Les Anarchistes, pionniers de la lutte anti-colonialiste

D’après un extrait de l’articlede Benjamin STORA :  » »La gauche socialiste, révolutionnaire et la question du Maghreb au moment du Front populaire (1935-1938 ) » » in la revue ADEN 2009
Les héritiers de la tradition anticoloniale

Face aux défenseurs de la présence française au Maghreb, de petits courants du mouvement ouvrier français se dressent. Qui sont-ils ?

D’après un extrait de l’articlede Benjamin STORA :  » »La gauche socialiste, révolutionnaire et la question du Maghreb au moment du Front populaire (1935-1938 ) » » in la revue ADEN 2009

Les héritiers de la tradition anticoloniale


Face aux défenseurs de la présence française au Maghreb, de petits courants du mouvement ouvrier français se dressent. Qui sont-ils ?

On retrouve les continuateurs de la tradition anticoloniale[25] dans un « Comité contre la guerre et l’union sacrée » dont la première réunion se tient à Saint-Denis les 10 et 11 août 35[26]. Ils entendent poursuivre leur bataille contre le « militarisme et le service militaire à deux ans », contre la « guerre impérialiste », dont l’agression italienne contre l’Éthiopie fournit à leurs yeux un exemple. Aux côtés d’un certain nombre d’écrivains, tels Jean Giono, Magdeleine Paz[27], Henry Poulaille, Simone Weil, se regroupent donc les socialistes de gauche de Marceau Pivert[28], les trotskystes, les syndicalistes-révolutionnaires de La Révolution Prolétarienne[29], les libertaires de l’Union Anarchiste et des militants de la Confédération Générale du Travail Syndicaliste Révolutionnaire (C.G.T.S.R.), petite organisation anarcho-syndicaliste [section française de l’AIT]. Ce sont eux principalement que nous allons suivre.


Au sortir de la Première Guerre mondiale, le mouvement anarchiste spécifique se reconstitue péniblement. Il connaît un regain d’activité grâce à ses militants syndicalistes occupant des responsabilités importantes. Mis en minorité au Congrès de Lille de la C.G.T. en 1921, les anarchistes commettront l’erreur [tactique] de quitter la C.G.T.U.[30] nouvellement créée, pour fonder une nouvelle organisation syndicale, la CGT-SR (section française de l’AIT) qui ira en périclitant avant de disparaître en 1939. Le premier numéro de son organe, Le Combat Syndicaliste, paraît en décembre 26, avec une périodicité irrégulière, jusqu’en avril 33 (n° 62). La nouvelle série qui va jusqu’au numéro 200 (19 mars 37) est en revanche d’une remarquable régularité[31]. La chronique « Tribune algérienne », dans les années 30-32, fait état de campagnes menées par ses sections syndicales, en particulier dans le bâtiment. Samuel Jospin, dans un mémoire consacré à la C.G.T.S.R., indique que ses effectifs varient entre 1.000 et 6.000 militants[32].

Chronologiquement, la Fédération anarchiste de la région parisienne fut sans doute la première organisation politique française à s’intéresser aux travailleurs nord-africains et à mettre sur pied un Comité d’action pour la défense des indigènes, et ce dès 1923. Elle condamna énergiquement le Centenaire de la Conquête de l’Algérie en 1930 et affirma des positions nettement hostiles au colonialisme. Le groupe libertaire de Marseille mena une campagne sur « le sort de la colonie algérienne de l’Afrique du Nord », mais se heurta à l’indifférence à peu près généralisée[36]. On les retrouve au début de l’année 35, menant campagne « contre la religion » et « la politique » avec un tract distribué en arabe à Paris :

Aux travailleurs algériens ! Bravo ! Tu commences à te réveiller, tu entres dans la lutte sociale après avoir compris que tu es trop opprimé. Mais, hélas ! Croyant te libérer de la peste française qui te ronge, tu veux te rejeter vers le choléra islamique, qui te détruira pareillement, ou vers la politique, qui te dévorera […] Anarchistes, nous te disons : À bas tous les gouvernements et tous les exploiteurs, qu’ils soient roumis ou musulmans, car tous veulent vivre sur le dos des travailleurs […]

Pour le groupe des Anarchistes indigènes algériens : Saïl Mohamed[37].

