La révolution du printemps au Myanmar : Une révolution oubliée en cours

Yangon, 3 mars 2021

La révolution au Myanmar se poursuit après plus de deux années de courageuse résistance de masse. Les médias mondiaux et l’establishment ont oublié la révolution du Myanmar, communément appelée « révolution de printemps ». La population du Myanmar utilise des armes de type Springfield pour se venger du gouvernement militaire et demande également des armes militaires pour se défendre. En prenant pour cible des établissements d’enseignement, des lieux de culte et des civils, l’armée du Myanmar a commis de nombreux crimes de guerre. Les habitants n’ont cependant pas pu se défendre car ils ne disposaient pas d’armes de défense aérienne. Tous les mouvements de libération nationale ne doivent pas être ignorés mais traités avec dignité à la lumière de cette révolution, où la majorité ethnique Bamar et d’autres groupes ethniques nombreux ont le même objectif de chasser les militaires.

Alors que le mouvement de protestation est passé de grèves et de rassemblements à grande échelle à des manifestations de guérilla localisées et à des conflits militaires à l’échelle nationale, l’administration continue de réprimer brutalement la Révolution en cours dans l’indifférence générale de l’opinion publique internationale.

Coup d’État de 2021 et grève de masse

Le 1er février 2021, les dirigeants militaires du Myanmar décidèrent de mener un coup d’État contre les résultats d’une élection populaire survenue en Novembre 2020. La Ligue démocratique nationale (NDL, National Democratic League), un parti néolibéral de centre-droit dirigé par Aung San Suu Kyi, a remporté les élections générales [législatives] de 2020 au Myanmar en vertu de la constitution de 2008, une constitution élaborée par les dirigeants militaires et leurs marionnettes depuis 2007.

La junte militaire a veillé à ce que l’électricité et l’internet soient coupés pendant la tentative de coup d’État. Pour étouffer les soulèvements provoqués par la population, elle a eu recours à une propagande trompeuse et à des espoirs insincères. Ils ont essayé de dissuader les gens de protester, affirmant que « si le peuple déclenche de grèves pendant les 72 heures consécutives au coup d’Etat, les Nations unies déploieront le dispositif « responsabilité de protéger » (R2P) au Myanmar afin de renverser le régime militaire ». Bien que ce type de guerre psychologique ait été lancé par la junte militaire, certains dirigeants et militants de la NDL s’en sont fait l’écho. Cependant, le mouvement de désobéissance civile (CDM, civil disobedience movement), organisé par des étudiants et des professionnels de la santé, a réfuté cette « propagande des 72 heures ». Le CDM est un mouvement où tous les moyens pacifiques de résistance sont pris en considération, depuis les grèves à petite échelle jusqu’au simple fait pour les fonctionnaires de ne pas se présenter à leur travail.

Des manifestants en Birmanie contre le coup d'Etat, à Rangoun le 22 février 2021.Le tout premier mouvement de masse a été initié par la Fédération des travailleurs de l’habillement du Myanmar (Federation of Garment Workers Myanmar), qui compte des milliers de membres. Cette grève initiale  a inspiré la population à  descendre dans la rue pour dénoncer la nouvelle junte. Malheureusement, certains opportunistes bien connus ont caché ces faits au public. Les libéraux ont tenté de présenter les travailleurs comme des partisans d’un politicien populiste nommé Ei Thinzar Maung, un militant des droits civiques de centre-gauche qui était seulement présent pour prendre des photos [de lui] et qui aurait disparu de la foule par la suite.

La mise en place d’un gouvernement en exil

La junte militaire assigna à résidence les 400 députés élus dans le complexe résidentiel gouvernemental de Naypyidaw. Les utilisateurs des médias sociaux commencèrent à exhorter les députés à tenir une session parlementaire dans un bâtiment gouvernemental, étant donné que le groupe des parlementaires avait le quorum nécessaire pour le faire. Les militaires réagirent en émettant un second ordre donnant aux députés 24 heures pour quitter le bâtiment où ils étaient réunis.

Entre-temps, les membres de la NLD et les élus des élections générales de 2020 qui n’avaient pas été arrêtés réussirent à former le « Comité représentant l’Assemblée de l’Union – Pyidaungsu Hluttaw, CRPH » (Committee Representing Pyidaungsu Hluttaw). Plus tard, le CRPH fut transformé en un gouvernement en exil appelé le Gouvernement d’Unité Nationale, NUG (National Unity Government) avec d’autres dirigeants ethniques et des personnalités populaires.

Lutte armée pour l’Union fédérale démocratique

Plusieurs manifestations furent organisées par différents groupes, allant des syndicats d’étudiants aux syndicats de travailleurs, en passant par les organisations de la société civile et les partis politiques. La junte militaire n’a pas hésité à réprimer brutalement ces manifestations pacifiques à l’aide de bombes fumigènes et d’armes. Après quelques jours, la junte militaire ordonna de tirer dans la tête des manifestants pacifiques avec des fusils mitrailleurs, des Uzis, utilisant même des tireurs d’élite. Bien qu’ils n’aient pas d’armes militaires ou de fusils pour se défendre, les gens fabriquèrent des boucliers métalliques pour se protéger des balles, des bombes fumigènes, etc. Même si certains jeunes radicaux voulaient riposter avec des cocktails Molotov, les générations plus âgées étaient un peu trop réactionnaires pour le permettre.

