lits, + de personnel, un salaire digne,
Retrait de l’accord de trahison Ségur,

Pour un système de santé
universel, socialisé, solidaire !

Vive la sociale !

Des travailleurs du secteur santé de la CNT-AIT (Anarchosyndicaliste)

Cochin-Broca –Hôtel-Dieu, décembre  2020

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Histoire de l’avortement en Espagne: le décret de la Generalitat de Catalogne, DECEMBRE 1936.

(Extrait de la brochure sur l’Histoire de l’avortement pendant la Révolution Espagnole de 1936)

D’arpès un texte de Juan Gérvas, Médecin généraliste retraité, Equipe CESCA (Madrid, España) [1]

De l’infanticide à l’avortement

Pendant des centaines de millénaires, le contrôle des naissances a été imposé par la nature, avec la faim et les maladies infectieuses. Lorsqu’il y avait trop d’enfants, l’infanticide était pratiqué, directement ou indirectement, avec peu de soin et d’attention. On pratiquait l’avortement volontaire avec diverses herbes ou avec des moyens mécaniques brutaux qui mettaient en danger la vie des femmes. À la fin du XIXe siècle, l’Église catholique interdit l’avortement volontaire.

La lutte pour le droit à l’avortement a commencé à partir de positions très différentes; d’une part, par des personnes aux préoccupations sociales et féministes qui, face à la réalité de l’avortement désespéré, ont préféré une procédure légale n’impliquant pas la mort de la femme. De l’autre, nous trouvons les courants eugénésiques[2] et néo-malthusiens de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, qui considéraient la reproduction aveugle comme un problème, soit parce que se reproduisaient des éléments sociaux peu recommandables, soit parce qu’en général il y avait une reproduction excessive, qui conduirait à une crise des ressources.

Une évolution intéressante a été celle des mouvements néo-malthusiens anarchistes du début du XXe siècle, qui ont renversé une idéologie purement conservatrice (le malthusianisme) pour la mettre au service de la classe ouvrière. «Le néo-malthusianisme de ces années […] était un mouvement proto-écologique, anticapitaliste et féministe de premier ordre […]; c’était un mouvement révolutionnaire face à la réalité socio-politique et économique de l’Espagne et de l’Italie, dans ce qu’il avait consciemment choisi de limiter le taux de natalité des travailleurs »[3]. La propagande de ces théories pénétrait le prolétariat urbain, bien que les difficultés à se procurer des moyens contraceptifs rendent difficile le passage à une application générale. Le soutien que des intellectuels éminents comme Gregorio Marañón ont donné aux mouvements hygiénistes / néo-malthusiens leur donna une patine de respectabilité.

L’Espagne des années 1930

Avec l’arrivée de la démocratie en Espagne en 1931 [chute de la Monarchie et déclaration de la Seconde République], des mouvements progressistes de toutes sortes ont pu étendre leur action sociale, ce qui a conduit à une large diffusion des informations sur l’hygiène sexuelle et même des moyens contraceptifs tels que les coupes vaginales. Le débat sur l’avortement n’était pas généralisé mais limité aux seuls médecins et, bien que les anarchistes le considérèrent comme un outil d’émancipation, leur approche était plutôt centrée sur la contraception.

Lorsque l’armée fractionnelle franquiste fasciste exécuta son coup d’État contre la république et le Front Populaire, la nuit du 17 au 18 juillet 1936, les organisations ouvrières et les partis de gauche réagirent  pour défendre la [Liberté et] la République. Après les premiers moments de confusion et de lutte, avec la stabilisation de la situation et le début de la guerre civile, les institutions de l’État républicain durent s’appuyer sur ces organisations politiques pour la gestion d’une partie de leurs fonctions. Mais dans certains cas le Gouvernement fut simplement submergé par l’action politique des milices révolutionnaires. Celles-ci, notamment les anarchistes regroupés au sein de la CNT-AIT[4], décidèrent de mener la révolution sociale parallèlement à l’effort de guerre. Dans le cas spécifique de Barcelone, où la CNT-AIT était particulièrement forte, il y a eu un remplacement de facto des institutions de la Generalitat [le gouvernement Catalan] par les forces anarchistes. A partir de septembre 1936, la CNT fut intégrée au gouvernement de la Catalogne, en même temps que celui de la République. Cela a permis aux anarchistes, dans les domaines dans lesquels ils étaient impliqués, d’appliquer leurs idées en utilisant la structure étatique. Ainsi, cinq conseillers de la CNT-AIT ont rejoint le gouvernement de la Generalitat en tant que responsables de la santé, en même temps que des ministres cénétistes ont été nommés au gouvernement espagnol de Largo Caballero (PSOE, Parti Socialiste) en septembre 1936.

Félix Martí Ibáñez

Avantages et inconvénients des procédés
anticonceptionnels,
Dr Isaac Puente, Iniciales (1934)

Le responsable sanitaire anarchiste était le médecin de la CNT, Félix Martí Ibáñez, né en 1911, à Carthagène (Murcie). Martí venait d’une famille valencienne de la classe moyenne supérieure, son père était éducateur et sa mère pédagogue[5].

À Barcelone, il passa son bac puis étudia la médecine, qu’il termina à l’âge de 19 ans. Plus tard, en 1933, il s’installa à Madrid, où il fut fortement influencé par Gregorio Marañón  et par José Ortega y Gasset. En 1934, il présenta sa thèse de doctorat sur « l’Histoire de la psychologie et physiologie mystiques de l’Inde. ; Études de psychologie religieuse ».

Puis il retourna à Barcelone, où il combina sa propre consultation en cabinet avec le travail pour les militants de la CNT-AIT regroupés dans une coopérative de soins de santé.

Il réalisa également un travail important de diffusion de l’idéologie néo-malthusienne et eugénésique, en relation dans son cas également avec son intérêt pour les maladies mentales. Ainsi, il était en charge de la rubrique de la santé du magazine valencien Estudios, une publication libertaire à la pointe dans la diffusion des connaissances sur la santé sexuelle et le contrôle des naissances[6]. Avec le début de la guerre, il participe activement à l’organisation des services médicaux associés à la CNT-AIT, ainsi qu’à l’ensemble de la structure révolutionnaire.

