Les Anarchistes, pionniers de la lutte anti-colonialiste

D’après un extrait de l’articlede Benjamin STORA :  » »La gauche socialiste, révolutionnaire et la question du Maghreb au moment du Front populaire (1935-1938 ) » » in la revue ADEN 2009
Les héritiers de la tradition anticoloniale

Face aux défenseurs de la présence française au Maghreb, de petits courants du mouvement ouvrier français se dressent. Qui sont-ils ?

D’après un extrait de l’articlede Benjamin STORA :  » »La gauche socialiste, révolutionnaire et la question du Maghreb au moment du Front populaire (1935-1938 ) » » in la revue ADEN 2009

Les héritiers de la tradition anticoloniale


Face aux défenseurs de la présence française au Maghreb, de petits courants du mouvement ouvrier français se dressent. Qui sont-ils ?

On retrouve les continuateurs de la tradition anticoloniale[25] dans un « Comité contre la guerre et l’union sacrée » dont la première réunion se tient à Saint-Denis les 10 et 11 août 35[26]. Ils entendent poursuivre leur bataille contre le « militarisme et le service militaire à deux ans », contre la « guerre impérialiste », dont l’agression italienne contre l’Éthiopie fournit à leurs yeux un exemple. Aux côtés d’un certain nombre d’écrivains, tels Jean Giono, Magdeleine Paz[27], Henry Poulaille, Simone Weil, se regroupent donc les socialistes de gauche de Marceau Pivert[28], les trotskystes, les syndicalistes-révolutionnaires de La Révolution Prolétarienne[29], les libertaires de l’Union Anarchiste et des militants de la Confédération Générale du Travail Syndicaliste Révolutionnaire (C.G.T.S.R.), petite organisation anarcho-syndicaliste [section française de l’AIT]. Ce sont eux principalement que nous allons suivre.


Au sortir de la Première Guerre mondiale, le mouvement anarchiste spécifique se reconstitue péniblement. Il connaît un regain d’activité grâce à ses militants syndicalistes occupant des responsabilités importantes. Mis en minorité au Congrès de Lille de la C.G.T. en 1921, les anarchistes commettront l’erreur [tactique] de quitter la C.G.T.U.[30] nouvellement créée, pour fonder une nouvelle organisation syndicale, la CGT-SR (section française de l’AIT) qui ira en périclitant avant de disparaître en 1939. Le premier numéro de son organe, Le Combat Syndicaliste, paraît en décembre 26, avec une périodicité irrégulière, jusqu’en avril 33 (n° 62). La nouvelle série qui va jusqu’au numéro 200 (19 mars 37) est en revanche d’une remarquable régularité[31]. La chronique « Tribune algérienne », dans les années 30-32, fait état de campagnes menées par ses sections syndicales, en particulier dans le bâtiment. Samuel Jospin, dans un mémoire consacré à la C.G.T.S.R., indique que ses effectifs varient entre 1.000 et 6.000 militants[32].

Chronologiquement, la Fédération anarchiste de la région parisienne fut sans doute la première organisation politique française à s’intéresser aux travailleurs nord-africains et à mettre sur pied un Comité d’action pour la défense des indigènes, et ce dès 1923. Elle condamna énergiquement le Centenaire de la Conquête de l’Algérie en 1930 et affirma des positions nettement hostiles au colonialisme. Le groupe libertaire de Marseille mena une campagne sur « le sort de la colonie algérienne de l’Afrique du Nord », mais se heurta à l’indifférence à peu près généralisée[36]. On les retrouve au début de l’année 35, menant campagne « contre la religion » et « la politique » avec un tract distribué en arabe à Paris :

Aux travailleurs algériens ! Bravo ! Tu commences à te réveiller, tu entres dans la lutte sociale après avoir compris que tu es trop opprimé. Mais, hélas ! Croyant te libérer de la peste française qui te ronge, tu veux te rejeter vers le choléra islamique, qui te détruira pareillement, ou vers la politique, qui te dévorera […] Anarchistes, nous te disons : À bas tous les gouvernements et tous les exploiteurs, qu’ils soient roumis ou musulmans, car tous veulent vivre sur le dos des travailleurs […]

Pour le groupe des Anarchistes indigènes algériens : Saïl Mohamed[37].

Obsédés par l’idée de la propagande, où la verve polémique l’emporte le plus souvent sur la rigueur de l’analyse, les anarchistes ont-ils réussi à faire connaître largement leurs positions grâce à leurs journaux et à leurs brochures ? On ne saurait le dire précisément. Pendant le Front populaire, il y a en tout cas grossissement des effectifs du mouvement anarchiste. Ainsi apparaît dans Le Combat Syndicaliste l’activité d’une section des Métaux à Oran en 37. L’existence de petits groupes anarchistes est signalée à Alger en 35, à Oran en 36, à Sidi-Bel-Abbès en 38[38]. Au Congrès de Paris de l’Union anarchiste en 37, où 120 délégués expriment 74 groupes, deux délégués représentent Alger. C’est une première par rapport aux quatre précédents Congrès. Leur existence au Maghreb peut donc paraître dérisoire ; elle est néanmoins établie par l’écho des campagnes que l’on trouve dans leurs journaux. Ainsi exigent-ils dans ceux-ci en 36, la libération de quarante militants anarchistes d’origine espagnole arrêtés à Oran et Casablanca[39].

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[25] Sur l’anticolonialisme anarchiste et ouvrier au début du siècle, cf. C.-R. Ageron, L’anticolonialisme en France de 1871 à 1914, P.U.F., 1973 et plus spécialement p. 32-35.

[26] Lire, dans le n° 7 : Arnaud Blouin : « Le pacifisme du noyau syndicaliste révolutionnaire de La Révolution prolétarienne (1914-1939) » ; Vincent Chambarlhac : « 1914-193… Une mémoire brisée ? Entre marginalisation et fidélité, le combat des pacifistes de la Grande Guerre dans les années 30 ». [n.d.l.r.]

[27] Cf. l’article de A. Mathieu sur M. Paz. [n.d.l.r.]

[28] Marceau Pivert (1895-1958) était le leader du courant de la Gauche révolutionnaire à la S.F.I.O.

[29] Cf. l’article d’A. Blouin déjà cité. [n.d.l.r.]

[30] Opposés à l’alignement de la C.G.T.U. sur le P.C.F., les anarchistes se regroupent en 1926 dans la Confédération Générale du Travail-Syndicaliste révolutionnaire.

[31] Collections déposées au Centre d’Études et de Recherches du Mouvement Trotskyste et Révolutionnaire International (CERMTRI).

[32] Samuel Jospin, La c.g.ts.r. à travers son journal Le Combat syndicaliste, 1926-1937, Maîtrise, Université de Paris I, 1974.

[33] De 1929 à 1939, quatre organisations ont existé en France : l’Union anarchiste-communiste révolutionnaire qui en 34 devient l’Union anarchiste ; l’Association des fédéralistes anarchistes ; la Fédération anarchiste de langue française ; la Fédération Commu­niste Libertaire (Cf. Alain Droguet, Le mouvement anarchiste-communiste de 1929 à 1939 vu à travers ses Congrès, Maîtrise, Université de Paris I, 1972).

[34] Le Libertaire, respectivement 25 novembre 1929 et 2 octobre 1936.

[35] Mohamed Saïl (1894-1953) et Slimane Kiouane (1896-1971) étaient les principaux animateurs du Comité d’action pour la défense des indigènes algériens fondé par la Fédération anarchiste de la région parisienne.

[36] Mahfoud Kaddache, Histoire du nationalisme algérien, Alger, SNED, 1980, t. I, p. 258.

[37] Tract reproduit dans Le Combat Syndicaliste, 25 janvier 1935.

[38] In Françoise Vanacker, Le Mouvement anarchiste à travers Le Libertaire (1934-1939), Maîtrise, Université de Paris I, 1971.

[39] « Sauvons les camarades d’Oran et de Casablanca », Le Combat syndicaliste, 8 mai 1936 ; « Appel pour les emprisonnés d’Oran », ibid., 29 mai 1936.

http://www.univ-paris13.fr/benjaminstora/lhistoire/217-la-gauche-socialiste-revolutionnaire-et-la-question-du-maghreb-au-moment-du-front-populaire-1935-1938-

SAIL MOHAMED, LA VIE ET LA REVOLTE D’UN ANARCHISTE ALGERIEN

Biographie de Saïl Mohamed (Ameziane ben Ameziane, 1894-1953), anarchiste algérien et pionnier de la lutte anti-coloniale.

