A propos de la souveraineté populaire (Le père peinard, 1895)

Y a pas à tortiller : cette vaste blague de la souveraineté populaire est tombée rudement à pic pour nous faire perdre le nord. Sans elle on serait arrivé à comprendre que le gouvernement est une mécanique dont tous les rouages fonctionnent dans le but de serrer la vis au populo ; puis, avec deux liards de réflexion, on aurait conclu que le meilleur usage qu’on puisse faire de cette affreuse machine, c’est de la foutre au rencard.

On en serait venu à conclure que pour avoir ses coudées franches, pour vivre sans emmerdements, faut se passer de gouvernement.

Tandis que, grâce à l’embistrouillage de la souveraineté populaire, on a eu un dada tout opposé : on a cherché, — et des niguedouilles cherchent encore, — à modifier la mécanique gouvernementale de façon à la rendre profitable au populo.

Comme d’autres se sont attelés à la découverte du mouvement perpétuel ou de la quadrature du cercle, certains se sont mis à la recherche d’un bon gouvernement. Les malheureux ont du temps à perdre ! Il serait en effet plus facile de dégotter la boule carrée ou de faire sortir des crocodiles d’un œuf de canard que de mettre la main sur un gouvernement qui ne fasse pas de mistoufles au pauvre monde.

—O—

Ah, les jean-foutre de la haute ont été rudement marioles, en nous sacrant souverains !

On est fiers de la chose. — y a pourtant pas de quoi faire les farauds !

Quand on rumine un tantinet, ce que ce fourbi à la manque est rigouillard : y a pas pire trouducuterie.

Pour s’en convaincre, il s’agit de regarder de près le fonctionnement de cette sacrée mystification.

Et d’abord nous n’exerçons pas notre souveraineté à propos de bottes, quand l’envie nous vient. Ah, mais non ! Les dirigeants ont réglé ta chose, — tellement que nous n’usons du fourbi qu’une fois tous les quatre ans.

Cette précaution est indispensable, paraît-il, pour nous empêcher de détériorer notre trésor : la souveraineté est un bibelot fragile, et comme le populo a les pattes gourdes, s’il la manipulait trop souvent, il la foutrait en miettes.

En ne le laissant s’en servir qu’une fois tous les quatre ans, pour renouveler la délégation aux députés, les grosses légumes n’ont pas le moindre avaro à craindre : une fois la comédie électorale jouée, ils ont de la brioche sur la planche pendant quatre ans et ils peuvent s’enfiler des pots de vin et toucher des chèques à gogo.

Voici comment s’opère l’exercice de la souveraineté.

Supposez que je sois votard :

Le dimanche que la gouvernance a choisi, à l’heure qu’elle a fixée (sans, naturellement me demander mon avis) je m’amène au bureau de vote.

Je défile entre une rangée de purotins qui s’emmerdent à vingt francs l’heure — et malgré ça palpent juste trois francs pour leur journée. Ils ont du papier plein les pattes et m’en fourrent jusque dans mes chaussettes… qui sont russes, foutre ! car en ma qualité de votard, l’alliance russe, y a que ça de vrai !

Jusqu’ici tout votard que je sois, je ne suis pas plus souverain qu’un mouton qu’on écorche.

Attendez, ça va venir…

Dans la tripotée de bulletins dont les distributeurs m’ont farci, j’en pige un, que je roule en papillotte.

Pourquoi celui-là plutôt qu’un autre ?

Je n’en sais foutre rien ! Le coco dont le nom est dessus m’est inconnu ; je n’ai pas été aux réunions, ça me dégoûte ; je n’ai pas lu les affiches, elles sont trop cannulantes… quèque ça fait, j’ai confiance !

Mais, nom d’un foutre, ma souveraineté est toujours pucelle : j’en ai pas encore joui.

Quoique j’aie mon bulletin dans les pattes, tout prêt à être enfourné dans l’urne, je ne suis pas encore souverain ! Je ne suis qu’une belle pochetée que la gouvernance tient sous sa coupe, que les patrons exploitent ferme et que les sergots font circuler à coups de renfoncements quand il m’arrive d’être attroupé.

Ne désespérons pas ! je serai souverain.

J’avance… Enfin, mon tour arrive ! Je montre ma carte, — car je suis en carte ; on ne peut pas être souverain sans être en carte.

Maintenant, j’ai des fourmis dans les doigts de pied : c’est sérieux, — évidemment le moment psychologique approche, — j’allonge la patte ; je tiens ma papillotte entre les deux doigts, le pouce et le chahuteur.

Eh là, reluquez ma tronche !

Quelle scie qu’il n’y ait pas un photographe…

Une… deusse… Je vais être souverain !

Juste à la seconde précise où j’ouvrirai mon pouce et mon chahuteur… juste au moment où la papillotte sera lâchée, j’userai de mes facultés de souverain.

Mais, à peine aurai-je lâché mon chiffon de papier que, bernique, y aura plus rien ! Ma souveraineté se sera évanouie.

Dès lors, me voilà redevenu ce que j’étais il y a deux secondes : une simple niguedouille, une grande pochetée, un votard cul-cul, un cracheur d’impôts.

