C’EST QUOI, UN PEUPLE ORIGINEL ?

vendredi 28 août 2009

Je voudrais discuter un communiqué, au demeurant intéressant, de la Fédération anarchiste (juin 2009) qui valorise les « …pratiques basées sur les us et coutumes amérindiens de démocratie directe [qui] non seulement se développent, mais intéressent au-delà des peuples originels. » Car « Elles rejoignent certaines propositions anarchistes : autonomie vis-à-vis de l’Etat et des partis politiques, décisions collectives, fédéralisme. »

Que les anarchistes constatent que des populations de la forêt amazonienne mettent en oeuvre de principes qui leur sont chers, tant mieux. Encore que, contrairement à ce qu’un occidentalocentrisme impénitent leur fait écrire, ce ne sont pas les amérindiens qui nous « rejoignent » mais nous qui nous y retrouvons : après tout, leurs pratiques préexistent de quelques siècles à la création de la FA (et de la CNT-AIT) !

Reste ensuite à discuter la notion « d’us et coutumes ». Présentée telle quelle, elle donne l’impression que tout cela est respectable ! Or, l’ancienneté ne fait pas la qualité, et, dans les Amériques comme en Europe, il y a, à l’évidence, du tri à faire dans les us en question ! Enfin, la notion de « peuples originels » m’apparaît comme raciale (sinon raciste).

vendredi 28 août 2009

Je voudrais discuter un communiqué, au demeurant intéressant, de la Fédération anarchiste (juin 2009) qui valorise les « …pratiques basées sur les us et coutumes amérindiens de démocratie directe [qui] non seulement se développent, mais intéressent au-delà des peuples originels. » Car « Elles rejoignent certaines propositions anarchistes : autonomie vis-à-vis de l’Etat et des partis politiques, décisions collectives, fédéralisme. »

Que les anarchistes constatent que des populations de la forêt amazonienne mettent en oeuvre de principes qui leur sont chers, tant mieux. Encore que, contrairement à ce qu’un occidentalocentrisme impénitent leur fait écrire, ce ne sont pas les amérindiens qui nous « rejoignent » mais nous qui nous y retrouvons : après tout, leurs pratiques préexistent de quelques siècles à la création de la FA (et de la CNT-AIT) !

Reste ensuite à discuter la notion « d’us et coutumes ». Présentée telle quelle, elle donne l’impression que tout cela est respectable ! Or, l’ancienneté ne fait pas la qualité, et, dans les Amériques comme en Europe, il y a, à l’évidence, du tri à faire dans les us en question ! Enfin, la notion de « peuples originels » m’apparaît comme raciale (sinon raciste).

Tout d’abord, quel sens donne-t-on au mot peuple ?

Celui de population (dans lequel nous l’employons parfois) ou son sens barrésien (1), nationaliste, celui d’une communauté close, historiquement construite sur un territoire qui lui appartient, avec son passé et son devenir, une communauté qui détermine à tel point l’individu que ce dernier ne sait agir et réagir que de façon spécifique à cette communauté  ? La confusion entre les deux est pernicieuse. Car pour un anarchiste, échapper à la détermination induite par l’endroit où il est né, où il vit, est à la base même de sa révolution personnelle ; et cette révolution n’est possible que parce que, contrairement à ce qu’affirment les idéologies obscurantistes, les peuples « français », « gaulois », « catalan », « parisien » ou « amérindien » sont des construits sociologiques (qui apparaissent et disparaissent dans le temps) et n’ont aucune autre réalité.

PERSONNE N’EST PLUS ORIGINEL QU’UN AUTRE !

Enfin, la notion d’ »originel » est purement ridicule. Faut-il rappeler qu’il n’y a qu’une seule espèce humaine (et aucunement des races !) et que l’espèce humaine a une et même seule origine commune ? Personne n’est plus originel qu’un autre ! Aucune pseudo-« race » n’a de droit sur une autre, ni du fait de son lieu supposé de « naissance » (en tant que « race », « peuple »), ni de ses croyances culturelles (ou de sa mission « civilisatrice »…), ni de son développement technologique.

S’il faut soutenir le combat des populations d’Amazonie, ce n’est ni pour leurs « us et coutumes » et encore moins leurs « origines », c’est à l’inverse parce que, leur lutte autonome contre l’exploitation économique (dont la destruction de la planète fait partie) et contre l’oppression étatique a un caractère universel et constitue un exemple pour toute l’humanité

Papy Nou

(1) Du nom de Barrès, théoricien du nationalisme français du début du XXème siècle, qui continue d’être le maître à penser des nationalistes et identitaires français et européens actuels

De n’importe quel pays, de n’importe quelle couleur, la rage est un cri qui vient de l’intérieur …

Le 6 janvier dernier, Cédric Chouviat est mort à Paris dans les mêmes circonstances que Georges Floyd à Minneapolis. Lui aussi a croisé une patrouille de police qui l’arrête pour un motif futile. Lui aussi se retrouve étranglé.  Lui aussi est mort sur le bitume, après avoir crié ces derniers mots : « je ne peux plus respirer ! »

Il n’y a pas de « hasard » : les policiers, où qu’ils soient, répètent des gestes techniques qui leur sont enseignés et les mêmes causes produisent les mêmes effets.

