LA LUTTE C’EST PAS DU CINEMA !

Dans certaines entreprises de projection cinématographique, derrière les discours radicaux citoyennistes, altermondialistes voire anti-néo-libéraux, il y a parfois des pratiques plus conciliantes avec l’exploitation salariale …. La lutte déclarée au libéralisme économique et à l’uniformisation culturelle prend alors une tournure anti-lutte de classes ; et devant l’objectif ultime de la Culture et de sa promotion militante des patrons – avec l’assentiment de certains militants de gôche – s’arrangent finalement de l’exploitation salariale et ses extravagances. Mais la Résistance s’organise … Récits de luttes dans différents cinémas en France et en Allemagne.

Utopia, ABC, Les Carmes, BABYLON KINO, etc.
DANS LES ENTREPRISES CULTURELLES,
DES PATRONS COMMES LES AUTRES …

Dans certaines entreprises de projection cinématographique, derrière les discours radicaux citoyennistes, altermondialistes voire anti-néo-libéraux, il y a parfois des pratiques plus conciliantes avec l’exploitation salariale …. La lutte déclarée au libéralisme économique et à l’uniformisation culturelle prend alors une tournure anti-lutte de classes ; et devant l’objectif ultime de la Culture et de sa promotion militante des patrons – avec l’assentiment de certains militants de gôche – s’arrangent finalement de l’exploitation salariale et ses extravagances. Mais la Résistance s’organise … Récits de luttes dans différents cinémas en France et en Allemagne.

« La classe ouvrière et la classe patronale
n’ont rien en commun. »

Préambule à la constitution des IWW, 1905

Ces mots qui introduisent le préambule des IWW, organisation syndicaliste révolutionnaire américaine sont plus que centenaires mais sont toujours d’actualité : « la classe ouvrière et la classe patronale n’ont rien en commun ».

Ce qui est une évidence pour tout militant de gauche, et a fortiori révolutionnaire, s’évanouit pourtant souvent quand on aborde le secteur de la « culture » … Ah la Culture ! La Culture – ou plutôt devrait-on dire l’industrie du divertissement avec un habillage plus ou moins intello  – serait un secteur « à part », où les lois du marché ne s’appliqueraient pas vraiment, où – sous couvert de faire réfléchir le gens – tout serait permis. On trouve dans le secteur du divertissement culturel une multitude de structures économiques : certaines sont un peu plus dégagées de la profitabilité économique directe comme les associations, d’autres sont un peu moins inégalitaires et hiérarchique dans la prise de décision comme les coopératives, mais on y trouve aussi une pléthore d’entreprises commerciales de statut classique, notamment des SARL. Il est fréquent que ces SARL développent, pour faire la promotion de leur production, un discours citoyenniste, altermondialiste, écologiste, anti-néo-libéral voire même anticapitaliste. Ces entreprises déclarent la guerre au libéralisme économique et à l’uniformisation culturelle. Mais en interne c’est souvent une autre histoire …

Sous prétexte que certaines entreprises « culturelles » auraient une démarche « militantes », cela leur permettrait de s’affranchir des règles en matière de travail … d’ailleurs ce n’est plus un travail ni une exploitation, mais un plaisir et un véritable don de soi pour la cause … Des pratiques qui sont intolérables –avec raison – dans le moindre Mac Do (heures non payées, hiérarchie autoritaire, embrigadement et adhésion à l’idéologie portée par le patron), deviennent soudainement « normales » et même des vertus.

On nous rétorquera que les entreprises culturelles s’en tirent souvent difficilement économiquement. Certes, mais pas plus que les PME de l’agroalimentaire, ou les artisans plombiers-zingueurs. Est-ce que cela excuse pour autant l’exploitation qu’ils font subir à leurs salariés ? Comme le disaient les salariés grévistes du Cinéma des Carmes d’Orléans « On nous a reproché de sous-estimer les difficultés financières du cinéma, que ce n’était pas le bon moment d’entamer une crise (sociale) au sein d’une entreprise dont la pérennité n’est pas assurée : nous aimerions savoir alors à quel moment nous devions nous “plaindre” ? et faut-il tout accepter quand une entreprise a des difficultés ? »

Oui mais c’est que les entreprises culturelles ne génèreraient pas de capital autre que « culturel ». Cela reste à voir : dans le cas des cinémas par exemple, il arrive que les patrons militants soient par ailleurs les propriétaires – via une SCI – des murs, ce qui leur assure – quand ils seront revendus une fois la retraite venue – un joli pactole, accumulé grâce à l’extorsion de la plus-value du travail de leurs salariés pour parler comme un vulgaire marxiste … Et quand bien même, est ce que la fin justifie les moyens ? Comme le disaient toujours les grévistes des Carmes : « On nous a aussi reproché de méconnaître voire d’ignorer la spécificité attendue de fonctionnement d’un cinéma d’art et d’essai, d’une entreprise indépendante, d’une programmation audacieuse: si nous sommes d’accord sur le constat, nous pouvons diverger sur la méthode : être salarié d’un cinéma d’art et d’essai implique-t-il une disponibilité et un investissement personnel plus importants que dans un autre cinéma ? dans quelle mesure, et avec quelle limite ? faut-il enfin ne pas critiquer une organisation du travail interne parce que le projet final (montrer des films différents) serait plus décisif ? »

Il nous semble donc important de rappeler cette évidence : une entreprise culturelle c’est avant tout une entreprise, c’est-à-dire des propriétaires / patrons et des salariés ; or la classe ouvrière et la classe patronale n’ont rien en commun. Cela nous semble d’autant plus important à rappeler aujourd’hui : après la crise dramatique du Covid19, l’industrie du divertissement culturel fait face à une crise économique majeure, d’une ampleur inouïe. Déjà des voix s’élèvent dans l’intelligentsia pour exiger le sauvetage de l’industrie culturelle, c’est-à-dire le sauvetage de ses entreprises, appelant l’Etat à la rescousse à coup de subventions. Mais il y a fort à parier qu’en contrepartie l’Etat demande aux entreprises de réduire leurs « charges » (et pas leurs profits …). Déjà l’Etat fait appel à l’esprit de l’Union Sacrée, il nous demande d’oublier les divergences d’intérêts de classes entre patrons et salariés. Dans un mouvement paradoxal, on peut s’attendre à ce que les entreprises culturelles « militantes » cherchent à nous faire croire qu’elles ont dépassé leur statut d’entreprise privée pour se hisser au rang de « symbole de résistance culturelle » qu’il faut sauver, à tout prix, pour montrer qu’un des bastions de l’ « anti-néo-libéralisme » tient encore et contre tout. Et au nom de la lutte contre l’Union Sacrée on demandera aux salariés … de faire l’union avec leurs patrons militants… pour le plus grand profit de ces derniers !