Le Décret sur l’interruption artificielle de grossesse

En septembre 1936, Félix Martí Ibáñez fut nommé Directeur de la Santé Publique et des Services Sociaux du gouvernement catalan et, en même temps, Sous-secrétaire général du ministère de la Santé de la République, poste qu’il n’accepte pas. De son poste catalan, il se battit pour que la structure de la Generalitat applique les politiques de santé dans une perspective anarchiste. L’initiative la plus importante et la plus connue est le décret sur l’interruption artificielle de la grossesse, approuvé le 25 décembre 1936, publié au Journal officiel de la Generalitat de Catalunya le 9 janvier 1937. (Le texte accordait un délai de 15 jours pour l’organisation des services en vue de son application)[7].

Extrait du Journal officiel de la Generalitat de Catalunya du 9 janvier 1937

Il est intéressant de noter ce que Martí Ibáñez commenta au sujet du Décret: «Et comme toute réforme eugénésique doit placer au centre la mère et l’enfant, c’est là que nous avons commencé, en établissant dans le décret susmentionné la liberté de pratiquer l’avortement, quelle que soit la cause qui le motive, effaçant ainsi le charlatanisme meurtrier et dotant le prolétariat d’un moyen scientifique et efficace de contrôler sa natalité, sans crainte des risques que cela pourrait lui apporter »[8].

De cette citation, on peut déduire plusieurs idées :

1) Martí Ibáñez avait une idée claire d’être à l’origine de cette initiative réglementaire ;

2) Il entendait ce décret comme le début d’un processus d’application de politiques eugénésiques ;

3) il n’a pas limité les causes de l’avortement;

4) il a souligné la limitation des naissances comme l’un des objectifs du décret ;

5) D’un point de vue rhétorique, il est clair que Martí Ibáñez a considéré le décret parmi les mesures révolutionnaires visant à l’émancipation du prolétariat ; et

6) Il recherchait la légitimité [réglementaire] pour empêcher la mort de femmes lors de pratiques d’avortement illégal.

Le texte du décret sur l’interruption artificielle de la grossesse indique une volonté d’intervention eugénésique générale sur la société et propose une idéologie pour la libération des femmes.

Martí Ibáñez développa ces points (notamment celui de l’avortement comme instrument d’émancipation du prolétariat) et mis en évidence la combinaison de l’avortement avec la création de centres dédiés à la diffusion des « moyens contraceptifs ». On y perçoit clairement le désir de créer un ensemble de mesures visant à faciliter le choix reproductif des femmes[9].

Martí Ibáñez poursuivra son travail en collaboration avec le gouvernement de la Generalitat, tant que les anarchistes y participeront; c’est-à-dire jusqu’aux événements de Mai 1937, lorsque la CNT fut expulsée des gouvernements central et catalan. Martí Ibáñez parti alors comme médecin sur le Front de l’Est où il fut blessé, puis participa à des rencontres internationales aux Etats-Unis et au Mexique. Il revint en Espagne alors que la défaite ne faisait plus de doute puis suivit les chemins de l’exil avec ses compagnons, en France puis aux États-Unis, où il fut professeur d’histoire de la médecine à New York[10].

L’idéologie du décret sur l’interruption artificielle de la grossesse

Le texte du décret sur l’interruption artificielle de la grossesse indique un désir d’intervention eugénésique générale sur la société (bien que l’on ne sache pas clairement quelles seraient ces interventions), et propose une idéologie pour la libération des femmes.

Aucun type de restriction morale n’est accepté en ce qui concerne le droit à l’avortement, qui est présenté comme un fait de « catégorie biologique et sociale ». On voit ainsi dans le texte les deux influences fondamentales déjà évoquées: le féminisme anarchiste et l’eugénisme / néo-malthusianiste. Comme le dit Marie Nash[11], « La nouvelle réforme eugénésique de l’avortement » a répondu à une approche eugénésique, hygiénique [sic] et de classe « .

D’un point de vue féministe, on peut souligner que, bien que cette législation fût très en avance [sur son époque] et qu’elle légitime l’autonomie totale des femmes, la légitimation de l’avortement est  lié à la maternité, pour qu’elle soit heureuse et féconde. C’est une représentation du rôle des femmes dans la lutte pour le droit à l’avortement en Espagne, une lutte dans laquelle il n’y avait pratiquement pas de femmes et dans laquelle les points de vue étaient éminemment pratiques, et idéologiques uniquement du point de vue global anarchiste et pas de celui de l’émancipation féminine.[12]

L’application du décret d’interruption artificielle de la grossesse

[Dès la promulgation du décret, des réunions sont organisées pour informer la population. Ainsi le Bulletin CNT-FAI d’Igualada du 13 mars 1937 rend compte de la conférence du Dr. J. Rodríguez sur le thème de la « conception consciente de l’avortement ».]

Mais quel a été l’impact de cette législation ? Ce qui peut être dit se fonde sur les données conservées dans les quatre principaux hôpitaux de Catalogne et sur les estimations des professionnels de la santé. Cet aspect a été étudié en profondeur par Marie Nash[13], et nous nous référons à ses données. Ainsi, on estime qu’au début du siècle dernier, il y avait un avortement clandestin pour sept ou huit naissances et, dans les années 1920, environ 20% des grossesses en Catalogne se sont soldées par un avortement provoqué.

La documentation disponible à l’hôpital de San Pau montre des chiffres très bas pour l’avortement volontaire et encadrée par le décret de 1936 sur l’interruption artificielle de la grossesse. Entre 1937 et 1938, seuls 15 avortements sur 281 documentés peuvent être considérés comme tels, ce qui signifie que «l’incidence de la nouvelle législation a été minime puisqu’elle n’a touché que 5% des avortements enregistrés pendant la période d’application du décret. Tout semble indiquer un niveau d’échec élevé dans la mise en œuvre de la réforme de l’avortement eugénésique »[14]. Bien que les données fournies par Félix Martí Ibáñez pour l’hôpital Clínic indiquent un plus grand nombre d’avortements (300 pour le mois de juin 1937), il est possible que les circonstances dans cet hôpital aient été particulières étant donné la présence surplace de Martí Ibáñez lui-même.