Mais il ne s’agit pas de former la police pour qu’elle devienne « citoyenne », « respectueuse » ou qu’elle utilise des techniques plus « douces ». Le problème avec la police n’est pas technique, il est structurel. La police, comme force de répression de l’Etat, est le problème.

Ces morts ne sont pas « accidentelles », elles sont les conséquences d’un système autoritaire basé sur la discrimination sociale, souvent aggravé de racisme.

De n’importe quel pays, de n’importe quelle couleur, la rage est un cri qui vient de l’intérieur …

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http://blog.cnt-ait.info/post/2020/01/09/CIRCULE-OU-CREVE

LE NOUVEAU MONDE C’EST « CIRCULE OU CREVE » …

Cédric Chouviat était de ceux qui se lèvent tôt pour gagner leur vie dans un monde étouffé de normes inapplicables et où l’exploitation des travailleurs se développe derrière un discours qui nous vante sans cesse l’uberisation du travail.

Il était livreur dans une de ces capitales où la bourgeoisie règne en maitre, où les petites mains du capitalisme ne doivent faire que passer, où un « auto-entrepreneur » ne trouve plus de place pour garer son fourgon.

Le quai Branly et l’avenue de Suffren appartiennent à ces beaux lieux de Paris interdits aux gilets jaunes, à ces avenues qui transpirent le fric et où les travailleurs ne sont que tolérés, des endroits dans lesquels la police est là pour faire appliquer une ségrégation sociale au quotidien.

Ce 3 janvier à l’angle de ces deux artères Cédric Chouviat comme il en avait le droit a voulu filmer les policiers qui contrôlaient son activité de livreur.

Cela leur a déplu, ils ont infligé une clé d’étranglement et un placage ventral meurtrier qui lui ont fracturé le larynx.

Cédric Chouviat est mort victime de toute cette bestialité sociale, il était le père tranquille de cinq enfants et avait quarante et un ans.

L’Assemblée de la CNT-AIT de Toulouse, le 8 janvier 2020

1952, LES PROCES DE PRAGUE : [ROUGE OU BRUN] UN ANTISEMITISME QUI EN VAUT UN AUTRE …

En novembre 1952, s’ouvre dans la capitale de la très stalinienne « République Populaire Tchécoslovaque », les procès de Prague (ou Procès Slansky, du nom du principal accusé, cf note en fin de page). Ces procès – dans la plus pure tradition bolchévique – signent le retour du racisme d’Etat, à peine 8 ans après la fin du régime raciste Nazi. Cet épisode permet d’éclairer l’antisémitisme et le racisme d’une certaine gauche communiste, sous couvert d’anti-américanisme / antisionisme, qui perdure encore aujourd’hui comme on a pu s’en rendre compte récemment. Cet article tiré du journal de la CNT-AIT de 1953 et signé par une Union Régionale (indiquant qu’il ne s’agit pas d’une position individuelle mais d’une position collective), pour ne pas oublier …

Après le procès de Prague, il est bon de tirer une conclusion. Tout d’abord, ce qui a le plus frappé les observateurs impartiaux, c’est le caractère antisémite de cette sinistre comédie, les Staliniens, certes se défendent d’un tel crime, en déclarant : que condamner une poignée de traitres juifs, vendus au service secret Américain, ainsi qu’à l’Etat d’Israël, futur bastion de l’impérialisme atlantique, ne constitue pas un acte d’anti-sémitisme. Il n’en reste pas moins vrai que la presse et l’opinion publique des pays arabes ont favorablement accueilli la sentence, et cela a permis de donner un regain de haine anti-juive. D’ici que des incidents sanglants surgissent, ou même que le conflit Israélo-Arabe renaisse, il n’y a qu’un pas ! Qui sera responsable de cela ? Pas les Arabes bien sur, qui n’auront fait que tomber dans le piège d’une propagande criminelle et mensongère; mais, bel et bien la sinistre bande de gangsters qui ose encore se parer du drapeau rouge de la Révolution d’Octobre, ainsi que tous leurs valets et cireurs de bottes de France et autres lieux.

Je tiens ici à mettre en parallèle les écrits d’un plumitif du nom de Stil qui, sur « l’Humanité » du 29-11-52, a pondu un article intitulé « Les avocats qu’un Slansky mérite ». En voici quelques passages: « Est-ce que c’est être anti-français que de dénoncer les valets français des Américains? » le plus plaisant serait qu’un de ceux que Stil nomme les anticommunistes lui réponde: est-ce que c’est être anti-communiste que de dénoncer les valets français des Staliniens? Non, n’est-ce pas ». Mais Stil va plus loin dans l’ignominie, c’est lorsqu’il ajoute: « Et alors le pays, le peuple d’un côté, de l’autre une poignée d’hommes dignes de tous les mépris, on voudrait que nous nous indignions de voir une épouse, un fils, une mère ou un père faire passer avant tout l’amour de leur pays, on voudrait que nous méprisions cela, etc. » Là, décidément la mesure est comble. Par ces paroles Stil se met plus bas qu’une bête, et là, nous voyons une analogie monstrueuse entre le Stalinisme et l’Hitlérisme, car dans l’Allemagne nazie aussi, les pères, les mères, les épouses, les fils faisaient passer l’amour de leur pays avant tout, et cela donnait ce joli résultat de voir à la même table le fils espionner le père, le père suspecter la mère ou le frère et vice-versa, ce qui donnait une atmosphère irrespirable de mouchardage, de délation et de suspicion.