Sur ce, la farce est jouée ! Tirons le rideau…

J’ai été réellement souverain une seconde ; je le serai le même laps de temps dans quatre ans d’ici.

Or, je ne commence à user de cette roupie souveraine qu’à l’âge raisonnable de 21 ans, — c’est un acte si sérieux qu’il y aurait bougrement de danger à me le laisser accomplir plutôt, — c’est les dirigeants qui le disent, et ils s’y connaissent !

Une supposition que je moisisse sur terre jusqu’à la centaine : le jour où j’avalerai mon tire-pied j’aurais donc quatre-vingt ans de souveraineté dans la peau, — à raison d’une seconde tous les quatre ans, ça nous fait le total faramineux de vingt secondes…

Pour être large, – en tenant compte des ballotages, des élections municipales, des trouducuteries électorales qui pourraient se produire, — mettons cinq minutes !

Ainsi, en cent ans d’âge, au grand maximum, en ne laissant passer aucune occase d’user de mes droits, sur mes quatre-vingts ans de souveraineté prétendue, j’aurai juste eu cinq minutes de souveraineté effective !

Hein, les bons bougres, voulez-vous m’indiquer une bourde plus gigantesque, une fumisterie plus carabinée, une couleuvre à avaler, plus grosse que le serpent boa de la souveraineté populaire ?

—O—

Mais foutre, c’est pas tout ! Y a pas que cette unique gnolerie dans le mic-mac électoral.

J’ai dit que, tout en me laissant bonne mesure ce sera rudement chique, si en cent ans d’existence, j’arrive à jouir de cinq minutes de souveraineté effective.

Ecore faut-il pour que je ne sois pas trop volé, que ma souveraineté vienne à terme et ne soit pas une fausse couche.

Or, ça me pend au nez !

Me voici, sortant de poser mon papier torcheculatif dans la tinette électorale. J’ai fait «acte de citoyen» ! Mais cet «acte» ne va-t-il pas tourner en eau de boudin ?

Mon papier va-t-il servir à quelque chose ?

J’attends l’épluchage des torche-culs…

J’apprends le résultat…

Zut, pas de veine, je suis dans le dos ! L’apprenti bouffe-galette pour qui j’ai voté remporte une veste. Je suis donc blousé, dans les grands prix !

Ma souveraineté a foiré. J’aurais aussi bien fait d’aller soiffer un demi-stroc chez le bistrot. Ça m’eût fait d’avantage de profit.

Ce qui peut me consoler un brin, c’est que l’épicemar du coin, qui a eu le nez plus creux que bibi et qui a voté pour le bon candidat — c’est-à-dire pour celui qui a décroché la timballe, — est logé à si piètre enseigne que moi.

En effet, à l’Aquarium, son bouffe-galette s’aligne de telle sorte que, chaque fois qu’il vote, il est toujours dans la minorité.

Donc, mon épicemar est volé lui aussi ; sa souveraineté est comme la mienne, — elle ne vaut pas tripette !

Ainsi, c’est net : je vote pour un candidat blackboulé.

C’est comme si je n’avais pas voté.

Mon voisin vote pour un candidat qui se range dans la minorité.

C’est encore comme s’il n’avait pas voté !…

Et si, au lieu d’être un votard grincheux, j’avais suivi le troupeau des moutons bêlants qui ont voté pour le bidard de la majorité ?

Eh bien, je n’en aurais pas eu un radis de plus en poche ! J’aurais tout simplement la triste satisfaction de me dire que j’ai donné un coup d’épaule à un chéquard.

Dans tous ces arias, que devient ma souveraineté ?

Elle ne devient rien, mille tonnerres ! Elle reste ce qu’elle a toujours été, de la roustamponne : un attrape-nigaud, un piège à prolos, — et rien de plus, nom d’une pipe !

—O—

Comme fiche de consolation, les grosses légumes veulent nous faire gober qu’un tel fourbi a pour résultat de mettre le gouvernement dans les pattes de la majorité.

Ça, c’est encore une menterie faramineuse !

Ce n’est jamais la majorité qui gouverne. Ce serait elle que nous n’en serions pas plus heureux pour ça, attendu que tous les mic-macs gouvernementaux ne sont que des fumisteries d’escamotage : quoiqu’il en soit, je le répète : ce n’est jamais la majorité qui tient la queue de la poêle.

C’est toujours une majorité de crapules qui s’est accrochée à nos flancs — et qui s’y maintient grâce à la gnolerie du populo.

D’ailleurs pour bien se rendre compte que cette racaille n’a rien de commun avec la majorité, y a qu’à éplucher par le menu la distribution des bouffe-galette à l’Aquarium.

—O—

Supposons que la population de la France, qui est, à vue de nez, d’une quarantaine de millions, soit tassée sur une surface grande comme une page de mon almanach.

Or, il y a juste dix millions d’électeurs sur ces quarante millions d’habitants.