Influence du décret sur l’interruption artificielle de la grossesse en Espagne

Parmi les quatre ministères que Largo Caballero attribua à la CNT-AIT, se trouvait celui du Ministère de la Santé et de l’Aide sociale, créé en partie pour pouvoir le remettre spécifiquement aux anarchistes[15]. Jusque-là, la santé et l’assistance sociale faisaient partie d’un autre ministère (historiquement, l’Intérieur et depuis 1933, le Travail). De fait, après la courte période où le ministère spécifique dédié à cette seule fonction était sous la responsabilité de Federica Montseny, la santé redevint la charge d’autres ministères – en l’occurrence celui du l’Instruction publique puis de nouveau celui du Travail.

Le décret d’interruption artificielle de la grossesse de la Generalitat catalane de 1936 avait et a une valeur symbolique dont les échos dépassent les limites légales de l’avortement dans l’Espagne du XXIe siècle

Outre la grande valeur symbolique d’être la première femme ministre d’un gouvernement espagnol et l’une des premières au monde, Montseny a consacré les six mois que son ministère a duré à introduire des idées de progrès dans le domaine de la santé et de l’assistance sociale, dans un contexte de guerre civile. Bien que certains de ses collaborateurs soient des anarchistes, d’autres venaient également de différentes organisations du Front populaire, et elle essaya pour les choisir de s’appuyer davantage sur l’expertise technique que sur l’idéologie. Les actions fondamentales de son ministère ont été la création de Liberatorios de Prostitución (abris pour les femmes qui voulaient renoncer à la prostitution), des foyers pour enfants, ainsi que des campagnes de santé logiques dans un pays en guerre, en particulier pour éviter les épidémies et soutenir les réfugiés fuyant devant l’avance des troupes factieuses. Le projet de loi sur l’avortement fut également de ceux les plus importants.

La position anarchiste, généralement favorable au droit des femmes de décider librement, était encore plus marquée dans une situation de guerre et de difficultés sociales énormes : «Tous les scrupules religieux ou autres pesaient peu dans la vie des femmes qui ont dû faire face à un tel état de fait. Conscients de la nécessité de trouver une solution à l’affaire, sans être partisan, loin s’en faut, de la pratique de l’avortement, le Dr Mercedes Maestre et moi avons décidé ensemble d’élaborer un décret qui permettrait l’interruption artificielle et volontaire de la grossesse. Décret bloqué dans le portefeuille du président en raison de l’opposition de la majorité des membres du gouvernement »[16]. En effet, [le socialiste] Largo Caballero était contre l’approbation du projet, qui ne réussit donc pas à se concrétiser. ».

Federica Montseny dit dans ses mémoires avoir recouru « au subterfuge de l’extension au reste de l’Espagne républicaine des avantages du décret sur le droit à l’interruption artificielle de grossesse adopté par la Generalitat de Catalogne ». Il n’y a pas de données quant à l’extension du décret d’interruption artificielle de grossesse au reste du territoire de la République. Le droit à l’avortement a duré peu de temps, et a été définitivement oublié lorsque la République fut défaite en 1939 et que le régime de Franco se fut établi.

En synthèse

Le décret d’interruption artificielle de la grossesse de la Generalitat catalane de 1936 avait et a toujours une valeur symbolique dont les échos dépassent les limites légales de l’avortement en Espagne aujourd’hui, au 21e siècle, y compris les limites pratiques pour qu’il soit pratiqué dans l’intimité du domicile de la femme, par le médecin généraliste et par des méthodes pharmacologiques simples et sûres.


[1] Traduction annotée et enrichie d’un article qui fait partie d’un texte de Pedro Gérvas (« L’avortement en Espagne. Première législation. Le décret de la Generalitat de Catalunya sur l’interruption artificielle de la grossesse, 1936 »), daté de novembre 2015, pour le master « Métiers de l’enseignement, de l’éducation et de la formation »(MEEF), Séminaire« Histoire de la pensée féministe en Espagne », avec le professeur Mercedes Yusta Rodrigo, Université Paris 8.

[2]NdT : j’ai choisi d’utiliser le terme “eugénésique” (plutôt qu’eugénisme positif comme il est parfois décrit) pour différencier ce courant de « l’eugénisme négatif », lequel est la base des théories racistes et racialistes notamment nazis, avec lequel il n’entretien aucun lien. NdT

[3] Eduard Masjuan: Procreación consciente y discurso ambientalista: anarquismo y neomalthusianismo en España e Italia, 1900-1936. Ayer. 46, Naturaleza y conflicto social (2002), p. 64.

[4] La Confédération Nationale du Travail (Confederación Nacional del Trabajo) est un syndicat anarchiste fondé en 1910 et dont les origines remontent à la Première Internationale et 1870. L’AIT (Association Internationale des Travailleurs) est l’alliance Internationale des anarchosyndicalistes, fondée à Berlin en 1922, et dont sont toujours membres actuellement tant la CNT-AIT espagnole que la CNT-AIT française. NdT

[5] https://es.wikipedia.org/wiki/Félix_Martí_Ibáñez

[6] Josep Lluis Ausín i Hervella y Josep María Calbert i Camarasa: Félix Martí Ibáñez i l’Institut de Medicina Pràctica (1931-1938). Gimbemat 2000, 34, 181-198. También publicó en la revista anarquista de salud Higia.

[7] http://dogcrepublica.gencat.cat/pdf/republica/1937/19370009.pdf

[8] Félix Martí Ibáñez: En torno a la reforma eugénica del aborto. Estudios, nº160, enero de 1937, 11-12.

[9] Jaume Sobrequés: “Cataluña tuvo durante la República la ley del aborto más progresista de Europa”. El País, 13 de febrero de 1983. http://elpais.com/diario/1983/02/13/espana/413938815_850215.html

[10]http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC1294140/pdf/jrsocmed00093-0051.pdf

[11] Mary Nash: Género, cambio social y la problemática del aborto. Historia Social No. 2 (Otoño, 1988), 19-35.