Ces ignobles fantoches osent se prétendre des révolutionnaires, des communistes. Véritablement Marx, Engels et Lénine ont de dignes descendants, car pour aller chausser les bottes de Hitler il faut qu’ils soient tombés bien bas. Seulement chaque homme conscient se demande aujourd’hui jusqu’où ce nouveau tournant de la politique stalinienne est capable de nous conduire, car n’oublions jamais, qu’en Allemagne, cela commença par des injures, des calomnies, des coups et des procès plus ou moins expéditifs, pour ensuite finir par des camps et des fours crématoires, où juifs et non juifs sont allés griller en commun.

Aussi est-il du devoir de tout syndicaliste de se dresser avec force contre cette nouvelle persécution qui pointe à horizon. Forgeons nous-mêmes notre arme dans un puissant syndicalisme révolutionnaire, qui sera notre seule route pour nous mener au socialisme, mais au socialisme libre qui nous débarrassera une fois pour toutes de toutes ces tyrannies de l’Est comme de l’Ouest.

La 18ème Union Régionale de la CNT-AIT




(In « Le combat Syndicaliste CNT-AIT, 9 janvier 1953)

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Note : A Prague en 1952, sur pression de Staline et ordre de Klement Gottwald, président de la République tchécoslovaque, des procès politiques à forte connotation antisémite montés de toutes pièces sont organisés avec pour objectif d’éliminer des cadres expérimentés du Parti communiste, présentés comme des opposants au régime bien qu’ils aient tous été des staliniens endurcis. En 1969, le livre L’Aveu du survivant Arthur LONDON, puis, en 1970, le film que Costa-Gavras en tira démoliront le procès et ses méthodes centrées (comme celles de l’Inquisition) sur l’obtention de l’aveu, la « reine des preuves », disait Vichynski, le procureur des procès de Moscou.

11 des 14 accusés étant juifs, ils furent traités non seulement de « titistes » mais aussi de « sionistes ». En fait, quelques-uns, anciens participants de la guerre d’Espagne et de la résistance antinazie, étaient surtout soupçonnés de pouvoir faire preuve d’esprit d’indépendance vis-à-vis de Moscou.

Depuis la rupture du Yougoslave Tito avec Moscou en 1948, Staline et la bureaucratie russe étaient obsédés par la crainte qu’au sein des directions des « partis frères » certains soient tentés d’imiter Tito. Subsidiairement, l’URSS ne soutenant plus Israël, comme elle l’avait fait à sa création, elle entendait d’autant plus le faire savoir que la Tchécoslovaquie, sous Gottwald et Slansky, lui avait livré des armes. Par ailleurs l’antisémitisme qui sous tendait ces procès permettait de jetter en pâture

Ultime ironie, Slansky avait été celui qui le premier lança la « chasse aux titistes », avec une première vague d’arrestations de dirigeants, avant d’être élminé par Gottwald et de retrouver dans le box certains de ceux qu’il avait fait arrêter !

Si quelques esprits conscients – dont nos compagnons de la CNT-AIT – dénoncèrent clairement le caractère antisémite de ces procès – et ce à peine 7 ans après la libération des survivants des camps de la mort ! – le Parti Communiste Français qui régnait alors en maître sur la Gauche s’obstinait à nier l’évidence, en appuyant les procès et en continuant à chanter les louanges de Staline et du stalinisme.

Confusion «antisioniste» et opportunisme d’extrême gauche

(Publié dans « Anarchosyndicalisme » n°140, été 2014)

Habituellement, en dehors de son courrier deslecteurs, Anarchosyndicalisme! publie des articles rédigés par des militants de la CNT-AIT. Pour aborder le thème de l’antisémitisme, nous avons choisi d’une part de nous entretenir avec Yves Coleman, militant internationaliste indépendant qui connait particulièrement bien cette question. Il est évident que si nous prenons la responsabilité de publier ce texte, c’est que, sur le fond de la question (antisionisme / antisémitisme) nous partageons le point de vue de l’auteur, même si nous ne faisons pas nôtre l’ensemble de ses positions qu’il développe par ailleurs (par exemple, ce qui concerne la notion de peuple ou d’autodétermination).

La rédaction

(Publié dans « Anarchosyndicalisme » n°140, été 2014)

Habituellement, en dehors de son courrier deslecteurs, Anarchosyndicalisme! publie des articles rédigés par des militants de la CNT-AIT. Pour aborder le thème de l’antisémitisme, nous avons choisi d’une part de nous entretenir avec Yves Coleman, militant internationaliste indépendant qui connait particulièrement bien cette question. Il est évident que si nous prenons la responsabilité de publier ce texte, c’est que, sur le fond de la question (antisionisme / antisémitisme) nous partageons le point de vue de l’auteur, même si nous ne faisons pas nôtre l’ensemble de ses positions qu’il développe par ailleurs (par exemple, ce qui concerne la notion de peuple ou d’autodétermination).

