« Travaille, travaille encore, travaille toujours » est notre seul droit !

Il y a déjà quelques années, l’ancien PDG d’Air France Alexandre de Jugnac, se plaignait sur les acquis sociaux en évoquant que c’est une notion vague et surtout, qu’en fRance on ne peut pas les remettre en question, en citant en exemple les 35 heures, l’âge du départ à la retraite, le travail des enfants…

Quelques années plus tard, un type est élu président de la république face à l’hydre «fasciste» et a sauvé la «démocratie». Nous pouvons donc vivre dans le meilleur des mondes « démocratique» en supprimant au passage quelques « acquis sociaux », qui nous rendait malgré tout la vie plus supportable, et augmentant dans le même temps des taxes diverses et variées, notamment celle du carburant au nom de l’écologie. La suite nous la connaissons, les classes populaires et moyennes de ce pays ont enfilé le fameux gilet jaune, et la colère a durée plus d’un an.

Cet épisode de la vie sociale et politique française nous à démontrer une chose, c’est que même un régime « démocratique » peut se muer petit à petit en un régime autoritaire, et peut être avec un peu de malchance carrément en dictature, surtout quand il se sent en danger. Combien y a t-il eu de gilets jaunes incarcérés pour pas grand-chose ? Combien d’arrestations arbitraires ? Combien de violences policières ? Combien de manipulations ? Combien de mensonges ? Combien d’yeux en moins ? De mains en moins ? Ainsi le gouvernement au nom des principes « démocratiques » peut nous foutre en prison quand il le souhaite et n’a aucune espèce de considération de quoi que ce soit pour les gens simples.

Il y a eu ensuite cette pandémie, où ces ministres, non seulement nous ont menti comme des arracheurs de dents , sur les dispositifs sanitaires, les masques… mais en plus en ont profité pour nous rendre la vie encore plus impossible en modifiant des trucs dans le code du travail du style qu’une entreprise pourrait nous faire bosser jusqu’à 60H par semaines, tout en profitant de se mettre à l’abri du code pénal en cas d’éventuelle plainte pour mise en danger d’autrui, ce sont des petits malins… Alors comme d’habitude les gens sont scandalisés et outrés, ils veulent une vraie « démocratie », où les décideurs doivent rendre des comptes. Mais dans les faits, que leur reproche-t-on ? Si ce n’est de faire ouvertement ce que les gouvernements précédents faisaient en toute discrétion, et le plus diplomatiquement possible ?

Le mot « démocratie » à leur bouche n’est qu’un mot, qu’une fable, puisque au nom de la « démocratie » ils auraient presque droit de vie ou de mort sur nous, notre rôle se limitant à la production de richesses pour la nation, leur entreprise en bref pour eux ! Un mythe à combattre Qu’on se le dise, les droits « démocratiques » ne sont jamais des victoires prolétariennes, mais toujours des armes de la bourgeoisie. Qui essaiera toujours de nous amadouer avec des miettes : le droit de grève, la liberté d’expression, toujours en accord avec les intérêts de la nation bien entendu. Si une force populaire et contestataire émerge, comme les GJ, et tente de remettre en cause la dictature capitaliste, l’état démocratique montre alors son vrai visage. Mais tant que cette dictature se maintient, alors elle montre son doux visage en se présentant comme le garant des libertés publiques et des droits, à condition que le citoyen s’y plie sans discuter.

De novembre à décembre 1947, il y eut en France des mouvements sociaux particulièrement revendicatifs et forts au point que le PCF et la CGT, qui soi-disant tenaient et canalisaient la classe ouvrière, ont été débordé. Ce mouvement de grève est ce qu’on pourrait appeler de nos jours des grèves insurrectionnelles, puisque la bourgeoisie n’a pas hésité à envoyer l’armée dans les mines de charbon pour réprimer les travailleurs. Le 29 novembre 1947, par exemple, lors de la marche des grévistes à St Etienne, le gouvernement et son préfet lancèrent contre les 90 000 manifestants, trois auto-mitrailleuses. Ce mouvement avait commencé par l’arrestation d’ouvriers marseillais qui protestaient contre la hausse du prix du ticket de tramway, puis il s’est généralisé sur tout le territoire, des mineurs aux métallurgistes, du BTP aux Cheminots, jusqu’aux enseignants. Ce mouvement se solda par l’assassinat par l’État d’une dizaine de personnes. Il y a fort à parier que tous les « avantages sociaux » que nous avons acquis à cette période-là (et il n’y a pas eu que cette grève), ont été des miettes lancées pour calmer les prolétaires en colère ; la bourgeoisie de l’époque n’avait alors peut être pas envie d’une révolution.

Quand se réalise une véritable grève qui se passe de toute autorisation, où les intérêts de la classe dominante sont vraiment attaqués, il n’y a plus de droit qui tienne : les grévistes seront toujours accusés de tous les maux de la terre. Une véritable grève est toujours déclarée illégale, sauvage et anti-syndicale, ce qu’elle est en réalité.

N’être dupes de rien

Mais il est aussi une autre réalité, c’est que la nature a horreur du vide, ces soi-disant acquis sociaux, qui malgré tout nous rendent la vie plus facile, il faut une vigilance de tous les instants afin de pouvoir les conserver. Si personne ne se bat, si tout le monde s’endort sur ses lauriers, ce n’est pas compliqué ils les suppriment un à un, Il faut bien garder à l’esprit que ce ne sont pas ces partis politiques de gôche, ces syndicats institutionnels, ces sociétés civiles, qui protégeront les prolétaires contre les éventuelles attaques politiques et économique de ce système. Ce sont les syndicats qui ont sifflé la fin de la récré en Juin 36, en Mai 68, en renvoyant les ouvriers au boulot à coups de pied dans le cul si besoin.