[12] [ « Cette idée est reflétée dans l’annonce des femmes sans cette annoncé des Mujeres Libres « À toutes les femmes libertaires » parue dans Fragua Social le 9 décembre 1936 à Valence: «Nous sommes les pionnières d’une nouvelle société, celles d’entre nous qui doivent accoucher et guider les hommes de demain. Préparons-nous à l’imitation de la Grèce antique, amantes de la Beauté de l’Art et de la Nature, à avoir des enfants sains, sains de corps et d’esprit. Cultivons-nous nous même pour qu’il en soit ainsi. Cultivons-nous pour donner aux enfants des orientations de vie nouvelles et saines, lavées de toutes discordes, de fanatisme, de mensonges et de routines … Un monde nouveau, riant, sain et beau; des hommes libres et forts sortiront de nos ventres… » Cette annonce est intéressante en raison de la claire allusion à la responsabilité qu’implique le fait d’avoir des enfants. Amparo à cette date venait d’arriver à Valence, il n’est pas déraisonnable de penser qu’elle aurait pu l’écrire.L’opinion sur la maternité qui est apparue dans les publications de Mujeres Libres était celle d’un engagement évident envers la «femme en tant que personne», pas seulement en tant que mère. La position de Lucía Sánchez Saornil était que «le concept de mère absorbe celui de femme; la fonction annulant l’individu ». Elles ont insisté sur le fait que la maternité n’était pas quelque chose qui « se produit de forme naturelle » – à l’exception du fait biologique de l’accouchement. Elles pensaient que c’était un fait social et elles insistaient donc sur la préparation pour être de bonnes mères. Voir: Ackelsberg M. Mujeres Libres. op. cit., pp. 196-8. Elles ne firent pas  campagne pour la contraception dans leur magazine et par rapport aux programmes d’alphabétisation, d’emploi, de maternité et d’éducation, ceux liés à la sexualité étaient assez limités » in Ética, anarquismo y sexualidad en Amparo Poch y Gascón, Concepción Gómez Cadenas, Madrid, 2017.]

[13] Mary Nash : Género, cambio social…, pp. 19-35

[14] Mary Nash : Género, cambio social…, p. 32. [NdT : cependant il semble que le Décret a été abrogé par la Generalitat dès le départ des anarchises du Conseil de Santé en juillet 1937 …]

[15] Federica Montseny: La sanidad y la asistencia social durante la guerra civil, 1986. Cf. la traduction ci-après

[16] Ibid.


La Révolution espagnole de 1936 et la légalisation de l’avortement

Suivi de

Les anarchosyndicalistes et la vasécotomie dans les années 1930

Y a-t-il eu des avortements légaux en Espagne pendant la Révolution ? Les entraves des médecins à la mise en place du Décret de 1936

Décret de la réforme de l’avortement approuvé en 1936 par la Generalitat de Catalogne.

Y a-t-il eu des avortements légaux en Espagne pendant la Révolution ? Les entraves des médecins à la mise en place du Décret de 1936

le Décret de la réforme de l’avortement approuvé en 1936
par la Generalitat de Catalogne.

Autre brochure :

LA SANTE PAR LA REVOLUTION, LA REVOLUTION PAR LA SANTE, LES ANARCHOSYNDICALISTES ET LA SANTE PENDANT LA REVOLUTION ESPAGNOLE (1936-1938), Tome 2 : La mise en place d’une santé publique anarchiste « 

EN MARCHE VERS LA PRIVATISATION TOTALE DE LA SANTÉ PUBLIQUE

La crise du Covid a mis en évidence l’état de délabrement de notre système de santé publique en France, et particulièrement dans les hôpitaux. Cette situation n’est pas un hasard : il s’agit d’une politique délibérée, suivit depuis des dizaines d’années par tous les gouvernements, sans exception, de droite comme de gauche. Tous ont fermés des dizaines de milliers de lit, Macron n’a fait que poursuivre les politiques de démantèlement de Hollande, Sarkozy Chirac et même Mitterrand. Leur objectif est d’en finir avec le système de santé français qui a certes des défauts mais à surtout le grand avantage d’être universel et basé sur la solidarité. Sous prétexte de « trou de la Sécurité sociale », c’est une privatisation rampante que préparent les politiciens, pour le plus grand bénéfice des assureurs privés.

Les financiers espèrent bien profiter de la crise du Covid pour donner le coup de pied final qui fera s’écrouler le système de santé publique en France. Leur campagne d’influence de l’opinion publique bat son plein. Cet été, ils se sont payé une pleine page dans le journal de référence Le Monde pour faire la promotion de la privatisation de la santé. Sur les plateaux télés, les pseudos experts se succèdent pour distiller leur venin en faveur de la « libéralisation » de la santé publique…

Mais il y a un pays qui a déjà mis en œuvre la privatisation dont ils rêvent : l’Espagne. Or aujourd’hui, l’Espagne est le pays d’Europe où la situation du Covid est la plus catastrophique, avec des milliers de gens morts chez eux ou dans des résidences de personnes âgées, faute de place dans les hôpitaux. Les système de santé publique et les soignants sont au bord de la rupture, par manque de moyens, de lits, de personnels. Nous reproduisons ci-après (cliquer ici) un texte de nos compagnons du Syndicat de la santé de la CNT-AIT de Barcelone, qui expliquent le cauchemar de la situation du système de santé espagnol.

En Espagne les personnels hospitaliers ont fait confiance aux syndicats traditionnels pour essayer de freiner cette évolution fatale. Ils ont voté pour eux aux élections syndicales, ils ont écoutés les permanents syndicaux leur dire d’être raisonnables, de se contenter de se balader de journée d’action en journée d’action, sans mélanger leur lutte à celle des autres secteurs. Les travailleurs de la santé ont été spectateurs de toutes les tables rondes, round de négociations et autres « accords de sauvetage », laissant les permanents syndicaux parler en leur nom et à leur place. Bref, la révolte légitime des personnels a été anesthésiée par les syndicats classiques à coup de belles paroles et de promesses électorales sans lendemain. Voilà ce qui risque de nous arriver en France …

Le personnel hospitalier de l’AP-HP, qui n’a pas compté ses heures, n’en peut plus ! Nous ne sommes ni des super-héros ni des soldats qu’on sacrifie ! En plus du burn-out qui guette, des services ont été durement touchés par le Covid, des chefs de service ont aussi démissionné. CES FAITS SONT GRAVES. POURQUOI CE SILENCE COMPLICE DES SYNDICATS ?

Il est temps que cela change ! Pour des AG de luttes !