La rédaction

Anarchosyndicalisme : Dans ces temps de grande confusion idéologique, nous voudrions débroussailler avec toi quelques notions tournant autour de l’antisémitisme – un thème hélas d’actualité – auquel « Ni patrie Ni frontières », la revue que tu animes, a consacré de nombreux travaux. La pagination réduite d’Anarchosyndicalisme ! nous obligera à centrer cet entretien sur un seul des multiples aspects de la question : les rapports entre extrême gauche et antisémitisme. En préambule, peux-tu nous dire comment tu vois en général la question des religions ?

Je pense qu’une conception matérialiste, rationaliste, scientifique, du monde aide à mieux comprendre comment il fonctionne. Les conceptions religieuses, ou plus généralement idéalistes, sont un handicap pour analyser la réalité. Ou alors leurs partisans compartimentent leur cerveau et leur vie quotidienne, adoptant des raisonnements scientifiques pour une partie des phénomènes analysés ou une partie de leurs actions, et des superstitions ou des fantasmagories pour d’autres.

D’un autre côté, l’athéisme et le rationalisme sont nécessaires mais pas suffisants. Pas plus que l’anticléricalisme, l’athéisme et le rationalisme n’immunisent contre le dogmatisme, le sectarisme, l’antisémitisme, le sexisme, le racisme ou simplement l’ignorance…

Par principe, je respecte les convictions religieuses et je respecte les croyants. Ce que je ne respecte pas, c’est l’usage ou la portée politique réactionnaire des convictions religieuses et les hiérarchies, officielles ou officieuses, des différentes religions qui sont toujours du côté des exploiteurs.

Je suis favorable à la liberté de culte, donc hostile aux fermetures d’églises, de temples, de synagogues ou de mosquées. Et hostile à tout mouvement qui empêcherait des croyants de pratiquer librement leur religion dans des bâtiments religieux payés par leurs propres deniers (1).

Je suis même prêt à défendre, y compris physiquement, une mosquée, une synagogue, un temple ou une église contre des intégristes d’une autre religion ou contre des fascistes qui voudraient y mettre le feu ou s’attaquer aux fidèles, ou un gouvernement qui voudrait persécuter des fidèles, quelle que soit leur religion.

Mais, une fois affirmé que je respecte les droits démocratiques élémentaires des croyants, je tiens à ce que cela soit réciproque. En clair, je tiens à ce que les croyants respectent aussi la liberté totale d’organisation, de réunion et d’expression des athées, des anarchistes, des marxistes, etc. Où que ce soit et dans toutes les circonstances…

Anarchosyndicalisme 😛our entrer plus avant dans la question, quels sont les rapports entre sionisme et judaïté ?

Déjà il faudrait se mettre d’accord sur la définition de mots comme « sionisme » et « juif », et ce n’est pas une tâche aisée. Pour ma part, je pense que le sionisme est une idéologie nationaliste, avec différentes tendances dont aucune ne me satisfait – et pour cause – puisque je suis un adversaire résolu du nationalisme, fût-il juif ou israélien. De plus il existe des « sionistes » non-juifs, chrétiens, néoconservateurs, sociaux-démocrates, voire d’extrême droite…. C’est donc une erreur grossière que d’assimiler « sionisme » (au sens de défense inconditionnelle de l’Etat d’Israël et de ses gouvernements) avec la judéité ou la judaïté. La question d’Israël est une question politique, géopolitique, et non pas une question religieuse ou encore moins « ethnique » !

Quant au terme de « juif », il désigne soit ceux qui sont des adeptes de la religion juive (les juifs), soit ceux qui pensent faire partie du ou des peuples juifs (les Juifs), soit les deux à la fois. Je n’ai pas à décider pour les juifs et les Juifs quelle doit être leur relation avec l’Etat d’Israël, ni même s’ils veulent continuer à se dire « juifs » ou « Juifs », et quels sens (multiples pour ne pas dire innombrables…) ils accordent à ces termes. Ni même s’ils se considèrent comme des « minorités nationales » ou pas en dehors d’Israël (2) et quels droits spécifiques doivent revendiquer ces dites minorités nationales…

Par contre, j’ai le droit, et tout le monde a le droit, de critiquer les différentes formes du sionisme, la politique de l’Etat d’Israël, les organisations communautaires juives laïques ou religieuses et les différents courants du judaïsme, tant que ces critiques n’essentialisent pas les juifs ou les Juifs et ne font pas appel à des stéréotypes antisémites.

Je ne pense pas que l’antisionisme soit automatiquement antisémite (3). Il faut faire attention à ne pas assimiler toutes les formes d’antisionisme à l’antisémitisme, à ne pas vider de sens le terme d’antisémitisme, comme le font de nombreux partisans inconditionnels d’Israël, d’autant que, depuis une vingtaine d’années, il existe des courants « postsionistes » ou antisionistes dans l’intelligentsia israélienne, et les porte-parole de ces courants (4) sont juifs et pas antisémites (même si certains Israéliens les accusent des pires déviations (5). Le problème n’est donc pas « l’antisionisme » mais les stéréotypes antisémites qu’utilisent de nombreux antisionistes, y compris en Israël.