Pourquoi 10 millions et non pas 12 ou 18 ? Pourquoi ne commence-t-on à voter qu’à 21 ans ? Pourquoi les femmes ne sont-elles pas électeurs ? Pourquoi faut-il que les bons bougres aient des quittances de loyer pour être inscrits ? Pourquoi les soldats ne votent-ils pas ?

Ça, — ainsi que bien d’autres contradictions, — personne n’a jamais pu les expliquer, c’est la bouteille à l’encre !

Donc, y a dans toute la France que dix millions d’électeurs.

Supposons que ces couillons-là poussent en carré, kif-kif les asperges, et pour les classer prenons les chiffres de la foire électorale de 1893. Ils occuperont juste le quart de la page, soit le carré ci-dessous :

★ Le Muselage Universel
Reluquez ça, les camaros, et en un clin d’œil vous aurez constaté que c’est la minorité qui fait la pluie et le beau temps.

Le carré des abstentionnistes fait à lui seul le tiers des électeurs ; vient à côté le carré des votards dont les candidats n’ont pas décroché la timballe, — ils sont 2.458.000. Ces deux carrés réunis font plus de la moitié : ceux-là se passent de députés.

Viennent ensuite les carrés des élus : celui des socialistes est le plus maigre ; celui des réacs le suit, puis celui des radicaux. Faisant la loi à tous ceux-là nous tombons ensuite dans le trou à fumier des opportunards et des ralliés : c’est eux les plus forts, et c’est eux qui gouvernent… et ils ne sont pas le quart des votards.

Et encore, foutre, faut-il pas crier trop haut qu’ils gouvernent ! Les 300 bouffe-galette qui représentent ces 2. 300.000 votards ont en effet à balancer les 270 birbes des diverses oppositions. Seulement, y a de tels mic-macs à l’Aquarium que la plupart du temps, les députés se fichent de l’opinion de leurs électeurs autant qu’un poisson d’une pomme.

Ils votent suivant les ordres d’un ministre ou les ordres d’un distributeur de chèques. De sorte que ces 2.300.000 andouilles qui ont voté pour des bouffe-galette de la majorité, n’ont — même pas eux ! — la veine d’être représentés selon leur cœur.

En dernier ressort, c’est une douzaine de crapules qui gouvernent la France : des ministres comme Rouvier, Bailhaut ou Dupuy, des distributeurs dec chèques comme Arton ou des banquiers comme Rothschild.

—O—

Quant à espérer s’enquiller dans la mécanique gouvernementale, de manière à se rendre utile au populo, c’est un rêve de maboules et d’ambitieux.

C’est un sale truc que de se foutre tout rond dans un marécage pestilentiel pour se guérir des fièvres. C’est comme Gribouille qui se fichait à la Seine pour ne pas se mouiller.

D’ailleurs, on a été assez salement échaudés par des bouffe-galette qui parlaient au nom du peuple pour être guéris de la maladie votarde.

De tous les types qui avaient du poil au ventre, alors qu’ils étaient au milieu du populo, combien y en a-t-il qui, une fois élus députés, sont restés propres ?

Tolain, Nadaud, Basly et un tas d’autres ont retourné leurs vestes.

Quant à ceux qui ne se sont pas pourris complètement, ils ont pris du ventre et se sont bougrement ramollis.

Le plus chouette est de se tenir à l’écart, de faire le vide autour des tinettes électorales.

Puisqu’on nous serine que nous sommes souverains, — gardons notre souveraineté dans notre poche, ne soyons plus assez cruches pour la déléguer.

C’est pour le coup que les grosses légumes feraient une sale bobine !

Ne pouvant plus se réclamer du populo, tout leur pêterait dans les mains ; les rouages gouvernenemtaux n’étant plus graissés par l’impôt se rouilleraient, et en peu de temps la mécanique autoritaire se déclancherait et ne fonctionnerait plus.

Ce serait pour le populo le commencement d’une riche saison de bien-être ! »

Émile Pouget

ELECTRICES, ELECTEURS !

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Françaises, Français,
Européennes, Européens,
Citoyennes, Citoyens,
Madame, Monsieur,
et surtout …

ELECTRICES, ELECTEURS !

Vous serez très prochainement appelés à voter pour élire votre président et vos députés

Ne vous faites pas de souci : c’est facile. Allez dans un bureau de vote. Déposez un bulletin dans une urne. C’est tout ! Ensuite, rentrez chez vous. Dormez tranquillement. Ne posez pas de question. Surtout ne vous occupez plus de rien. On vous réveillera pour la prochaine fois.en attendant vous pouvez retourner travailler.

FAITES NOUS CONFIANCE !

Nous sommes honnêtes, la preuve :

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Françaises, Français,
Européennes, Européens,
Citoyennes, Citoyens,
Madame, Monsieur,
et surtout …

ELECTRICES, ELECTEURS !

Vous serez très prochainement appelés à voter pour élire votre président et vos députés

Ne vous faites pas de souci : c’est facile. Allez dans un bureau de vote. Déposez un bulletin dans une urne. C’est tout ! Ensuite, rentrez chez vous. Dormez tranquillement. Ne posez pas de question. Surtout ne vous occupez plus de rien. On vous réveillera la prochaine fois.