Les partis politiques de gôche, quant à eux, ont toujours protégé les bourgeoisies et leurs intérêts. D’un coté les sociaux démocrates qui historiquement ont souvent été impliqués dans les répressions anti-ouvrières, et par conséquent ont fait le lit des fascismes en Europe (Rosa Luxembourg a été assassiné par des flics aux ordres de Noske, ministre de l’intérieur social démocrate …). De l’autre, les partis dit communistes, ont mis en place un système policier, contre toute velléité émancipatrice des prolétaires d’Europe de l’Est et d’Extrême orient : à coup de goulag, de lao gaï, de procès et des exécutions, en envoyant accessoirement les factures des balles de fusil aux familles des opposants assassinés.

Ce ne sont pas non plus ces groupes divers et varié défendant des causes sociétales, ces associations racialistes dites « anti-racistes », qui opposent les prolétaires « non-blancs » aux prolétaires « blancs », avec des formations ou des meetings interdit au « blancs », ni encore moins ces groupes dit néo-féministe-queers soi-disant super radicales, mais authentiquement interclassiste qui jouent sur l’identitarisme avec un individualisme surdéveloppé, à l’instar d’ailleurs de la plupart de ces idées à la mode, comme l’antispécisme, le primitivisme, ou le transhumanisme…

Qu’on ne s’y trompe pas, nous les prolétaires, gens du peuple, gens de rien, nous n’avons aucun « droits », puisque n’importe lequel de nos « droits », même les plus élémentaires, légitimes et vitaux, peuvent être remis en cause par la bourgeoisie quand elle veut et comme elle le souhaite. Elle a toujours eu besoin de domestiquer le prolétariat, car il en va de sa survie. La plupart de nos soi-disant avantages sociaux et acquis, ont souvent été des miettes concédées par la classe dominante pour canaliser les colères populaires et surtout pour éviter les révolutions. La légalité bourgeoise en même temps qu’elle garantie de le droit de grève, l’encadre fortement et le limite. Ainsi gare à ceux qui ne respectent pas le « droit du travail » et veulent déborder ce cadre en faisant des grèves et actions plus ou moins sauvages, sans tenir compte de l’avenir économique de l’entreprise dans laquelle ils travaillent, voire de l’avenir économique de la nation.

Pour se défendre, l’État pour le compte de ses actionnaires, la bourgeoisie, brandira la matraque, n’hésitera pas faire pression sur nos familles, voire ira jusqu’à nous mettre en prison, ou pire à nous assassiner.

Les coups de matraques restent des coups de matraques que ce soit dans une « démocratie » ou dans une « dictature » : ça fait mal !

Un prolétaire

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Article du journal « Anarchosyndicalisme ! »n° 169, sept.-oct. 2020

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EN MARCHE VERS LA PRIVATISATION TOTALE DE LA SANTÉ PUBLIQUE

La crise du Covid a mis en évidence l’état de délabrement de notre système de santé publique en France, et particulièrement dans les hôpitaux. Cette situation n’est pas un hasard : il s’agit d’une politique délibérée, suivit depuis des dizaines d’années par tous les gouvernements, sans exception, de droite comme de gauche. Tous ont fermés des dizaines de milliers de lit, Macron n’a fait que poursuivre les politiques de démantèlement de Hollande, Sarkozy Chirac et même Mitterrand. Leur objectif est d’en finir avec le système de santé français qui a certes des défauts mais à surtout le grand avantage d’être universel et basé sur la solidarité. Sous prétexte de « trou de la Sécurité sociale », c’est une privatisation rampante que préparent les politiciens, pour le plus grand bénéfice des assureurs privés.

Les financiers espèrent bien profiter de la crise du Covid pour donner le coup de pied final qui fera s’écrouler le système de santé publique en France. Leur campagne d’influence de l’opinion publique bat son plein. Cet été, ils se sont payé une pleine page dans le journal de référence Le Monde pour faire la promotion de la privatisation de la santé. Sur les plateaux télés, les pseudos experts se succèdent pour distiller leur venin en faveur de la « libéralisation » de la santé publique…

Mais il y a un pays qui a déjà mis en œuvre la privatisation dont ils rêvent : l’Espagne. Or aujourd’hui, l’Espagne est le pays d’Europe où la situation du Covid est la plus catastrophique, avec des milliers de gens morts chez eux ou dans des résidences de personnes âgées, faute de place dans les hôpitaux. Les système de santé publique et les soignants sont au bord de la rupture, par manque de moyens, de lits, de personnels. Nous reproduisons ci-après (cliquer ici) un texte de nos compagnons du Syndicat de la santé de la CNT-AIT de Barcelone, qui expliquent le cauchemar de la situation du système de santé espagnol.

En Espagne les personnels hospitaliers ont fait confiance aux syndicats traditionnels pour essayer de freiner cette évolution fatale. Ils ont voté pour eux aux élections syndicales, ils ont écoutés les permanents syndicaux leur dire d’être raisonnables, de se contenter de se balader de journée d’action en journée d’action, sans mélanger leur lutte à celle des autres secteurs. Les travailleurs de la santé ont été spectateurs de toutes les tables rondes, round de négociations et autres « accords de sauvetage », laissant les permanents syndicaux parler en leur nom et à leur place. Bref, la révolte légitime des personnels a été anesthésiée par les syndicats classiques à coup de belles paroles et de promesses électorales sans lendemain. Voilà ce qui risque de nous arriver en France …

Le personnel hospitalier de l’AP-HP, qui n’a pas compté ses heures, n’en peut plus ! Nous ne sommes ni des super-héros ni des soldats qu’on sacrifie ! En plus du burn-out qui guette, des services ont été durement touchés par le Covid, des chefs de service ont aussi démissionné. CES FAITS SONT GRAVES. POURQUOI CE SILENCE COMPLICE DES SYNDICATS ?

Il est temps que cela change ! Pour des AG de luttes !

Face à l’inaction de toutes les structures syndicale, nous ne pouvons que compter sur nous-mêmes. Organisons nous en collectif, appelons à des AG de luttes de tous les personnels, pour discuter et réfléchir collectivement sur la situation actuelle et ce que nous pouvons faire ensemble, de façon autonome de tout parti ou syndicat traditionnel.