Encore une fois, il y a fort à parier que ceux qui payeront réellement la note du « sauvetage économique » de cette industrie ce seront les salariés à qui on va demander d’accepter de faire des heures non payées, de réduire leurs salaires, de travailler plus pour gagner moins … avec ces arguments imparables propres à cette industrie « c’est pour la culture ! », « c’est de la Résistance au néolibéralisme ! ».

Nous avons voulu dans cette brochure rappeler un cycle de luttes, que la CNT-AIT avait activement soutenues, menées dans les années 2004-2010 dans le secteur de la projection cinématographique. Ce secteur est emblématique de cette industrie du divertissement culturel, qui prend un alibi militant pour couvrir ses pratiques managériales brutales. Ces luttes, qui se sont déroulés dans plusieurs villes de France et même en Allemagne, ont connues des scénarios sommes toutes assez semblables :des patrons « militants », exigeant une adhésion totale des salariés au projet managérial, impliquant leur dévotion corps et âmes à l’entreprise (horaires extensibles et non payés, primes à la gueule du patron, licenciement des éléments récalcitrants, …) et avec des pratiques hiérarchiques et salariales identiques voire pire que dans des entreprises non militantes, un rideau de fumée organisé par le copinage patrons / organisations de gauches, chacun trouvant son intérêt dans la promotion pour son propre compte d’une image de questionnement social voire de contestation, mais qui n’est en fait que la consommation d’un spectacle pour public de gauche averti mais qui ne fait pas le lien entre ce qu’il voit à l’écran et la réalité de sa production.

La répétition de ces faits dans des entreprises qui n’ont aucun lien entre elles, montre qu’il ne s’agit pas d’un problème de personnes, mais bien d’un problème structurel, ancré de longue date dans l’industrie du divertissement culturel. Ce problème ne pourra être dépassé que par un changement structurel profond, d’un niveau global, qui fasse disparaitre l’Etat et le Capitalisme, et leurs soubassements idéologiques tels que la propriété et la hiérarchie. Bref, une Révolution. Et en attendant, rien n’interdit que dans le domaine « culturel » et du divertissement, d’autres formes que celle de l’entreprise commerciale soient expérimentées, même si elles n’ont pas à elles-seules la capacité de remettre en cause le modèle social et économique dominant.

La lutte ce n’est pas du cinéma. Que ceux qui veulent être acteurs de leur destin et non des figurants, sachent que la CNT-AIT sera toujours au côté de ceux qui luttent contre ceux qui les exploitent.

Des travailleurs de la CNT-AIT

TABLE DES MATIERES


– INTRODUCTION : « La classe ouvrière et la classe patronale n’ont rien en commun. »

LUTTE A UTOPIA TOULOUSE

– La maladie du Docteur Utopia

– Cinémas UTOPIA : danger patrons de Gôche (2005).

– Quelle est la différence entre un patron de « Gôche » et un patron…

– Sauve qui peut Utopia!

– A propos d’un « droit de réponse patronal »

– Danger : Faizant de gauche !

– Petit voyage en Utopia

– Justice : le cinéma toulousain, chantre de la dénonciation des injustices sociales, épinglé par le conseil des prud’hommes (2007)

– Utopia mon amour

– Cracher dans la soupe et mordre la main qui nourrit

– Courrier de spectateur solidaire

– La fabrique de l’Opinion … Tentative d’enfumage gauchiste

– Utopia, l’envers du discours

– Malaise social au cinéma Utopia (2018)

– «Utopia, un cinéma alternatif, une entreprise comme les autres»

LUTTE AU CINEMA DES CARMES

– Rappels aux spectateurs du cinéma les Carmes d’Orléans (2004)

– 2 salariés du cinéma les Carmes d’Orléans sont en grève ce mercredi 28 juillet

– Suite et fin de grève au cinéma les Carmes

– Cinéma des Carmes – Orléans (45) : Il y a compromission et compromission

– Nous soutenons les grévistes dans les films … et dans les cinémas

– ATTAC 45 et les Amis du Monde Diplo : pour soutenir une SARL, c’est la lutte des places

LUTTE AU CINEMA ABC

– Exploitation… cinématographique ! (2005)

– Licenciement à l’ABC : j’y tiens pas … (2008)

– ABC : polémique autour des licenciements

LUTTE AU CINEMA BABYLON (BERLIN)

– La lutte des travailleurs du Cinéma Babylon de Berlin (2010)

– Lettre ouverte aux militants du « Parti de Gauche » et à tous ceux pour qui les notions de lutte de classe et de solidarité ouvrière ont encore un sens …

– La révolte des travailleurs des cinémas

– TRAVAILLEUR, CHOMEUR, ETUDIANT


Collectif de travailleurs en colère de l’aéronautique et d’ailleurs

Suite à la pandémie de la Covid-19 – gérée de manière désastreuse par les autorités –, après avoir vécu un confinement général, l’activité s’est réduite de façon inquiétante.

Les gros actionnaires à la tête de grosses entreprises se sont empressés pour lancer leur plan de sauvegarde de dividendes et augmenter leurs marges au passage.

Plan de sauvegarde d’emploi (PSE), accord de performance collective (APC) et plan de licenciement ne sont que des termes techniques et hypocrites, venant d’une chute d’une économie dont nous ne sommes pas responsables.

Ces plans sont financés partiellement par l’État.

Face à leur mépris, nous avons décidé de nous organiser collectivement, sans étiquette, sortie du cadre syndical, et faire face ensemble à cette crise.

Salariés de l’aéronautique et d’ailleurs, il est grand temps de se serrer les coudes et d’agir ensemble pour une vie plus digne.

Collectifs partout !!!

Collectif de travailleurs en lutte de l’aéronautique et d’ailleurs

Retrouvez le collectif ici : https://www.facebook.com/collectif.travailleurs.en.lutte

Contactez-nous par mail : collectif_lutte [ at ] riseup.net

In France, industry (aerospace, car, …) will face huge « crisis » from September. In the aerospace industry, many Airbus sub-contracting SME’s have already cut their workforce and it is only a begining. Some workers from this industry in Toulouse have taken the initiative to launch an Autonomous Worker’s Collective in order to organize, resist and strike back

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Collective of angry workers from the aerospace industry and behond …

Following the Covid-19 pandemic – managed in a disastrous manner by the authorities -, after experiencing general confinement, activity has reduced worryingly.

The big shareholders at the head of big companies rushed to launch their plan to save dividends and increase their margins in the process.

Job Protection Plan (PSE), Collective Performance Agreement (CPA) and layoff plan are just technical and hypocritical terms, coming from a downfall in global economy for which we are not responsible.

These plans are partially funded by the state. Faced with their contempt, we decided to organize ourselves collectively, without organizational labels, outside legal union framework, and facing this crisis together.

Employees in aerospace industry and behond, it is high time to come together and act together for a more dignified life.

Collectives everywhere !!!

