[Bulgarie / Autriche] Solidarité avec la lutte du personnel infirmier bulgare

12 Octobre 2020, WAS-AIT, Vienne,

Le Syndicat des travailleurs de Vienne (WAS-AIT) se joint à l’appel de l’Aide Internationale des Travailleurs  Autriche-Bulgarie  (Internationalen Arbeiterhilfe Österreich-Bulgarien) pour un rassemblement de solidarité avec les personnels soignants bulgares. Nous sommes en contact amical en Bulgarie avec les compagnons du syndicat de base ARK, dans lequel certaines infirmières sont organisées, et soutenons leur lutte contre les licenciements et la répression.

Vive la solidarité internationale!

Appel à manifestation devant l’ambassade de Bulgarie: Vendredi 16 octobre 2020, 17 h.

Solidarité avec l’Union des infirmières bulgares (SBMS) !

Réintégration immédiate des collègues licenciés!

Depuis plus d’un an, le syndicat bulgare indépendant des infirmières (SBMS) lutte avec le syndicat de base ARK contre la détérioration des conditions du système de santé. La privatisation, la corruption et les mesures d’austérité font partie d’une politique qui vend la santé de la population aux intérêts de quelques-uns. Il y a une pénurie de plus de 30 000 infirmières en Bulgarie. Chaque infirmière effectue le travail de trois personnes, alors qu’elle perçoit un salaire d’un peu plus de 400 leva, soit 200 euros. 80% des infirmières actives sont déjà à la retraite, elles sont surchargées de travail et souvent plus malades et brisées que leurs patients.

Une membre du SBMS dit : «Aujourd’hui les infirmières sont devenues connues du public, avant notre lutte, elles n’existaient pas, seuls les médecins étaient considérés. Les infirmières ont continué à être poussées vers le bas. Mais maintenant, elles ont une voix, maintenant elles se sont levées. « 

La réponse aux inquiétudes et à la lutte du personnel infirmier bulgare est devenue si grande ces derniers mois que non seulement le ministre de la Santé a dû démissionner, mais des améliorations ont également pu être apportées. Mais précisément parce que le soutien de la population est si fort, le gouvernement et les entrepreneurs tentent désormais d’intimider et de faire taire le personnel infirmier militant avec des moyens répressifs. En plus d’être arrêtés lors de manifestations, les infirmières les plus actives sont harcelées et licenciées, comme cela a été récemment le cas pour Boyka Anastasova, l’une des membres les plus actives du SBMS

En Autriche également, nous voyons comment le système de santé est continuellement coupé et démonté. Ici aussi, des centaines d’infirmières sont descendues dans la rue l’an dernier pour lutter pour de meilleures conditions de travail. Et en ce moment, au milieu de la pandémie corona, des tentatives sont faites pour faire passer de nouvelles mesures d’austérité. À l’heure actuelle, il devient clair à quel point la lutte du personnel infirmier est justifiée et nécessaire – en Bulgarie et en Autriche.

Réintégration immédiate des collègues licenciés du SBMS !

Solidarité avec le combat de l’Union des infirmières bulgares !

Pour un système de santé au service du peuple !

Aide internationale aux travailleurs – Bulgarie / Autriche

Avec le soutien de : Action antifasciste, Syndicat des travailleurs de Vienne (WAS-AIT)

[Bulgarie / Autriche] SRAS-CoV-2 La livraison de l’aide est arrivée en Bulgarie!

17 août 2020, WAS-AIT,

En juin de cette année, le Syndicat des travailleurs de Vienne –WAS-AIT) a soutenu l’Aide International des Travailleurs Autriche-Bulgarie par des dons en nature.

Cette campagne a été lancée par le syndicat bulgare de base ARK pour aider le personnel des hôpitaux bulgares qui souffre gravement du manque de masques de protection, de désinfectants, etc. Nous sommes heureux d’annoncer que les colis de la livraison de secours sont arrivés en Bulgarie et espérons que ces dons seront d’une grande aide aux collègues bulgares!  Ci-dessous, l’article complet de l’Aide Internationale des Travailleurs :

Grand succès de l’Aide internationale des Travailleurs!

L’initiative d’Aide internationale aux travailleurs mise au point en juin a été un grand succès et un signe important de solidarité internationale. Nos collègues bulgares ont accueilli les paquets d’aide comme un soutien important et un symbole fort de la cause commune des travailleurs !