Face à l’inaction de toutes les structures syndicale, nous ne pouvons que compter sur nous-mêmes. Organisons nous en collectif, appelons à des AG de luttes de tous les personnels, pour discuter et réfléchir collectivement sur la situation actuelle et ce que nous pouvons faire ensemble, de façon autonome de tout parti ou syndicat traditionnel.

+ de lits, + de personnel, un salaire digne,
retrait de l’accord de trahison Ségur,
Pour un système de santé universel, socialisé, solidaire !
Vive la sociale !

Des travailleurs du secteur santé de la CNT-AIT (Anarchosyndicaliste)

Cochin-Broca –Hôtel-Dieu, septembre octobre 2020 cntaitcochin@gmail.com

DE LA PRIVATISATION DE LA SANTÉ PUBLIQUE : le cas espagnol …

(Le cauchemar espagnol … demain en France ?)

Jamais auparavant il n’y avait eu autant de conscience en Espagne de la valeur de la santé publique et des graves lacunes dont elle souffre que pendant cette crise du Covid-19.

En Espagne, c’est en 1997 que la porte a été ouverte à la privatisation de la santé publique, avec l’adoption de la loi sur la mise en place de nouvelles formes de gestion du système national de santé. Cette loi établit que tout centre de santé et partenaire de santé dans l’État espagnol peut être géré par n’importe quel type d’entreprise privée.

Jusque-là, la loi générale sur la santé de 1986 empêchait ce type de participation des entreprises privées au système public de santé … mais dans son article 90, la loi indique que lorsque le système public n’arrive pas à fournir suffisamment de service, une activité spécifique peut être organisée avec des hôpitaux privés, en tant que mesure « in extremis ».

Mais sous prétexte de moderniser les soins de santé et d’être plus efficace (et de faire des économies budgétaires pour l’Etat), la gestion privée de la santé publique a été introduite. Il en a résulté une réduction des lits et du personnel de santé, ce qui a entraîné une augmentation des listes d’attente en santé publique et une augmentation de la souscription de polices d’assurance santé privées.

Les listes d’attente ont servi à augmenter les dépenses de santé, en concertation avec les cliniques privées, qui ont profité de l’article 90 de la Loi du système de santé. Le secteur privé a établi des listes de pathologie rentables, indiquant les actes, les analyses et les opérations qu’il accepte de réaliser et laissant au public les autres, non rentables. Et pour ces actes rentables, le privé collecte l’argent destiné à la santé publique.

D’autre part, pour éviter les listes d’attentes, les personnes qui peuvent se le permettre décident de souscrire une assurance santé privée et avoir ainsi accès au système privé. Ce faisant, ils payent doubles cotisations, celle de la Sécurité sociale et celle de l’assureur privé. Pour ceux qui n’ont pas les moyens, nombreux sont ceux qui auraient eu besoin de certains services de santé, mais qui ont ressentis dans leurs chairs les effets des coupes budgétaires. Cet abandon de la santé publique est évident aujourd’hui plus que jamais.

Mais alors que nous avons constaté que, alors que la santé publique connaissait un scénario de manque total de ressources, pendant le Covid la santé privée orientait les patients Covid vers les hôpitaux publics et / ou fermait ses propres centres. Nous avons constaté que, alors que les agents de santé publique travaillaient sans fin, les agents de santé privés étaient renvoyés chez eux par l’intermédiaire des plans sociaux (ERTE).

Or du fait du manque d’équipement de protection individuelle, les patients n’étaient pas pris en charge dans les centres de santé ; les patients n’ont pas non plus été admis dans les d’hôpitaux, mais ont été contraints de rester à la maison ou dans des EHPAD en raison du manque de lits dans les hôpitaux publics. Nous avons été témoins de l’horreur de la façon dont les gens sont morts à la maison et dans des résidences pour personnes âgées sans être soignés, alors que dans des hôpitaux privés financés par des fonds publics, des unités hospitalières ou des centres de soins entiers étaient fermés. Nous avons été témoins de la participation des militaires à un problème de santé depuis le début … Nous avons assisté à l’effondrement du système de santé publique …

Nous ne pouvons pas permettre cela. La seule façon d’arrêter le démantèlement de la santé publique est de sauver ce qui a été privatisé pour avoir un système de santé publique autogéré et universel.

CNT-AIT de Barcelone

LA LUTTE C’EST PAS DU CINEMA !

Dans certaines entreprises de projection cinématographique, derrière les discours radicaux citoyennistes, altermondialistes voire anti-néo-libéraux, il y a parfois des pratiques plus conciliantes avec l’exploitation salariale …. La lutte déclarée au libéralisme économique et à l’uniformisation culturelle prend alors une tournure anti-lutte de classes ; et devant l’objectif ultime de la Culture et de sa promotion militante des patrons – avec l’assentiment de certains militants de gôche – s’arrangent finalement de l’exploitation salariale et ses extravagances. Mais la Résistance s’organise … Récits de luttes dans différents cinémas en France et en Allemagne.

Utopia, ABC, Les Carmes, BABYLON KINO, etc.
DANS LES ENTREPRISES CULTURELLES,
DES PATRONS COMMES LES AUTRES …

Dans certaines entreprises de projection cinématographique, derrière les discours radicaux citoyennistes, altermondialistes voire anti-néo-libéraux, il y a parfois des pratiques plus conciliantes avec l’exploitation salariale …. La lutte déclarée au libéralisme économique et à l’uniformisation culturelle prend alors une tournure anti-lutte de classes ; et devant l’objectif ultime de la Culture et de sa promotion militante des patrons – avec l’assentiment de certains militants de gôche – s’arrangent finalement de l’exploitation salariale et ses extravagances. Mais la Résistance s’organise … Récits de luttes dans différents cinémas en France et en Allemagne.

« La classe ouvrière et la classe patronale
n’ont rien en commun. »

Préambule à la constitution des IWW, 1905

Ces mots qui introduisent le préambule des IWW, organisation syndicaliste révolutionnaire américaine sont plus que centenaires mais sont toujours d’actualité : « la classe ouvrière et la classe patronale n’ont rien en commun ».