Collective of workers in aeronautics and behond

Find the collective here: https://www.facebook.com/collectif.travailleurs.en.lutte

Contact us by email: collectif_lutte [at] riseup.net

En Francia, la industria (aeroespacial, automóvil, …) se enfrentará a una enorme « crisis » a partir de septiembre. En la industria aeroespacial, muchas pymes subcontratistas de Airbus ya han recortado su plantilla y esto es solo el comienzo. Algunos trabajadores de esta industria en Toulouse han tomado la iniciativa de poner en marcha un Colectivo de Trabajadores Autónomos para organizar, resistir y contraatacar

Colectivo de trabajadores enojados de la industria aeroespacial y más allá …

Tras la pandemia del Covid-19 – gestionada de forma desastrosa por las autoridades -, tras sufrir un encierro generalizado, la actividad se ha reducido de forma preocupante.

Los grandes accionistas al frente de las grandes empresas se apresuraron a lanzar su plan para ahorrar dividendos y aumentar sus márgenes en el proceso.

El Plan de Protección Laboral (PSE), el Acuerdo de Desempeño Colectivo (CPA) y el plan de despido son solo términos técnicos e hipócritas, provenientes de una caída en la economía global de la cual no somos responsables.

Estos planes están parcialmente financiados por el estado. Ante su desprecio, decidimos organizarnos colectivamente, sin etiquetas organizativas, fuera del marco legal sindical, y afrontando juntos esta crisis.

Empleados de la industria aeroespacial y más allá, es hora de unirse y actuar juntos para una vida más digna.

Colectivos por todas partes !!!

Colectivo de trabajadores de la aeronáutica y más allá

Encuentra el colectivo aquí: https://www.facebook.com/collectif.travailleurs.en.lutte

Contáctenos por correo electrónico: collectif_lutte [at] riseup.net

Na França, a indústria (aeroespacial, automobilística, …) enfrentará uma grande « crise » a partir de setembro. Na indústria aeroespacial, muitas PMEs subcontratantes da Airbus já reduziram sua força de trabalho e isso é apenas o começo. Alguns trabalhadores desta indústria em Toulouse tomaram a iniciativa de lançar um Coletivo de Trabalhadores Autônomos para organizar, resistir e contra-atacar

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Coletivo de trabalhadores com raiva da indústria aeroespacial e além …

Após a pandemia Covid-19 – administrada de forma desastrosa pelas autoridades -, depois de passar por um confinamento geral, a atividade reduziu de forma preocupante.

Os grandes acionistas à frente das grandes empresas correram para lançar seu plano para economizar dividendos e aumentar suas margens no processo.

Job Protection Plan (PSE), Collective Performance Agreement (CPA) e plano de dispensa são apenas termos técnicos e hipócritas, oriundos de uma queda na economia global pela qual não somos responsáveis.

Esses planos são parcialmente custeados pelo estado. Diante de seu desprezo, decidimos nos organizar coletivamente, sem rótulos organizacionais, fora do quadro jurídico sindical, e enfrentando juntos esta crise.

Funcionários da indústria aeroespacial e além, é hora de nos unirmos e agirmos juntos por uma vida mais digna.

Coletivos em todos os lugares !!!

Coletivo de trabalhadores da aeronáutica e além

Encontre o coletivo aqui: https://www.facebook.com/collectif.travailleurs.en.lutte

Contate-nos por e-mail: collectif_lutte [at] riseup.net

Le jour où les méprisants voleront, Macron sera chef d’escadrille !

Le SEGUR est du pur mépris : la revalorisation des « héros de première ligne », de celles et ceux que les ministres et députés LREM sommaient par twitt d’’applaudir tous les soirs à 20 heures, de celles et ceux pour lesquels les artistes ont composé tant de chansons et de clips plus ou moins réussis en disant des « merci merci merci », de celles et ceux dont le salaire n’avait pas évolué depuis 10 ans mais à qui Macron a promis qu’ils ne seraient pas oubliés, qu’ils allaient voir concrètement la générosité pour leur sacrifice et ce – promettait Véran – dès le 1er juillet …bref NOTRE revalorisation n’ira pas plus loin que 183 euros nets mensuels. Soit, pour un salaire de 1500 euros nets, 9 euros de plus que l’inflation de ces dix dernières années …

Il n’aurait plus d’argent en caisse, l’Etat a déjà déboursé 7,5 milliards pour les soignants qu’ils s’estiment heureux.
« les gars il faut rester cool » dirait Macron.

Pourtant l’Etat a encore de l’argent : il a trouvé les moyens d’acheter en mars 2020 pour 3,6 millions d’euros de gaz lacrymogène et en avril pour 3,8 millions d’euros de drones policiers. Ne nous plaignons pas : il y a fort à parier que nous serons servis EN NATURE les prochaines fois où nous exprimerons notre saine colère du mépris de l’Etat …

Mais, cerise sur le gâteau, ce début juillet ce ne sont pas augmentations promises par Véran que nous avons eu le plaisir de voir, mais … les avions de la Patrouille de France !

Cette « unité militaire de prestige », pour remercier les soignants qui ne lui ont rien demandé, est venue faire des ronds de fumée autour des hôpitaux parisiens et de l’Est. Au-delà de l’aberration écologique de cette opération de communication, quel est son coût ?

En 2018, un général avait été épinglé pour avoir utilisé un alpha jet, avion de la patrouille de France, pour son usage personnel. BFM – que l’on ne peut soupçonner d’antimilitarisme primaire – avait calculé alors qu’une heure de vol coûte au contribuable entre 13 000 et 15 000 euros rien qu’en kérosène ![1] Les survols des hôpitaux en disposition « diamants » – soit 8 avions – coutent donc au moins 120 000 euros et comme il y a une trentaine de survols prévus, on peut estimer cette galéjade coûte au minimum 3,6 millions d’euros au budget de l’Etat … là encore, toujours ça en moins sur notre feuille de paye !

Alors que l’Etat brule nos impôts dans le ciel, il continue de programmer la fermeture des hôpitaux  Bichat et Beaujon  (Clichy- Paris 17ème). A Broca (13ème arrondissement de Paris) les lits USLD  fermés  pour « cause » du COVID ne sont pas rouverts. Des postes de soignant-e-s sont menacés de disparaître au nom de ces fermetures ! Ce dont nous avons besoin ce ne sont pas d’applaudissements ni de vroum vroum polluants dans le ciel, mais des actes et une mobilisation populaire pour dire NON AUX FERMETURES D’ETABLISSEMENT ET DE  LITS ! DES EMBAUCHES !

Après le Ségur de mépris et de trahison, ils nous envoient la patrouille de France et ses fumigènes bleu blanc rouge : est-ce qu’on va se faire enfumer encore longtemps ???

Le pognon pour la santé,
pas pour l’armée !

Vive la sociale !

Des travailleurs du secteur santé
de la CNT-AIT (Anarchosyndicaliste)

cntaitcochin@gmail.com


[1] https://bfmbusiness.bfmtv.com/entreprise/un-general-soupconne-d-utilisation-privee-d-un-alpha-jet-combien-couterait-le-vol-1196706.html                                                                                         

Dans l’aéronautique comme dans les hôpitaux : Stop aux accords de la honte !