FAITES NOUS CONFIANCE !

Nous sommes honnêtes, la preuve :

— quelques uns d’entre nous ne sont pas encore allés en prison,
— quand l’un d’entre nous y va, il n’y reste Jamais très longtemps,
— s’il risque gros, on se vote une petite loi d’amnistie ou les copains payent une caution.

Nous nous sommes occupés des jeunes…

Dans tous les quartiers, en cinq ans, tous ensemble (droite, gauche, centre, extrême gauche), nous leur avons :
— créé des emplois : des centaines de postes de flic, îlotiers,etc …
— construit ou rénové des espaces sociaux et culturels : des commissariats flambants neufs.

Nous ne nous arrêterons pas en si bon chemin : s’il le faut, nous agrandirons le centre de rétention.

… maintenant, nous commençons à nous occuper des vieux

Leur durée de vie s’allonge inutilement. Des ouvriers, de simples salariés arrivent désormais facilement à 80, voire 90 ans. C’est un scandale. Nous ne les laisserons pas souffrir inutilement :

— pour leur éviter indigestions et soucis financiers, nous rognons les retraites,
— pour qu’ils ne se trompent plus de gélules, nous rationnons les dépenses de santé,
— pour qu’ils ne restent pas à fainéanter au lit, nous allons supprimer les soins infirmiers à domicile. Enfin, pour régler définitivement le problème, nous préparons la privatisation des retraites et de la sécurité sociale.

Nous avons fait nos preuves dans la santé publique…

Avec le sang contaminé, plus de la moitié des hémophiles français sont morts : nous avons solutionné d’un coup la moitié du problème de l’hémophilie.

Nous vous promettons d’être tout aussi efficaces avec la vache folle. Nous avons d’ailleurs déjà commencé.

… et dans le domaine économique et social

N’écoutez pas les râleurs qui prétendent qu’il existe du chômage ; que la flexibilité et la précarité s’étendent. Nous sommes sociaux et efficaces :

— Nous avons inventé les 0 heures payées 20, 30, 50 000 Francs par mois et plus,
— Nous avons trouvé du travail à nos femmes, nos enfants, nos cousins, nos amis
— Nous ne vous avons pas fait travailler pour rien : jamais vos patrons n’ont été aussi riches.

Nous ne sommes pas racistes.

La preuve, nous fréquentons des étrangers :

— nous avons des comptes en banque clandestins en Suisse, à Monaco…
— nous accueillons toujours Duvalier,
— nous partons en vacances à l’île Maurice.

Alors, ne vous laissez pas détourner de votre devoir citoyen par
les calomnies d’une poignée d’anarcho-syndicalistes.
Faites ce qu’on vous dit.
Votez,
c’est tout ce qu’on vous demande.
VOTEZ, MEME POUR N’IMPORTE QUI.
DE TOUTES FAÇONS, ON S’ARRANGERA TOUJOURS ENTRE NOUS.
COMME D’HABITUDE.
Comité des Citoyens Pour la Protection des Politicards.

LA RACAILLE C’EST LES POLITICIENS ET LES PATRONS

La racaille, c’est les politiciens

qui mentent comme ils respirent,

qui ne s’intéressent à nous que pour nos bulletins de vote,

qui, de droite comme de gauche, défendent le même système inégalitaire,

qui parquent les mêmes populations dans les mêmes ghettos.

La racaille, c’est les patrons

qui s’enrichissent sur le dos des travailleurs, surtout les moins qualifiés, en leur faisant l’aumône de salaires de misère et d’emplois-kleenex,

qui nous sélectionnent à l’embauche selon nos origines

et qui, à cause de ces origines, nous limitent dans l’échelle salariale.

C’est eux, la racaille, qui volent notre pouvoir de décision, le produit de notre travail, notre temps, notre vie, qui entretiennent un climat de compétition, de méfiance, d’insécurité entre nous.

Ce n’est pas en allant voter que nous ferons disparaître les inégalités de ce système capitaliste. C’est en luttant que nous améliorerons nos conditions de vie et de travail comme nous l’avons fait dans le passé. C’est en nous organisant à la base sans intermédiaire dans nos quartiers, nos lieux de travail et d’études que nous construirons une société plus juste.

Organisons-nous !

CNT-AIT

(Texte paru initialement en février 2006)

L’ÉLECTOXICOMANIE

Encore méconnue des médias, l’électoxicomanie s’apparente à une drogue, comme le tabac, l’alcool et autres dérivatifs psycho-sociaux ! La maladie provoque une dépendance plus ou moins forte. Le malade éprouve une curieuse envie : le besoin irrésistible de déposer un bulletin de « démission citoyenne » dans une boite. Mais, il a honte d’un tel comportement. Aussi le fait-il à l’abri des regards, dans un sas appelé isoloir ! Ce geste semble procurer au malade une extraordinaire jouissance, il se sent fort, invincible, et, pour tout dire, heureux ! c’est la phase dite de « citoyennite aiguë ». Après, vient la phase descendante, véritable situation de crise, de déprime ! La dure réalité retrouvée, au lendemain d’élections, avec son cortège de mensonges, de trahisons, met le patient en état de manque.