+ de lits, + de personnel, un salaire digne,
retrait de l’accord de trahison Ségur,
Pour un système de santé universel, socialisé, solidaire !
Vive la sociale !

Des travailleurs du secteur santé de la CNT-AIT (Anarchosyndicaliste)

Cochin-Broca –Hôtel-Dieu, septembre octobre 2020 cntaitcochin@gmail.com

La raison contre la peur

Paru dans Anarchosyndicalisme !, n° 169, septembre octobre 2020

L’histoire de l’humanité n’est pas un long fleuve tranquille. Des évènements, guerres, innovations technologiques culturelles ou religieuses, modifient parfois brusquement le cours prévisible des choses, les manières de vivre, de travailler ou de penser. Ces événements constituent des ruptures par rapport à l’évolution normale des sociétés, ils sont des révolutions. D’un seul coup des traditions culturelles, des rapports sociaux, des comportements qui semblaient immuables deviennent obsolètes.

À coup sûr l’irruption de la Covid dans nos société et surtout les techniques mises en œuvre par l’État pour gérer cette crise constituent un de ces événements. Il y a eu un « avant Covid », nous entrons dans « l ’ après ». En soi pourtant l’arrivée d’un nouveau virus n’a rien d’extraordinaire. Depuis le néolithique, les sociétés humaines se sont habituées à cohabiter avec des virus et des microbes. Ils se rappellent à notre bon souvenir chaque année en causant des épidémies de grippe, de gastro ou d’autres maladies plus ou moins bénignes. En France, chaque année quelques milliers de personnes sont tuées par le virus de la grippe sans que nos autorités s’en émeuvent outre mesure.

À l’inverse, l’apparition des premiers cas de Covid a suscité dans la population un sentiment d’effroi et a amené le gouvernement à prendre des mesures radicales pour éviter, nous a-t-on dit, l’effondrement du système de soin. Nombre de ces mesures sont de simple bon sens et on ne peut que s’étonner qu’elles n’aient pas été mises en œuvre auparavant. Après tout, puisque de simples mesures de distanciation physique sont efficaces pour limiter la diffusion de la Covid pourquoi ne pas les avoir préconisées pour lutter contre les autres épidémies ? Dans nombre de pays, ces mesures sont expliquées aux populations qui les appliquent sans rechigner. Les gens ne sont pas stupides et voient vite où est leur intérêt.

En France, nos gouvernants doivent penser que les citoyens manquent de bon sens car non seulement ils n’avaient auparavant jamais jugé utile de leur expliquer l’intérêt des mesures de distanciation en période d’épidémie mais en plus, dès que contraints et forcés par la virulence du microbe, ils les ont décrétées, ils les ont immédiatement assorties de sanctions lourdes en cas de non-respect. Et du jour au lendemain, nous avons découvert que nous ne pouvions plus sortir de chez nous que durant un temps limité, qu’il nous fallait pour cela emporter avec nous une attestation signée, que nous ne pouvions plus déambuler que dans un périmètre restreint etc… En bref, du jour au lendemain, comme dans un mauvais film de science fiction, nous avons découvert qu’une de nos libertés fondamentales, celle de pouvoir aller et venir à notre guise nous était retirée.

Le plus extraordinaire est que personne ou presque n’a protesté. La population comme tétanisée par la peur (remarquons le rôle joué par les médias) a courbé l’échine ; les Français prétendument si attachés à la Liberté ont joué le jeu, présentant leur attestation aux policiers, ouvrant leurs sacs pour montrer que le but de leurs sorties était alimentaire et payant les amendes infligées (quelques centaines de milliers). Si nombre d’entre eux ont triché, photocopiant des fausses attestations à qui mieux mieux, il n’y a pas eu de remise en cause collective de ces mesures liberticides. Si comme le dit Goya « le sommeil de la raison engendre des monstres », constatons que la peur endort la raison.

Mais me direz-vous ces mesures exceptionnelles, n’avaient pour but que de nous protéger, d’éviter que l’épidémie ne devienne ingérable, l’État nous répète qu’il ne les a mise en place que pour notre bien. Soyons clairs, il ne s’agit pas de refuser la réalité de l’épidémie, personne ne songe à nier l’intérêt des mesures de distanciation mais pourquoi les accompagner de sanctions ? Quelle est la fonction réelle de cette attestation dérogatoire ? Aurait-elle une vertu magique qui nous protégerait du virus ou ne serait elle pas plutôt le signe de notre allégeance à l’État, la marque de la toute puissance que l’État exerce sur nos vies ?

C’est une chose d’expliquer, de démontrer, de recommander en bref de donner à une population les moyens de s’auto-protéger et c’en est une autre que de la contrôler à tout va, de la sanctionner, de lui imposer par la force des règles, en bref de la violenter. Curieuse conception qui nous ramène à des temps d’ailleurs pas si lointains où des religieux enseignaient à des enfants leurs dogmes à grands coups de bâtons et n’imaginaient pas qu’il puisse en être autrement. Preuve que du point de vue de l’État, les citoyens, ceux-là même qui sont appelés à voter et à élire, sont des incapables, des enfants indisciplinés et rebelles ne comprenant exclusivement que le langage de la force.

Ce qui n’empêche pas d’ailleurs dans un autre registre nos gouvernants de se prétendre les défenseurs des libertés individuelles. Vous êtes libres, libres nous disent-ils, libres de déposer le bulletin de votre choix dans une urne, (qu’importe le bulletin puisque de toute façon, rien ne changera), libres d’acheter dans un super marché la marque A au lieu de la B, mais si vous veniez à faire un mauvais usage de votre liberté, pour vous protéger dans l’intérêt supérieur de la collectivité, nous vous la retirerons. C’est la grande leçon de l’épisode Covid notre liberté est toujours suspendue au bon vouloir de l’État. Nous vivons en liberté surveillée mais même ce simulacre de liberté peut nous être retiré à tout moment.