Étranges étrangers
Kabyles de la Chapelle et des quais de javel
hommes des pays loin
cobayes des colonies…
Apatrides dAubervilliers
brûleurs des grandes ordures de la ville de Paris
Tunisiens de Grenelle
embauchés débauchés
manoeuvres désoeuvrés…
Enfants du Sénégal
dépatriés expatriés et naturalisés…
Etranges étrangers
Vous êtes de la ville
vous êtes de sa vie
même si mal en vivez
même si vous en mourez.

Jacques Prévert

Biographie de Saïl Mohamed (Ameziane ben Ameziane, 1894-1953), anarchiste algérien et pionnier de la lutte anti-coloniale.

Étranges étrangers
Kabyles de la Chapelle et des quais de javel
hommes des pays loin
cobayes des colonies…
Apatrides dAubervilliers
brûleurs des grandes ordures de la ville de Paris
Tunisiens de Grenelle
embauchés débauchés
manoeuvres désoeuvrés…
Enfants du Sénégal
dépatriés expatriés et naturalisés…
Etranges étrangers
Vous êtes de la ville
vous êtes de sa vie
même si mal en vivez
même si vous en mourez.

Jacques Prévert

Ce poème de Prévert extrait de Paroles symbolise le combat d’une vie, celui de Saïl Mohamed. Saïl Mohamed, Ameziane ben Ameziane, est né le 14 octobre 1894 à Taourit-Béni-Ouglis, en Kabylie. Comme beaucoup d’Algériens, il a peu fréquenté l’école. Chauffeur-mécanicien de profession, il fut toute sa vie assoiffé de culture. Il vécut avec Madeleine Sagot. On sait peu de choses de sa jeunesse ; on apprend par un témoignage qu’il donne au Semeur de Normandie, le journal d’A. Barbé, qu’il est interné pour insoumission puis pour désertion pendant la première guerre mondiale. Ses sympathies pour le mouvement libertaire sont déjà affirmées.

Dès la reconstitution du mouvement libertaire, à la sortie de la première guerre mondiale, il adhère à l’Union anarchiste. Saïl est alors un militant de base. En 1923, avec son ami Sliman Kiouane – chansonnier de son état -, il fonde le Comité de défense des indigènes algériens. Les porteurs de valises n’existaient pas encore, mais ces deux Algériens avaient pris conscience de la misère de leur peuple. Dès ses premiers articles, Saïl dénonce la misère des colonisés et l’exploitation coloniale. Dès lors, il devient l’un des meilleurs connaisseurs de la situation nord-africaine. Les articles lorsqu’il ne sont pas signés par lui, sont de Victor Spielman ou de Vigné d’Octon. Saïl ne fait pas que dénoncer par voie de presse la misère des indigènes algériens, il organise avec ses compagnons du groupe du XVIIIème des meetings sur l’exploitation des Nord-Africains. Ces meetings ont une particularité ; ils sont à la fois en français et en arabe. C’est ainsi qu’il tonne régulièrement « contre les marabouts qui bernent les populations ».

Après avoir multiplié les activités, Saïl s’installe à Aulnay-sous-Bois comme mécanicien. Il y fonde un groupe et va devenir l’un de ses animateurs les plus efficaces. Il n’abandonne pas la lutte pour la reconnaissance du droit des Algériens à vivre libres. En 1929, il est le secrétaire d’un nouveau comité : le Comité de défense des Algériens contre les provocations du centenaire. La France s’apprête à célébrer le centenaire de la conquête de l’Algérie (5 juillet 1830). L’ensemble des tendances du mouvement anarchiste – l’Union anarchiste, la Confédération générale du travail syndicaliste révolutionnaire (CGT-SR / AIT, section française de l’AIT dont la CNT-AIT est la continuation directe) et l’Association des Fédéralistes anarchistes – dénonce le colonialisme assassin, la mascarade sanglante. Les anarchistes protestent contre les farces du centenaire, répondant : «  La civilisation ? Progrès ’ ? Nous disons nous : assassinat ! ». Par la suite, Saïl adhère à la CGT-SR / AIT, dans laquelle il crée la Section des indigènes algériens. Il lance de nombreux appels aux travailleurs algériens. L’année suivante, lors de l’exposition coloniale, le mouvement anarchiste reprend sa campagne contre le colonialisme. Saïl est une fois de plus au premier rang des contestataires.

En janvier 1932, il devient le gérant de L’Éveil social, le journal du peuple dans lequel il signait des articles sous les pseudonymes de Léger et de Georges. Lors de la parution d’un article antimilitariste à la fin de l’année, cette responsabilité lui vaut des poursuites judiciaires pour « provocation de militaire à la désobéissance  ». Le Secours rouge international, organisation satellite du Parti communiste, lui apporte son soutien qu’il rejette au nom des victimes du stalinisme.

En 1934, éclate « l’affaire Saïl Mohamed« . La manifestation des ligues du 6 février 1934 entraîne une réaction dans l’ensemble du mouvement ouvrier. Saïl trouve des armes, les conserve. Le 3 mars, il est arrêté pour « délit de port d’arme prohibée  ». Le mouvement ouvrier lui apporte son soutien, à l’exception du Parti communiste qui le dénonce comme un agent provocateur. Condamné à un mois de prison, puis à un autre mois pour « détention d’armes de guerre  », il reste quatre mois en prison.

A sa libération, Saïl ne désarme pas et reprend son combat. L’Éveil social fusionne avec Terre libre (organe mensuel de l’Alliance libre des anarchistes du Midi), composé sur les presses de l’imprimerie La Laborieuse, d’André et Dori Prudhommaux. Terre libre applique le principe du fédéralisme libertaire, il existe des pages nationales et des pages régionales. Saïl fut responsable de l’édition nord-africaine – malheureusement nous n’avons retrouvé à ce jour aucun numéro de cette édition. Saïl tente de reconstruire le Groupe anarchiste des indigènes algériens ; différents appels du groupe paraissent dans le presse libertaire. Dans le même temps, Saïl continue de militer à l’Union anarchiste, il prend part aux débats organisationnels qui traversent le mouvement. Saïl est partisan d’une organisation qui regroupe l’ensemble des anarchistes décidés à agir. Durant le Front Populaire, il reprend position. Il développe son analyse en tenant compte des leçons espagnoles et de l’action qu’il mène à Aulnay-sous-Bois : «  Sachez que si notre groupe dépasse cent cinquante copains à l’heure actuelle, c’est parce que ses animateurs ne sont pas « des rigolos » mais des anarchistes sans compromission et que, s’ils sont de différentes écoles, ils ne connaissent avant tout qu’un seul idéal et une Anarchie » (La Voix libertaire n° 349, 29 janvier 1937, Lettre fraternelle au camarade Planche).

Après le soulèvement franquiste et le début de la Révolution espagnole, nombre de militants anarchistes de toutes tendances sont partis rejoindre le Groupe international de la colonne Durruti [1] Saïl est un des tous premiers volontaires étrangers à rejoindre la Colonne Durruti. Il a alors 42 ans. Le Groupe international est réparti en centuries linguistiques : les Allemands portent le nom de centurie Erich Müsham, les Français celui de Sébastien-Faure. Saïl rejoint cette dernière au mois de septembre 1936. En octobre 1936, il devient le délégué général des Groupes Etrangers, en remplacement de Bethomieu tombé à Perdiguera. Alors que le camp républicain (et aussi malheureusement certains anarchistes) menait une campagne vigoureuse contre « l’invasion des maures » du fait des troupes supplétives marocaines du camp Nationaliste,  il est politiquement significatif que la CNT-AIT designe Mohamed SAIL comme principal responsable du Groupe Internationaliste.

Il  conduisit notamment le groupe à l’attaque à Quinto. Le 21 novembre 1936, en mission de reconnaissance, il fut blessé au bras par une balle explosive à cent mètres des lignes franquistes. Hospitalisé à Barcelone, il regagna Aulnay en janvier 1937. Mutilé, il devait désormais exercer le métier de réparateur de faïences.