Pour la première fois depuis de nombreuses décennies, une initiative comme celle-ci a été organisée en Autriche par des initiatives syndicales indépendantes et militantes et des collègues de différents secteurs. La lutte exemplaire et déterminée des infirmières bulgares a trouvé une large solidarité entre les collègues. Les équipements de protection et le matériel désinfectant ont été collectés vigoureusement pour soutenir leur combat justifié.

Non seulement l’aide internationale aux travailleurs a trouvé un large soutien parmi les travailleurs autrichiens, mais elle a également été chaleureusement accueillie en Bulgarie comme un signe fort de solidarité internationale. Les collègues du Syndicat des infirmiers bulgares (SBMS) et du syndicat «Association autonome des travailleurs» (ARK) ont reçu les aides avec une grande joie ! Dans une émission sur les réseaux sociaux, l’ARK écrit: «La solidarité pendant une crise et dans la lutte des travailleurs est la chose la plus importante pour le succès de cette lutte. Des collectifs de travailleurs indépendants d’Autriche ont pris l’initiative de soutenir le personnel médical en Bulgarie. Ils ont fait campagne pour la solidarité et ont collecté une grande quantité d’équipements de protection et de désinfectants pour aider leurs collègues bulgares. Ce geste montre que non seulement les dirigeants peuvent s’unir contre les travailleurs, mais aussi comment nous pouvons nous-mêmes briser les barrières nationales et nous entraider. Avec une grande gratitude aux collègues autrichiens et que cet exemple illumine toute l’Europe et le monde entier pour le travail commun et l’unification des travailleurs pour un monde nouveau et juste. »

De nombreux collègues bulgares, notamment des zones rurales où le matériel collecté est particulièrement nécessaire de toute urgence, ont salué cette action et les ont remerciés pour ce signe fort et exemplaire de solidarité internationale.

L’initiative d’aide internationale aux travailleurs est la bonne réponse à la pandémie et à la politique capitaliste-impérialiste de pillage et de transfert du fardeau de la crise sur la classe ouvrière et le peuple!

Cette initiative est une expression vivante de l’internationalisme et de la nécessaire cohésion des travailleurs. Nous sommes très heureux d’avoir apporté une contribution importante au développement de la solidarité internationale avec cette initiative et nous tenons à remercier tous ceux qui soutiennent si activement l’Aide Internationale des Travailleurs! Ce succès nous montre également combien il est nécessaire et urgent de poursuivre cette initiative encore plus intensément!

Vive la solidarité internationale des travailleurs! Vive la juste cause de l’ARK et du SBMS !

https://arbeiterhilfe.wordpress.com/2020/08/14/groser-erffekt-der-internationalen-arbeiterhilfe/

Extrait du Bulletin d’info international « un autre futur pour la santé »#2

La pandémie comme guerre de classe contre les travailleurs

25 novembre 2020, Confédération Autonome des Travailleurs (ARK) –  http://avtonomna.com/

Медицински будилник, Le réveil médical, bulletin d’information des infirmières

Le gouvernement a annoncé un deuxième verrouillage dans le pays, qui débutera le vendredi 27 novembre. Cela se produit dans le contexte d’un effondrement complet de notre système de santé, principalement en raison du manque d’infirmières et d’ambulanciers paramédicaux, d’une propagation incontrôlée du virus, qui place la Bulgarie au premier rang en termes de mortalité en l’Europe et d’une insécurité totale de la majorité des travailleurs quant à leur revenu à court et moyen terme.

Comment en est-on arrivé là ?

Commençons par l’effondrement de notre système de santé. La vérité est qu’elle était au bord du précipice bien avant la pandémie, comme s’en alarmaient les experts médicaux depuis des années. La pandémie n’a fait que nous aider à faire un pas en avant décisif. Il est maintenant temps de se rappeler que les infirmières organisent des manifestations de masse pour des salaires adéquats et des conditions de travail humaines afin de garder les infirmières en Bulgarie (éviter l’émigration) et notre système de soins de santé, ainsi que pour mettre fin au commerce rampant des soins de santé. Elles ont protesté pendant des mois, organisé des campements de tentes et même occupé le parlement, dans une tentative désespérée de forcer le gouvernement à prendre des mesures pour sauver les soins de santé bulgares. Le gouvernement a catégoriquement refusé de se plier ne serait-ce qu’à l’une des demandes des infirmières. Les résultats sont catastrophiques, et aujourd’hui, nous tous – travailleurs de la santé et patients – en ressentons sur le poids sur notre dos.