A ce propos, de nombreux Israéliens, y compris « sionistes », ont abondamment recours à des comparaisons entre l’Allemagne nazie et leur pays. On se souviendra à ce sujet de la campagne menée par l’extrême droite et la droite en 1995 contre Rabin avant son assassinat où il était représenté en uniforme SS par ses adversaires en Israël. De telles analogies, même si elles sont fausses et surtout politiquement dangereuses, ont un sens en Israël, étant donné la mémoire commune du judéocide partagée par les Israéliens, quelles que soient leurs positions politiques.

Reprises littéralement en Europe ou en Amérique (qu’il s’agisse de l’Amérique du Nord ou de l’Amérique latine), continents où la gauche et l’extrême gauche ne se mobilisèrent guère contre le judéocide quand il eut lieu ; où ils firent tout leur possible pour empêcher les résistants juifs, après-guerre, de se réclamer de leur judéité, à l’Est comme à l’Ouest ; et où ils n’accordent plus aucune importance réelle au judéocide sinon pour le comparer aux méthodes de l’armée israélienne contre les Palestiniens, ces comparaisons sont néfastes, réactionnaires et font le jeu des négationnistes et des néofascistes.

Que les antisionistes israéliens ignorent délibérément le danger de ces comparaisons est très ennuyeux mais compréhensible : ils discutent au sein d’une société où tout le monde sait ce qu’a été le judéocide. Que les antisionistes occidentaux n’aient aucune mémoire historique à propos de la lâcheté de la gauche occidentale pendant la Seconde Guerre mondiale, et de la genèse antisémite de l’antisionisme stalinien est beaucoup plus inquiétant.

Anarchosyndicalisme : Puisqu’il est question de stéréotypes, d’où sortent ceux ressassés par une bonne partie de l’extrême gauche ?

Les arguments fondamentaux de l’antisionisme « gauchiste » actuel ont été fabriqués par les staliniens soviétiques, qui eux-mêmes étaient antisémites, comme en témoignent l’arrestation puis l’exécution des dirigeants du Comité juif antifasciste en 1952, le procès des blouses blanches en URSS en 1953 (« Tout sioniste est l’agent du service de renseignement américain, déclara Staline. Les nationalistes juifs pensent que leur nation a été sauvée par les États-Unis, là où ils peuvent y devenir riches, bourgeois. Ils pensent qu’ils ont une dette envers les Américains. Parmi mes médecins, il y a beaucoup de sionistes »), puis les procès antisémites en Tchécoslovaquie (1952) et les campagnes antisémites en Pologne (1952, 1968), par exemple. Ce sont les staliniens soviétiques et leurs alliés nationalistes de gauche, d’abord dans les pays de l’Est, puis dans les pays arabes, puis enfin à l’échelle planétaire, qui ont fait du mot “sioniste” un terme à la fois injurieux sur le plan politique, diabolique sur le plan religieux et commode pour remplacer le terme de “juif” et donc dissimuler son antisémitisme.

Mais la question est encore plus complexe. En effet, l’antisionisme stalinien s’est diffusé aussi grâce aux “communistes” juifs, partisans de l’assimilation totale et convaincus que le socialisme mettrait fin à toutes les discriminations :

– dans les démocraties populaires, y compris dans des pays où les staliniens juifs avaient un poids non négligeable dans la justice, dans la police, dans l’administration voire dans l’appareil du Parti et à sa tête. Cette surreprésentation des Juifs dans les sphères dirigeantes de certaines démocraties populaires (la Hongrie étant l’exemple extrême) et les jeux cyniques de l’URSS et des Etats pseudo-socialistes ont abouti à faire endosser aux Juifs staliniens la responsabilité de la répression étatique menée contre les travailleurs et paysans de l’Est, parfois même des pogroms dans les premières années des régimes “communistes”, mais aussi l’effacement de la spécificité du judéocide et des responsabilités des populations d’Europe de l’Est.

Ce silence assumé par les juifs staliniens a de fait nourri l’antisémitisme populaire, sur différents thèmes contradictoires ou complémentaires : “les communistes et les juifs sont main dans la main” ; les “juifs rescapés du judéocide sont favorisés” ; “les juifs ne font pas vraiment partie de la nation” ; voire encore plus loufoque, si c’est possible, “les anciens capitalistes juifs et les communistes juifs au pouvoir se mettent d’accord”, etc. On voit aujourd’hui les résultats délétères de cet antisionisme qui prenait les juifs et les Juifs pour cibles dans tous les ex-pays “communistes” ;

– dans les pays du Proche et du Moyen-Orient par l’intermédiaire des partis pseudo-communistes locaux dont une grande partie des membres et des dirigeants étaient juifs. Partis staliniens locaux qui, à commencer par celui de Palestine, n’avaient pas grand-chose à dire contre l’antijudaïsme et l’antisémitisme musulmans, voire contre les pogroms commis en Palestine (par exemple, celui d’Hébron en 1929 où l’on remarquera que ce ne furent pas les nouveaux colons juifs européens qui furent massacrés mais les Juifs dont les ascendants vivaient depuis des siècles en Palestine, ce qui en dit long sur l’anticolonialisme palestinien et sa dimension religieuse, fondamentalement liée à la place subalterne des dhimmis juifs, dans les sociétés régies par l’islam)….