Covid aujourd’hui, demain terrorisme, après-demain catastrophes environnementales, les menaces dont l’État peut prétendre nous protéger sont multiples. On peut en la matière faire confiance à son imagination. Le message envoyé par les tenants de l’ordre établi à tous les révoltés, aux gilets jaunes, à tous les perdants de la lutte des classes, à tous ceux qui ne se satisfont plus des simulacres que nous sert le système est clair : ne rêvez plus, résignez-vous, le monde actuel est indépassable et faites confiance à vos gouvernants !

Mais de plus en plus de personnes constatent combien ce discours est creux et mensonger. Il suffit d’ouvrir les yeux pour voir combien ce monde est injuste, inégalitaire, mortifère et suicidaire et ce sont bien les politiques décidées par les élites, les logiques économiques chères à nos classes dirigeantes qui sont les causes des catastrophes économiques ou écologiques qui nous menacent (la Covid en fait partie). Pour se maintenir au pouvoir, pour que rien ne change, les états criminels sèment l’effroi dans les populations en les menaçant des pires catastrophes si elles ne sont pas soumises. Ces stratégies dignes des états totalitaires ne pourront être mises en échec que par l’usage de la raison, et c’est la raison qui nous incite à réfléchir ensemble, à élaborer ensemble, à imaginer une autre société basée sur des paradigmes différents de l’actuelle si nous voulons que le futur ait un sens.

Sur le même thème :

Claude Bernard, Bachelard et Feyerabend : trois scientifiques contre le scientisme.


texte paru dans Anarchosyndicalisme !, journal de la CNT-AIT

Téléchargeable en ligne : http://www.cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?article1049

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Claude Bernard, Bachelard et Feyerabend : trois scientifiques contre le scientisme.

Editorial de Anarchosyndicalisme !, n° 1-9, septembre octobre 2020

Une communauté scientifique divisée, des mensonges gouvernementaux légitimés par un conseil scientifique, des injonctions sanitaires contradictoires, des prévisions systématiquement fausses, un droit de prescription des médecins bafoué par le Conseil de l’Ordre… Comme aux pires heures de la catastrophe de Tchernobyl, le constat est posé, une certaine science s’est servilement mise au service de l’État.

Cet accouplement monstrueux signe la persistance d’un projet politique aussi ancien que pervers, consistant en la mise en œuvre d’une politique ancrée sur des dogmes ayant pour but de nier la liberté des individus au profit d’un ordre social et économique figé et donc sans perspective de changement. Ce projet est parfaitement explicité par une figure des Anti- Lumières, Ernest Renan. Dans « L’avenir de la science » publié en 1890, il appelait de ses vœux « un gouvernement scientifique, où des hommes compétents et spéciaux traiteraient les questions gouvernementales comme des questions scientifiques et en chercheraient rationnellement la solution. » .

Rappelons qu’à cette époque la dictature de Porfirio Diaz, qui allait être balayée par la Révolution Mexicaine , avait pris ce modèle en s’appuyant sur « los Científicos » c’est à dire un conglomérat de personnages richissimes utilisant la technocratie et les statistiques pour exploiter une population réduite à la misère.
Une telle idéologie scientiste s’est très rapidement heurtée à la pensée scientifique moderne, dés 1865, Claude Bernard écrivait un premier avertissement vis-à-vis de l’émergence des études statistiques en matière médicale et surtout de leur tendance à transformer des probabilités en certitudes et ces certitudes en fantasmes.

« Quant à la statistique, on lui fait jouer un grand rôle en médecine, et dès lors elle constitue une question médicale qu’il importe d’examiner ici. La première condition pour employer la statistique, c’est que les faits auxquels on l’applique soient exactement observés afin de pouvoir être ramenés à des unités comparables entre elles. Or, cela ne se rencontre pas le plus souvent en médecine. Tous ceux qui connaissent les hôpitaux savent de quelles causes d’erreurs grossières ont pu être empreintes les déterminations qui servent de base à la statistique. Très souvent le nom des maladies a été donné au hasard, soit parce que le diagnostic était obscur, soit parce que la cause de mort a été inscrite sans y attacher aucune importance scientifique, par un élève qui n’avait pas vu le malade, ou par une personne de l’administration étrangère à la médecine. Sous ce rapport, il ne pourrait y avoir de statistique pathologique valable que celle qui est faite avec des résultats recueillis par le statisticien lui même. Mais dans ce cas même, jamais deux malades ne se ressemblent exactement ; l’âge, le sexe, le tempérament, et une foule d’autres circonstances apporteront toujours des différences, d’où il résulte que la moyenne ou le rapport que l’on déduira de la comparaison des faits sera toujours sujet à contestation. Mais, même par hypothèse, je ne saurais admettre que les faits puissent jamais être absolument identiques et comparables dans la statistique, il faut nécessairement qu’ils diffèrent par quelque point, car sans cela la statistique conduirait à un résultat scientifique absolu, tandis qu’elle ne peut donner qu’une probabilité, mais jamais une certitude » ( Dans introduction à la médecine expérimentale).

Ce passage qui garde toute son actualité est peut-être destiné à rester dans l’oubli tant il est évident qu’il ne peut que déplaire à un système basé sur l’accumulation de données au profit des industriels du numérique. Au pire, il leur sera facile de déboulonner Claude Bernard, fondateur de la médecine expérimentale, au motif qu’il a largement pratiqué la vivisection. Mais il n’en demeure pas moins qu’en affirmant cette vérité fondamentale que « jamais deux malades ne se ressemblent exactement », il remet déjà en cause une médecine fondée sur les big data et défend pour chaque patient en tant qu’être unique le droit de ne pas être traité comme un numéro. C’est pourquoi la médecine pensée comme connaissance de l’humain débute toujours par un colloque singulier et direct entre la praticien et son patient.

Cette critique du réductionnisme mathématique va s’élargir un siècle plus tard. D’abord sous les coups de Bachelard qui dénonce dans « l’engagement rationaliste » la superstition scientifique des formalistes et des logiciens débitant une dialectique qui « peut conduire peut-être à une morale et à une politique générales. » mais absolument pas « à un exercice quotidien des libertés d’esprit, » contre ce rationalisme étriqué et bourgeois qui « prend alors un petit goût scolaire. ..élémentaire et pénible, gai comme une porte de prison, accueillant comme une tradition. » Bachelard écrit que « pour penser, on aurait d’abord tant de choses à désapprendre ! Il propose ce qu’il nomme une démarche surrationnaliste.