Bien qu’il ait raté l’occasion de sauver le système de santé de l’effondrement, le gouvernement aurait pu au moins atténuer le déclin en prenant des mesures adéquates après le début de la pandémie. Au lieu de cela, depuis le printemps, nous avons été témoins d’une imprudence criminelle et de la comptabilité la plus effrontée qui a ajouté à l’effondrement inévitable des soins de santé et à un sentiment de désolation et de désespoir. Alors que les gouvernements de toute l’Europe se sont précipités pour augmenter les salaires des infirmières, des ambulanciers paramédicaux et des médecins à pas de géant, la Bulgarie est restée le seul pays où, au lieu d’augmentation, les employés recevaient seulement des primes, et encore pas pour tout le monde. La mesure insensée de 1000 Lev bulgares (500 Euros) en aide ponctuelle aux employés de première ligne a jeté les travailleurs de la santé  dans le chaos, créé des tensions du fait des ambiguïtés – qui devait être considéré comme travailleur de première ligne et qui ne le devait pas – et a contribué à saper la cohésion et la solidarité indispensables en temps de crise. La plupart des travailleurs n’ont jamais rien reçu. Les mesures prévues pour l’année prochaine continuent de creuser le fond, et l’augmentation misérable des salaires ne sera TEMPORAIRE que pour 2021.

Mais ce n’est qu’une goutte dans l’océan. Les milliers de médecins, d’infirmières et d’ambulanciers qui sont épuisés, emballés dans des combinaisons spatiales, enchainant les rotations insupportables pour compenser le manque de personnel, ne disposant toujours pas dotés des équipements de protection les plus élémentaires – gants, masques, tabliers. Alors que des milliards sont versés dans le système de santé chaque année, les travailleurs sont obligés d’acheter eux-mêmes leur propre équipement de sécurité, des dizaines d’hôpitaux survivent grâce à des campagnes d’aide et de charité, d’autres envoient des appels désespérés à des bénévoles et des patients meurent en dehors des hôpitaux faute de personnel. Le gouvernement a eu des mois, depuis le printemps à aujourd’hui, pour essayer de préparer notre système de santé à la deuxième vague du virus à venir. Mais pour économiser de l’argent, ne pas changer le modèle néolibéral des soins de santé, ne pas réduire les revenus des commerçants en santé humaine – ils n’ont rien fait. Et maintenant, les soins de santé s’abattent sur nos têtes.

Les mesures du gouvernement contre l’épidémie

Après avoir vu que le gouvernement a refusé de prendre des mesures dans le domaine de la santé, regardons les autres mesures de lutte contre l’épidémie qui ont été prises depuis le printemps. Dès le début, elles avaient et ont toujours un fort caractère de classe. Avec l’entrée du coronavirus en Bulgarie au début du printemps 2020, le gouvernement a annoncé un verrouillage complet, bien que la propagation de l’infection ait été plusieurs fois inférieure à ce que nous avons vu au début de l’automne, lorsque le gouvernement a refusé d’introduire même un verrouillage partiel. Derrière ces actions apparemment chaotiques des dirigeants, les intérêts économiques de leur classe sont clairement visibles. Le verrouillage au printemps a été principalement dicté par les propriétaires de petites entreprises commerciales qui pensaient pouvoir sauver la saison touristique estivale et limiter leurs pertes financières du reflux attendu si la propagation de la maladie se limitait à la fin du mois de mai. C’est effectivement ce qui s’est passé : au début de la saison estivale, la propagation était contrôlée et tous les bars, hôtels et restaurants ont ouvert leurs portes. Les mesures anti-épidémies ont cédé la place au commerce.

Ceci, à son tour, a conduit de manière tout à fait prévisible à une forte augmentation de la propagation de la maladie, qui a commencé en juillet, est devenue incontrôlable en octobre et continue de croître jusqu’à ce jour. C’est en octobre que le caractère de classe de la gestion de crise s’est révélé dans toute sa splendeur. Lors de briefings devenus notoirement (et comiquement) célèbres, à côté du Ministre de la santé sont apparus des experts tels que Richard Alibegov, président de l’association des restaurants, qui ont commencé à donner des instructions à la population. Cela montrait clairement dans l’intérêt de qui la crise était gérée. En conséquence, les restaurants sont restés ouverts, les cas ont continué d’augmenter et le prix a été payé et continue d’être payé principalement par les familles des travailleurs qui, contrairement à Alibegov, travaillent effectivement dans ses restaurants.