Perdu, il ne voit d’autres alternatives que de changer de produit. Il va opter pour les suppositoires « Lepen-ite » fabriqués par le laboratoire RN, ou les pilules « Macronine » du laboratoire LREM, selon les cas il peut également trouver sur le marché les pastilles bio, garanties sans OGM, communément appelées « Jadotiose », ainsi que des génériques divers, tels que ‘Melanchonite », « Bayrousine », « Troskydonne », tous plus toxiques les uns que les autres !

L’État, qui se dit pourtant soucieux de la santé des citoyens, ne fait rien, et, au contraire, entretient la maladie, en renouvelant des scrutins plus ou moins dosés en « sondaginelles » et « médiatox ». Des chercheurs en électoxicologie avancent même l’hypothèse selon laquelle cette maladie servirait l’État : les malades maintenus dans un état de léthargie, n’ont plus aucun esprit critique, ni velléité de réflexion et d’action autonomes. Certains font une rechute et souffrent d’hallucinations appelées « liste-citoyennose » : ils sautillent sur place en glapissant « munipalisme libertaiiiiire ».

Les soins permettant de guérir l’électoxicomanie existent et ne sont pas onéreux. Il suffit de faire une cure d’abstentionnisme qui consiste à : rester au chaud chez soi, seul ou avec d’autres convalescents, les jours d’élections, afin de ne pas attraper le virus électoxicologique, puis il faut poursuivre le traitement en participant le plus souvent à des groupes d’anciens malades (rond points, meetings, comités de luttes, assemblées générales, etc.), lutter matin, midi et soir contre le retour de la maladie par l’action revendicative, directe, dans son entreprise, son quartier, son village. Porter un gilet jaune ou un Kway noir peut aider à la rémission.

Cette méthode thérapeutique a pour effet rapide de se débarrasser des réflexes de dépendance vis a vis de l’électoxicomanie, fortement anxiogène. Par l’abstention électorale, le patient revit, prend du recul, retrouve son indépendance, son autonomie !

En conclusion, VOTER NUIT GRAVEMENT À NOTRE SANTE ET PEUT MENER AU CERCUEIL DES ILLUSIONS ! ! !

Docteur Pierre Noire

N.B : le docteur Pierre reçoit gratuitement et sans rendez vous et peut fournir, si nécessaire des « arrêts de voter » renouvelables, à fournir à votre antenne locale « d’insécurité sociale ».

(d’après un texte initial paru en 2010)

ELECTRICES, ELECTEURS !

Vous serez très prochainement appelés à voter pour votre équipe municipale. Ne vous faites pas de souci : c’est facile. Allez dans un bureau de vote. Déposez un bulletin dans une urne. Ensuite, rentrez chez vous. Dormez tranquillement. Ne vous posez pas de question. Surtout ne vous occupez plus de rien. On vous réveillera la prochaine fois. Vous pouvez retourner travailler.

FAITES NOUS CONFIANCE !

Lire notre programme ci-après … Nous vous aimons, nous voulons un monde de solidarité, sans discriminations : Nous tenons, malgré tout, à ce que nos prisons soient bien remplies. Nous voulons tous plus de sécurité. Nous ne voulons pas perdre nos privilèges.

Dans notre bonne ville, comme partout ailleurs, nous avons :

-  créé des emplois : des nouveaux postes de policiers, ah ! qu’ils sont beaux nos flics à vélos !
-  construit ou rénové des espaces sociaux et culturels  : ah ! le beau commissariat flambant neuf  ! Et le nouveau Pôle Emploi !
-  muré des maisons.

En effet, quelques individus mal intentionnés n’ont rien trouvé de mieux à faire que d’habiter sous un toit qui ne le leur appartient pas. Nous nous sommes empressés de les en expulser vite fait bien fait. Ces maisons sont maintenant bien vides puisque murées et sans porte. Au moins, les propriétaires savent que LEURS maisons vides et abandonnées ne servent à personne d’autre qu’à leurs fantômes. La propriété privée est sacrée. Et si ces squatteuses et squatteurs ne savent plus où habiter, pas d’inquiétude : s’il le faut, nous agrandirons la prison.

De plus, nous savons que vous aimez les nouvelles technologies et la télé, nous voulons vivre avec notre temps, nous prévoyons d’installer un peu partout de jolies caméras de vidéosurveillance, le plaisir de se savoir filmé-e, un peu comme si on était une star de téléréalité…

Vous le savez, tous ensemble (extrême-droite, droite, centre, écolos, gauche, extrême gauche), nous vous proposons plus de policiers, car nous savons que la solution à tous nos problèmes passe par la répression.

Vos problèmes ? Quels problèmes ? Il n’y a pas de problèmes.

Dans le domaine économique et social, nous avons fait nos preuves : N’écoutez pas les râleurs qui prétendent que le travail aliène, qu’il existe du chômage ; que la flexibilité et la précarité s’étendent. L’exploitation comme l’esclavage font partie du passé.