« Le risque de la raison doit d’ailleurs être total. C’est son caractère spécifique d’être total . Tout ou rien. Si l’expérience réussit, je sais qu’elle changera de fond en comble mon esprit. Je fais une expérience de physique pour changer mon esprit. Que ferais-je, en effet, d’une expérience de plus qui viendrait confirmer ce que je sais et, par conséquent, ce que je suis. Toute découverte réelle détermine une méthode nouvelle, elle doit ruiner une méthode préalable. Autrement dit, dans le règne de la pensée, l’imprudence est une méthode. Il n’y a que l’imprudence qui peut avoir un succès. Il faut aller le plus vite possible dans les régions de l’imprudence intellectuelle. Les connaissances longuement amassées, patiemment juxtaposées, avaricieusement conservées, sont suspectes. Elles portent le mauvais signe de la prudence, du conformisme.. »
En 1975, ce discours contre une méthode figée et que les politiciens voudraient hégémonique est amplifié par Feyerabend qui va écrire son essai « Contre la méthode » avec en sous-titre Esquisse d’une théorie anarchiste de la connaissance.

Pour Feyerabend, il s’agit avant tout de pointer ce qu’il nomme le chauvinisme scientifique , c’est à dire un corpus de savoirs s’appuyant sur une méthode ad-hoc et dont l’État favorise la prolifération. Pour lui, il faut séparer la science de l’État, comme on a séparé l’État de la religion, de façon à ce chaque individu soit en mesure de choisir librement ce qu’il doit penser. En tous les cas on assiste plus souvent au renouvellement de la connaissance qu’à son dépassement au sens étymologique du terme. Ainsi Copernic renouvelle Aristarque et la physique du XX ème siècle renouvelle l‘intuition des atomistes grecs. La prétention scientiste à renvoyer les connaissances passées aux poubelles de l’histoire et à mépriser des connaissances extra occidentales est nuisible à l’imaginaire nécessaire au renouvellement de la pensée scientifique et donc à son progrès.

Ce qu’on a appelé la crise sanitaire a mis en évidence cette bataille séculaire entre un savoir au service du système dominant et une science libre et ouverte. Version moderne de la croisade positiviste d’Auguste Comte pour qui la science devait être au service de l’ordre bourgeois contre l’esprit des Encyclopédistes responsables à ses yeux des troubles de la Révolution Française. N’oublions jamais en tous cas que contrairement à ce qu’écrivait Shakespeare, le pouvoir n’a jamais peur d’un temps où des « des idiots dirigent des aveugles ».

CNT-AIT

Editorial de Anarchosyndicalisme !, n° 1-9, septembre octobre 2020

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Le jour où les méprisants voleront, Macron sera chef d’escadrille !

Le SEGUR est du pur mépris : la revalorisation des « héros de première ligne », de celles et ceux que les ministres et députés LREM sommaient par twitt d’’applaudir tous les soirs à 20 heures, de celles et ceux pour lesquels les artistes ont composé tant de chansons et de clips plus ou moins réussis en disant des « merci merci merci », de celles et ceux dont le salaire n’avait pas évolué depuis 10 ans mais à qui Macron a promis qu’ils ne seraient pas oubliés, qu’ils allaient voir concrètement la générosité pour leur sacrifice et ce – promettait Véran – dès le 1er juillet …bref NOTRE revalorisation n’ira pas plus loin que 183 euros nets mensuels. Soit, pour un salaire de 1500 euros nets, 9 euros de plus que l’inflation de ces dix dernières années …

Il n’aurait plus d’argent en caisse, l’Etat a déjà déboursé 7,5 milliards pour les soignants qu’ils s’estiment heureux.
« les gars il faut rester cool » dirait Macron.

Pourtant l’Etat a encore de l’argent : il a trouvé les moyens d’acheter en mars 2020 pour 3,6 millions d’euros de gaz lacrymogène et en avril pour 3,8 millions d’euros de drones policiers. Ne nous plaignons pas : il y a fort à parier que nous serons servis EN NATURE les prochaines fois où nous exprimerons notre saine colère du mépris de l’Etat …

Mais, cerise sur le gâteau, ce début juillet ce ne sont pas augmentations promises par Véran que nous avons eu le plaisir de voir, mais … les avions de la Patrouille de France !

Cette « unité militaire de prestige », pour remercier les soignants qui ne lui ont rien demandé, est venue faire des ronds de fumée autour des hôpitaux parisiens et de l’Est. Au-delà de l’aberration écologique de cette opération de communication, quel est son coût ?

En 2018, un général avait été épinglé pour avoir utilisé un alpha jet, avion de la patrouille de France, pour son usage personnel. BFM – que l’on ne peut soupçonner d’antimilitarisme primaire – avait calculé alors qu’une heure de vol coûte au contribuable entre 13 000 et 15 000 euros rien qu’en kérosène ![1] Les survols des hôpitaux en disposition « diamants » – soit 8 avions – coutent donc au moins 120 000 euros et comme il y a une trentaine de survols prévus, on peut estimer cette galéjade coûte au minimum 3,6 millions d’euros au budget de l’Etat … là encore, toujours ça en moins sur notre feuille de paye !

Alors que l’Etat brule nos impôts dans le ciel, il continue de programmer la fermeture des hôpitaux  Bichat et Beaujon  (Clichy- Paris 17ème). A Broca (13ème arrondissement de Paris) les lits USLD  fermés  pour « cause » du COVID ne sont pas rouverts. Des postes de soignant-e-s sont menacés de disparaître au nom de ces fermetures ! Ce dont nous avons besoin ce ne sont pas d’applaudissements ni de vroum vroum polluants dans le ciel, mais des actes et une mobilisation populaire pour dire NON AUX FERMETURES D’ETABLISSEMENT ET DE  LITS ! DES EMBAUCHES !