Ce qui est une évidence pour tout militant de gauche, et a fortiori révolutionnaire, s’évanouit pourtant souvent quand on aborde le secteur de la « culture » … Ah la Culture ! La Culture – ou plutôt devrait-on dire l’industrie du divertissement avec un habillage plus ou moins intello  – serait un secteur « à part », où les lois du marché ne s’appliqueraient pas vraiment, où – sous couvert de faire réfléchir le gens – tout serait permis. On trouve dans le secteur du divertissement culturel une multitude de structures économiques : certaines sont un peu plus dégagées de la profitabilité économique directe comme les associations, d’autres sont un peu moins inégalitaires et hiérarchique dans la prise de décision comme les coopératives, mais on y trouve aussi une pléthore d’entreprises commerciales de statut classique, notamment des SARL. Il est fréquent que ces SARL développent, pour faire la promotion de leur production, un discours citoyenniste, altermondialiste, écologiste, anti-néo-libéral voire même anticapitaliste. Ces entreprises déclarent la guerre au libéralisme économique et à l’uniformisation culturelle. Mais en interne c’est souvent une autre histoire …

Sous prétexte que certaines entreprises « culturelles » auraient une démarche « militantes », cela leur permettrait de s’affranchir des règles en matière de travail … d’ailleurs ce n’est plus un travail ni une exploitation, mais un plaisir et un véritable don de soi pour la cause … Des pratiques qui sont intolérables –avec raison – dans le moindre Mac Do (heures non payées, hiérarchie autoritaire, embrigadement et adhésion à l’idéologie portée par le patron), deviennent soudainement « normales » et même des vertus.

On nous rétorquera que les entreprises culturelles s’en tirent souvent difficilement économiquement. Certes, mais pas plus que les PME de l’agroalimentaire, ou les artisans plombiers-zingueurs. Est-ce que cela excuse pour autant l’exploitation qu’ils font subir à leurs salariés ? Comme le disaient les salariés grévistes du Cinéma des Carmes d’Orléans « On nous a reproché de sous-estimer les difficultés financières du cinéma, que ce n’était pas le bon moment d’entamer une crise (sociale) au sein d’une entreprise dont la pérennité n’est pas assurée : nous aimerions savoir alors à quel moment nous devions nous “plaindre” ? et faut-il tout accepter quand une entreprise a des difficultés ? »

Oui mais c’est que les entreprises culturelles ne génèreraient pas de capital autre que « culturel ». Cela reste à voir : dans le cas des cinémas par exemple, il arrive que les patrons militants soient par ailleurs les propriétaires – via une SCI – des murs, ce qui leur assure – quand ils seront revendus une fois la retraite venue – un joli pactole, accumulé grâce à l’extorsion de la plus-value du travail de leurs salariés pour parler comme un vulgaire marxiste … Et quand bien même, est ce que la fin justifie les moyens ? Comme le disaient toujours les grévistes des Carmes : « On nous a aussi reproché de méconnaître voire d’ignorer la spécificité attendue de fonctionnement d’un cinéma d’art et d’essai, d’une entreprise indépendante, d’une programmation audacieuse: si nous sommes d’accord sur le constat, nous pouvons diverger sur la méthode : être salarié d’un cinéma d’art et d’essai implique-t-il une disponibilité et un investissement personnel plus importants que dans un autre cinéma ? dans quelle mesure, et avec quelle limite ? faut-il enfin ne pas critiquer une organisation du travail interne parce que le projet final (montrer des films différents) serait plus décisif ? »

Il nous semble donc important de rappeler cette évidence : une entreprise culturelle c’est avant tout une entreprise, c’est-à-dire des propriétaires / patrons et des salariés ; or la classe ouvrière et la classe patronale n’ont rien en commun. Cela nous semble d’autant plus important à rappeler aujourd’hui : après la crise dramatique du Covid19, l’industrie du divertissement culturel fait face à une crise économique majeure, d’une ampleur inouïe. Déjà des voix s’élèvent dans l’intelligentsia pour exiger le sauvetage de l’industrie culturelle, c’est-à-dire le sauvetage de ses entreprises, appelant l’Etat à la rescousse à coup de subventions. Mais il y a fort à parier qu’en contrepartie l’Etat demande aux entreprises de réduire leurs « charges » (et pas leurs profits …). Déjà l’Etat fait appel à l’esprit de l’Union Sacrée, il nous demande d’oublier les divergences d’intérêts de classes entre patrons et salariés. Dans un mouvement paradoxal, on peut s’attendre à ce que les entreprises culturelles « militantes » cherchent à nous faire croire qu’elles ont dépassé leur statut d’entreprise privée pour se hisser au rang de « symbole de résistance culturelle » qu’il faut sauver, à tout prix, pour montrer qu’un des bastions de l’ « anti-néo-libéralisme » tient encore et contre tout. Et au nom de la lutte contre l’Union Sacrée on demandera aux salariés … de faire l’union avec leurs patrons militants… pour le plus grand profit de ces derniers !

Encore une fois, il y a fort à parier que ceux qui payeront réellement la note du « sauvetage économique » de cette industrie ce seront les salariés à qui on va demander d’accepter de faire des heures non payées, de réduire leurs salaires, de travailler plus pour gagner moins … avec ces arguments imparables propres à cette industrie « c’est pour la culture ! », « c’est de la Résistance au néolibéralisme ! ».

Nous avons voulu dans cette brochure rappeler un cycle de luttes, que la CNT-AIT avait activement soutenues, menées dans les années 2004-2010 dans le secteur de la projection cinématographique. Ce secteur est emblématique de cette industrie du divertissement culturel, qui prend un alibi militant pour couvrir ses pratiques managériales brutales. Ces luttes, qui se sont déroulés dans plusieurs villes de France et même en Allemagne, ont connues des scénarios sommes toutes assez semblables :des patrons « militants », exigeant une adhésion totale des salariés au projet managérial, impliquant leur dévotion corps et âmes à l’entreprise (horaires extensibles et non payés, primes à la gueule du patron, licenciement des éléments récalcitrants, …) et avec des pratiques hiérarchiques et salariales identiques voire pire que dans des entreprises non militantes, un rideau de fumée organisé par le copinage patrons / organisations de gauches, chacun trouvant son intérêt dans la promotion pour son propre compte d’une image de questionnement social voire de contestation, mais qui n’est en fait que la consommation d’un spectacle pour public de gauche averti mais qui ne fait pas le lien entre ce qu’il voit à l’écran et la réalité de sa production.