Aujourd’hui au Ségur de la Santé, hier chez Derichebourg, avant hier chez Renault, puis chez AAA, puis chez Expléo, puis…

Les partenaires sociaux signent des accords à tout va. Pour gérer cette crise qui bouscule les fondements du monde actuel, gouvernement, patrons et syndicats s’entendent comme larrons en foire.

Certains syndicats signent ces accords, d’autres crient au scandale et même parfois certains jouent sur les deux tableaux : par exemple FO signe un APC honteux chez Derichebourg et appelle à manifester chez Airbus. Pour les syndicats, c’est chacun pour soi ; ainsi la manifestation Airbus (FO , CFTC, UNSA) était réservée aux seuls possesseurs de badges Airbus !! Interdit aux salariés des sous-traitants, aux chômeurs, aux précaires de manifester leur soutien…


Et ce sont les mêmes qui mobilisaient contre les ordonnances Macron et les lois El Khomeri qui signent aujourd’hui ces accords de la honte.


Ce sont les même qui prétendent mener la contestation , appellent à la prétendue convergence des luttes, et ne font rien pour que l’ensemble des salariés puissent débattre , participer à la construction de la lutte et partagent ces moments de colère,de solidarité,de bienveillance des uns avec les autres.

Le mouvement des gilets jaunes a montré qu’il était possible de lutter sans ses structures syndicales hiérarchisée et professionnalisée. Il ont prouvé qu’il était possible de s’organiser sans chef, sans hiérarchie, sans leader. En ne laissant à personne d’autre le soin de décider et de mener leur combat, en ne faisant confiance qu’à eux mêmes, ils ont remporté des victoires. Leur exemple est à méditer.

Si l’ensemble des travailleurs de l’aéronautique et d’ailleurs ne trouvent pas les moyens de dépasser ces structures syndicales qui les mènent dans des impasses, s’ils ne parviennent pas à organiser eux même leur AG et à combattre collectivement après avoir mûrement réfléchit aux méthodes d’action, la lutte ne dépassera les murs qui nous isolent tous les uns des autres.

Salariés de l’aéronautique et d’ailleurs ,ne laissons pas les partenaires sociaux décider à notre place.


Collectif partout !!!

Pour tout contact : https://www.facebook.com/collectif.travailleurs.en.lutte

SEGUR : un accord INDIGNE et de TRAHISON …

L’accord SÉGUR a donc été signé. 183 €, après 10 ans de blocages des salaires…

Rappelons que depuis 2010 l’inflation cumulée est de  + 11,64 % (source INSEE). exemple pour un salaire  NET environ à 1500  Euros en 2010, il faudrait qu’il gagne NET 1674 euros aujourd’hui pour avoir le même pouvoir d’achat. Cela signifie qu’avec 183 euro l’augmentation est de … 9 EUROS ! CA MERITE DES APPLAUDISSEMENTS !

De plus, les 183 €  annoncés  vous ne les verrez pas tout de suite, mais seulement partiellement à partir de JANVIER puis MARS 2021,alors que Véran avait promis que l’augmentation serait effective dès le 1er juillet !!!

A ce niveau, cet accord est surtout une INSULTE À NOTRE DIGNITÉ !

CFDT, UNSA et FO sont les complices de ce doigt d’honneur aux soignants. Mais ce doigt d’honneur-là ne sera pas critiqué par la presse aux ordres, contrairement à celui de l’infirmière Farida …. CFDT, UNSA, sans surprise ; on sait qu’ils se couchent devant la direction, même quand elle ne leur demande pas. Mais attardons nous sur le cas de FO, qui se veut plus revendicatif. FO Santé ose déclarer dans son tract « Négociations Ségur VICTOIRE ». Heureusement que le ridicule ne tue pas … Voyons de quelle victoire il s’agit :

Une victoire pour les salaires ? pas vraiment …

Déjà on l’a vu la revalorisation ne suffira même pas à rattraper le blocage des salaires depuis 10 ans.

En plus pourquoi attendre 2021 pour mettre en place la revalorisation ? Pour Air France, l’Etat n’a pas attendu pour débloquer directement 3  milliards. Est-ce que la santé est moins importante que les avions ? Est-ce pour être sûr que les soignants continueront de se sacrifier si jamais il y avait une seconde vague à l’automne, en agitant cette carotte sous leur nez ?

Par ailleurs, cette revalorisation n’est pas claire et nette. L’accord ne prévoit pas une augmentation du point d’indice ni du traitement mais un « complément de traitement indiciaire à hauteur  (sic) de 49 points  représentant 183 euros nets par mois ». En gros c’est comme une prime : un complément ça peut être annulé du jour au lendemain, sans préavis, car ce n’est pas intégré définitivement dans le salaire. Avec la crise qui s’annonce, autant dire que cette revalorisation risque de faire long feu … 

Et que veut dire « à hauteur » : que ce sera un maximum qui pourra être atteint mais sans garantie ? Car l’esprit de ce texte est de renvoyer au niveau local les négociations sur les indemnités et les primes, bonus etc. Application sur la base d’accords locaux signés avec les organisations syndicales. Lécheurs de cul de la Direction, l’avenir vous sourit ! 

Enfin, cet « accord » prévoit de « simplifier » les fiches de paie  en fusionnant toutes les indemnités : « Les parties au présent accord  conviennent qu’une rénovation du régime indemnitaire  des personnels de la fonction publique hospitalière sera  entreprise  [sur le]  principe suivant : le nouveau  régime indemnitaire a vocation  à fusionner l’ensemble des régimes indemnitaires existants.».

Concrètement cela veut dire qu’à terme le complément indemnitaire de 183 euros risque d’absorber toutes les indemnités actuelles, comme par exemple l’indemnité de sujétion pour un Aide-soignant de Classe 3, qui est de 165 euros par mois et qui avait été acquis par une lutte en 1991. Belle victoire du SÉGUR en effet que de supprimer les victoires de nos précédentes luttes ! 

Une victoire pour les conditions de travail  et l’organisation des services  ? pas vraiment …

Le texte prévoit également que les syndicats conviennent de la mise en place de la gestion des emplois et des compétences,  avec des plannings autogérés par les soignants eux-mêmes. Mais le texte ne dit rien – ou peu – sur les moyens matériels pourtant nécessaires pour exercer nos fonctions dans des conditions DIGNES.

 Au contraire, le texte prévoit même de continuer les fermetures de lits en « développant les hospitalisations programmées et ambulatoires » ! (cf. Bichat Beaujon 35% de lits en moins …) En absence de moyens matériels supplémentaires et massifs, en absence de nouveaux lits, en absence de nouvelles embauches fermes et massives, ce sera surtout  l’autogestion de la misère et de notre propre exploitation.