Anarchosyndicalisme :La question palestinienne, que tu viens d’évoquer à travers ce point d’histoire, joue un grand rôle dans la confusion entretenue entre « sionisme » et « antisémitisme ». Pourquoi, d’après toi, la Palestine est-elle devenue la « cause n°1 » d’une grande partie de l’extrême gauche ?

C’est une question compliquée mais je vois plusieurs raisons notamment (6) :

– la négation de l’existence de l’antisémitisme depuis la Seconde Guerre mondiale au sein de la gauche et de l’extrême gauche,

– l’incapacité à faire un bilan honnête de l’apathie de la gauche face à l’antisémitisme avant, pendant et après la Seconde guerre mondiale,

– l’incapacité à s’attaquer aux interventions impérialistes de sa propre bourgeoisie. En France, c’est flagrant : à part pendant la guerre d’Algérie où les appelés étaient directement concernés, il n’y a jamais eu de mouvement contre les dizaines d’interventions françaises menées en Afrique, jamais de « bateau pour… » Bangui, Douala ou Abidjan, jamais le moindre boycott des produits français à cause de la complicité de la France dans le génocide du Rwanda ou des massacres ou répressions commis en Afrique avec le soutien logistique de l’armée française, ou la complicité politique des gouvernements français,

– l’incapacité à formuler une critique du capitalisme radicalement différente des courants populistes qui prennent toujours pour cibles des individus et non le système capitaliste, et parmi ces individus les bourgeois juifs plutôt que les autres (7), une vieille tradition de « gauche »,

– la volonté de sauter sur les causes à la mode (ce que j’appelle la politique des sauterelles), celles du tiers monde ayant toujours une forte capacité de mobilisation dans la jeunesse scolarisée, depuis les années 60, à condition de ne pas s’attaquer au nationalisme des mouvements de libération ni aux Etats du Sud prétendument “anti-impérialistes” (8).

Anarchosyndicalisme :Les aspects religieux ne semblent pas tenir une grande place dans ce positionnement

Les antisionistes, dans la bonne vieille tradition chrétienne antijuive, présentent généralement le judaïsme (toutes tendances confondues à part les groupuscules folkloriques comme les juifs orthodoxes antisionistes, type Neturei Karta alliés de Dieudonné, Soral, Gouasmi du Parti antisioniste) comme une religion beaucoup plus réactionnaire que les autres.

Dans leur propagande, ils n’arrêtent pas de répéter que la notion judaïque de « peuple élu » ferait des juifs une « race supérieure », un « peuple de seigneurs » et autres imbécillités antijuives et antisémites.

Mais, fondamentalement, les « antisionistes » occidentaux ne s’intéressent guère aux questions religieuses, ils n’ont aucune culture religieuse solide, ni sensibilité religieuse. D’où leur viendraient-elles dans des pays occidentaux de plus en plus sécularisés ? Notons au passage que même les croyants actuels se livrent à des bricolages démentiels sur leur religion (9). Les « antisionistes » occidentaux s’intéressent encore moins aux relations complexes entre religion et politique dans les Etats « musulmans » des 57 Etats membres de l’OCI (Organisation pour la conférence islamique). C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles ils reprennent la thèse de l’islamophobie défendue par l’OCI dans les institutions internationales.

Anarchosyndicalisme :Comment, pourquoi ?

Les gauchistes antisionistes ont une position totalement opportuniste face à ces questions, quasi infantile, du type : « Puisque la droite et l’extrême droite occidentales critiquent l’islam, nous on ne va pas le critiquer, comme cela on marquera notre différence » ; ou, un poil moins stupide : « Puisque beaucoup de prolétaires dans les pays occidentaux sont musulmans, on ne va pas critiquer la religion des prolétaires » ; ou encore, dans le genre victimaire et confusionniste : « La bourgeoisie a remplacé l’antisémitisme par l’islamophobie, donc on va lutter contre le racisme antimusulmans, et comme cela on va sortir de notre position groupusculaire. » Et pour tenter d’impressionner ceux qui ne sont pas d’accord avec la thèse de l’islamophobie, ils accusent ceux qui ne pensent pas comme eux d’être de fait des… racistes ! Cette confusion délibérée entre discriminations religieuses antimusulmanes et discriminations racistes dirigées contre les personnes originaires (ou censées être originaires) du Proche et du Moyen-Orient ne sert, à mon avis, ni la lutte contre les discriminations religieuses ni la lutte contre les discriminations racistes, luttes toutes deux nécessaires mais dans la clarté politique, pas dans la confusion identitaire.

Ce type de position relève de l’opportunisme le plus plat, de la recherche de raccourcis pour conquérir une audience de masse ou même tout simplement pour acquérir un peu d’oxygène politique. Cet opportunisme gauchiste est d’ailleurs une conséquence directe de l’opportunisme universitaire, sensible aux modes dans les institutions internationales (ONU, UNESCO, Communauté européenne), grandes dispensatrices de subventions pour financer les recherches identitaires, multiculturalistes, religieuses, etc.