Alors que les patrons se contentent de leur privilège de s’isoler et de tenir des conseils d’administration en ligne, ce sont les travailleurs qui doivent travailler sur place – dans les restaurants, les bureaux et les magasins tous les jours, malgré le risque d’infection pour nourrir leurs familles.

Mais la nature de classe de la gestion de crise ne s’arrête pas là. C’est évident dans chacune des mesures prises depuis le début de la crise. Alors que l’État exprimait son empathie pour les hommes d’affaires qui souffraient depuis longtemps et de la réduction de leurs bénéfices inestimables, il se comportait comme  une stricte « marâtre» pour les travailleurs et le peuple en général. Caressant avec une plume et discutant de manière sacrificielle de tous les caprices des hommes d’affaires, le gouvernement a vicieusement attaqué la population, l’accusant de l’échec de leurs mesures insensées. Parce qu’il a refusé d’introduire de véritables mesures pour faire face à la crise sanitaire afin de ne pas nuire aux bénéfices des entreprises, refusant d’indemniser et de stimuler la responsabilité des gens- l’État a introduit une série de mesures timides, dénuées de sens ou carrément néfastes contre les gens ordinaires. Les gens devaient porter des masques dans les endroits les plus étranges, suivre les horaires en constante évolution de sortie via des corridors « verts », et toutes sortes d’autres caprices des dirigeants. Le travail du parlement a fini par pointer du doigt les gens en les accusant de manque de discipline, de stupidité et d’incompréhension. Dans ce contexte, il n’est pas surprenant que de nombreuses personnes se contentent de dénoncer le gouvernement et le siège et les mesures.

Mesures sociales

La pandémie passera, comme toute autre pandémie similaire dans l’histoire de l’humanité est passée. Mais cela aura de graves conséquences économiques et sociales. Les conséquences ont commencé à apparaître dès le début, lors du premier verrouillage au printemps, lorsque des milliers de travailleurs ont perdu leur emploi ou ont été contraints de prendre un congé sans solde. Les mesures sociales de l’État dans cette situation n’étaient pas surprenantes au vu de l’intérêt de classe qu’il sert, comme nous l’avons déjà vu en détail ci-dessus. Pour les hommes d’affaires, des fonds de soutien ont été immédiatement organisés pour couvrir la plupart de leurs dépenses pendant la période de crise, des prêts sans intérêt et un tas d’autres avantages. Mais les travailleurs qui se pressaient devant les bureaux de chômage n’ont rien reçu. Dans le verrouillage actuel, des milliers de travailleurs sont confrontés à la même situation, mais encore aggravée par le fait que beaucoup d’entre eux ont déjà dépensé leurs indemnités chômage pendant le verrouillage au printemps et restent maintenant littéralement sans revenu au milieu de l’hiver et sans perspective d’assouplissement de la situation dans les mois à venir. Le gouvernement a promis une aide en cas de crise de 24 Lev (12,25 Euros) par jour pour les personnes envoyées en congé forcé sans solde – bien sûr, pas par souci particulier pour les travailleurs, mais surtout pour aider les entreprises à garder leur personnel. Par contre il n’y a pas d’argent pour les travailleurs licenciés à cause du verrouillage, qui sont considérés comme inutiles pour l’entreprise – et donc inutiles pour l’État!

Les conséquences du principe de classe de répartition de la générosité de l’Etat ne s’arrêtent pas à la catastrophe sociale dans laquelle les licenciements sont lancés. Ils détruisent les fondements mêmes de la société. Aujourd’hui, on voit comment le refus du gouvernement de fournir des revenus aux parents contraints de quitter le travail pour s’occuper de leurs enfants alors que les écoles et les jardins d’enfants sont fermés conduit à une affreuse confrontation entre parents inquiets pour leurs revenus et enseignants inquiets pour leur vie. Nous pouvons voir ces exemples dans d’autres secteurs également. Grâce à sa politique antisociale, l’État est en passe de faire plus de mal à la société que la pandémie.

Que pouvons-nous faire?

Concernant la crise sanitaire, le match est terminé. Quelles que soient les mesures prises à partir de maintenant, il est trop tard pour parler de faire face à la situation. Ce qui peut être fait, c’est faire pression sur le gouvernement pour qu’il fournisse au moins une protection de base aux travailleurs du secteur de la santé afin qu’ils puissent continuer à sauver des vies dans la dignité. L’autre chose, encore plus importante, est d’exercer une forte pression, non seulement de la part des travailleurs de santé, mais de l’ensemble de la société – pour que tous les travailleurs de la santé soient équitablement rémunérés pour avoir pris la crise sanitaire sur leur dos, non pas par des primes ponctuelles ou temporaires, mais par des augmentations significative des salaires. Cette augmentation de salaire doit aussi être le premier pas vers une réforme radicale du secteur, qui mettra fin au commerce de la santé humaine et qui est aujourd’hui plus que jamais une question de vie ou de mort.