Lors des événements de mai 1937 à Barcelone, il fit plusieurs comptes rendus sur la situation dans Le Libertaire et Le Combat syndicaliste. Il intervint dans de nombreux meetings.

Dès la guérison de sa blessure, il participe aux conférences organisées par l’Union anarchiste sur les réalisations et les conquêtes de la Révolution.

Immédiatement après cette tournée, il participe au meeting tenu le 17 mars à la Mutualité, par l’ensemble des organisations de la gauche révolutionnaire, pour protester contre l’interdiction de l’Étoile nord-africaine, conduite par Messali Hadj, et contre la répression des manifestations en Tunisie qui a fait seize morts.

Du 11 au 13 novembre 1937, Saïl participe au congrès de l’Union anarchiste, dans leque il intervient pour rappeler les conditions de lutte en Espagne. Lucien Feuilllade, qui a retranscrit les propos de cette séance du congrès, a remplacé les propos de Saïl, qui comme à son habitude utilise des termes crus : « Pour avoir un fusil, j’aurais léché le cul d’un garde mobile  », par « …, j’aurais fait toutes les concessions  ». (Le Libertaire n’ 575, 11 novembre 1937).

Saïl continue son travail de militant. Pour avoir, en septembre 1938, distribué des tracts contre la guerre, il fut condamné à dix-huit mois de prison pour « provocation de militaires à la désobéissance. SIA organise une campagne de solidarité pour dénoncer l’hypocrisie du gouvernement français qui emprisonne les antifascistes et libère les fascistes de la Cagoule (le CSAR). Au début de la seconde guerre mondiale , il est encore arrêté, une perquisition entraîne la dispersion de sa bibliothèque, il est conduit au camp de Riom d’où il semble qu’il se soit échappé. Il fabrique des faux papiers pendant l’occupation.

Dès la Libération, Saïl adhère à la CNT-AIT renaissante. Il reconstitue le groupe d’Aulnay-sous-Bois, et essaye de reformer des comités d’anarchistes algériens. Il tient dans Le Libertaire une chronique de la situation en Algérie. En 1951, il est nommé responsable au sein de la commission syndicale aux questions nord-africaines. Il produit une série d’articles sur « le calvaire des indigènes algériens ». Saïl Mohamed meurt à la fin avril 1953.


[1] il ne faut pas confondre, comme le font sciemment certains historiens marxiste, ce Groupe International avec les Brigades Internationales, organisation aux ordres du fascisme rouge stalinien et de ses instruments : l’Internationale communiste et le Guépéou.

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Traductions :

(en) Sail Mohamed, LIFE AND REVOLT OF AN ALGERIAN ANARCHIST(id) Sail Mohamed adalah seorang anarkis asal Aljazair

(tr) Tarİh , Cezayİrlİ anarþİst Saïl Mohamed’İn yaþamöyküsü

(nl) Sail Mohamed : leven en opstand van een Algerijnse anarchistische pionier

Sail Mohamed adalah seorang anarkis asal Aljazair

Sail Mohamed adalah seorang anarkis asal Aljazair yang ikut terlibat dalam Perang saudara Spanyol. Ia bergabung dengan tentara kolonial Prancis, kemudian ia pun pindah ke Prancis, dimana ia menjadi aktivis organisasi anarkis Union Anarchiste (UA) dan Confédération générale du travail syndicaliste-revolutionnaire (CGT-SR / IWA) dan juga ia menjadi salah seorang pendiri (pada tahun 1923) bersama temannya Sliman Kiouaneof sebuah organisasi Komite Pembelaan Warga Asli Aljazair. Ia adalah seorang anti-Stalinis yang penuh gairah, ketika ia dituntut oleh pihak otoritas Prancis untuk artikel anti-militeris-nya. Pada tahun 1936, di bergabung dengan Sébastien Faure Century, kelompok (berbahasa Prancis) yang merupakan bagian dari Pasukan Durruti, milisi libertarian anti-Franco di Spanyol.

Sail Mohamed adalah seorang anarkis asal Aljazair yang ikut terlibat dalam Perang saudara Spanyol. Ia bergabung dengan tentara kolonial Prancis, kemudian ia pun pindah ke Prancis, dimana ia menjadi aktivis organisasi anarkis Union Anarchiste (UA) dan Confédération générale du travail syndicaliste-revolutionnaire (CGT-SR / IWA) dan juga ia menjadi salah seorang pendiri (pada tahun 1923) bersama temannya Sliman Kiouaneof sebuah organisasi Komite Pembelaan Warga Asli Aljazair. Ia adalah seorang anti-Stalinis yang penuh gairah, ketika ia dituntut oleh pihak otoritas Prancis untuk artikel anti-militeris-nya. Pada tahun 1936, di bergabung dengan Sébastien Faure Century, kelompok (berbahasa Prancis) yang merupakan bagian dari Pasukan Durruti, milisi libertarian anti-Franco di Spanyol.

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Translations :

(en) Sail Mohamed, LIFE AND REVOLT OF AN ALGERIAN ANARCHIST

(fr) SAIL MOHAMED, LA VIE ET LA REVOLTE D’UN ANARCHISTE ALGERIEN(tr) Tarİh , Cezayİrlİ anarþİst Saïl Mohamed’İn yaþamöyküsü

ÊTES-VOUS ANARCHO-SYNDICALISTE ?

Testez-vous en 10 questions !
(d’après un test initial rédigé en 2003)

1. La République, c’est :
a/ la gouvernance des élites,
b/ un détournement de la démocratie,
c/ une station de métro..

Testez-vous en 10 questions !

(d’après un test initial rédigé en 2003)

1. La République, c’est :
a/ la gouvernance des élites,
b/ un détournement de la démocratie,
c/ une station de métro..

2. Le Citoyen, c’est :

a/ un démocrate virtuel,
b/ un couillon responsable,
c/ une blague situationniste.

3. L’Organisation des Nations Unis, c’est :
a/ une officine de voleurs et de dictateurs,
b/ la paix pour les riches,
c/ l’armée d’occupation du capital.

4.L’Association pour la Taxation des Transactions financières pour l’Aide aux Citoyens. (ATTAC), c’est :
a/ un produit d’appel du « Monde diplo »,
b/ un club de loisir pour bobos,
c/ des emplois fixes pour troskistes intermittents.

5. Le FSE, c’est :
a/ la Foire au Socialisme Etatique,
b/ le Fonds de Secours des Elus sans mandat,
c/ les Futurs Serviteurs de l’Etat.

6. Lula, c’est :
a/ un flic social du capital,
b/ un éteignoir à révolte,
c/ le réformisme à l’œuvre.

7. Le Parti Socialiste, la LFI, le PCF, EELV, … c’est :
a/ un vieux mensonge,
b/ le capitalisme qui se maquille,
c/ du vol.

8. Un élu syndical, c’est :
a/ un membre de la Direction des Ressources Humaines,
b/ un vigile en civil,
c/ un parasite.

9. La révolution, c’est :
a/ inexorable,
b/ jouissif,
c/ pour demain.

10. L’anarchie, c’est :
a/ l’autogestion,
b/ la solidarité,
c/ la démocratie directe.

Réponses : Bien sûr, nous n’avons pas préparé de « bonnes » réponses. A tout questionnaire de ce genre, il n’y a d’ailleurs aucune réponse possible sinon à accepter d’être mis en coupe, en rang, en case. Plutôt que de choisir des réponses, mieux vaut choisir les questions ! Si par le plus navrant des abandons, vous vous êtes laissé aller à trier entre les réponses proposées jusqu’au bout, attention : SUD, NPA, LFI et autres ménestrels télégéniques de la contestation spectaculaire vous guettent. Faites rapidement une cure d’esprit critique !

Pour les autres, formez des bandes, des groupes, des comités de grève, des comités de lutte ; prônez l’action directe et la démocratie directe, la solidarité et l’autogestion dans les luttes comme dans le quotidien ; Dénoncez les syndicats réformistes et les partis, tous les collabos du système, les négociateurs véreux et les élections bidons. Soutenez les luttes des exploités partout où l’on veut se battre, au boulot, au quartier, en Algérie comme en Argentine, à Givet comme à Tomares (Andalousie).