La répétition de ces faits dans des entreprises qui n’ont aucun lien entre elles, montre qu’il ne s’agit pas d’un problème de personnes, mais bien d’un problème structurel, ancré de longue date dans l’industrie du divertissement culturel. Ce problème ne pourra être dépassé que par un changement structurel profond, d’un niveau global, qui fasse disparaitre l’Etat et le Capitalisme, et leurs soubassements idéologiques tels que la propriété et la hiérarchie. Bref, une Révolution. Et en attendant, rien n’interdit que dans le domaine « culturel » et du divertissement, d’autres formes que celle de l’entreprise commerciale soient expérimentées, même si elles n’ont pas à elles-seules la capacité de remettre en cause le modèle social et économique dominant.

La lutte ce n’est pas du cinéma. Que ceux qui veulent être acteurs de leur destin et non des figurants, sachent que la CNT-AIT sera toujours au côté de ceux qui luttent contre ceux qui les exploitent.

Des travailleurs de la CNT-AIT

TABLE DES MATIERES


– INTRODUCTION : « La classe ouvrière et la classe patronale n’ont rien en commun. »

LUTTE A UTOPIA TOULOUSE

– La maladie du Docteur Utopia

– Cinémas UTOPIA : danger patrons de Gôche (2005).

– Quelle est la différence entre un patron de « Gôche » et un patron…

– Sauve qui peut Utopia!

– A propos d’un « droit de réponse patronal »

– Danger : Faizant de gauche !

– Petit voyage en Utopia

– Justice : le cinéma toulousain, chantre de la dénonciation des injustices sociales, épinglé par le conseil des prud’hommes (2007)

– Utopia mon amour

– Cracher dans la soupe et mordre la main qui nourrit

– Courrier de spectateur solidaire

– La fabrique de l’Opinion … Tentative d’enfumage gauchiste

– Utopia, l’envers du discours

– Malaise social au cinéma Utopia (2018)

– «Utopia, un cinéma alternatif, une entreprise comme les autres»

LUTTE AU CINEMA DES CARMES

– Rappels aux spectateurs du cinéma les Carmes d’Orléans (2004)

– 2 salariés du cinéma les Carmes d’Orléans sont en grève ce mercredi 28 juillet

– Suite et fin de grève au cinéma les Carmes

– Cinéma des Carmes – Orléans (45) : Il y a compromission et compromission

– Nous soutenons les grévistes dans les films … et dans les cinémas

– ATTAC 45 et les Amis du Monde Diplo : pour soutenir une SARL, c’est la lutte des places

LUTTE AU CINEMA ABC

– Exploitation… cinématographique ! (2005)

– Licenciement à l’ABC : j’y tiens pas … (2008)

– ABC : polémique autour des licenciements

LUTTE AU CINEMA BABYLON (BERLIN)

– La lutte des travailleurs du Cinéma Babylon de Berlin (2010)

– Lettre ouverte aux militants du « Parti de Gauche » et à tous ceux pour qui les notions de lutte de classe et de solidarité ouvrière ont encore un sens …

– La révolte des travailleurs des cinémas

– TRAVAILLEUR, CHOMEUR, ETUDIANT


Collectif de travailleurs en colère de l’aéronautique et d’ailleurs

Suite à la pandémie de la Covid-19 – gérée de manière désastreuse par les autorités –, après avoir vécu un confinement général, l’activité s’est réduite de façon inquiétante.

Les gros actionnaires à la tête de grosses entreprises se sont empressés pour lancer leur plan de sauvegarde de dividendes et augmenter leurs marges au passage.

Plan de sauvegarde d’emploi (PSE), accord de performance collective (APC) et plan de licenciement ne sont que des termes techniques et hypocrites, venant d’une chute d’une économie dont nous ne sommes pas responsables.

Ces plans sont financés partiellement par l’État.

Face à leur mépris, nous avons décidé de nous organiser collectivement, sans étiquette, sortie du cadre syndical, et faire face ensemble à cette crise.

Salariés de l’aéronautique et d’ailleurs, il est grand temps de se serrer les coudes et d’agir ensemble pour une vie plus digne.

Collectifs partout !!!

Collectif de travailleurs en lutte de l’aéronautique et d’ailleurs

Retrouvez le collectif ici : https://www.facebook.com/collectif.travailleurs.en.lutte

Contactez-nous par mail : collectif_lutte [ at ] riseup.net

In France, industry (aerospace, car, …) will face huge « crisis » from September. In the aerospace industry, many Airbus sub-contracting SME’s have already cut their workforce and it is only a begining. Some workers from this industry in Toulouse have taken the initiative to launch an Autonomous Worker’s Collective in order to organize, resist and strike back

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Collective of angry workers from the aerospace industry and behond …

Following the Covid-19 pandemic – managed in a disastrous manner by the authorities -, after experiencing general confinement, activity has reduced worryingly.

The big shareholders at the head of big companies rushed to launch their plan to save dividends and increase their margins in the process.

Job Protection Plan (PSE), Collective Performance Agreement (CPA) and layoff plan are just technical and hypocritical terms, coming from a downfall in global economy for which we are not responsible.

These plans are partially funded by the state. Faced with their contempt, we decided to organize ourselves collectively, without organizational labels, outside legal union framework, and facing this crisis together.

Employees in aerospace industry and behond, it is high time to come together and act together for a more dignified life.

Collectives everywhere !!!

Collective of workers in aeronautics and behond

Find the collective here: https://www.facebook.com/collectif.travailleurs.en.lutte

Contact us by email: collectif_lutte [at] riseup.net

En Francia, la industria (aeroespacial, automóvil, …) se enfrentará a una enorme « crisis » a partir de septiembre. En la industria aeroespacial, muchas pymes subcontratistas de Airbus ya han recortado su plantilla y esto es solo el comienzo. Algunos trabajadores de esta industria en Toulouse han tomado la iniciativa de poner en marcha un Colectivo de Trabajadores Autónomos para organizar, resistir y contraatacar

Colectivo de trabajadores enojados de la industria aeroespacial y más allá …

Tras la pandemia del Covid-19 – gestionada de forma desastrosa por las autoridades -, tras sufrir un encierro generalizado, la actividad se ha reducido de forma preocupante.