En termes de mesures sociales, les protestations des travailleurs des secteurs les plus touchés ont déjà éclaté au moment où nous écrivons cet article. Ce qu’il faut faire, c’est empêcher la division des travailleurs, que les dirigeants maîtrisent si bien et exercent chaque fois qu’ils en ont l’occasion. Il faut insister pour garantir les revenus de tous – ceux qui sont en congé sans solde et licenciés, ceux du tourisme et ceux de l’industrie. Pour le droit des enseignants de travailler à distance et le droit des parents d’être à la maison avec leurs enfants sans risquer de perdre leurs revenus. L’heure n’est pas à la division par secteurs, villes et professions, mais à la solidarité et à la cohésion.

evgeni5150

[Bulgarie] Répression contre les agents de santé en grève

02/06/2020, ARK, https://www.facebook.com/avtonomnakonf/

солидарност със здравните работници, solidarité avec les travailleurs de la santé

Fin mai 2020, le syndicat de base ARK a fait état de la peur et de la colère dans le conflit du travail à l’hôpital Pirogov, le plus grand hôpital du pays. Dans les jours précédents, une attaque sans précédent (même pour des standards Bulgares …)  de la répression étatique contre l ‘«Union des professionnels de la santé» (SBMS) avait commencé.

Des manifestations et des grèves dans le secteur de la santé s’y déroulent depuis plus d’un an. Le syndicat d’infirmières SBMS se bat pour des salaires et des conditions de travail décents, ainsi que pour la fin de la commercialisation de la santé humaine dont tout le monde souffre.

Il y a quelques mois, le gouvernement local a tenté d’empêcher la création d’un groupe syndical du SBMS dans l’hôpital de la ville et a engagé une procédure disciplinaire contre la présidente de la section, Boyka Anastasova. Il s’agit de tentatives audacieuses mais désespérées de détruire les infirmières rebelles. La police  a pris également des mesures contre les principaux organisateurs, qui ont été convoqués au commissariat central de Bucarest, la capitale, pour interrogatoire.

Le syndicat de base «Confédération autonome des travailleurs» (ARK) déclare sa solidarité avec la SBMS dans son conflit de travail, et demande le licenciement immédiat du directeur responsable de la clinique, le professeur Asen Baltov. Tous les policiers qui ont violé arbitrairement la constitution et la loi pendant les opérations devraient également être démis de leurs fonctions et une enquête devrait être ouverte. En outre, nous exhortons les syndicats en Europe et dans le monde à prendre position sur ce cas d’attaques de l’État contre la liberté syndicale et à manifester leur protestation contre cette suppression des professionnels de la santé en Bulgarie

Dans la lutte solidaire pour la dignité des travailleurs.

PS : les compagnons en Autriche ont organisé des actions de solidarité cf. http://cnt-ait.info/2021/01/31/bulgarie-autriche/

Extrait du Bulletin d’info international « un autre futur pour la santé »#2

[Bulgaria] The pandemic as a class war against workers

November 25, 2020, Autonomous Confederation of Workers (ARK) – http://avtonomna.com/

The government has announced a second lockdown in the country, which will start on Friday the 27th of November. This is happening against the background of a complete collapse of our health system, mainly due to the lack of nurses and paramedics, uncontrolled spread of the virus, which put Bulgaria in first place in mortality across Europe and complete insecurity among the majority of working people about their income in the short and medium term.

How did we get here?

Let’s start with the collapse of our health system. The truth is that it was on the brink of precipice long before the pandemic, as medical experts have been warning for years. The pandemic only helped us take a decisive step forward. Now is the time to remember that for the past two years the nurses has been organising mass protests for adequate wages and humane working conditions to keep nurses, and our health care system, and to put an end to the rampant commercialisation in health care. They protested for months, organized tent camps and even occupied the parliament, in a desperate attempt to force the government to take measures to save Bulgarian healthcare. The government flatly refused to comply with even one of the demands of the nurses. The results are catastrophic, and today we all – both healthcare workers and patients – experience them on our backs.