Combattez les totalitarismes de tout poil, églises, casernes et tribunaux, religion et fanatisme, nationalisme, régionalisme, parlementarisme.

Et si ça vous dit, contactez-nous !

contact (at) cnt-ait.info

Serbie: les anarcho-syndicalistes soutiennent la mobilisation environnementale contre la minicentrale hydraulique de Rakita

Les militants de l’Initiative Anarcho-Syndicaliste (ASI-AIT, section en Serbie de l’AIT – Association internationale des travailleurs) ont pris part à une manifestation à Belgrade contre la construction d’une mini-centrale hydroélectrique le 27 janvier.

Les militants de l’Initiative Anarcho-Syndicaliste (ASI-AIT, section en Serbie de l’AIT – Association internationale des travailleurs) ont pris part à une manifestation à Belgrade contre la construction d’une mini-centrale hydroélectrique le 27 janvier.

L’action avait été appelée par les habitants du village de Rakita, et des milliers de personnes sont venues de toute la Serbie pour participer au rassemblement. Depuis plusieurs mois, les villageois se battent de différentes manières contre des investisseurs, des gardes privés et la police, tentant de sauver leur rivière. La construction d’une mini-centrale hydroélectrique implique la destruction de tout l’écosystème et l’étouffement des conditions de vie des populations. Dans le but d’obtenir le maximum de profits à tout prix, le capital privé bénéficie du soutien total de l’Etat, complice de ce crime contre l’écologie.Les anarcho-syndicalistes ont pris part à la manifestation, et au piquet devant le ministère. Ils ont cherché à attirer l’attention des manifestants et du public sur les aspects de Classe et de Pouvoir du problème. Ils ont déployé une bannière rouge et noire : « L’Etat est un criminel organisé »https://www.facebook.com/borbenisindikat

RUSSIE : Manœuvres nationalistes contre révolte populaire

En Russie aussi l’Etat a décidé de porter un sale coup contre les retraites. La nouvelle réforme, qui rentre en vigueur le premier janvier 2019, inquiète particulièrement les femmes, qui craignent de se retrouver sans ressources à un moment de leur vie où trouver un emploi devient difficile et où elles jouent un rôle crucial dans les familles. Cet été, pour la première fois depuis la Révolution russe, le gouvernement russe a relevé progressivement l’âge de la retraite de cinq ans, le portant pour les femmes à 60 ans et pour les hommes à 65 ans. Dans un pays où les pensions sont maigres et l’espérance de vie plafonne à 66 ans pour les hommes et 70 ans pour les femmes, la nouvelle a entraîné une levée de boucliers et entamé la popularité de Vladimir Poutine. Mais la colère n’a pas pu déboucher, étouffée par les manoeuvres des politicards et les syndicats détournant la colère avec une demande de référendum.

En Russie aussi l’Etat a décidé de porter un sale coup contre les retraites. La nouvelle réforme, qui rentre en vigueur le premier janvier 2019, inquiète particulièrement les femmes, qui craignent de se retrouver sans ressources à un moment de leur vie où trouver un emploi devient difficile et où elles jouent un rôle crucial dans les familles. Cet été, pour la première fois depuis la Révolution russe, le gouvernement russe a relevé progressivement l’âge de la retraite de cinq ans, le portant pour les femmes à 60 ans et pour les hommes à 65 ans. Dans un pays où les pensions sont maigres et l’espérance de vie plafonne à 66 ans pour les hommes et 70 ans pour les femmes, la nouvelle a entraîné une levée de boucliers et entamé la popularité de Vladimir Poutine. Mais la colère n’a pas pu déboucher, étouffée par les manoeuvres des politicards et les syndicats détournant la colère avec une demande de référendum

 Cependant cette réforme a laissé des traces dans la conscience populaire. Pour essayer de détourner la colère populaire, rien de mieux que le bon vieux nationalisme. Poutine a donc récemment bloqué des navires militaires ukrainiens dans le détroit d’Azov, espérant ainsi flatter la fibre nationaliste Russe. Côté Ukrainien, la manouvre arrange aussi le président Porochenko, qui cherche àse faire réélire en mars prochain.  Elu triomphalement après les évènements de Maidan en 2014, sa popularité s’est effondrée en raison de l’aggravation de la crise économique et de la multiplication des scandales financiers de corruption le visant lui ou son entourage. Rien de tel qu’un bon état d’urgence pour essayer de se redorer son blason …

 Ci-dessous deux textes d’analyse de nos compagnons de la section russe de l’AIT (KRAS-AIT): le premier sur les raison de l’échec du mouvement contre la réforme des retraites,et le second sur la gesticulation nationaliste en mer d’AZOV ;

Alors que Poutine nous est présenté en France par les populistes de droite ou de gauche comme un grand leader et un modèle à suivre, ces textes remettent les pendules à l’heure sur la réalité sociale et politique en Russie.

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RUSSIE : LA GRANDE « DEFORME » DES RETRAITES

  La Réforme des retraites a été approuvée par la Douma (le Parlement russe), le 26 septembre 2018, après un vote express. La loi a été approuvée par Russie unie, le parti de Poutine. Les trois partis d’opposition – Parti communiste, Parti libéral démocrate et Fair Russia ont voté contre. Mais cela n’a absolument rien changé car ils sont minoritaires. Dans la foulée, Poutine a signé la loi pour qu’elle entre en application sans tarder, dès le 1er janvier 2019.

  C’est un coup dur porté à l’ensemble de la population active de Russie : L’âge de la retraite sera progressivement relevé à 60 ans pour les femmes et à 65 ans pour les hommes. Cela représente une perte de revenu énorme pour des millions de personnes. Et des millions d’autres ne prendront jamais leur retraite, car ils mourront avant l’âge de la retraite.

 Pensions et espérance de vie

  L’espérance de vie moyenne officielle en Russie est de 72 ans. Mais c’est la différence de température moyenne à l’hôpital entre la morgue et le service des maladies infectieuses. Dans 47 des 83 régions du pays (notamment Sibérie, Oural, Volga et Nord) l’espérance de vie moyenne des hommes n’atteint pas le nouvel âge de la retraite. Ainsi, des millions de personnes ne recevront jamais de pension, bien qu’elles paieront des cotisations toute leur vie.

  Les pensions en Russie sont extrêmement basses, en moyenne 13 500 roubles (180 euros) par mois. Il est impossible de vivre de cet argent. Par conséquent, beaucoup de ceux qui ont atteint l’âge de la retraite continuent à travailler – jusqu’à 40% dans certaines régions. Ainsi, leur pension devient une augmentation tangible de leur salaire. L’augmentation actuelle de l’âge de la retraite prive des millions de personnes d’environ un tiers de leurs revenus car les pensions vont en plus baisser. Avec la nouvelle réforme, des millions d’hommes âgés de 60 à 65 ans et de femmes âgées de 55 à 60 ans perdent en moyenne 14 000 roubles par mois.

  La vague actuelle de réformes néolibérales en Russie a atteint un stade tout à fait considérable. Après la victoire de Poutine aux élections présidentielles de mars 2018, le cours de l’offensive antisociale et de la « politique d’austérité » a été proclamé ouvertement. L ‘ »optimisation » de l’éducation et de la santé, en cours depuis plusieurs années, est désormais suivie de nouvelles réformes ou, comme on les appelle ironiquement, des « déformes ».

  La TVA est passée de 18% à 20%. Dans les milieux gouvernementaux, ils disent ouvertement que l’actuelle réforme des retraites n’est que «la première étape»; il est probable que la privatisation de l’assurance pension est maintenant en avance. Les entrepreneurs proposent déjà de modifier le Code du travail en leur donnant la possibilité de licencier leurs employés simplement pour « perte de confiance ». Et la présidente de la banque centrale, Elvira Nabiullina, est envoyée au siège du Fonds monétaire international pour enseigner également aux néolibéraux occidentaux comment leurs collègues russes luttent efficacement contre l’inflation.