Obsédés par l’idée de la propagande, où la verve polémique l’emporte le plus souvent sur la rigueur de l’analyse, les anarchistes ont-ils réussi à faire connaître largement leurs positions grâce à leurs journaux et à leurs brochures ? On ne saurait le dire précisément. Pendant le Front populaire, il y a en tout cas grossissement des effectifs du mouvement anarchiste. Ainsi apparaît dans Le Combat Syndicaliste l’activité d’une section des Métaux à Oran en 37. L’existence de petits groupes anarchistes est signalée à Alger en 35, à Oran en 36, à Sidi-Bel-Abbès en 38[38]. Au Congrès de Paris de l’Union anarchiste en 37, où 120 délégués expriment 74 groupes, deux délégués représentent Alger. C’est une première par rapport aux quatre précédents Congrès. Leur existence au Maghreb peut donc paraître dérisoire ; elle est néanmoins établie par l’écho des campagnes que l’on trouve dans leurs journaux. Ainsi exigent-ils dans ceux-ci en 36, la libération de quarante militants anarchistes d’origine espagnole arrêtés à Oran et Casablanca[39].

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[25] Sur l’anticolonialisme anarchiste et ouvrier au début du siècle, cf. C.-R. Ageron, L’anticolonialisme en France de 1871 à 1914, P.U.F., 1973 et plus spécialement p. 32-35.

[26] Lire, dans le n° 7 : Arnaud Blouin : « Le pacifisme du noyau syndicaliste révolutionnaire de La Révolution prolétarienne (1914-1939) » ; Vincent Chambarlhac : « 1914-193… Une mémoire brisée ? Entre marginalisation et fidélité, le combat des pacifistes de la Grande Guerre dans les années 30 ». [n.d.l.r.]

[27] Cf. l’article de A. Mathieu sur M. Paz. [n.d.l.r.]

[28] Marceau Pivert (1895-1958) était le leader du courant de la Gauche révolutionnaire à la S.F.I.O.

[29] Cf. l’article d’A. Blouin déjà cité. [n.d.l.r.]

[30] Opposés à l’alignement de la C.G.T.U. sur le P.C.F., les anarchistes se regroupent en 1926 dans la Confédération Générale du Travail-Syndicaliste révolutionnaire.

[31] Collections déposées au Centre d’Études et de Recherches du Mouvement Trotskyste et Révolutionnaire International (CERMTRI).

[32] Samuel Jospin, La c.g.ts.r. à travers son journal Le Combat syndicaliste, 1926-1937, Maîtrise, Université de Paris I, 1974.

[33] De 1929 à 1939, quatre organisations ont existé en France : l’Union anarchiste-communiste révolutionnaire qui en 34 devient l’Union anarchiste ; l’Association des fédéralistes anarchistes ; la Fédération anarchiste de langue française ; la Fédération Commu­niste Libertaire (Cf. Alain Droguet, Le mouvement anarchiste-communiste de 1929 à 1939 vu à travers ses Congrès, Maîtrise, Université de Paris I, 1972).

[34] Le Libertaire, respectivement 25 novembre 1929 et 2 octobre 1936.

[35] Mohamed Saïl (1894-1953) et Slimane Kiouane (1896-1971) étaient les principaux animateurs du Comité d’action pour la défense des indigènes algériens fondé par la Fédération anarchiste de la région parisienne.

[36] Mahfoud Kaddache, Histoire du nationalisme algérien, Alger, SNED, 1980, t. I, p. 258.

[37] Tract reproduit dans Le Combat Syndicaliste, 25 janvier 1935.

[38] In Françoise Vanacker, Le Mouvement anarchiste à travers Le Libertaire (1934-1939), Maîtrise, Université de Paris I, 1971.

[39] « Sauvons les camarades d’Oran et de Casablanca », Le Combat syndicaliste, 8 mai 1936 ; « Appel pour les emprisonnés d’Oran », ibid., 29 mai 1936.

http://www.univ-paris13.fr/benjaminstora/lhistoire/217-la-gauche-socialiste-revolutionnaire-et-la-question-du-maghreb-au-moment-du-front-populaire-1935-1938-

Léandre VALERO, anarchiste sans frontière

(d’après différentes sources bibliographiques et des souvenirs d’un militant de la CNT-AIT Auxerre)

Léandre VALERO est né en Algérie, à Oran le 12 octobre 1923 dans une famille d’origine espagnole. Son père, militant actif de la CNT-AIT, avait dû fuir l’Espagne du fait de ses activités militantes. Il devait à ses origines multiples d’être à fois hispanophone, arabophone et francophone.