Los grandes accionistas al frente de las grandes empresas se apresuraron a lanzar su plan para ahorrar dividendos y aumentar sus márgenes en el proceso.

El Plan de Protección Laboral (PSE), el Acuerdo de Desempeño Colectivo (CPA) y el plan de despido son solo términos técnicos e hipócritas, provenientes de una caída en la economía global de la cual no somos responsables.

Estos planes están parcialmente financiados por el estado. Ante su desprecio, decidimos organizarnos colectivamente, sin etiquetas organizativas, fuera del marco legal sindical, y afrontando juntos esta crisis.

Empleados de la industria aeroespacial y más allá, es hora de unirse y actuar juntos para una vida más digna.

Colectivos por todas partes !!!

Colectivo de trabajadores de la aeronáutica y más allá

Encuentra el colectivo aquí: https://www.facebook.com/collectif.travailleurs.en.lutte

Contáctenos por correo electrónico: collectif_lutte [at] riseup.net

Na França, a indústria (aeroespacial, automobilística, …) enfrentará uma grande « crise » a partir de setembro. Na indústria aeroespacial, muitas PMEs subcontratantes da Airbus já reduziram sua força de trabalho e isso é apenas o começo. Alguns trabalhadores desta indústria em Toulouse tomaram a iniciativa de lançar um Coletivo de Trabalhadores Autônomos para organizar, resistir e contra-atacar

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Coletivo de trabalhadores com raiva da indústria aeroespacial e além …

Após a pandemia Covid-19 – administrada de forma desastrosa pelas autoridades -, depois de passar por um confinamento geral, a atividade reduziu de forma preocupante.

Os grandes acionistas à frente das grandes empresas correram para lançar seu plano para economizar dividendos e aumentar suas margens no processo.

Job Protection Plan (PSE), Collective Performance Agreement (CPA) e plano de dispensa são apenas termos técnicos e hipócritas, oriundos de uma queda na economia global pela qual não somos responsáveis.

Esses planos são parcialmente custeados pelo estado. Diante de seu desprezo, decidimos nos organizar coletivamente, sem rótulos organizacionais, fora do quadro jurídico sindical, e enfrentando juntos esta crise.

Funcionários da indústria aeroespacial e além, é hora de nos unirmos e agirmos juntos por uma vida mais digna.

Coletivos em todos os lugares !!!

Coletivo de trabalhadores da aeronáutica e além

Encontre o coletivo aqui: https://www.facebook.com/collectif.travailleurs.en.lutte

Contate-nos por e-mail: collectif_lutte [at] riseup.net

Le jour où les méprisants voleront, Macron sera chef d’escadrille !

Le SEGUR est du pur mépris : la revalorisation des « héros de première ligne », de celles et ceux que les ministres et députés LREM sommaient par twitt d’’applaudir tous les soirs à 20 heures, de celles et ceux pour lesquels les artistes ont composé tant de chansons et de clips plus ou moins réussis en disant des « merci merci merci », de celles et ceux dont le salaire n’avait pas évolué depuis 10 ans mais à qui Macron a promis qu’ils ne seraient pas oubliés, qu’ils allaient voir concrètement la générosité pour leur sacrifice et ce – promettait Véran – dès le 1er juillet …bref NOTRE revalorisation n’ira pas plus loin que 183 euros nets mensuels. Soit, pour un salaire de 1500 euros nets, 9 euros de plus que l’inflation de ces dix dernières années …

Il n’aurait plus d’argent en caisse, l’Etat a déjà déboursé 7,5 milliards pour les soignants qu’ils s’estiment heureux.
« les gars il faut rester cool » dirait Macron.

Pourtant l’Etat a encore de l’argent : il a trouvé les moyens d’acheter en mars 2020 pour 3,6 millions d’euros de gaz lacrymogène et en avril pour 3,8 millions d’euros de drones policiers. Ne nous plaignons pas : il y a fort à parier que nous serons servis EN NATURE les prochaines fois où nous exprimerons notre saine colère du mépris de l’Etat …

Mais, cerise sur le gâteau, ce début juillet ce ne sont pas augmentations promises par Véran que nous avons eu le plaisir de voir, mais … les avions de la Patrouille de France !

Cette « unité militaire de prestige », pour remercier les soignants qui ne lui ont rien demandé, est venue faire des ronds de fumée autour des hôpitaux parisiens et de l’Est. Au-delà de l’aberration écologique de cette opération de communication, quel est son coût ?

En 2018, un général avait été épinglé pour avoir utilisé un alpha jet, avion de la patrouille de France, pour son usage personnel. BFM – que l’on ne peut soupçonner d’antimilitarisme primaire – avait calculé alors qu’une heure de vol coûte au contribuable entre 13 000 et 15 000 euros rien qu’en kérosène ![1] Les survols des hôpitaux en disposition « diamants » – soit 8 avions – coutent donc au moins 120 000 euros et comme il y a une trentaine de survols prévus, on peut estimer cette galéjade coûte au minimum 3,6 millions d’euros au budget de l’Etat … là encore, toujours ça en moins sur notre feuille de paye !

Alors que l’Etat brule nos impôts dans le ciel, il continue de programmer la fermeture des hôpitaux  Bichat et Beaujon  (Clichy- Paris 17ème). A Broca (13ème arrondissement de Paris) les lits USLD  fermés  pour « cause » du COVID ne sont pas rouverts. Des postes de soignant-e-s sont menacés de disparaître au nom de ces fermetures ! Ce dont nous avons besoin ce ne sont pas d’applaudissements ni de vroum vroum polluants dans le ciel, mais des actes et une mobilisation populaire pour dire NON AUX FERMETURES D’ETABLISSEMENT ET DE  LITS ! DES EMBAUCHES !

Après le Ségur de mépris et de trahison, ils nous envoient la patrouille de France et ses fumigènes bleu blanc rouge : est-ce qu’on va se faire enfumer encore longtemps ???

Le pognon pour la santé,
pas pour l’armée !

Vive la sociale !

Des travailleurs du secteur santé
de la CNT-AIT (Anarchosyndicaliste)

cntaitcochin@gmail.com


[1] https://bfmbusiness.bfmtv.com/entreprise/un-general-soupconne-d-utilisation-privee-d-un-alpha-jet-combien-couterait-le-vol-1196706.html