Although they missed the opportunity to save the health care system from collapse, the government could at least mitigate the decline to the bottom by taking adequate measures after the start of the pandemic. Instead, since the spring, we have witnessed a criminal recklessness and the most brazen scheming that has added to the inevitable collapse of health care and a sense of despair and hopelessness. While governments across Europe rushed to increase the salaries of nurses, paramedics and doctors by leaps and bounds, Bulgaria remained the only country where, instead of salary increases, nurses received only bonuses, and not everyone. The insane measure of 1,000 Bulgarian Lev (500 Euros) in one-time bonus for first-line employees has thrown the nurses class into chaos, created tension over ambiguities – who should be considered front-line workers and who should not – and helped undermine much-needed cohesion and solidarity in times of crisis. Most of the workers never received anything. The measures planned for next year continue to dig the bottom, and the meagre increase in salaries will be TEMPORARY, only for 2021.

But this is just a drop in the ocean. The thousands of doctors, nurses and paramedics who are exhausted, packed in spacesuits, giving unbearable duty to compensate for the lack of staff, were not and still are not provided with even the most basic protective equipment – gloves, masks, aprons. While billions of leva are poured into the health care system each year, workers are forced to buy their own safety equipment, dozens of hospitals survive on aid and charity campaigns, others send desperate calls for volunteers, and patients die outside hospitals due to lack of staff. The government had months from spring to today to try to prepare our health system for the coming second wave of the virus. But to save money, they didn’t want to attack the business as usual in healthcare, they didn’t try to change the neoliberal model of health care, and they did nothing. And now health care is collapsing on our heads.

The government’s anti-epidemic measures

After seeing that the government has refused to take measures in health care, let’s take a look at the other anti-epidemic measures that have been taken since the spring. From the very beginning, they had and still have a strong class character. With the entry of the coronavirus into Bulgaria in early spring, the government announced a complete lockdown, although the spread of the infection was many times lower than we saw in early autumn, when the government refused to introduce even a partial lockdown. Behind these seemingly chaotic actions of the rulers, the economic interests of their class are clearly visible. Lockdown in the spring was dictated mostly by the small business owners that wanted to be able to save the summer touristic season and limit their financial losses from the expected ebb if the spread of the disease was limited to the end of May. And so it happened – with the start of the summer season, the spread was controlled and all bars, hotels and restaurants opened their doors, and anti-epidemic measures gave way to the business.

This, in turn, quite “unexpectedly” led to a sharp increase in the spread of the disease, which began in July, got out of control in October and continues to grow to this day. It was in October that the class character of crisis management was revealed in all its glory. At the notoriously (and comically) famous briefings of the country’s Minister of Health, people like Richard Alibegov – head of the Bulgarian restaurant owners association – started appearing next to the Minister and began to give instructions to the population. This made it clear in whose interest the crisis was being managed. Accordingly, the pubs remained open, the cases continued to rise, and the price was paid and continues to be paid primarily by the families of the workers who, unlike Alibegov, actually work in his pubs.

While bosses are content with their privilege of isolating themselves and holding online board meetings, workers are the ones who have to work on site – in pubs, offices and shops every day, despite the risk of infection, in order to be able to feed themselves and their families.

But the class nature of crisis management does not end there. It is evident in each of the measures taken since the beginning of the crisis. As the state melted away with empathy for long-suffering businessmen and the reduction of their invaluable profits, it was a strict stepmother to workers and the people at large. Caressing with a feather and sacrificially discussing every whim of business, the government viciously attacked the people, accusing them of the failure of their insane measures. Because it refused to introduce real measures to deal with the health crisis so as not to harm the profits of the business, to compensate and simulate liability – the state introduced a bunch of half-hearted, meaningless or downright harmful measures against ordinary people. The people had to wear masks in the strangest places, to follow the ever-changing schedules of green corridors and paths, and all sorts of other whims of the rulers. The work of the Government’s pandemic headquarters can be summarized in pointing fingers at the people and accusations of lack of discipline, stupidity and misunderstanding. Against this background, it is not surprising that many people just stopped caring about the government and the pandemic headquarters and the measures.