  Tout capitalisme est finalement le pouvoir des riches. C’est clair. Mais nulle part ailleurs cela ne se manifeste aussi clairement et avec autant de cynisme que dans la Russie moderne, où 10% des familles les plus riches contrôlent 82% de toutes les richesses {{ Données du Global Wealth Report 2018, préparée par Credit Suisse }}. Le barème progressif d’imposition du revenu en Russie n’existe plus depuis 2001 et toutes les tentatives pour le réintroduire sont catégoriquement rejetées par le parlement. La même chose se produit avec toute autre proposition visant à encourager les riches à donner au moins un peu de leur richesse. Les riches sont assez intelligents pour trouver de nouveaux moyens d’échapper à l’impôt et, par conséquent, leur imposition supplémentaire n’a pas de sens, a récemment déclaré le vice-Premier ministre Siluanov, l’un des principaux néolibéraux du gouvernement. Plus que ça. Le parlement soutient tous les nouveaux privilèges accordés aux grandes entreprises russes.

 Et la résistance sociale ?

  Divers sondages montrent qu’environ 80% de la population rejette la réforme des retraites. Près de 50% des personnes interrogées ont même exprimé leur volonté d’exprimer leur mécontentement dans la rue. Le journal russe Kommersant a souligné que si plusieurs millions de personnes dans les grandes villes descendaient dans les rues pour protester, les autorités seraient obligées d’arrêter la réforme. Mais c’est précisément ce qui n’est pas arrivé. Bien que des rassemblements de protestation aient eu lieu dans plus de 80 villes du pays, ils se sont révélés relativement peu fréquentés. Même à Moscou et à Saint-Pétersbourg, quelques dizaines de milliers de personnes seulement y ont pris part.

  Il y a plusieurs des raisons à cet échec. Tout d’abord, la stratégie sournoise des cercles dirigeants, qui combinent répression et « concessions » préparées à l’avance. Cette ligne leur a apporté le succès. Bien que la campagne de propagande du gouvernement et de ses médias n’ait pas réussi à convaincre la population cette fois que la réforme était «nécessaire» (le «médicament amer mais nécessaire», a appelé le Premier ministre Medvedev), ni même à profiter aux futurs retraités, la politique de la carottes et du bâton a conduit à la résignation et au sentiment triste que de toute façon, rien ne pourra être changé.

  Le gouvernement a délibérément choisi un moment privilégié pour annoncer une réforme: le 14 juin, au début de la Coupe du monde, qui a eu lieu cette année en Russie. Cela a permis aux autorités d’interdire toute manifestation dans les villes les plus importantes du pays jusqu’au 25 juillet, apparemment pour maintenir l’ordre public pendant les manifestations sportives. Déjà le 19 juillet, la loi avait été adoptée par le parlement en première lecture; les premiers grands rassemblements de protestation à Moscou et à Saint-Pétersbourg n’ont eu lieu que le 28 juillet. Un temps précieux a été perdu.

  Puis, quand une vague de protestations a éclaté, les autorités ont commencé à les « trier » avec soin. Certains rassemblements de protestation ont été autorisés, d’autres ont été interdits. Les autorisations étaient données dans des lieux isolés, loin du centre-ville, afin de réduire le nombre de participants possibles dès le début. Parfois, au dernier moment, l’autorisation était annulée sans prévenir, de sorte que ceux qui souhaitaient y prendre part étaient complètement désorientés.

  Des manifestations non déclarées ont été brutalement dispersées par la police anti-émeute, faisant ainsi l’objet de nombreux passages à tabac et arrestations. Par exemple, lors des manifestations du 9 septembre, 1018 personnes ont été arrêtées dans tout le pays.

  Parallèlement à cela, un « sucre d’orge » a été offert aux gens. Le président Poutine a rompu son silence théâtral et a annoncé quelques amendements à la réforme. Par exemple, il a annoncé que pour les femmes le nouvel âge de la retraite serait redescendu à 60 «seulement». En outre, une légère augmentation des retraites avait été promise (moins de 1000 roubles par mois). Il ne s’agissait pas de véritables concessions, mais bien d’une manœuvre planifiée : proposer d’abord la version la plus dure de la réforme, puis l’adoucir légèrement.

  Ni ces manœuvres ni d’autres n’ont sauvé la popularité de Poutine et de son gouvernement, qui est tombée à un niveau record. Mais ils ont très fortement contribué à la désorientation de la population notamment dans les provinces. Cependant, les erreurs et les faiblesses du mouvement de protestation également évidentes. Il était malheureusement sous le contrôle total des partis politiques, qui n’étaient intéressés que par les résultats des prochaines élections. De tels intérêts de parti divisent souvent le mouvement de protestation. Par exemple, le 2 septembre, deux grands rassemblements de protestation ont eu lieu simultanément à Moscou, le Parti communiste et la Parti socialiste (Fair Russia) ayant tenté de les utiliser pour promouvoir leur candidat à la mairie.

  Les institutions de l’opposition ont voulu empêcher par tous les moyens la radicalisation des manifestations. Ainsi, l’opposition a pratiquement cessé d’organiser de grandes réunions en août et ne les a reprises qu’en septembre, alors qu’il restait trop peu de temps pour que le mouvement se déroule. Au lieu de cela, un pari fut placé sur un référendum hypothétique contre la réforme des retraites, même s’il était clair dès le début que les autorités empêcheraient tout vote populaire sur cette question par le biais de diverses procédures institutionnelles. Et l’opposition extraparlementaire est restée petite et faible.

  Il convient de mentionner en particulier le rôle honteux joué par les structures syndicales russes. Certes, les deux grands syndicat – FNPR pro-gouvernemental et KTR « d’opposition » – ont déclaré lors de négociations avec le gouvernement et les hommes d’affaires qu’ils avaient rejeté la réforme. Mais en même temps, ils n’ont rien fait pour organiser un mouvement de protestation de plusieurs millions de personnes, réellement massif. La direction centrale du FNPR a saboté toute manifestation de rue. Il a refusé de mener des actions centralisées et a seulement autorisé ses syndicats locaux à participer à des rassemblements. Mais les syndicats locaux n’ont développé que de petites mobilisations, plutôt symbolique.

  Les dirigeants de la KTR ont commencé par se placer à la tête du mouvement, sans toutefois risquer la radicalisation. Ils ont rassemblé plusieurs millions de signatures contre la réforme et ont pris part à plusieurs rassemblements de protestation purement administratifs. Au contraire, il ne voulait pas entendre les appels à la grève générale.

  Les anarcho-syndicalistes de KRAS, la section russe de l’Association internationale des travailleurs, ont compris dès le début qu’il serait impossible d’arrêter la réforme avec l’aide de protestations individuelles. Ils ont donc essayé de répandre l’idée d’une grève générale en prenant part à des rassemblements de rue, en diffusant des affiches et des tracts et en lançant une campagne en ligne. Une telle grève serait un véritable moyen de mettre fin à cette réforme antisociale. L’idée a été soutenue et diffusée par d’autres anarchistes et des militants individuels dans différentes villes du pays.

  Le régime était bien conscient du danger d’une telle radicalisation et la police a tenté à plusieurs reprises d’interdire et de disperser les rassemblements organisés par les compagnons. L’idée d’une grève générale a été relativement bien perçue par les manifestants. En principe, certains militants syndicaux de base ont aussi réagi de manière positive. Mais cela ne pouvait pas changer la position négative des directions syndicale. Une forte atomisation de la société russe, qui a conduit à une passivité profondément enracinée, a empêché l’auto-organisation et une action indépendante des gens « ordinaires ». La « majorité silencieuse » critique est restée muette et reste toujours silencieuse …

 Original en Russe : http://www.aitrus.info/node/5187

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MANOEUVRES DE « PROPRIETAIRES » DANS LE DETROIT DE KERCH …

  « Ils nous ressortent à nouveau le patriotisme – cela veut dire qu’ils sont en train de nous faire les poches  » Ce vieux dicton du XIXème sicèle est très populaire parmi les critiques du régime en Russie. Car il décrit avec précision ce qui se cache derrière l’incident dans le détroit de Kertch.