Léandre a toujours eu le goût de l’action et de l’aventure. Très sportif, il était toujours soucieux de sa forme physique. Dans sa jeunesse, pas trop porté sur les études, sa carrure et son intelligence rusée l’ont amené à exercer différentes activités dont celles de rat d’hôtel dans les palaces, où il s’amusait à détrousser les riches bourgeoises de passage tel Alexandre JACOB le fameux monte-en-l’air anarchiste qui inspira le personnage d’Arsène Lupin.

(d’après différentes sources bibliographiques et des souvenirs d’un militant de la CNT-AIT Auxerre)

Léandre VALERO est né en Algérie, à Oran le 12 octobre 1923 dans une famille d’origine espagnole. Son père, militant actif de la CNT-AIT, avait dû fuir l’Espagne du fait de ses activités militantes. Il devait à ses origines multiples d’être à fois hispanophone, arabophone et francophone.

Léandre Valéro en
1946 à Marseille,
avec un camarade
rentrée récemment
d’Indochine.

Léandre a toujours eu le goût de l’action et de l’aventure. Très sportif, il était toujours soucieux de sa forme physique. Dans sa jeunesse, pas trop porté sur les études, sa carrure et son intelligence rusée l’ont amené à exercer différentes activités dont celles de rat d’hôtel dans les palaces, où il s’amusait à détrousser les riches bourgeoises de passage tel Alexandre JACOB le fameux monte-en-l’air anarchiste qui inspira le personnage d’Arsène Lupin.

 Pendant la Révolution espagnole, alors que son père à rejoint la FAI, il bouille d’aller en découdre mais il est trop jeune. Lors de la seconde guerre mondiale, encouragé par son père, il rejoint les Forces françaises libres (FFL) dans la 2ème DB, tant par conviction antifasciste que par soif de combats. Il participe à la campagne d’Afrique du Nord, d’Italie et participe à la Libération en tant qu’agent de liaison au volant d’une jeep Willis. Il disait aussi avoir fait partie du détachement qui était arrivé en éclaireur à Berchtesgaden, le nid d’aigle d’Hitler. Il en avait ramené quelques « souvenirs », notamment des P38.  « Ca peut toujours servir ». IL disait aussi avoir vu de grandes quantités de ‘oeuvres d’art pillées par les nazis dans toute l’Europe et avoir pris une sacrée cuite avec de grands crus entreposés dans le Bunker.En juin 1946, il est envoyé pour combattre en Indochine. Pendant le trajet, il essaie par différents subterfuges d’être débarqué. Si ma mémoire est bonne il est mis aux fers à Marseille pour désobeissance mais il est tout de même envoyé en Indonchine. Une fois sur place, il tente de venir en aide au Vietminh en organisant un trafic d’essence volée à l’armée française. Considéré comme un élément « démoralisant », il est réexpédié en France métropolitaine durant l’été 1946.Il s’installe pour un temps à Paris et adhère à la CNT-AIT française renaissante suite à son congrés de constitution de Décembre 46 ainsi  qu’à la la Fédération anarchiste. Là il y fait la connaissance de Georges BRASSENSParti ensuite à Auxerre, dans l’Yonne, il travailla comme ajusteur-outilleur aux établissements Gardy, où il monta une importante section CNT. Les tensions qui divisent le mouvement anarchiste, l’immobilisme des « synthésistes » de la FA autour de Maurice Joyeux qui abandonnent la CNT-AIT pour FO après avoir bien participé à la couler, l’écoeurent. Il en gardera une certaine rancoeur tenace contre FO et une forme de défiance non moins teinté d’admiration pour les trotskystes Lambertistes (qui avaient mis la FA sous leur coupe) … Homme d’action, il se sent plus proche de Georges FONTENIS, avec qui il se liera durablement. Il restera militant de l’organisation anarchiste lorsque celle-ci se transforma en Fédération communiste libertaire (FCL).