Social measures

The pandemic will pass, as any other similar pandemic in the history of mankind has passed. But it will have severe economic and social consequences. They began to appear from the very beginning, during the first lockdown in the spring, when thousands of workers lost their jobs or were forced into unpaid leave. The social measures of the state in this situation were not surprising having in mind the class interest it serves, as we have already seen in detail above. For the businessmen, support funds were immediately organized to cover most of their expenses for the period of the crisis, interest-free loans and a bunch of other benefits. Workers crowding in front of Labor Offices received nothing. In the current lockdown, thousands of workers face the same situation, but further aggravated by the fact that many of them have already spent their unemployment benefits during the lockdown in the spring and now remain literally without income in the middle of winter and with no prospect of easing the situation in the coming months. The government promised crisis assistance of 24 Lev (12, 25 Euros) per day for those sent on forced unpaid leave – of course not out of special concern for the workers, but mostly to help the companies to keep their staff. There is no money for the workers made redundant due to the lockdown, who are considered unnecessary for the business – and therefore unnecessary for the state!

The consequences of the class principle of distribution of the generosity of the state do not end with the social catastrophe in which the redundant workers are thrown. They destroy the very foundations of society. Today we see how the government’s refusal to provide income for parents forced to leave work to care for their children while schools and kindergartens are closed leads to an ugly confrontation between parents worried about their income and teachers worried about their lives. We can see these examples in other sectors as well. Through its anti-social policy, the state is on track to do more harm to society than the pandemic.

What can we do?

Regarding the health crisis, the match is over. Whatever measures are taken from now on, it is too late to talk about dealing with the situation. What can be done is to put pressure on the government to provide at least basic protection to workers in the sector so that they can continue to save lives with dignity. The other and even more important thing is to put strong pressure, not only from the medics, but from the whole society – the workers in the sector to be fairly compensated for their work during the pandemic, not through one-time or temporary bonuses, but through permanent and significant salary increase. This wage increase must also be the first step towards a radical reform of the sector, which will put an end to the commercialisation of healthcare and which today, more than ever, is a matter of life and death.

In terms of social measures, protests by workers in the most affected sectors have already erupted as we write this article. What needs to be done is to avoid the division of workers, which the rulers so well master and exercise whenever they have the opportunity. It must be insisted on guaranteeing the incomes of all – those on unpaid leave and redundancies, those in tourism and those in manufacturing. For the right of teachers to work remotely and the right of parents to be at home with their children without risking losing their income. Now is not the time for division by sectors, cities and professions, but the time for solidarity and unity.

evgeni5150


[Bulgaria] Crackdown on striking health workers

June 02, 2020, ARK, https://www.facebook.com/avtonomnakonf/

At the end of May 2020, the grassroots union ARK reported fear and anger in the labour dispute at Pirogov Hospital, the country’s largest hospital. In the previous days, an unprecedented attack (even by Bulgarian standards…) of state repression against the “Union of Healthcare Professionals” (SBMS) had started.

Demonstrations and strikes in the health sector have been taking place there for over a year. The SBMS nurse’ Union is fighting for decent wages and working conditions, and an end to the commercialization of human health that everyone suffers from.

A few months ago, the local government tried to prevent the setting up of a SBMS union group in the city hospital and initiated disciplinary proceedings against the section president, Boyka Anastasova. These are bold but desperate attempts to destroy the rebel nurses. The police also took action against the main organizers, who were summoned to the central police station in Bucharest, the capital, for questioning.

The grassroot union “Autonomous Confederation of Workers” (ARK) declares its solidarity with the SBMS in its labour dispute, and calls for the immediate dismissal of the director responsible for the clinic, Professor Asen Baltov. All police officers who arbitrarily violated the constitution and the law during the operations should also be removed from their posts and an investigation should be opened. In addition, we urge unions in Europe and around the world to take a stand on this case of State attack on freedom of association and to protest against this suppression of healthcare professionals in Bulgaria

In the united struggle for the dignity of workers.

[Bulgaria/Austria] Solidarity with the struggle of Bulgarian nurses

12 October 2020, WAS-AIT, Vienna, https://wiensyndikat.wordpress.com

The Vienna Workers’ Union (WSA-AIT) joins the appeal of the Austria-Bulgaria Workers International Aid (Internationalen Arbeiterhilfe Österreich-Bulgarien) for a rally in solidarity with Bulgarian healthcare workers. We are in friendly contact in Bulgaria with the companions of the ARK base union, in which some nurses are organized, and we support their fight against dismissals and repression.

Long live international solidarity!

Call for demonstration in front of the Bulgarian Embassy: Friday, October 16, 2020, 5 p.m.

Solidarity with the Union of Bulgarian Nurses (SBMS)!

Immediate reinstatement of dismissed colleagues!