Après le Ségur de mépris et de trahison, ils nous envoient la patrouille de France et ses fumigènes bleu blanc rouge : est-ce qu’on va se faire enfumer encore longtemps ???

Le pognon pour la santé,
pas pour l’armée !

Vive la sociale !

Des travailleurs du secteur santé
de la CNT-AIT (Anarchosyndicaliste)

cntaitcochin@gmail.com


[1] https://bfmbusiness.bfmtv.com/entreprise/un-general-soupconne-d-utilisation-privee-d-un-alpha-jet-combien-couterait-le-vol-1196706.html                                                                                         

Les pauvres sont deux fois plus susceptibles de mourir de COVID-19 que les riches

Manchester Solfed

De nouvelles données révèlent que les plus pauvres d’Angleterre et du Pays de Galles ont été les plus durement touchés par le coronavirus. Les personnes vivant dans les zones les plus défavorisées sont mortes de Covid-19 au double du taux de celles vivant dans les zones les plus riches, selon de nouveaux chiffres de l’Office for National Statistics.

Les chiffres montrent que les personnes vivant dans les 10% les plus pauvres de l’Angleterre sont décédées à un taux de 128,3 pour 100 000, par rapport à celles vivant dans les 10% les plus riches, qui sont décédées à un taux de 58,8 pour 100 000, entre mars et mai de cette année.

Le fait que les maladies respiratoires touchent les moins aisés de manière disproportionnée n’est pas nouveau. Par exemple, la tuberculose, qui au pire était responsable de 1 décès sur 4 au Royaume-Uni, était connue comme une maladie des pauvres.

L’inégalité tue les gens, elle l’a toujours fait et le fera toujours.

SEGUR : un accord INDIGNE et de TRAHISON …

L’accord SÉGUR a donc été signé. 183 €, après 10 ans de blocages des salaires…

Rappelons que depuis 2010 l’inflation cumulée est de  + 11,64 % (source INSEE). exemple pour un salaire  NET environ à 1500  Euros en 2010, il faudrait qu’il gagne NET 1674 euros aujourd’hui pour avoir le même pouvoir d’achat. Cela signifie qu’avec 183 euro l’augmentation est de … 9 EUROS ! CA MERITE DES APPLAUDISSEMENTS !

De plus, les 183 €  annoncés  vous ne les verrez pas tout de suite, mais seulement partiellement à partir de JANVIER puis MARS 2021,alors que Véran avait promis que l’augmentation serait effective dès le 1er juillet !!!

A ce niveau, cet accord est surtout une INSULTE À NOTRE DIGNITÉ !

CFDT, UNSA et FO sont les complices de ce doigt d’honneur aux soignants. Mais ce doigt d’honneur-là ne sera pas critiqué par la presse aux ordres, contrairement à celui de l’infirmière Farida …. CFDT, UNSA, sans surprise ; on sait qu’ils se couchent devant la direction, même quand elle ne leur demande pas. Mais attardons nous sur le cas de FO, qui se veut plus revendicatif. FO Santé ose déclarer dans son tract « Négociations Ségur VICTOIRE ». Heureusement que le ridicule ne tue pas … Voyons de quelle victoire il s’agit :

Une victoire pour les salaires ? pas vraiment …

Déjà on l’a vu la revalorisation ne suffira même pas à rattraper le blocage des salaires depuis 10 ans.

En plus pourquoi attendre 2021 pour mettre en place la revalorisation ? Pour Air France, l’Etat n’a pas attendu pour débloquer directement 3  milliards. Est-ce que la santé est moins importante que les avions ? Est-ce pour être sûr que les soignants continueront de se sacrifier si jamais il y avait une seconde vague à l’automne, en agitant cette carotte sous leur nez ?

Par ailleurs, cette revalorisation n’est pas claire et nette. L’accord ne prévoit pas une augmentation du point d’indice ni du traitement mais un « complément de traitement indiciaire à hauteur  (sic) de 49 points  représentant 183 euros nets par mois ». En gros c’est comme une prime : un complément ça peut être annulé du jour au lendemain, sans préavis, car ce n’est pas intégré définitivement dans le salaire. Avec la crise qui s’annonce, autant dire que cette revalorisation risque de faire long feu … 

Et que veut dire « à hauteur » : que ce sera un maximum qui pourra être atteint mais sans garantie ? Car l’esprit de ce texte est de renvoyer au niveau local les négociations sur les indemnités et les primes, bonus etc. Application sur la base d’accords locaux signés avec les organisations syndicales. Lécheurs de cul de la Direction, l’avenir vous sourit ! 

Enfin, cet « accord » prévoit de « simplifier » les fiches de paie  en fusionnant toutes les indemnités : « Les parties au présent accord  conviennent qu’une rénovation du régime indemnitaire  des personnels de la fonction publique hospitalière sera  entreprise  [sur le]  principe suivant : le nouveau  régime indemnitaire a vocation  à fusionner l’ensemble des régimes indemnitaires existants.».

Concrètement cela veut dire qu’à terme le complément indemnitaire de 183 euros risque d’absorber toutes les indemnités actuelles, comme par exemple l’indemnité de sujétion pour un Aide-soignant de Classe 3, qui est de 165 euros par mois et qui avait été acquis par une lutte en 1991. Belle victoire du SÉGUR en effet que de supprimer les victoires de nos précédentes luttes ! 

Une victoire pour les conditions de travail  et l’organisation des services  ? pas vraiment …

Le texte prévoit également que les syndicats conviennent de la mise en place de la gestion des emplois et des compétences,  avec des plannings autogérés par les soignants eux-mêmes. Mais le texte ne dit rien – ou peu – sur les moyens matériels pourtant nécessaires pour exercer nos fonctions dans des conditions DIGNES.

 Au contraire, le texte prévoit même de continuer les fermetures de lits en « développant les hospitalisations programmées et ambulatoires » ! (cf. Bichat Beaujon 35% de lits en moins …) En absence de moyens matériels supplémentaires et massifs, en absence de nouveaux lits, en absence de nouvelles embauches fermes et massives, ce sera surtout  l’autogestion de la misère et de notre propre exploitation.