Souvenons de ce qui s’est passé l’été dernier : alors que le personnel réclamait des MOYENS en pleine canicule (climatiseurs, aérations en bon fonctionnement, postes de soins réfrigérés, …), FO Cochin réclamait une PRIME-Canicule. Or les primes n’empêchent pas la dégradation des conditions de travail.

Le texte ouvre aussi la boîte de pandore de la remise en cause des « 35 heures » (même si on sait bien que ça n’a jamais été les réelles 35 heures) : « Il sera procédé  après concertation , à des modifications réglementaires , notamment  le décret  N° 2002-9 du 4 janvier 2002 relatif à l’aménagement et à la réduction du temps de travail  dans  la fonction publique hospitalière , pour mettre en oeuvre les dispositions visant à améliorer l’organisation du travail sans remettre  en cause le cadre légal  . »

Le rappel au cadre légal ne doit pas faire illusion : le cadre légal ce ne sont pas les « 35 heures hebdomadaire » mais bien « l’annualisation du temps de travail »- prévu dans la loi dite des 35 heures. Avec l’accord SÉGUR, « dans le cadre des accords locaux », la Direction pourra toucher à vos 35 heures, à vos RTT, à planifier des 12 heures partout  » sur la base du volontariat » … et mon cul sur la commode …Regardez  Cornill ( pneumologie Cochin ) au nom du COVID, ils étaient  tous passés en 12 heures sans qu’aucune organisation syndicale  ne dise rien …. Il faut dire que les permanents syndicaux étaient exemptés du « volontariat » ( imposé de fait )  : les 12 heures c’est bien mais pour les travailleurs, par pour leurs « représentants » …

Il faut souligner la ruse introduite par cet accord : sous couvert d’autonomie d’organisation, la remise en cause du mode d’organisation du travail se faisant au niveau local, structure par structure, chacun partira éventuellement en lutte dans son coin, pour essayer de contrer sa direction, mais sans qu’il y ait un mouvement généralisé. C’est la bonne vieille stratégie du « diviser pour mieux régner ». On sait que la lutte dans une structure isolée aura moins de poids, et donc moins de chance de réussir, qu’une grève générale de l’ensemble du secteur hospitalier. Or le soutien populaire aux hospitaliers suite à la crise COVID nous mettait dans un rapport de force favorable vis-à-vis de l’Etat et des Directions hospitalières. Les syndicats, en acceptant de participer aux négociations SÉGUR, nous ont désarmé et ont saboté notre rapport de force favorable.

Au final, les seuls victorieux ce sont les syndicalistes garde-chiourmes de notre colère …

Ce qui est proprement incroyable c’est que des syndicalistes aient signé ce texte qui est une reddition en rase campagne avant même d’avoir engagé toute lutte !!!

Mais en fait, ce texte correspond bien à leur conception du syndicalisme, un syndicalisme de service, d’accompagnement, de concertation et de discussion, qui apporte aux syndicalistes des avantages (permanents, décharges syndicales, locaux, heures de formation et restos…) en échange de leur docilité. (cf. l’article du Canard Enchaîné de cette semaine qui confirme notre analyse)

Que SUD ou  la CGT n’aient pas signé l’accord ne doit pas nous leurrer : ils n’ont pas besoin de signer, puisque les autres le font à leur place. Cela leur permet de jouer le rôle des rebelles, mais dans le fond ils n’agissent pas tellement différemment des autres syndicats (. Au fait est ce que ces syndicats ont appelé à des assemblées de lutte pendant qu’ils négociaient ? Non ! cela montre bien qu’aucun d’entre eux ne voulait vraiment engager de bras de fer.).

Et surtout ils ne crachent pas sur les avantages que leur confère leur statut de syndicat « représentatif ». S’ils étaient réellement des structures de lutte, ils refuseraient les avantages octroyés par l’Etat pour assurer leurs mandats, de façon à être réellement libres et indépendants.

Cet accord est une INSULTE contre notre dignité. 

L’objectif de l’accord n’est pas d’augmenter le salaire des soignants, mais de nous faire travailler encore plus, dans des conditions matérielles qui seront toujours aussi dégradées, avec les syndicats dans le rôle des gardes-chiourmes, qui s’assureront que les accords qu’ils auront « négocié » soient bien respectés par les soignants. Et les syndicats tireront des avantages sonnants et trébuchants de cette Collaboration. Sous couvert d’autonomie de gestion, l’accord va en fait surtout servir à augmenter la pression sur les personnels, en les obligeants à gérer eux même leur propre misère. 

Macron nous a affirmé au début de l’épidémie « La santé n’a pas de prix. Le gouvernement mobilise tous les moyens financiers nécessaires, quoi qu’il en coûte ». Le SEGUR montre que encore une fois, MACRON A MENTI : finalement c’est bien la logique comptable qui prévaut sur les considérations sanitaires …

Aujourd’hui nous sommes à l’heure des choix. Ne pas dénoncer cet accord, c’est se rendre complice. S’il reste des syndicalistes sincères à FO ou ailleurs, s’ils ne déchirent pas leur carte, c’est qu’ils couvrent cette trahison.

Ce pseudo-accord est une usine à gaz dirigée contre nous, ceux qui se sont sacrifiés sans compter pendant la crise. Le Capitalisme porte en lui la guerre et la misère, et se fout bien de notre santé comme de nos conditions de vie. Seule une révolution sociale permettra d’en finir avec l’exploitation généralisée tant de la Planète que des Humains. Mais d’ici là exigeons :

  • Le retrait immédiat de cette fumisterie de plan Notat-Ségur ;
  • Respect par Macron de sa parole «la santé avant l’économie,  quel qu’en soit le coût » et salaire unique pour tous les soignants, sur la base du traitement des directeurs d’ARS (après tout, nous n’avons pas été moins déméritant qu’eux pendant la crise COVID) ;
  • Création massive de lits supplémentaires ;
  • Embauches massives d’au moins 300 000 personnels en secteur hospitalier et EHPAD.

Pour défendre nos intérêts, n’attendons rien des syndicats officiels. Organisons nous nous-mêmes, refus de la représentation, pour l’action directe créons nos assemblées de lutte, pour libérer la parole et les initiatives et faire aboutir nos revendications.

  Pour un véritable militantisme sans décharges syndicales, contre les permanents à vie !

Pour un système de santé universel, socialisé, solidaire.

Vive la sociale !

Des travailleurs du secteur santé de la CNT-AIT (Anarchosyndicaliste)
Cochin-Broca –Hôtel-Dieu, juillet-août 20
20

Si vous souhaitez prolonger la discussion avec nous, vous pouvez nous contacter par mail : cntaitcochin@gmail.com

http://cnt-ait.info

SERBIE : Les employés des restaurants « McDonald’s » menacés de réduction de salaire jusqu’à 20%

Anarhosindikalistička inicijativa – ASI

Le groupe « Nicefood », dont le directeur est également propriétaire du restaurant « McDonald’s », et qui compte plus de 900 employés dans toute la Serbie, a décidé de réduire les salaires de tous les employés à partir du 1er juin 2020, en raison de l’épidémie de coronavirus.