En août 1954, il accepta, à la demande de la FCL, de déménager en Algérie pour renforcer son organisation-sœur outre-Méditerranée, le Mouvement libertaire nord-africain (MLNA).

Embauché comme ouvrier aux établissements Henri Hamel à Alger, Léandre milita alors avec les camarades du MLNA, notamment le docker Duteuil, Fernand Doukhan et Derbal Salah.

Le MLNA apportent d’abord leur soutien aux messalistes du Mouvement national algérien (MNA). Après l’insurrection de la Toussaint 1954, cela devait même devenir son activité centrale. Léandre Valéro sera notamment la « boîte aux lettres » du MNA, se chargera occasionnellement de véhiculer les dirigeants de l’organisation indépendantiste algérienne et distribuera les tracts du MNA destinés à la population algérienne. Non sans risques car outre la police et les fascistes français, le FLN menait une guerre sans merci contre les « messalistes » (le 23 mai 1955, Boudiaf, Ali Mahsas et Yacef Saadi avaient décidé de liquider les principaux dirigeants du MNA à commencer par Messali Hadj …)

Les ventes du Libertaire à la criée se faisaient avec un revolver dans la poche, et Léandre lui-même eut, une fois, à essuyer des tirs lors d’une vente. Il aimait aussi raconter que la visière de sa casquette cachaient une lame de rasoir « au cas où il faudrait se défendre ». il était fier de nous raconter que dans la Casbah, il pouvait continuer de griller ses cigarettes alors que le FLN avait donné l’ordre d’arrêter de fumer, sous peine de se faire couper le nez au coupe-choux.

En août 1955 il obtint un emploi de chef d’atelier à la station expérimentale d’élevage du Kroubs, dans le Constantinois. Là, il établit le contact avec un maquis du Front de libération nationale (FLN) et lui fit passer des vivres et des armes obtenues grâce aux relations qu’il avait conservées au sein de l’armée. Il laisse « filer » les ouvriers qui partent rejoindre le maquis les uns après les autres.

À l’été 1956, pour échapper à une mobilisation dans la Territoriale, il décida de rentrer en France clandestinement. Le MLNA, de plus en plus exposé, choisit alors de s’autodissoudre. Tout son stock de matériel et ses archives furent coulés dans la Méditerranée.

Après quelques mois de clandestinité avec d’autres militants de la FCL dans la région bourguignone, avec le groupe Libertaire de Mâcon. Ils s’occpaient notamment de la colelcte de fonds pour la Wilaya 3, et de faire passer des déserteurs, insoumis et militants algériens en Suisse avec l’aide d’André BÖSINGER.

Léandre profita de l’amnistie de De Gaulle pour retourner à Auxerre en 1958, où il s’embaucha chez le carrosier firgoriste Fruehauf. Faute de CNT-AIT qui avait quasiment disparu à cette époque, Il y anima le puissant syndicat CGT de Fruehauf  et entra en 1960 au secrétariat de l’UD-CGT de l’Yonne.

Le syndicat CGT de Fruehauf fut en mai 1968 le premier à lancer la grève dans l’Yonne, ce qui devait faire de Léandre Valéro un des principaux animateurs du mouvement dans le département.

Après s’être misà son compte et pris la direction d’une entreprise d’ambulances, ainsi que la direction d’une salle de boxe, il prend sa retraite en 1983. Léandre, qui n’avait jamais cessé d’être anarchiste dans l’âme, avait adhéré à Alternative libertaire à sa fondation en 1991. Il y était resté jusqu’en 2000.

Il participa avec enthousiasme à la réactivation d’un groupe de la CNT à Auxerre en 1998, qui choisit de rejoindre l’AIT contre les Vignles. Sa maison hébergera les réunions du groupe, même si les différences de générations (près de 50 ans avec les plus « âgés » du groupe) pouvaient parfois amener à des incompréhensions réciproques.

Il meurt à Auxerre le 21 août 2011, après une vie digne d’un roman d’aventure.