Souvenons de ce qui s’est passé l’été dernier : alors que le personnel réclamait des MOYENS en pleine canicule (climatiseurs, aérations en bon fonctionnement, postes de soins réfrigérés, …), FO Cochin réclamait une PRIME-Canicule. Or les primes n’empêchent pas la dégradation des conditions de travail.

Le texte ouvre aussi la boîte de pandore de la remise en cause des « 35 heures » (même si on sait bien que ça n’a jamais été les réelles 35 heures) : « Il sera procédé  après concertation , à des modifications réglementaires , notamment  le décret  N° 2002-9 du 4 janvier 2002 relatif à l’aménagement et à la réduction du temps de travail  dans  la fonction publique hospitalière , pour mettre en oeuvre les dispositions visant à améliorer l’organisation du travail sans remettre  en cause le cadre légal  . »

Le rappel au cadre légal ne doit pas faire illusion : le cadre légal ce ne sont pas les « 35 heures hebdomadaire » mais bien « l’annualisation du temps de travail »- prévu dans la loi dite des 35 heures. Avec l’accord SÉGUR, « dans le cadre des accords locaux », la Direction pourra toucher à vos 35 heures, à vos RTT, à planifier des 12 heures partout  » sur la base du volontariat » … et mon cul sur la commode …Regardez  Cornill ( pneumologie Cochin ) au nom du COVID, ils étaient  tous passés en 12 heures sans qu’aucune organisation syndicale  ne dise rien …. Il faut dire que les permanents syndicaux étaient exemptés du « volontariat » ( imposé de fait )  : les 12 heures c’est bien mais pour les travailleurs, par pour leurs « représentants » …

Il faut souligner la ruse introduite par cet accord : sous couvert d’autonomie d’organisation, la remise en cause du mode d’organisation du travail se faisant au niveau local, structure par structure, chacun partira éventuellement en lutte dans son coin, pour essayer de contrer sa direction, mais sans qu’il y ait un mouvement généralisé. C’est la bonne vieille stratégie du « diviser pour mieux régner ». On sait que la lutte dans une structure isolée aura moins de poids, et donc moins de chance de réussir, qu’une grève générale de l’ensemble du secteur hospitalier. Or le soutien populaire aux hospitaliers suite à la crise COVID nous mettait dans un rapport de force favorable vis-à-vis de l’Etat et des Directions hospitalières. Les syndicats, en acceptant de participer aux négociations SÉGUR, nous ont désarmé et ont saboté notre rapport de force favorable.

Au final, les seuls victorieux ce sont les syndicalistes garde-chiourmes de notre colère …

Ce qui est proprement incroyable c’est que des syndicalistes aient signé ce texte qui est une reddition en rase campagne avant même d’avoir engagé toute lutte !!!

Mais en fait, ce texte correspond bien à leur conception du syndicalisme, un syndicalisme de service, d’accompagnement, de concertation et de discussion, qui apporte aux syndicalistes des avantages (permanents, décharges syndicales, locaux, heures de formation et restos…) en échange de leur docilité. (cf. l’article du Canard Enchaîné de cette semaine qui confirme notre analyse)

Que SUD ou  la CGT n’aient pas signé l’accord ne doit pas nous leurrer : ils n’ont pas besoin de signer, puisque les autres le font à leur place. Cela leur permet de jouer le rôle des rebelles, mais dans le fond ils n’agissent pas tellement différemment des autres syndicats (. Au fait est ce que ces syndicats ont appelé à des assemblées de lutte pendant qu’ils négociaient ? Non ! cela montre bien qu’aucun d’entre eux ne voulait vraiment engager de bras de fer.).

Et surtout ils ne crachent pas sur les avantages que leur confère leur statut de syndicat « représentatif ». S’ils étaient réellement des structures de lutte, ils refuseraient les avantages octroyés par l’Etat pour assurer leurs mandats, de façon à être réellement libres et indépendants.

Cet accord est une INSULTE contre notre dignité. 

L’objectif de l’accord n’est pas d’augmenter le salaire des soignants, mais de nous faire travailler encore plus, dans des conditions matérielles qui seront toujours aussi dégradées, avec les syndicats dans le rôle des gardes-chiourmes, qui s’assureront que les accords qu’ils auront « négocié » soient bien respectés par les soignants. Et les syndicats tireront des avantages sonnants et trébuchants de cette Collaboration. Sous couvert d’autonomie de gestion, l’accord va en fait surtout servir à augmenter la pression sur les personnels, en les obligeants à gérer eux même leur propre misère. 

Macron nous a affirmé au début de l’épidémie « La santé n’a pas de prix. Le gouvernement mobilise tous les moyens financiers nécessaires, quoi qu’il en coûte ». Le SEGUR montre que encore une fois, MACRON A MENTI : finalement c’est bien la logique comptable qui prévaut sur les considérations sanitaires …

Aujourd’hui nous sommes à l’heure des choix. Ne pas dénoncer cet accord, c’est se rendre complice. S’il reste des syndicalistes sincères à FO ou ailleurs, s’ils ne déchirent pas leur carte, c’est qu’ils couvrent cette trahison.

Ce pseudo-accord est une usine à gaz dirigée contre nous, ceux qui se sont sacrifiés sans compter pendant la crise. Le Capitalisme porte en lui la guerre et la misère, et se fout bien de notre santé comme de nos conditions de vie. Seule une révolution sociale permettra d’en finir avec l’exploitation généralisée tant de la Planète que des Humains. Mais d’ici là exigeons :

  • Le retrait immédiat de cette fumisterie de plan Notat-Ségur ;
  • Respect par Macron de sa parole «la santé avant l’économie,  quel qu’en soit le coût » et salaire unique pour tous les soignants, sur la base du traitement des directeurs d’ARS (après tout, nous n’avons pas été moins déméritant qu’eux pendant la crise COVID) ;
  • Création massive de lits supplémentaires ;
  • Embauches massives d’au moins 300 000 personnels en secteur hospitalier et EHPAD.