Les travailleurs de cette entreprise sont obligés de signer une avenant sur la réduction de salaire ou alors ils seront licenciés. En plus de réduire les salaires, les employés subissent également une réduction du nombre important de points, qui sont la base des primes. Le processus pour gagner des points prend du temps et nécessite diverses formations et tests sur plusieurs mois, voire des années.

Les travailleurs de l’industrie de la restauration rapide ont de toute façon de bas salaires et dans les restaurants « McDonald’s », les employés ne reçoivent pas d’argent pour les heures supplémentaires, ce qui est quotidien, car l’entreprise cherche à embaucher le moins de travailleurs possible afin d’économiser. En conséquence, les employés sont constamment sous pression pour travailler plus longtemps, afin de répondre aux exigences inhumaines de l’entreprise. En conséquence, les blessures au travail (en particulier les brûlures) sont très courantes.

Cette attitude envers les employés est absolument inacceptable! Les travailleurs de ces restaurants sont harcelés tous les jours, et ils arrivent à peine à joindre les deux bouts et sans réduire leurs salaires, maintenant ils doivent faire face à cela, tous sous le chantage qu’ils seront licenciés s’ils se rebellent contre ce vol du patron!

De cette façon, notre initiative exprime sa solidarité avec les travailleurs de «McDonald’s» et les appelle à lutter contre la réduction des salaires et des points qu’ils ont gagnés grâce à leur travail! Si vous travaillez à « Meku » ou dans un autre restaurant de restauration rapide, vous pouvez nous contacter via la page Facebook ou par téléphone pour publier votre histoire et aider à organiser la lutte pour de meilleures conditions de travail.

https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=3221718011182528&id=409935899027434

AERONAUTIQUE : Travaille et ferme ta gueule !

L’ODYSSEE PELICANE, Feuille d’info des travailleurs de l’aéronautique d’orientation anarchosyndicaliste

L’autre jour, il y a un mois … (ça me semble un siècle, c’était avant le confinement officiel) je suis allé manger un kebab dans un fast-food du coin, avec mes collègues de boulot. Je bosse dans le secteur aéronautique, dans une PME.

En attendant nos menus, comme d’hab’ nous avons papoté et regardé nonchalamment la télévision du restaurant, qui était bien sûr allumée sur BFM tv. Pendant des plombes tout semblait s’être arrêter autour du coronavirus, et l’inquiétude des journalistes pour les conséquences de cette épidémie l’économie française sur. Pour le business, nous étions à les entendre au bord de la fin du monde. Mais pendant tout ce temps, rien ou si peu sur la santé des gens et l’impact sanitaire que ça laissera dans la société. Seulement l’impact financier pour les entreprises et pour la bourse, en boucle non-stop.

Et puis de fil en aiguille le coronavirus s’installe comme le sujet numéro 1. Dans les médias bien comme il faut, tout le monde s’inquiète pour le climat des affaires. Ainsi le journal le monde s’inquiète du krach boursier, comme étant la pire journée de l’histoire de la bourse de Paris !

Et voilà que la une de ce journal parle de Christine Lagarde, qui fait des pieds et des mains pour rassurer les investisseurs, et donner des leçons de morale aux Etats de l’Union Européenne. Nous sommes content d’apprendre que toutes les grandes place financière d’Europe et des U$A ont vécu tous leurs pire journée de leur histoires, heureux d’apprendre les plans de sauvetage des entreprises par la BCE (la banque centrale européenne), nous voilà bien soulagés d’entendre cela. Bon et après toutes ces bonnes nouvelles (ou mauvaise, ça dépend d’où on se place), dans quel journal télévisé ou papier ils parlent de la situation des gens malades et de l’empoisonnement de leurs vie à cause de cette épidémie ??

Nous pouvons constater que l’Etat Français n’a rien fait pour anticiper cette crise sanitaire. On nous dira que l’Etat ne peut pas penser à tout. Mais ce même État a déboursé en juin 2019 pour le Ministère de l’intérieur, pour je ne sais combien de million d’Euros pour acheter 25 millions de cartouches de fusil d’assaut et de 40 000 grenades de désencerclement pour les 4 années à venir. Par contre seulement deux mois après le début de l’épidémie du coronavirus, l’État n’avait toujours pas constitué de stock de ffp2. La santé de la population ou la préservation de son pouvoir… Chacun ses priorités !

Nous vivons donc une époque formidable, en décembre dernier s’est déclaré une épidémie en Chine, tout le monde s’en foutait un peu, « la Chine c’est loin », « y’a régulièrement des épidémies là-bas », « l’hygiène des marchés Chinois », et puis « ces Chinois ils mangent n’importe quoi tout de même »… (Tout ça entendu dans l’émission tv « C dans l’air »).

Donc l’épidémie arrive ici en Europe, et même ici en France. Alors nous n’étions pas encore au stade de l’hystérie, et puis d’après le gouvernement Macron ce n’était qu’une simple grippe. Donc aucun signal particulier à mon boulot, pas de plan particulier pour notre sécurité sanitaire dans un premier temps.

Les jours passent, et voilà qu’un beau matin le CHSCT, nous conseille de ne plus nous serrer les mains ni de se faire la bise entre collègues. Faut avouer, que leur recommandations, du genre se saluer à la Japonaise, ou à l’Indienne, balancées sans aucune explication, ça avait tendance à prêter à sourire, ça faisait surréaliste.

Nous avons dû continuer à gagner notre vie comme ça sans aucune autre recommandation particulière. Les jours passent l’épidémie s’envenime, nous n’avons toujours pas de masques, toujours pas de gel hydro alcoolique, mais nous continuons à bosser. Et puis un beau matin certain d’entre nous décident de voir leur médecin pour avoir des infos et demander si besoin des arrêts maladie puisque la direction veut que nous continuions à produire, encore et toujours !

Au même moment le soir même Macron nous fait son discours apocalyptique, comme quoi nous serions en guerre contre des envahisseurs venus de la planète Mars, et là j’ai décidé de faire valoir mon droit de retrait, puisque la société dans laquelle je bosse est un sous-traitant d’Airbus et qu’elle ne réagit qu’en fonction de ce qu’Airbus décide de faire, et pas en fonction de l’intérêt de ses salariés. Oui l’industrie de l’Aéronautique à un coté féodal, il y a le Grand Seigneur Airbus et une multitude de PME vassales …

Les conditions de mon droit de retrait ont été celle-ci :

– toilettes communes, et pas désinfectées, donc un nid à choper éventuellement le virus

– lavabos à main, et non à commande à pied ou un système quelconque qui nous dispense de nous servir de nos mains, transformant le robinet manuel en vecteur pour choper ce que nous n’avons pas encore.

– les essuies mains en tissus et non en papier jetable.

– pas de masques

– pas de gel hydro-alcoolique

– impossibilité de tenir la distance de sécurité de 1 mètre (dans les métiers d’ouvriers c’est généralement difficiles)

– pas de gants.