Anarchosyndicalisme 😛our en venir à l’actualité, des organisations d’extrême gauche, et même libertaires, ont pris récemment la défense de Dieudonné. Qu’en penses-tu ?

Dieudonné est aujourd’hui un militant politique d’extrême droite. Sa popularité, il l’a acquise au sein du mouvement antiraciste de gauche dans les années 80. Elle est, entre autres, le reflet

– de la confusion politique introduite par la gauche réformiste antiraciste (confusion dont lui et bien d’autres comiques « ethniques » ont profité pour commencer leur carrière : les discours multiculturalistes type « Touche pas à mon pote », « respect de la différence » et autres « république métissée » et la généralisation des discours victimaires au détriment de ceux fondés sur la solidarité de classe),

– de l’incapacité de la société française (y compris de la gauche) à reconnaître la profondeur du racisme institutionnel qui sévit en son sein (au sein de l’Etat, des partis, des groupes militants, etc.), incapacité qui a ouvert un boulevard aux idéologies identitaires y compris parmi les « minorités visibles »,

– et de l’incapacité des « révolutionnaires » à dégager une position de classe à propos des discriminations racistes, institutionnelles ou pas, et de l’immigration (ce qui a permis à Dieudonné, dans un deuxième temps, de développer un discours pseudo radical contre le « Système » au nom des « non-Blancs » ou des « non-juifs » sur les questions de l’esclavage, de la Palestine, etc.) (10).

Je voudrais rajouter que, depuis les mesurettes répressives prises par Valls contre Dieudonné, on trouve dans toutes sortes de médias alternatifs, y compris libertaires (11) une campagne présentant Valls comme plus raciste que Dieudonné, comme responsable par ricochet de la montée de l’antisémitisme en France chez les populations dites musulmanes, et aussi comme étant le « chargé de com » de Dieudonné. Il est évident que Valls n’est même pas un démocrate antiraciste sincère : ce laquais de la bourgeoisie pratique le contrôle des migrations comme tous les hommes d’Etat, de gauche ou de droite. De plus, il a exprimé publiquement des préjugés racistes contre les « Blacks » (reprenant le vocabulaire identitaire et multiculturaliste de la gauche et son « humour »…) et les Roms (accusés, eux, d’être inintégrables) mais je ne vois aucune raison de diaboliser Valls plus que n’importe quel autre ministre de l’Intérieur ou de l’Immigration, Chevènement, Joxe, Pasqua, Guéant, Hortefeux, Besson, tout cela c’est bonnet blanc et blanc bonnet !

En même temps, à propos de Dieudonné, je crois qu’il faut affirmer ouvertement et sans complexes que nous ne condamnons pas la limitation des droits des antisémites, des fascistes, des négationnistes, etc., par l’Etat bourgeois. Et surtout pas au nom d’une liberté d’expression abstraite pour les pires ennemis de la classe ouvrière (12).

Je ne vois aucune raison de supplier l’Etat bourgeois d’interdire ou emprisonner les fascistes ou les racistes, mais je ne prendrai jamais parti non plus en leur faveur afin que leurs droits démocratiques soient respectés. Des anarchistes à la Chomsky ou à la Baillargeon sont sans doute favorables à la levée de la récente interdiction prise par Valls contre des groupes fascistes en France, puisqu’ils signent des pétitions contre la loi Gayssot, pour la liberté d’expression de Faurisson et pour la mise en liberté de négationnistes nazis comme Vincent Raynouard. C’est le même genre de libertaires confusionnistes qui défendent, implicitement ou explicitement, la libre expression de Dieudonné sur les réseaux sociaux, mais qui n’osent quand même pas protester contre l’interdiction de l’Oeuvre française et des Jeunesses nationalistes par Valls.

Prétendre que Valls « fait de la pub » à Dieudonné est mensonger. Dieudonné s’est construit tout seul, sans la moindre aide de Valls. S’il a été aidé, c’est plutôt par la gauche antiraciste, identitaire, multiculturaliste et souvent antisioniste. C’est cette gauche-là qui lui a donné un public, des moyens financiers, des tribunes dans les médias de gauche, qui l’a même soutenu lors d’une élection à Dreux en 1997. Ce sont les antisionistes de gauche d’Europalestine, du CAPJPO et de la librairie parisienne antisioniste Résistances qui l’ont présenté aux élections européennes en juin 2004 (pour s’en démarquer quelques mois plus tard, mais le mal était fait). C’est cette gauche-là qui lui a donné une respectabilité et une légitimité politiques sans jamais se poser la moindre question sur le contenu de son « humour » et de son « talent » (13) Ces armes et ces moyens que lui a donnés la gauche antiraciste, il les a utilisés ensuite pour soutenir sa progressive évolution vers l’extrême droite et l’antisionisme à coloration antisémite.