ALERTE (Tract du MLNA suite à la « Toussaint rouge », Novembre 1954)

Le Mouvement Libertaire Nord Africain estime que le véritable responsable des évènements actuels, en liaison avec ceux du Maroc et de Tunisie est le régime colonialiste, basé sur l’expropriation des terres, la surexploitation, le chômage, la répression et l’opposition au droits des peuples à disposer d’eux-mêmes, et à leurs aspirations révolutionnaires.

Le M.L.N.A. signale que l’accusation contre la propagande étrangère n’est qu’une diversion afin de détourner l’attention internationale des véritables responsabilités du régime colonialiste.

Le Mouvement Libertaire Nord Africain estime que le véritable responsable des évènements actuels, en liaison avec ceux du Maroc et de Tunisie est le régime colonialiste, basé sur l’expropriation des terres, la surexploitation, le chômage, la répression et l’opposition au droits des peuples à disposer d’eux-mêmes, et à leurs aspirations révolutionnaires.

Le M.L.N.A. signale que l’accusation contre la propagande étrangère n’est qu’une diversion afin de détourner l’attention internationale des véritables responsabilités du régime colonialiste.

Le M.L.N.A. proteste violemment contre la dissolution arbitraire du MTLD., la détention non moins arbitraire de ses responsables et militants, envers qui il exprime sa solidarité, les procédés employés pour les faire « avouer », et réclame leur libération immédiate et le rapport du décret de dissolution, les atteintes à la liberté de la presse et d’expression, en Algérie et en France, par la saisie illégale des journaux, y compris celle du Libertaire, organe de la Fédération Communiste Libertaire, 145 Quai de Valmy, Paris Xe.

Et, à cette occasion, il manifeste sa solidarité envers cette dernière organisation, membre comme lui de l’internationale Communiste Libertaire, qui en liaison avec les peuples et les travailleurs coloniaux mène la lutte anti-colonialiste, et à lancé, en France, un appel solennel pour la constitution d’un « Comité de lutte contre la répression colonialiste ».

Le M.L.N.A. dénonce le caractère provocateur des mesures militaires et policières, et, en particulier de celles qui risquent de s’abattre sur la malheureuse population de l’Aurès, et grâce auxquelles, les éléments colonialistes les plus réactionnaires espèrent renouveler les massacres du Constantinois et raffermir leur surexploitation.

Le M.L.N.A. dénonce le caractère haineux, mensonger de la presse colonialiste aux ordres de la grosse colonisation et de la sauvegarde de ses privilèges.

La solution n’est pas dans le néo colonialisme économique et social du gouvernement Mendès France, au service de l’impérialisme français et de sa bourgeoisie.

Elle n’est pas dans le renforcement de « L’Ordre », préconisé et obtenu par la Fédération des Maires, agents de la grosse colonisation, grâce à une campagne de panique savamment orchestrée parmi l’opinion publique et à des menaces à l’égard des responsables qui ne sauraient pas faire respecter « l’Ordre ».

Elle n’est pas, non plus, dans celle du parti prétendu communiste aux ordres de l’impérialisme soviétique, avec sa trahison, comme à Genève, de la libération révolutionnaire des peuples et des travailleurs, par les marchandages entre gouvernements impérialistes.

Elle n’est pas non plus, dans la collaboration, comme en Tunisie, entre une bourgeoisie autochtone, trahissant l’émancipation révolutionnaire des travailleurs, et la bourgeoisie française.

La solution est, au-delà de la simple libération politique nationale dans la lutte de tous les exploités, en union étroite avec les travailleurs révolutionnaires de France, l’ennemi étant le même, contre tous les exploiteurs, à quelque race qu’ils appartiennent, vers la société sans classe et sans Etat, la société communiste libertaire.

Et dans l’ordre d’urgence, elle est dans les Comités de lutte contre la répression, que le M.L.N.A. appelle solennellement tous les anticolonialistes, révolutionnaires, syndicalistes, hommes de conscience libre à constituer d’urgence, s’ils ne veulent pas que la répression s’abatte sur eux également et sur l’idéal révolutionnaire qu’ils représentent.

Le Mouvement Libertaire Nord Africain.

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Source : CAOM/Alger/3F60, Courrier du commissaire divisionnaire au préfet, Alger, 3/12/1954.