  Qui est « propriétaire » de la Crimée? Dans quelles eaux territoriales – Russes ? Ukrainiennes ? – s’est déroulée la dernière confrontation entre navires de guerre ? Un avertissement at-il  été donné ? Ce sont des questions pour les experts du Droit International et de la Tactique Militaire ou pour les commentateurs politiques. Mais en tant que personnes ordinaires, nous nous intéressons aux sources de la croissance actuelle du militarisme dans la région et aux dangers qu’elle comporte.   L’exacerbation actuelle des relations russo-ukrainiennes reflète plus que jamais les problèmes politiques internes grandissants des régimes de Kiev et de Moscou. Les politiques antisociales néolibérales des élites dirigeantes des deux pays se heurtent à un mécontentement public croissant. En Ukraine, le gouvernement du président Porochenko a récemment fortement augmenté le prix du gaz naturel, comme l’avait demandé le FMI. Cela a conduit à l’extinction de nombreux systèmes de chauffage résidentiels, ce qui a provoqué des manifestations de rue animées en novembre dans plusieurs villes. À Krivoi Rog, des personnes ont pris d’assaut le bâtiment de la société de gaz et ont allumé le chauffage elles-mêmes. A d’autres endroits, les rues ont été bloquées. Porochenko est maintenant la cible de la haine populaire: sous sa présidence, l’extrême pauvreté a augmenté de plusieurs dizaines de points de pourcentage.

Et les élections présidentielles sont prévues en Mars 2019.

Mais la situation n’est potentiellement pas meilleure en Russie. Après les élections du printemps 2018, le gouvernement du président Poutine a lancé un assaut frontal néolibéral contre la population. À la suite de la réforme des retraites, sa popularité et celle de son parti au pouvoir sont tombées à un niveau sans précédent. De vieux thèmes patriotiques tels que «la Russie se lève» ou l’euphorie entourant l’unification avec la Crimée perdent de leur pouvoir. Les cercles dirigeants ont un besoin urgent d’un nouveau numéro pour distraire le public.

 Dans des situations similaires, les puissances présentes ont souvent pris le risque d’une «petite guerre victorieuse» [expression utilisée pour motiver la guerre de la Russie avec le Japon en 1905 et la guerre d’Eltsine contre la Tchétchénie en 1994]. Mais dans l’Europe d’aujourd’hui, de tels jeux sont trop dangereux. Au moins, commencer délibérément une guerre est trop risqué. Mais l’hystérie militariste reste un instrument politique éprouvé et efficace. Les politiciens impopulaires font de leur mieux pour se présenter comme des « hommes forts » se dressant face à « l’adversaire géopolitique ». En suscitant la peur du «danger de l’extérieur», ils visent à unir et à mobiliser la population au nom de « l’idée nationale » et, partant, à creuser le fossé qui sépare les dirigeants et les gouvernants.

  Deux questions demeurent. Premièrement, combien de temps encore les Russes et les Ukrainiens tomberont-ils dans de tels pièges? Deuxièmement, quel est le risque que la situation devienne incontrôlable et que l’hystérie militariste dégénère en véritable conflit militaire? Dans le monde actuel du militarisme capitaliste, il est malheureusement impossible de répondre à ces questions à l’avance.

Original en Russe : http://www.aitrus.info/node/5182

SOLIDARITE INTERNATIONALE AVEC LES GILETS JAUNES : RASSEMBLEMENT A VARSOVIE

Solidarité avec les manifestations en France! Lutte mondiale contre le pouvoir et le capital! Rassemblement devant l’Ambassade de France à Varsovie le 09 février 2019, pendant l’Acte XIII
Solidarity with the protests in France! Global struggle against Power and Capital! French Embassy in Warsaw
Solidaridad con los protestas en Francia. Lucha internacional contra el Poder y Capital! Embajada de Francia en Varsovia.

Solidarité avec les manifestations en France! Lutte mondiale contre le pouvoir et le capital! Rassemblement devant l’Ambassade de France à Varsovie le 09 février 2019, pendant l’Acte XIIISolidarity with the protests in France! Global struggle against Power and Capital! French Embassy in WarsawSolidaridad con los protestas en Francia. Lucha internacional contra el Poder y Capital! Embajada de Francia en Varsovia.

Criminalisation des mouvements populaire, en Pologne aussi : pour traiter l’épidémie de grève à la Poste polonaise, la Direction appelle la Section Antiterroriste !

La première semaine de Février, une épidémie de « grippe du pigeon voyageur » ​​s’est propagée à plus de 40 bureaux de poste dans toute la Pologne. La grippe, qui se caractérise par un malaise général, est causée par le surmenage dû aux mauvaises conditions de travail et a un impact important sur la santé. C’est pourquoi un appel a été lancé aux postiers, leur conseillant de consulter leur médecin, ce qui a entraîné un grand nombre d’arrêts maladie totalement justifier pour surmenage – ou burn-out pour faire plus moderne. Dans certaines villes, un tiers du personnel est absent et dans certaines villes plus petites, tout le personnel a même parfois été arrêté.

Au cours des derniers mois, des personnes de différentes professions – telles que les enseignants – sont « tombées malades ». De telles actions sont considérées comme un moyen d’éviter les lois très prohibitives en Pologne concernant les grèves légales et aussi de contourner les syndicats qui souvent découragent toute action décisive des travailleurs.

La première semaine de Février, une épidémie de « grippe du pigeon voyageur » ​​s’est propagée à plus de 40 bureaux de poste dans toute la Pologne. La grippe, qui se caractérise par un malaise général, est causée par le surmenage dû aux mauvaises conditions de travail et a un impact important sur la santé. C’est pourquoi un appel a été lancé aux postiers, leur conseillant de consulter leur médecin, ce qui a entraîné un grand nombre d’arrêts maladie totalement justifier pour surmenage – ou burn-out  pour faire plus moderne. Dans certaines villes, un tiers du personnel est absent et dans certaines villes plus petites, tout le personnel a même parfois été arrêté.

Au cours des derniers mois, des personnes de différentes professions – telles que les enseignants – sont « tombées malades ». De telles actions sont considérées comme un moyen d’éviter les lois très prohibitives en Pologne concernant les grèves légales et aussi de contourner les syndicats qui souvent découragent toute action décisive des travailleurs.

Un « bulletin de santé » a été émis par un réseau de postiers mis en place par le ZSP, la section polonaise de l’AIT (Association Internationale des Travailleurs, organisation anarchosyndicaliste internationale). Les travailleurs ont établi une liste de 14 demandes qui ont été présentées par un représentant du syndicat avant l’épidémie de « grippe du pigeon voyageur ». Les travailleurs exigent, entre autres, une augmentation de 1 000 zloties (1)  et la réintégration des compagnons Rafal et Zbigniew, licenciés pour leurs activités avec le ZSP. Les autres demandes ont été formulées lors de rencontres nationales organisées par les travailleurs eux-même, en dehors des syndicats traditionnels. En effet, les syndicats tendent à protéger les intérêts de l’entreprise dirigée par l’État au détriment des travailleurs.

Lorsque l’action a commencé, la Direction de la Poste Polonaise a tenté de criminaliser un membre du ZSP pour la troisième fois. La Direction a monté un dossier criminel, envoyant un rapport à l’Agence de sécurité de l’Etat (ABW) – en charge notamment de l’anti-terrorisme -suggérant qu’appeler à la grève est une « activité criminelle » et que le ZSP tente de renverser le gouvernement. Parmi les allégations formulées dans les documents, on peut lire ce qui suit:
« Dans le cadre de l’enquête sur les relations entre le ZSP et les groupes d’employés de la Poste, nous envoyons ce rapport à l’ABW afin qu’ils puissent vérifier si leurs actions et celles des employés de la Poste travaillant avec elles mèneront à la déstabilisation de la Poste qui est une entité qui mène une action stratégique pour défendre la sécurité du pays et de l’ordre public et, par conséquent, si cela ne déstabilise pas l’État.
Nous informons les organes de sécurité de nos soupçons selon lesquels ZSP aurait commis un crime en appelant à une grève générale qui mettrait la Poste, qui mène des activités stratégiques de défense de l’État polonais, au risque de cesser de fonctionner en raison d’une paralysie nationale causée par une grève générale « .