J’informe le service R.H, soulignant que tout ça n’est pas conforme aux règles de sécurité coronavirus que préconisent pourtant le gouvernement.

Donc après ce fameux discours apocalyptique de Macron je suis resté confiné chez moi. Je vaquais à mes occupations quand je reçois un coup de fil d’un collègue pour me dire que la boite ferme pour 1 semaine, parce qu’Airbus ferme pour 1 ou 2 semaines.

La semaine passe et Airbus décide de rouvrir ses sites. Il y a un roi au-dessus du Grand Seigneur, l’État, qui a dit qu’il fallait retourner bosser. Alors Airbus se doit de montrer l’exemple … et les petits vassaux n’ont pas d’autres choix que de suivre. Pour ce faire Airbus annonce qu’ils ont installés un dispositif de sécurité apparemment super chiadé où paraît-il, ils respectent toutes les normes de sécurité, au point qu’ils ont reçu 20 000 masques ffp3 c’est à dire la formule 1 des masques chirurgicaux, 10 000 pour les sites en France et 10 000 pour l’Espagne, Quand on connaît la pénurie de ces masques dans les hôpitaux, ça fait rêver !

Du coup mon employeur a repris le boulot aussi – et moi aussi par la force des choses : comme il paraît que l’employeur respecte les consignes du Gouvernement, le droit de retrait n’est plus autorisé … Bref j’arrive le matin, pour voir : on nous prend notre température pour détecter d’éventuelle fièvre, distance de 1 mètre chacun. J’arrive ensuite à l’atelier, je vérifie les sanitaires : rien de changé, juste qu’ils ont supprimé l’essuie main tissus par rien du tout. Inutile de faire un commentaire sur les masques, le gel hydro-alcoolique, les distances de 1 mètre impossible à tenir …

Pendant ce temps les syndicats officiels n’appellent pas à la grève. Les syndicalistes font jouer la démerde individuelle, ils nous disent « allez voir votre médecin qu’il vous mette en arrêt maladie »

Le sentiment des collègues est que nous sommes sacrifiés sur l’autel de la rentabilité et de la production, que nous sommes de la chair à canon. Une colère froide semble traverser les ateliers, personnes n’a envie de rigoler, surtout quand nous savons que les grands donneurs d’ordre sont en télétravail. Macron a dit que c’est la guerre, il n’a pas complètement tort … Messieurs les officiers de la direction donnent des ordres depuis leur maison en télétravail et les ouvriers-soldats sont priés de monter au front du travail pour se sacrifier.

Comment tout ça va évoluer je n’en sais rien, mais en tout cas rien de ce qui vient de la direction n’est pris au sérieux, nous sommes conscients que nous prenons des risques pour notre santé et celle de nos proches. Mais que vaut la vie des ouvriers de l’industrie ou du bâtiment qui partent au boulot la peur au ventre, pour produire des trucs qui ne sont pas essentiel et urgent, dans la situation sanitaire dans laquelle nous vivons.

Ce que nous vivons est un mépris magistral de ce que nous sommes dans la société.

Il faudra s’en souvenir pour après, pour que tout cela change …

Icare

L’Odyssée Pélicane est une feuille d’info et de liaison entre les travailleurs du secteur aéronautique. Elle ne vit que par vos contributions, vos informations, vos encouragement , vos coups de gueule, votre soutien. N’hésitez pas à partager cette feuille avec vos collègues.

Un tsunami économique et social s’annonce dans le secteur aéronautique. Nous ne pourrons nous en sortir que collectivement.

L’entraide, la solidarité et la lutte sont notre force !

Pour tout contact :contact@cntaittoulouse.lautre.net

Facebook : @cnt.ait.toulouse / @chats.noirs.turbulents

CONFINE A AIRBUS …

L’ODYSEE PELICANE : Feuille d’info à parution irrégulière des travailleurs de l’aéronautique d’orientation anarchosyndicaliste

Sur la feuille de route de cette livraison

– CONFINE A AIRBUS … Témoignage d’un salarié d’Airbus sur la façon dont est organisé le travail dans les ateliers

– FACE AU CORONAVIRUS : BOEING, AIRBUS … MEME COMBAT ! Témoignage d’un salarié de Boeing USA

– RAPPEL : SUR LA RESPONSABILITE DE LA SECURITE AU TRAVAIL

CONFINE A AIRBUS ….

Témoignage d’un salarié d’Airbus sur la façon dont est organisé le travail dans les ateliers

« J’ai été réquisitionné, malgré un courrier que j’ai envoyé pour faire valoir mon droit de retrait car je ne me sentais pas en sécurité. Sans compter que je pourrai être potentiellement dangereux pour les autres : comme il n’y a pas de tests, si ça se trouve j’ai le virus et je ne le sais pas !
Ce qui m’a étonné, c’est que le 15 mars  Macron en appelle au « restez chez vous, mais airbus reste ouvert ! Et le 17 mars, soit deux jours après l’appel à se confiné, Airbus ferme à midi. Une semaine plus tard, voilà la réouverture du site, avec des moyens de protection que rêverait d’avoir les aides-soignantes, les travailleurs dans les EPHAD, les infirmières libérales, les généralistes, etc…. Des masques chirurgicaux pour tous (à changer tous les 6 heures ! quel luxe !), des courriers d’informations pour appliquer les gestes barrières, des portes ouvertes pour éviter les contacts et bien des choses qui sont décrites dans le tract de la CNT-AIT, mais toujours pas les fameux robinets non manuels pour éviter de se re-contaminer les mains après les avoir lavées…

Mais comment est-ce possible qu’en une semaine Airbus ait pu se procurer un stock suffisant de masques,  de blouses jetables et du gel hydralcooliques alors que l’Etat n’a rien de tout ça depuis plusieurs semaines ? On pourrait se poser la question : quels autres secteurs économiques ont reçu des masques pour faire tourner la machine infernale (la pompe à fric).Je me sent plus en sécurité sur mon lieu de travail que quand je dois faire des course. D’ailleurs le personnel des grandes surfaces est très exposé  et on ne leur fournit pas d’EPI à eux. La crise sanitaire n’est pas terminée. »

FACE AU CORONAVIRUS : BOEING, AIRBUS … MEME COMBAT !