For more than a year, the Bulgarian Independent Nurses Union (SBMS) has been fighting with the grassroots union ARK against the deteriorating conditions of the health system. Privatization, corruption and austerity measures are part of a policy that sells the health of the people to the interests of the few. There is a shortage of over 30,000 nurses in Bulgaria. Each nurse does the work of three people, while she receives a salary of just over 400 Bulgarian Leva, or 200 Euros. 80% of working nurses are already retired, they are overworked and often sicker and more broken than their patients.

Today nurses have become known to the public, before our struggle, they did not exist, only doctors were considered. The nurses continued to be pushed down. But now they have a voice, now they have risen.” (a member of SBMS)

The response to the concerns and struggle of Bulgarian nurses has become so great in recent months that not only has the Minister of Health had to resign, but improvements have also been made. But precisely because the support of the population is so strong, the government and the entrepreneurs are now trying to intimidate and silence the militant nurses with repressive means. Not only the most active nurses in the movement are arrested during protests, they are also harassed and fired, as was recently the case with Boyka Anastasova, one of the most active members of the SBMS

In Austria, too, we see how the healthcare system is continually being cut and dismantled. Here too, hundreds of nurses took to the streets last year to fight for better working conditions. And right now, in the middle of the corona pandemic, attempts are being made to push through further austerity measures. By now it is becoming clear how justified and necessary the struggle of nurses is – in Bulgaria and Austria.

Immediate reinstatement of dismissed SBMS colleagues!

Solidarity with the fight of the Union of Bulgarian Nurses!

For a health system at the service of the people!

International worker aid – Bulgaria / Austria

With the support of: Antifascist Action, Vienna Workers’ Union (WAS-AIT)


[Bulgaria/Austria] SARS-CoV-2 Aid delivery has arrived in Bulgaria!

August 17, 2020, WSA-AIT, https://wiensyndikat.wordpress.com

In June of this year, the Vienna Workers ‘Union (WAS-AIT) supported the Austria-Bulgaria International Workers’ Aid with donations of equipment and products.

This campaign was launched by the Bulgarian grassroots union ARK to help staff in Bulgarian hospitals who are seriously suffering from lack of protective masks, disinfectants, etc. We are happy to announce that the relief delivery packages have arrived in Bulgaria and hope that these donations will be of great help to Bulgarian colleagues!

Below we document the full article from Workers’ International Aid:

Great success of Austria Bulgaria International Workers’ Aid!

The Austria-Bulgaria International Workers’ Assistance initiative launched in June has been a great success and an important sign of international solidarity. Our Bulgarian colleagues welcomed the aid packages as an important support and a strong symbol of the common cause of the workers!

For the first time in many decades, an initiative like this has been organized in Austria by independent and activist trade union initiatives and colleagues from different sectors. The exemplary and determined struggle of the Bulgarian nurses found a broad solidarity among the colleagues. Protective equipment and disinfectant material were collected vigorously to support their justified fight.

International worker aid not only found wide support among Austrian workers, but it was also warmly welcomed in Bulgaria as a strong sign of international solidarity. Colleagues of the Bulgarian Nurses’ Union (SBMS) and the “Autonomous Association of Workers” (ARK) union received the aid with great joy! In a broadcast on social networks, the ARK writes: “Solidarity during a crisis and in the workers’ struggle is the most important thing for the success of this struggle. Collectives of self-employed workers in Austria have taken the initiative to support medical personnel in Bulgaria. They campaigned for solidarity and collected a large amount of protective equipment and disinfectants to help their Bulgarian colleagues. This donation shows that not only political leaders can unite against workers, but also how we ourselves can break down national barriers and help each other. With great gratitude to the Austrian colleagues and may this example illuminate all of Europe and the whole world for common work and the unification of workers for a new and just world.”

Many Bulgarian colleagues, particularly from rural areas where the material collected is particularly urgently needed, welcomed this action and thanked them for this strong and exemplary sign of international solidarity.

The Austria6bulgaria International Workers Assistance Initiative is the right response to the pandemic and to the capitalist-imperialist policy of plundering and shifting the burden of the crisis onto the working class and the people!

This initiative is a living expression of internationalism and the necessary cohesion of workers. We are very happy to have made an important contribution to the development of international solidarity with this initiative and we would like to thank all those who so actively support Austria-Bulgaria Workers’ International Aid! This success also shows us how necessary and urgent it is to pursue this initiative even more intensely!

Long live the international solidarity of workers! Long live the just cause of the ARK and the SBMS!