Taper comme un dingue sur Valls à l’occasion des mesurettes prises contre Dieudonné, c’est une façon de justifier et couvrir le silence de la gauche et des libertaires durant les dix dernières années passées. C’est aussi montrer qu’on n’est pas capable d’avoir une politique révolutionnaire indépendante des sujets mis en évidence par les grands médias. Valls n’aurait pu faire son petit cinéma ridicule si l’extrême gauche et les anarchistes avaient fait leur travail militant, public, ouvert, bruyant contre l’antisémitisme dans la rue et sur les réseaux sociaux depuis dix ans à propos de Dieudonné et d’autres salopards…

Anarchosyndicalisme :Le titre de ta revue indique clairement un positionnement internationaliste. C’est la seule façon de sortir des discours racistes dans lesquels certains s’enferment. Comment vois-tu les choses  ?

L’internationalisme n’est pas un sentiment spontané. Il doit être nourri par une culture politique commune, des discussions, de nombreuses réunions, etc. Il doit mobiliser l’énergie de gens qui parlent plusieurs langues, de traducteurs et d’interprètes, etc. C’est un processus long et difficile que de communiquer dans plusieurs langues, lorsque les interlocuteurs viennent de cultures politiques différentes, et même s’ils appartiennent au même courant politique.

La Première Internationale est peut-être plus proche de ce dont nous avons besoin aujourd’hui. A l’époque, le processus d’intégration nationale n’avait pas encore atteint le niveau qu’il atteignit durant l’apogée de la Seconde Internationale ; pour les militants de la fin du XIXe siècle l’internationalisme se définissait avant tout par une profonde empathie pour les valeurs des Lumières, ainsi que la lutte contre toutes les dictatures et les Églises. Nous devons inventer une nouvelle façon de pratiquer l’internationalisme (14).

1. « Les révolutionnaires, la laïcité et le multiculturalisme », http://www.mondialisme.org/spip.php?article1948

2. Cf. le point de vue anarchiste exprimé dans « Face à l’antisémitisme, pour l’autodéfense ! » http://rebellyon.info/?Face-a-l-antisemitisme-pour-l

3. « Sur L’antisémitisme partout de Badiou et Hazan, ou comment dissimuler les acquis d’un siècle de débats sur le sionisme », http://www.mondialisme.org/spip.php?article1809

4. Les « nouveaux historiens » comme Ilan Pappe, Benny Morris avant son virage, Tom Seguev, et des universitaires comme Sand, Zertal et Kimmerling.

5. Cf. « Post-sionisme, Post-Shoah » d’Elhanan Yakira, pour une argumentation sophistiquée mais réac.

6. « Sur les sources de l’antisémitisme de gauche, anticapitaliste et/ou anti-impérialiste » http://www.mondialisme.org/spip.php?article2055

7. « De l’Affaire Dreyfus à l’incident Yardeni : la haine des bourgeois juifs (et beaucoup moins des autres) » http://www.mondialisme.org/spip.php?article2038

8. « Sur l’anti-impérialisme réactionnaire et ses conséquences néfastes », http://www.mondialisme.org/spip.php?article1361 ; « Chavez antisémite ? Est-ce le fond du problème ? » http://mondialisme.org/spip.php?article614

9. Cf. l’excellent bouquin d’Olivier Roy, La Sainte Ignorance, Seuil, 2008.

10.- On pourra lire à ce sujet ces textes des Luftmenschen : « Antisionistes encore un effort », http://www.mondialisme.org/spip.php?article1296 ou « La Dieudosphère, bien plus vaste qu’elle n’en a l’air » http://www.mondialisme.org/spip.php?article2010, ou en anglais : « Dieudonné, symptom of a wider problem », http://www.workersliberty.org/story/2014/01/13/dieudonn%C3%A9-symptom-wider-problem)

11. Notamment ceux de la CGA de Lyon (https://rebellyon.info/?Contre-le-poison-raciste) et le texte de Pierre S. repris et approuvé par l’Organisation communiste libertaire (http://oclibertaire.free.fr/spip.php?article1512) « A quoi sert Dieudonné et qui en profite », ou ce communiqué de la campagne « Boycott Désinvestissements Sanctions contre le régime d’apartheid israélien » repris par les Vignoles [NDLR : CNT-F, celle dite Vignoles] (http://www.cnt-f.org/international/Communique-de-la-campagne-BDS-sur-Dieudonne-et-Valls.html)

12. cf. sur cette question : http://brasiersetcerisiers.wordpress.com/2013/02/02/sur-la-liberte-dexpression/, http://luftmenschen.over-blog.com/article-contre-leur-liberte-d-expression-62123539.html et « Radio Libertaire et la liberté d’expression totale : http://www.mondialisme.org/spip.php?article1661 ).

13. Cf. ce texte écrit en 2004 : « Les comiques “antiracistes” sur-médiatisés renforcent les préjugés qu’ils prétendent combattre » http://www.mondialisme.org/spip.php?article183 ).

14. Je n’ai pas de conception originale et particulière de l’internationalisme mais je peux te renvoyer à ces deux textes : « Nation, peuple et cultures : réponses au questionnaire d’A voix autre, site libertaire belge », http://www.mondialisme.org/spip.php?article1176 et à ce chapitre du livre de Karim Landais : http://www.mondialisme.org/spip.php?article1407 « Culture, nation, ethnie, nationalisme : du flou et du moins flou de quelques définitions ». Même si je ne suis pas d’accord avec tout ce qu’écrivait Karim, au moins fournit-il de bons éléments de départ pour une discussion approfondie.