Nous sommes sociaux et efficaces :

-  Nous avons inventé les 0 heures payées 20, 30, 50 000 Euros par mois et plus (*).
-  Nous avons trouvé du travail, bien payé et pas trop chiant, à nos femmes, nos enfants, nos cousins, nos amis.

Nous ne vous avons pas fait travailler pour rien : jamais vos patrons n’ont été aussi riches.

Nous ne sommes pas sexistes car des femmes sont présentes sur nos listes.

Nous sommes pour la parité, nous avons besoin de secrétaires.

Nous ne sommes pas racistes. La preuve, nous fréquentons des étrangers :

-  Nous avons des comptes en banque clandestins en Suisse, à Monaco, au Liechtenstein, …
-  De nombreuses personnes d’origine africaine habitent dans des cités préparées spécialement pour eux dans certains coins de la périphérie dijonnaise.
-  Nous partons en vacances à l’île Maurice ou dans nos villas Pamplemousse,
-  Nous avons de bons amis, bien placés, dans certaines dictatures militaires en Afrique…

Alors, ne vous laissez pas détourner de votre devoir citoyen par les calomnies d’une poignée d’anarchistes. Faites ce qu’on vous dit. Votez, c’est tout ce qu’on vous demande.

VOTEZ, MEME POUR N’IMPORTE QUI.

DE TOUTE FAÇON, ON S’ARRANGERA TOUJOURS ENTRE NOUS.

COMME D’HABITUDE.

Et au pire, si vous ne votez pas, restez silencieux.

Bureau de Politiciens et de Citoyens pour la Protection de la Paix Sociale

(*) ATTENTION : Les « emplois fictifs » sont réservés à certaines catégories de personnes. Renseignez-vous auprès de vos élus.

Humour abstentionniste

Le Petit Pierre revient de l’école et dit à son père : – » Papa demain j’ai un devoir sur la politique, tu peux m’en parler? » -« Bien, je pense que la meilleure méthode pour te parler politique est de faire une analogie avec notre famille. Je suis le capitaliste car je nourris la famille. Ta mère est le gouvernement car elle contrôle tout. La bonne, c’est la classe ouvrière car elle travaille pour nous. Toi, tu es le peuple et ton petit frère, la génération future. » -« Merci Papa, je vais y réfléchir. » Dans la nuit le petit Pierre est réveillé par les cris de son petit frère. Il constate que ses couches sont sales Il se rend dans la chambre de ses parents et essaie de réveiller sa mère, sans succès. Il se rend compte que la place ou dort son père habituellement est vide et il le trouve au lit avec la bonne. Il retourne se coucher. Le lendemain matin, son père lui demande : -« Alors tu as compris ce que je t’ai expliqué hier? » -« oui » -« Excellent mon garçon, et qu’ as-tu appris? » -« J’ai appris que le capitalisme baise la classe ouvrière tandis que le gouvernement roupille, ignorant le peuple et laissant les générations futures dans la merde!! »

LES SECONDS SERONT LES PREMIERS …

((/public/ABSTENTION/.Anarchosyndicalisme_A64_Couv_s.jpg|Anarchosyndicalisme_164_Couv|C|Anarchosyndicalisme_164_Couv, juil. 2019))Voilà c’est fait . Le grand jour de gloire citoyenne a eu lieu, le votard s’est mobilisé, plus d’un électeur sur deux a participé à l’abattoir électoral. Dès l’annonce des résultats, tous les professionnels de la combinazione, les éditorialistes à la botte du pouvoir, les spécialistes du parler pour ne rien dire, les experts en discours creux et les riches en projets anti-sociaux :tous étaient là pour commenter ce fabuleux instant démocratique ! Moment magique au cours duquel se sont succédés à la tribune : la tenancière en chef du RN, un premier ministre véritable incarnation vivante de l’ennui, un grincheux et ses acolytes qui confondent insoumission et dépression et enfin le joyeux de service tout guilleret que son rôle de croque-mort de la planète lui ai rapporté douze pour cent des voix.

Voilà c’est fait . Le grand jour de gloire citoyenne a eu lieu, le votard s’est mobilisé, plus d’un électeur sur deux a participé à l’abattoir électoral. Dès l’annonce des résultats, tous les professionnels de la combinazione, les éditorialistes à la botte du pouvoir, les spécialistes du parler pour ne rien dire, les experts en discours creux et les riches en projets anti-sociaux :tous étaient là pour commenter ce fabuleux instant démocratique ! Moment magique au cours duquel se sont succédés à la tribune : la tenancière en chef du RN, un premier ministre véritable incarnation vivante de l’ennui, un grincheux et ses acolytes qui confondent insoumission et dépression et enfin le joyeux de service tout guilleret que son rôle de croque-mort de la planète lui ai rapporté douze pour cent des voix.