Pour défendre nos intérêts, n’attendons rien des syndicats officiels. Organisons nous nous-mêmes, refus de la représentation, pour l’action directe créons nos assemblées de lutte, pour libérer la parole et les initiatives et faire aboutir nos revendications.

  Pour un véritable militantisme sans décharges syndicales, contre les permanents à vie !

Pour un système de santé universel, socialisé, solidaire.

Vive la sociale !

Des travailleurs du secteur santé de la CNT-AIT (Anarchosyndicaliste)
Cochin-Broca –Hôtel-Dieu, juillet-août 20
20

Si vous souhaitez prolonger la discussion avec nous, vous pouvez nous contacter par mail : cntaitcochin@gmail.com

http://cnt-ait.info

#CORONAVIRUS [FICHE Numéro 7] Masques gratuits ! A bas les profiteurs ! Fatigués mais pas abattus

Voici la Fiche n°7 des travailleurs de la santé de la CNT-AIT. n’hésitez pas à la partager que ce soit par voie électronique ou par voie papier ! Seule la lutte paye !

téléchargeable en PDF :

Masques gratuits pour toutes et tous ! À bas les profiteurs et leurs complices !

– Fatigués mais pas abattus !

– bulletin international

Masques gratuits pour toutes et tous !

À bas les profiteurs et leurs complices !


Ce même Etat, qui a été infoutu AVANT la crise de constituer un stock stratégique de masque, qui a été incapable PENDANT la crise de faire face laissant les personnels soignants improviser – souvent avec l’aide de réseaux de solidarité de base – des solutions de masques cousus « maison », vient MAINTENANT de donner le feu vert aux enseignes commerciales pour nous VENDRE ces mêmes masques, et vient de définir leur prix : 0,95 €.

Or Comme on peut le voir sur les catalogues professionnels publiés il y a un mois, les masques chirurgicaux c’était moins de 10 euros la boite de 50 masques, soit 20 centimes l’unité… (du côté des hôpitaux de l’APHP, les prix d’achats étaient de 3 cts pour un FFP1 et 15 cts pour un FFP2). Les marges étaient déjà à ce moment très confortable.

Mais cela c’était avant la spéculation… Le ministre de l’Économie, par la voix de sa secrétaire d’Etat Agnès Pannier-Runacher (le Ministre a même pas le courage de l’annoncer lui-même qu’il envoie ses second couteaux …), a annoncé que le prix des masques chirurgicaux qui seront vendus par les hypermarchés dans le cadre du déconfinement sera « plafonné » à 95 centimes d’euro l’unité. Drôle de plafonnement, près de 500 % d’augmentation possible !

Laisserons-nous le sacrifice de tant de travailleurs servir aux profits de la grande distribution qui s’est emparée de ce produit vital pour la santé publique ? NON !

Masques gratuits pour toutes et tous !


À bas les profiteurs et leurs complices !


Travailleurs de la santé de la CNT-AIT


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Fatigué mais pas abattu


… Compte tenu de la situation ds nos hôpitaux et de notre état de fatigue,, nous les soignants, où plus de 3000 agents malades du Covid à l’ AP HP sur Paris,, dont certains hospitalisés en réanimation comme les malades,, et de la venue annonciatrice de la seconde vague devant arriver très prochainement … Beaucoup de médecins ne s ‘ attendent pas à une soit-disante « légère baisse » avant septembre’. EN FAIT ILS N ‘EN SAVENT RIEN … Les hôpitaux sont encore pleins contrairement à ce que l’on vous raconte danss les médias…  mais il faut vous rassurer pour retoruner au boulot et refaire tourner l’économie …

Des affiches sont d’ ores et déjà collées sur les sièges des consultations avant le déconfinerment total du 11 mai, ça va être joli dans nos hôpitaux.. Déjà la direction. Nous fournit des boîtes de masques complètement nuls qu’il faut à chaque fois réajuster sur notre visage ! C’est à croire qu’ils les ont eu au rabais leurs masques pourris, dont leur date de péremption a dépassé depuis longtemps. .. Sachez-le ils n’en n’ont rien à foutre de vous et de nous, nous sommes que de la chair à Patron.. Les médecins ne sont pas entendus dans leurs réflexions… Les malades continuent toujours à dégringoler dans les longs séjours de l’AP HP. Nos heures sont flexibilisées dans nos services, services toujours éclatés… mais on ne se laisse pas abattre : on continue de se faire entendre dans le service, de dire ce qu’on pense, bref de lutter ! La lutte c’est la vie.

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Bulletin International

Nous venons de publier un Bulletin d’information international, compilation de textes écrits par des Travailleurs de la santé qui présentent comme dans différents pays ils font face à la crise Covid 19, dans une perspective anarchosyndicaliste. On peut le télécharger en ligne

http://blog.cnt-ait.info/post/2020/05/01/BULLETIN-AIT ou le demander par mail à contact@cnt-ait.info


facebook : @chats.noirs.turbulents / @cnt.ait.toulouse

Masques gratuits pour tous !

A bas les profiteurs et leurs complices !

Comme on peut le voir sur les catalogues professionnels, les masques chirurgicaux c’était moins de 10 euros la boite de 50 masques, soit 20 centimes l’unité… Les marges étaient déjà à ce moment très confortable.
Mais cela c’était avant la spéculation… Le ministre de l’Économie, Agnès Pannier-Runacher, a annoncé que le prix des masques chirurgicaux qui seront vendus par les hypermarchés dans le cadre du déconfinement sera « plafonné » à 95 centimes d’euro l’unité. Drôle de plafonnement, prés de 500 % d’augmentation possible !


Laisserons-nous le sacrifice de tant de travailleurs servir aux profits de la grande distribution qui s’est emparée de ce produit vital pour la santé publique ? NON !

Masques gratuits pour tous !

À bas les profiteurs et leurs complices !

prix des masques avant le confinement
Prix des masques que payait l’APHP avant le confinement