Même si cette accusation peut paraître ridicule, la situation n’est pas du tout amusante : les charges criminelles peuvent être condamnées de 2 ans de prison …
Mais rien de tout cela n’a découragé l’anarcho-syndicat ZSP. Jusqu’à présent, l’État a refusé à plusieurs reprises d’enregistrer la ZSP auprès de la Poste sous de nombreux prétextes ridicules. La Poste prétend donc que le ZSP n’existe pas, même s’il est clair que les travailleurs restent déterminés à faire valoir leurs revendications. Le ZSP continue également de se battre pour la réintégration de son membre Zbigniew T. de Wroclaw, licencié après 36 ans de travail pour ses activités d’organisation avec les travailleurs. En janvier, un procès a eu lieu contre la poste et la ZSP locale a organisé un piquet de solidarité. Un facteur du syndicat a démissionné en solidarité avec Zbyszek et d’autres ont déclaré le faire si le bureau de poste refuse de discuter de leurs demandes.
EN attendant, la DIrection continuer de nier qu’il y ait des problèmes pour les travailleurs. La Grippe des pigeons voyageurs continue donc de se propager dans le pays …

Image may contain: one or more people and outdoor

——————————————————-(1) soit envrion 230 €. En Pologne le SMIC est de 420 € et le salaire médian de 940 €.——————————————————-Pour plus d’information (en anglais) voir les liens suivants :

Post office attempts use state counter-intelligence agency repress polish syndicalists and industrial

New wave protests and threat repression polish post office

Solidarnost sa društvenim protestima u Francuskoj: Otpor kapitalizmu, eksploataciji i državi!

MUR iskazuje svoju solidarnost sa protestima u Francuskoj, koji su još jedan primer otpora oholoj eksploataciji sa kojom se suočavaju radnici i radnice širom sveta.
U nastavku želimo objaviti delove teksta koje je poslao CNT-AIT i apel za solidarnost.
Poziv za solidarnost sa narodnim pokretom  »Žuti Prsluci » u Francuskoj:

MUR iskazuje svoju solidarnost sa protestima u Francuskoj, koji su još jedan primer otpora oholoj eksploataciji sa kojom se suočavaju radnici i radnice širom sveta.
U nastavku želimo objaviti delove teksta koje je poslao CNT-AIT i apel za solidarnost.
Poziv za solidarnost sa narodnim pokretom  »Žuti Prsluci » u Francuskoj:

Više od dva meseca, društveni pokret nove vrste potresa Francusku.

Stotine hiljada ljudi, uglavnom iz radničke klase (siromašni ili srednjeklasni radnici, nezaposleni, privremeni radnici, penzioneri,…), okupljaju se kako bi spontano zauzimali javne prostore (a naročito kružne tokove, koji se mogu naći na ulazima u bilo koji grad ili selo u Francuskoj), kako bi iskazali svoji bes i tražili način za prevazilaženje trenutnog političkog sistema. Ove hiljade ljudi su koristile metode borbe poznate anarhosindikalistima: donošenje odluka na skupštinama, odbijanje da imaju vođe ili predstavnike, direktnu akciju (to jest, akciju koju sprovode direktno ljudi koji su uključeni u borbu, i stoga bez političkih stranaka, bez žutih sindikata ili bilo koje druge organizacije izvan skupštine koje bi bile posredne između skupštine Vlasti / Države / Vlade / Šefa). Ovo je autonomni pokret sa raznolikošću taktika i mobilnošću. (Gde  »auto » znači sopstveno, a  »nomno » znači norma, tako da je autonomni pokret onaj koji definiše sopstvena pravila delovanja, van regulatornih i zakonskih okvira). Kako bi se identifikovali, ljudi uključeni u borbu su usvojili žuti prsluk, univerzalni simbol koji čini sve jednakima, i daje vidljivost onima koje vlasti ne žele da vide: siromašnima, onima koji su isključeni iz ekonomskog sistema od strane kapitalizma i globalizacije. Šefovi i kapitalisti su zabrinuti zbog uticaja ovog pokreta na ekonomiju. Procene cene ovih protesta za francusku ekonomiju mere se u milijardama evra. Tokom 2 meseca ove autonomne agitacije, pokret  »Žuti prsluci » je već izborio više društvenog napretka od svih sindikalnih predstavnika i političkih izbora u poslednjih 20 godina.

Verovatno ste gledali snimke i slike sukoba između žutih prsluka i policijskih jedinica za razbijanje demonstracija svakog vikenda od novembra. Ovi prizori su svakako spektakularni; možemo čak govoriti i o ustanku u Parizu 1. decembra, ili u Tuluzu (gde se nalazi naša glavna grupa u Francuskoj) svakog vikenda. Međutim, moramo gledati dalje od ovakvih prizora i izbegavati hipnozu njima. Sa naše tačke gledišta, u ovom pokretu nisu toliko suštinski važne slike bitaka koje se vrte na internetu i televiziji, već činjenica da su se hiljade ljudi navikle da se redovno sastaju na skupštinama kako bi same donosile odluke, bez političkih partija i spoljnih organizacija, razvijajući sopstvenu politiku i kritikujući kapitalizam i državu.

Strukture moći (kapitalizam, klasa, država) više se plaše ovog impulsa masovnog osvešćenja radnika o svojoj sposobnosti da autonomno deluju, nego što se plaše nasilja. Kako nedelje prolaze, revolt, koji se prvobitno bio fokusiran isključivo na problem poreza na gorivo, proširio se i mogao bi postati potpuno preispitivanje sistema.

Kako bi slomile ovaj pokret, Strukture moći koriste sva dostupna oružja: prvo su pokušale da kažu da je ovo ekstremno desničarski pokret. U ovom smešnom pokušaju da se borba ukalja, Državi je pomogla većina libertarijanskih i levičarskih organizacija, koje su toliko odsečene od radničke klase da nisu sposobne da prepoznaju klasnu prirodu ovog pokreta. Istina je da su u neki gradovima rasisti pokušali da manipulišu pokretom, ali je odmah bilo jasno da su u manjini, a ponegde su i nasilno izbačeni sa protesta.
Potom je vlada pokušala da umiri strasti najavom nekih subvencija za one sa najmanjim platama. Ali ova mera je bila toliko neusklađena sa društvenom realnošću da je delovala kao poniženje. Stoga su Država i Kapitalisti morali skinuti maske i pokazati svoje pravo lice: lice nasilja. Podsetili su nas da „Država ima legitiman monopol nad nasiljem“ i da je Kapitalizam sistem koji funkcioniše na principu dominacije jačeg nad slabijim. Tako je, od početka pokreta uhapšeno nekoliko hiljada pobunjenika, a nekoliko stotina je osuđeno na duge zatvorske kazne, a često je njihov zločin samo to što su bili na ulici i protestovali. Stotine ljudi je ranjeno, nekima su eksplozivne granate otkinule šake ili stopala, drugima su gumeni meci izbili oči ili izbušili obraze.

Aktivisti CNT-AIT-a su od početka bili uključeni u pokret žutih prsluka. U početku smo došli kako bi videli i razumeli šta se dešava. Brzo je postalo jasno da smo među ljudima koji dele našu organizacionu praksu skupština, bez predstavnika, odbijajući političke partije i izbore, tražeći socijalnu pravdu. Tako nam se činilo prirodnim da u potpunosti učestvujemo, ali uvek poštujući naše anarhosindikalističke principe. Naša intervencija takođe ima za cilj da izbaci fašiste i druge štetne političke parazite koji žele da iskoriste ovaj pokret.

Trenutno je mnogo ljudi uhapšeno i osuđeno na zatvor, uglavnom radnika, sa ili bez posla, a najčešće izolovanih ljudi bez novca. Dužnost je anarhosindikalista da izraze solidarnost sa tim zarobljenicima društvene borbe i da zahtevaju njihovo oslobađanje. Zato danas pokrećemo apel za solidarnost. Svaka akcija solidarnosti, čak i simbolična, je dobrodošla.

Žuti prsluci su izdali poziv na štrajk od 5. februara. A CNT-AIT poziva na pridruživanje generalnom štrajku.

Država i kapitalizam su nasilje!

Sloboda zarobljenicima društvene pobune!

CNT-AIT Francuska

contact (at) cnt-ait.info

==============Solidarno do pobede!https://www.facebook.com/borbenisindikat/posts/2285859754768363?__tn__=K-R

===== Translations :
(de) IAA: Solidarität mit den Sozialprotesten in Frankreich

(en) Solidarity with the Social Protests in France: Resistance to Capitalism, Exploitation!and the State!

(es) Solidaridad con las protestas sociales en Francia: ¡Resistencia al capitalismo, explotación y al Estado!