Ces mêmes commentateurs qui appelaient hier les gilets jaunes à se «structurer» – c’est à dire à défiler au pas puis à se présenter aux élections – ont bien rigolé. Comme il s’était trouvé un chanteur des années 80, célèbre pour ses cuissardes de pêcheur pour prendre la tête d’une liste électorale de gilets jaunes, celle-ci a sombré dans le ridicule pour leur plus grande joie.
L’actuel chef de l’État, qui se donne des airs de Jean-Moulin dès qu’il peut commémorer un épisode de la seconde guerre mondiale, ne se contente plus de nous faire passer des vessies pour des lanternes, voilà maintenant que lui et ses thuriféraires ont décrété que leur liste En Marche, bien qu’ à la deuxième place du classement électoral, était victorieuse !

Après cette resucée de la parabole biblique, il ne reste plus aux citoyens qu’à dire amen. Cette messe venait à peine d’être dite que les gendarmes furent envoyés manu-militari pour faire irruption chez des soignants en grève pour les ramener de force à leur travail

Comme quoi les cuistres qui nous dirigent peuvent bien se parer de toutes les vertus, ils prennent vite l’habitude de fouler aux pieds notre Liberté.

Au nom de leur vision de la démocratie, tout protestataire sera diffamé, bâillonné et embastillé. Voilà comment ils s’attaqueront demain aux retraites et à l’assurance chômage. Ainsi, jamais la démonstration n’aura été aussi parfaite que le fait d’élire des représentants est l’assurance de perpétuer un système fondé sur l’injustice sociale.

Si on voulait que cela soit pire, on voit que ça valait la peine d’aller voter. À chaque élection, on nous le répète ad nauseam, on nous assène: «qu’il y en a qui sont morts pour ça..Si cela était vrai, ces pauvres morts–là seraient les plus grands cocus de l’Histoire !

Plus que jamais, Abstention et Révolution !

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Editorial du numéro 164 du journal Anarchosyndicalisme !

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SOMMAIRE

/// EDITO ///

LES SECONDS SERONT LES PREMIERS

/// SOCIETE ///

IL PARAIT QUE LES GJ AURAIENT VOTE POUR LE R.N ?

MACRON ON S’EN FOUT ON NE VEUT PLUS DE PRESIDENT DU TOUT

MAIS QUE VAIS JE FAIRE DE VOUS »BON A RIEN » ?

GILETS JAUNES : VERS UN REVEIL DE CONSCIENCE ?

ETAT ET VIOLENCE

MÊMES CAUSES,MÊMES EFFETS…

/// MONDE DU TRAVAIL ///

CRIME ET CHATIMENT ?

/// RACISME ///

A PROPOS DU RACISME ET DE SA DEFINITION

/// SECTES ///

LA  » PEDAGOGIE  » STEINER – WALDORF

/// MEMOIRES ///

LE RETOUR DU FANTÔME DE MAKHNO

/// INTERNATIONAL ///

INDONESIE : REPRESSION CONTRE NOS COMPAGNONS

LIBERTE POUR EBRU FIRAT

ET PENDANT CE TEMPS EN ESTONIE L’OISEAU D’EXTREME DROITE FAIT SON NID

POUR l’ABSTENTION !

Propos anarchosyndicalistes pour l’abstention et contre le capitalisme

(Un peu de lecture pour passer ce week-end électoral, soit à télécharger et imprimer au boulot (sabotage !), ou alors à lire intégralement en ligne …)

Loin d’être un « non-acte » de démissionnaire, l’abstention consciente est un acte responsable de refus d’un système de domination où le droit de vote constitue l’acte public d’allégeance du plus grand nombre au pouvoir de quelques uns.

L’histoire récente des social-démocraties montre combien le rituel électoral, qui devait garantir la liberté et les moyens de vie pour chacun d’entre nous, n’a fait que renforcer le pouvoir d’une caste de possédants et l’exploitation de l’immense majorité des êtres humains.

Parce que nous sommes pour l’abolition de ce système autoritaire où la propriété et le profit servent de valeur morale, et parce que nous savons qu’un monde de solidarité, de partage riche de sa diversité- est possible, nous appelons à la lutte contre le pouvoir par l’abstention et l’action directe.

Propos anarchosyndicalistes pour l’abstention et contre le capitalisme

(Un peu de lecture pour passer ce week-end électoral, soit à télécharger et imprimer au boulot (sabotage !), ou alors à lire intégralement en ligne …)

Loin d’être un « non-acte » de démissionnaire, l’abstention consciente est un acte responsable de refus d’un système de domination où le droit de vote constitue l’acte public d’allégeance du plus grand nombre au pouvoir de quelques uns.

L’histoire récente des social-démocraties montre combien le rituel électoral, qui devait garantir la liberté et les moyens de vie pour chacun d’entre nous, n’a fait que renforcer le pouvoir d’une caste de possédants et l’exploitation de l’immense majorité des êtres humains.

Parce que nous sommes pour l’abolition de ce système autoritaire où la propriété et le profit servent de valeur morale, et parce que nous savons qu’un monde de solidarité, de partage riche de sa diversité- est possible, nous appelons à la lutte contre le pouvoir par l’abstention et l’action directe.