On nous ballade avec la soit disant compétition entre Boeing et Airbus. En tout cas sur la question du Coronavirus ils sont sur la même longueur d’onde. Témoignage d’un compagnon anarchosyndicaliste américain qui bosse dans un site d’assemblage Boeing aux USA, qui nous a envoyé ce message de solidarité :

« Dans mon atelier, il y a eu plusieurs cas avérés de Covid-19, et MEME APRES CA ils ne veulent pas renvoyer tous les travailleurs à la maison. Tous les salariés des services administratifs et des bureaux sont en télétravail, mais ceux de la chaîne de production nous devons rester au travail (si nous voulons être payés). Nous avons l’option de rentrer chez nous, mais nous ne serons pas payés. Et oui, car nous sommes une entreprise « Union Shop » (1)
Or Boeing dit qu’il font « absolument tout » pour nous garder en sécurité, (en fait ce n’est « absolument pas tout », sinon nous serions à la maison), et nous n’avons rien entendu de la part des syndicats, nous ne savons pas si ils essayent de faire quoi que ce soit pour nous. »

Aux US dans les entreprises qui appliquent le système « Union shop »la syndicalisation est obligatoire. C’est le cas de la plupart des grandes entreprises privées US, comme Boeing. Comme les dockers en France l’embauche ne peut se faire que si vous êtes membre d’un syndicat reconnu, auquel vous devez obligatoirement cotiser de manière continue. Si vous démissionnez du syndicat et cessez de verser vos cotisations syndicales, le patron vous licencie …

C’est le syndicat qui négocie pour vous votre contrat de travail dans tous ses détails. Vous êtes ainsi tenu d’obéir au syndicat pour ce qui est de vos horaires de travail, planning, etc. Le syndicat sert de RH en quelque sorte. Et donc dans le cadre du Coronavirus, si les syndicats ne disent rien, en vertu de la réglementation « union shop », les travailleurs ne peuvent pas quitter leur poste sauf à être considéré en abandon de poste, non payés et peut être licenciés Et bien sûr le Syndicat ne vous défendra pas puisque vous aurez agi de manière autonome …

Aux US comme en Europe : #ETAT_ASSASSIN #PATRONS_TERRORISTES   #SYNDICATS_COLLABOS

RAPPEL : SUR LA RESPONSABILITE DE LA SECURITE AU TRAVAIL

Pour mémoire, cet extrait du Code du travail que beaucoup de secteurs ont bafoué. Le responsable de la sécurité physique ET mentale dans la boite, c’est l’employeur. Hors de question de signer des décharges de responsabilité !
Article L4121-1 
L’employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs. Ces mesures comprennent :
1° Des actions de prévention des risques professionnels, y compris ceux mentionnés à l’article L. 4161-1 ;

2° Des actions d’information et de formation ;

3° La mise en place d’une organisation et de moyens adaptés.

L’employeur veille à l’adaptation de ces mesures pour tenir compte du changement des circonstances et tendre à l’amélioration des situations existantes.

TRAVAILLEUR DE L’AERONAUTIQUE : PRODUIRE OUI MAIS POUR QUI ? POUR QUOI ?

La pandémie continue ses ravages. Tous sont touchés, vieux, jeunes, caissières, médecins, Même des députés actuels ou des anciens ministres… Le Président de la République a été très clair : nous sommes en guerre, et pour gagner cette guerre vous devez rester chez vous. Nous payerons intégralement ceux qui se mettront à l’abri. Oui mais voilà, encore une fois, la parole politique c’est du pipeau. On nous dit que gouverner c’est prévoir : ils ont été infoutus de faire les stocks de masques, de tests, de médicaments qui auraient permis d’endiguer la propagation de la maladie. Macron quand il  a promis que tous les travailleurs seraient payés quel que soit le coût n’avait pas non plus prévu les conséquences. Résultat, maintenant qu’ils ont fait leurs calculs, ils ne veulent plus assumer le coût de leur improvisation, et c’est à nous qu’ils demandent d’assumer les risques de leur nullité en payant avec notre santé et peut être notre vie en retournant au boulot. Les salariés de l’aéronautique « occitane »  nous avons donc reçu des mails de nos chers DRH qui nous supplient de retourner au travail pour sauver la boite. Leur argument principal ? Extrait du mail reçu : « même si l’Etat communique sur le chômage partiel c’est l’entreprise qui  avance les salaires et nous ne sommes pas certains d’être remboursés par l’Etat ». Autrement dit, parce que les patrons ne font pas confiance dans l’Etat pour assurer ses promesses, c’est à nous qu’on demande d’éviter le trou dans la trésorerie que créerait le chômage partiel et de prendre tous les risques ! Pour essayer de nous rassurer, les patrons se font mielleux. Ils nous décrivent toutes les bonnes mesures qu’ils ont mises en place pour nous : désinfectant, gel hydro alcoolique, tournée quotidienne de désinfection des sanitaires, groupes de travail en nombre réduit, protocole pour le respect des distances de sécurité, port du masque si nécessaire … Que de sollicitudes pour nous faire retourner au boulot. Par contre pas un mot sur l’installation de laves mains à commande non manuelle, qui seuls empêcheraient de transformer les robinets en source de re-contamination des mains … Pour appuyer leur demande, les patrons nous joignent un courrier signé de trois ministres, Lemaire, Pénicaud et Véran qui pleurent « il est crucial que les usines de production puissent continuer de travailler sur le territoire français ». Un courrier de ces mêmes ministres d’un Etat dont le patron lui-même nous dit qu’il n’est pas sûr qu’ils respectent leurs promesses …

#ETAT ASSASSIN #SYNDICATS COLLABOS

Comme les DRH ne sont pas complètement cons et savent que nous n’avons qu’une confiance modérée dans la parole de l’Etat et ses représentants, pour finir de nous rassurer ils nous joignent un courrier signé des syndicats (CFE-CGC, CFDT et FO métaux) et nous confirment qu’un « CSE extraordinaire a donné un avis favorable à la reprise dans les conditions que nous avons défini. » Autrement dit les Syndicats se sont mis d’accord avec les patrons sur la façon dont nous allons être exploités. Quand on vous dit que les syndicats sont là pour discuter de la longueur de la chaine ou de l’épaisseur du masque, cela se vérifie une fois de plus ! Soyons clairs : ce n’est pas que nous soyons contre le fait de créer ou de produire, ni que le risque nous fasse peur. Mais quitte à mettre notre santé et celle de nos familles en danger, nous voulons que ce soit UTILE, pour toutes et pour tous. Dans la situation actuelle de pandémie et d’arrêt de l’économie mondiale, quel est le sens et l’utilité de travailler « comme avant » ? Nous voulons bien aller au travail malgré le risque, mais pour produire du matériel médical, des respirateurs, des lits d’hôpitaux, des masques, du gel, bref des choses réellement nécessaires et socialement utiles. AIRBUS et ses sous-traitants vont-ils continuer à fabriquer et monter du matériel militaire ? C’est nous, les travailleurs, qui produisons toutes les richesses. C’est nous qui avons collectivement le pouvoir d’arrêter cette folie en premier lieu en refusant de travailler par le retrait ou la grève générale, et ensuite en reprenant en main les outils des productions et en les faisant fonctionner pour l’intérêt collectif.

NOS VIES VALENT PLUS QUE LEUR PROFITS !

Des travailleurs de l’aéronautique de la CNT-AIT

contact [at] cntaittoulouse.lautre.net http://cntaittoulouse.lautre.net Facebook : @cnt.ait.toulouse / @chats.noirs.turbulents