(no) « IAA: Solidarität mit den Sozialprotesten in – Solidarnost sa društvenim protestima u Francuskoj: » CNT-AIT Frankrike: Solidaritet med de sosiale protestene i Frankrike- de «gule vestene»: Motstand mot kapitalismen, utbyttinga og staten

(ru)  Франция: Анархо-синдикалистыподдерживаютдвижение « желтыхжилетов » ивсеобщуюстачку

(sk) „Žlté vesty“ z pohľadu aktívnych účastníkov + solidárna akcia v Bratislave

CNT-AIT Frankrike: Solidaritet med de sosiale protestene i Frankrike- de «gule vestene»: Motstand mot kapitalismen, utbyttinga og staten

De gule vestene oppfordrer til streik i Frankrike fra den 5. februar. Søsterorganisasjonen vår i Frankrike, CNT-AIT, støtter streiken og oppfordrer til solidaritetsaksjoner i alle land for å kreve løslatelse av de arresterte. CNT-AIT har deltatt i bevegelsen fra begynnelsen av og kommer her med denne appellen!

De gule vestene oppfordrer til streik i Frankrike fra den 5. februar. Søsterorganisasjonen vår i Frankrike, CNT-AIT, støtter streiken og oppfordrer til solidaritetsaksjoner i alle land for å kreve løslatelse av de arresterte. CNT-AIT har deltatt i bevegelsen fra begynnelsen av og kommer her med denne appellen!

I mer enn 2 måneder har en sosial bevegelse av en ny type rystet Frankrike. Hundre tusen mennesker, for det meste fra arbeidsklassen (fattige eller middelklassearbeidere, arbeidsledige, midlertidige ansatte, pensjonister, .) har samlet seg for å spontant okkupere det offentlige rom, og spesielt « rundkjøringene » som du kan finne ved inngangen av enhver by eller landsby i Frankrike, for å uttrykke sitt sinne og å søke å overvinne det nåværende politiske systemet.

Disse tusenvis av mennesker har brukt metoder for kamp som er kjent for anarkosyndikalister: Allmøter bestemmer, de nekter å la «ledere» eller «representanter» å tale sin sak, direkte aksjon -det vil si handlinger som er bestemt direkte av folket i kamp, ​​og derfor uten politiske partier eller fagforeninger eller andre organisasjoner utenfor forsamlingen som mellomledd mellom forsamlingen og makten / staten / regjeringen / sjefen.

Det er en autonom bevegelse med et mangfold av taktikk og mobilitet. (« Auto » betyr selv og « nomos » betyr norm, så en autonom bevegelse som definerer egne regler for handling, utenfor lovgivningsmessige og rettslige rammer.) For å identifisere seg har folk i kamp vedtatt å bruke « gule vester », et universelt symbol som gjør alle like, og gir synlighet til dem som makta ikke ønsker å se: De fattige, de som er utelukket fra det økonomiske systemet av kapitalisme og globalisering.

Sjefer og kapitalister er bekymret for effekten som denne bevegelsen har på økonomien. Kostnaden for den franske økonomien er allerede estimert å være i milliarder av euro. I løpet av de 2 månedene av denne autonome agitasjonen har de de gule vestene allerede oppnådd mer enn alle fagforeningsrepresentanter og politiske valg i de siste 20 årene.

Du har sikkert sett filmene og bildene av sammenstøtene mellom de gule vestene og anti-opprørspolitiet hver uke fra slutten av november. Disse bildene er absolutt spektakulære; vi kan til og med snakke om opprør i Paris den 1. desember eller i byen Toulouse (der vår hovedgruppe i Frankrike ligger) hver helg.

Det som likevel er aller viktigst å få med seg, er ikke så mye disse bildene av slag som går over Internett eller på TVene, men heller det faktum at tusenvis av mennesker har blitt vant til å møte regelmessig i forsamlinger for å bestemme seg for seg selv, uten politisk partier eller utenfor organisasjoner, for å utvikle egen politikk og kritisere kapitalismen og staten.

Makta (kapitalisme, klasse og stat) er enda mer redd for denne bevegelsen som gir bevissthet om arbeidernes egen kapasitet for autonom handling, enn de er redde for «spektakulær» vold. Etter hvert som ukene går, har revolten, som først fokuserte på et drivstoffskatteproblem, spredt seg og den kan føre til en fullstendig utfordring av systemet.

For å knuse denne bevegelsen forsøker makta alle våpnene som står til deres disposisjon: De prøvde først å si at det var en bevegelse av høyreekstremister. I dette latterlige forsøket på å fornærme bevegelsen, har staten blitt hjulpet av flertallet av frihetlige eller venstreorienterte organisasjoner som er så avskåret fra arbeiderklassen at de ikke er i stand til å gjenkjenne de gule vestenes form for klassekamp.

Det er sant at i begynnelsen i noen byer forsøkte rasister å manipulere bevegelsen, men for øyeblikket er de klart i mindretall og de er til og med noen ganger blitt kastet ut fra demonstrasjonene. Deretter forsøkte regjeringen å berolige folk ved å kunngjøre noen subsidier til de som hadde de laveste lønnene. Men dette tiltaket var så fjernt fra den sosiale virkeligheten at det føltes mer som en ydmykelse.

Så da disse «utspillene» ikke virka, måtte staten og kapitalistene ta av maskene og vise sitt sanne ansikt: Voldens. De påminner oss om at «staten har det «legitime» voldsmonopolet» og at kapitalismen er basert på et system av dominans av de sterkeste over de svakeste. Fra begynnelsen av bevegelsen er flere tusen opprørere blitt arrestert og flere hundre har blitt dømt til svært harde fengselsstraffer. Ofte har den eneste forbrytelsen vært å være tilstede i gata for å protestere. Hundrevis av mennesker har blitt såret, noen har fått hendene eller føttene ødelagt av eksplosive granater, andre har blitt skadet i øynene eller kinnene av gummikuler.

CNT-AIT-aktivister har vært involvert i bevegelsen av gule vester siden begynnelsen. I utgangspunktet kom vi for å se og forstå hva som skjedde. Det ble raskt klart at vi var sammen med folk som delte vår organisatoriske praksis i forsamlinger uten representanter, nektet politiske partier og valg, og ba om mer sosial rettferdighet.

Så det virket naturlig for oss å delta fullt ut, men alltid i respekt for våre anarkosyndikalistiske prinsipper. Vår innsats har også til hensikt å skille ut fascister og andre skadelige politiske parasitter som forsøker å misbruke denne bevegelsen.

Det er mange personer som er blitt arrestert og dømt til fengsel, og de er for det meste arbeidere, med eller uten arbeid, og oftest uten penger – og de er også isolerte.

Anarkosyndikalisternes plikt er å uttrykke solidaritet med disse fangene, for å kreve deres løslatelse. Derfor lanserer vi i dag en appell for solidaritet. Eventuelle solidaritetshandlinger, selv symbolske, er velkomne.

Det er dessuten gått ut en oppfordring om streik fra den 5. februar fra de gule vestene. CNT-AIT støtter og oppfordrer til å delta i denne general streiken.

Vold er statens og kapitalismens metode!

Frihet for de som er fengsla!

CNT- AIT Frankrike

contact (at) cnt-ait.info

PS: NSF sin anmerkning: Det har vært artikler i norske og andre media om at de gule vestene vil stille til valg i Europa Parlamentet. Det må sies at dette er et initiativ tatt av noe få enkeltpersoner og at de ikke representerer de gule vestene som helhet!

http://www.nsf-iaa.org/readpost.php?post=1549274344.txt<</p>

===== Translations :
(de) IAA: Solidarität mit den Sozialprotesten in Frankreich

(en) Solidarity with the Social Protests in France: Resistance to Capitalism, Exploitation!and the State!

(es) Solidaridad con las protestas sociales en Francia: ¡Resistencia al capitalismo, explotación y al Estado!

(ru)  Франция: Анархо-синдикалистыподдерживаютдвижение « желтыхжилетов » ивсеобщуюстачку

(sh) Solidarnost sa društvenim protestima u Francuskoj: Otpor kapitalizmu, eksploataciji i državi!

(sk) „Žlté vesty“ z pohľadu aktívnych účastníkov + solidárna akcia v Bratislave