(1951) ALGERIENS NE VOTEZ PAS. VOTER, C’EST CAPITULER

Tract du MLNA (1951)
L’émancipation des travailleurs ne sera l’œuvre que des travailleurs eux-mêmes. L’émancipation des peuples coloniaux ne sera l’œuvre que des colonies eux-mêmes.
Ne confiez pas vos droits à des arrivistes en quête de fauteuils, à des traitres qui oublieront leurs promesses sitôt, à des féodaux, à des agrariens.
ALGERIENS NE VOTEZ PAS

Le Parlementarisme est une duperie sur plan international (ONU), national et algérien.

Tract du MLNA (1951)

L’émancipation des travailleurs ne sera l’œuvre que des travailleurs eux-mêmes. L’émancipation des peuples coloniaux ne sera l’œuvre que des colonies eux-mêmes.

Ne confiez pas vos droits à des arrivistes en quête de fauteuils, à des traitres qui oublieront leurs promesses sitôt, à des féodaux, à des agrariens.

ALGERIENS NE VOTEZ PAS


Le Parlementarisme est une duperie sur plan international (ONU), national et algérien.

Sur le plan national

LE PARLEMENT AMERICAIN accentue sa position belliciste (votes demandant de désigner la Chine comme agresseur) ; or, Chine agresseur = guerre.
LES SOVIETS russes ont vécu : leur essence populaire est tout entière perdue au profit d’une Bureaucratie totalitaire et de son chef, le tyran Staline qui fournit à l’Amérique le chrome et manganèse des armes pour de futurs massacres.
LE PARLEMENT FRANCAIS entérine toutes les lois de misères et de répression antiouvrières, vote les écrasants budgets militaires, et se fait le servile laquais de l’Amérique en guerre.
Les Parlements Italiens, Anglais, Belges, etc…, Slovaques, Polonais, Hongrois etc…, ne sont que des échos de la voix de leurs maîtres.

NE VOTEZ PAS C’EST TOUJOURS QUE FURENT ARRACHES LES REFORMES IMPORTANTES DE STRUCTURES ET GAINS SUBSTANCIELS

LE PARLEMENT CROUPION ALGERIEN? AUMONE du Statut impérialistes, concentre en lui tous les vices ci-dessus énumérée aggravée par sa tare colonialiste.
« Le Gouverneur est responsable de ses actes devant le Gouvernement de la République » (Article 5 du Statut de l’Algérie).
« L’Assemblée Algérienne est libre, après homologation, « d’étendre la loi métropolitaine en Algérie, soit purement et simplement, soit après ADAPTATION.
352
 
Nous avons vu comment l’AA a ADAPTE la Sécurité Sociale agricole, en la sabotant, comment les Communes mixtes ont été supprimée sans l’être.
Comment en serait-il autrement : 70 délégués totalisent plus de 200.000 habitants.

FLINOIS veut réduire le budget social au profit de l’armée : l’AA votera.

De plus, les urnes truquées, les pressions policières, les maquillages, feront de « vos élus », non pas ce que vous auriez voulu qu’ils soient mais ce que les aura faits le Proconsul de l’Empire.

Et vous savez cependant quels résultats écœurants donnent ailleurs les votes libres : alors truqués.

NON. Faites comprendre aux futurs exploiteurs qu’ils ne représentent qu’eux. Ne donnez pas mandat en blanc à ceux qui, demain seront les agents serviles, du Capital privé américain ou d’Etat russe fauteurs de guerre; de l’exploitation colonialistes ou nationaliste.

Mais travaillez à l’avènement d’une organisation égalitaire et libre de laquelle les travailleurs (devenus propriétaires des moyens de production).
Les consommateurs gèreront eux-mêmes la production, la répartition, la distribution par leurs syndicats et coopératives, et dans laquelle la Commune sera gérée par tous et bénéfice de tous.

Une organisation qui se fera de bas en haut, par la libre association et fédération des travailleurs dans leurs association (sic), dans les communes, les régions, les nations et dans une grande fédération internationale des travailleurs, réalisant l’ordre de la liberté et du bonheur général, affirmant et mettant d’accord les intérêts des individus et de la Société.

MOUVEMENT LIBERTAIRE NORD AFRICAIN,
6 rue du Roussillon
Alger
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