Contenu :I – Le vote : la « mise en urne » de sa propre voix
II – Petit plaidoyer pour la démocratie directe
III – Voter, c’est voter pour le capitalisme
IV – Politicar’d academy
V – Souviens-t’en, citoyen

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VI – Vote ou boycott ?
VII – S’abstenir aux élections, est-ce favoriser le fascisme ?
VIII – Manipulation électorale
IX – Lettre d’un jeune abstentionniste
X – Du passé (récent) tirons les leçons
XI – Ils ont voté contre Le Pen.. Et puis après ?
XII – Où sont ils passés ?
XIII – Pour commencer
XIV – Electoralisme, ma preuve par Lula

CITOYEN ELECTEUR, AIE CONFIANCE !

ELECTEUR, AIE CONFIANCE
.
« Aie confiance, citoyen, contribuable, compatriote, administré… bref électeur ! », voilà ce qu’ils te disent tous, en fonction de ce qu’ils vont te demander (ton vote, ton argent, ta vie, ton obéissance…). Et de la confiance, les voilà qu’ils t’en redemandent, en ce moment. Tu peux les voir, les même qui tous les jours te mentent, t’arnaquent, te mettent dans les pires situations de détresse physique, morale et financière, les mêmes qui, en maintenant le système en place, sont à l’origine de la crise permanente et de ses conséquences désastreuses, ils te la demandent tous, en te regardant droit dans le téléviseur et sans sourciller, ton indispensable confiance.
.
Et toi, la leur accorderas-tu cette confiance ?

ELECTEUR, AIE CONFIANCE.

« Aie confiance, citoyen, contribuable, compatriote, administré… bref électeur ! », voilà ce qu’ils te disent tous, en fonction de ce qu’ils vont te demander (ton vote, ton argent, ta vie, ton obéissance…). Et de la confiance, les voilà qu’ils t’en redemandent, en ce moment. Tu peux les voir, les même qui tous les jours te mentent, t’arnaquent, te mettent dans les pires situations de détresse physique, morale et financière, les mêmes qui, en maintenant le système en place, sont à l’origine de la crise permanente et de ses conséquences désastreuses, ils te la demandent tous, en te regardant droit dans le téléviseur et sans sourciller, ton indispensable confiance..Et toi, la leur accorderas-tu cette confiance ?

Toi, à qui ils ont déjà fait le coup du nuage de Tchernobyl contournant méticuleusement les frontières de notre hexagone ; toi à qui on a camouflé l’épouvantable génocide rwandais pendant qu’il se commettait ; à qui on a démontré, en long, en large et en travers que les privatisations c’était un bien meilleur service rendu pour un moindre coût ; à qui une ministre, grande par la taille, est venue en personne expliquer que l’augmentation des prix n’était qu’une impression et qu’au contraire ton pouvoir d’achat ne cessait d’augmenter ; à qui un autre ministre, le premier par la fonction, a déclaré il y a peu que les caisses publiques étaient vides et qu’il fallait te serrer la ceinture ; … et tant d’autres mensonges certifiés « vérités d’État » !
.Te laisseras tu berner par leur discours tout à coup retourné, proclamant haut et fort l’inverse de ce qu’ils te maintenaient hier avec la même outrecuidance ? Ils vont, disent-ils, reprendre l’économie en main, balayer les quelques financiers malhabiles fauteurs de troubles, moraliser le capitalisme, réguler la situation. Comme s’ils ne venaient pas de démontrer que tous les Etats étaient au service d’une seule classe, la classe dominante ! Comme si les Etats (même les soi-disant libéraux) s’étaient abstenus d’intervenir, de mille manières, dans les processus économiques pour favoriser des intérêts particuliers. Comme si banquiers et politiciens n’étaient pas une seule et même famille d’intérêts !.Penses-y. Le simple fait qu’ils mettent tant d’énergie à réclamer ta confiance prouve qu’ils ne la méritent pas. Auraient-ils besoin de te la réclamer, si leur système était tout simplement acceptable ? S’ils te supplient tant de la leur accorder, c’est qu’ils en ont besoin. Seule ta soumission volontaire fait leur force.
.Je te le dis, il y a une personne en qui tu peux avoir confiance : c’est toi. C’est toi qui doit reprendre ta vie en main sans la laisser au pouvoir des professionnels de la politique qui la broierons pour en tirer tout le jus à la santé du Capital. .C’est toi qui aujourd’hui doit reprendre confiance en ta capacité à agir sur ta vie, en ta capacité de t’associer à ceux qui, comme toi, ne récoltent que les miettes. Car c’est nous qui sommes les bâtisseurs de toutes les sociétés et c’est aussi nous qui sommes à même de mettre à bas celle-ci pour en rebâtir une autre. C’est sur ta propre force, ton imagination, ta volonté, ta capacité d’association, ta puissance génératrice de sociétés que tu dois compter pour briser tes chaînes..Tu n’es pas seul. C’est par milliards que se comptent les exploités sur cette planète. Si tu en prends conscience, d’autres en prendront conscience avec toi. Si tu dois avoir confiance, aie confiance en toi et en tous ceux qui se mettent en marche..Ton voisin.Pour écouter ce texte en version Audio : https://archive.org/details/aie_confiance