La police essaie de disperser des protestataires anti-Coup d’Etat à Yangon, début mars 2021.
Dispersion d’une manifestation à Yangon, le 3 mai 2021
Flash-mob organisé par un groupe de jeune pour protester contre le coup d’état militaire dans le bidonville de Pabedan à Yangon, 30 Novembre 2021. (AP)

La possession d’armes à feu n’est pas autorisée au Myanmar. Toutefois, dans certaines communautés rurales, certains habitants possèdent des fusils de chasse, car ils dépendent de la chasse pour leur survie. Avec leurs fusils de chasse, les habitants et les chasseurs ont commencé à « titiller » les soldats professionnels. Les militaires, dans une réaction totalement disproportionnée, détruisirent des villages entiers par des frappes aériennes. La junte militaire a également utilisé le viol comme arme pour terrifier les villageois. Les militaires n’épargnèrent même les femmes handicapées et les vieilles femmes de la terreur du viol.

Hors de colère contre la junte militaire, de jeunes adultes diplômés de la région métropolitaine s’enfuirent des villes et s’enrôlèrent dans les organisations armées ethniques pour recevoir une instruction militaire. Certains ont été contraints de vendre tout ce qu’ils possédaient pour se procurer une arme à feu. Au début du mois d’avril 2021, des organisations peu structurées ont commencé à émerger, principalement dans l’ouest de l’État Chin et dans l’arrière-pays nord-ouest de la région de Sagaing. Le premier mouvement auto-organisé, le Force de Défense de la terre de Chin (Chin Land Defense Force, CDF), annonça son existence le 4 avril.

Photo de la « Earthquake People’s Defense Force» (Force de défense populaire « Tremblement de terre ») montrant les armes avec lesquels ils font face à une armée professionnelle classée 39e sur 142 pays en termes de puissance militaire.

À la mi-juillet 2021, plus de 125 groupes urbains et ruraux différents avaient officiellement déclaré leur opposition à la junte militaire. À la fin du mois d’avril et au début du mois de mai, le nombre de groupes aux compétences diverses a fortement augmenté. Ces milices, réunies par des liens plutôt lâches, ont néanmoins toutes prêté serment d’allégeance les unes aux autres et ont choisi de s’appeler « Force de défense du peuple » (People’s Defense Force).

Violence contre-révolutionnaire

La junte militaire a arrêté un certain nombre de manifestants pacifiques. De plus, il est rapporté que si la junte militaire ne trouve pas les personnes qu’elle recherche, elle arrête les membres de leur famille à leur adresse résidentielle enregistrée et fait chanter les véritables manifestants pour qu’ils se rendent afin de sauver les membres de leur famille. Des situations similaires se sont produites pour les personnes qui avaient des liens avec la PDF et qui avaient collecté des fonds pour elle. Récemment, en 2022, la junte militaire a annoncé que tout citoyen ayant contribué d’un seul minuscule kyat  pouvait être arrêté en vertu de la loi sur le terrorisme.

Les brutalités policières sont pires pour ceux qui ont des liens avec les PDF, car ils peuvent être torturés pour obtenir des informations sensibles sur les forces de défense populaires. La junte militaire a utilisé le viol et le harcèlement sexuel comme arme dans les prisons contre les prisonniers. Le viol était largement perçu par la majorité de la population comme une arme utilisée contre les femmes détenues. Toutefois, un journaliste du nom de Ye Mon, qui travaillait pour un média international appelé « Frontier Myanmar », a déclaré avoir été forcé de violer une prisonnière et avoir été violé par des soldats pendant son séjour en prison. Selon une déclaration de la Fédération Générale des Syndicats étudiants (All-Burma Federation of Students Unions) du 22 février 2022, des soldats ont abusé sexuellement d’une femme et de deux hommes alors qu’ils étaient détenus au Palais du Mandalay. Des faits similaires se sont produits dans de nombreuses autres prisons gérées par la dictature militaire.

Un homme d’une vingtaine d’années a déclaré à l’Associated Press qu’il avait été battu lors d’une séance d’interrogatoire en 2021.

Selon la militante des droits de la femme Ei Ei Moe, qui a été emprisonnée pendant la période précédente de la junte militaire, les femmes étaient entourées de quatre ou cinq gardiens de prison masculins, obligées de s’agenouiller, puis frappées sur la hanche pendant qu’elles étaient enregistrées. En outre, plusieurs actes racistes, homophobes et transphobes ont été perpétrés par les soldats à l’encontre des prisonnières pendant leur séjour en prison. L’une des prisonnières avait un amant nigérian. Quand ils l’apprirent, cinq ou six d’entre de ses interrogateurs lui montrèrent leurs parties intimes masculines, lui demandant : « Tu préfères exclusivement les parties intimes d’un étranger ? ». En outre, ils lui demandèrent de se mettre à quatre pattes et lui tapèrent sur les hanches avec des bâtons tout en la photographiant. Selon l’Alliance LGBT du Myanmar, un gardien de prison a agressé sexuellement un prisonnier transgenre incarcéré dans la prison de Monywa, dans la région de Sagaing, pour des activités anti-junte.

Nous avons besoin d’armes militaires pour nous défendre

A damaged school building after the bombing of Let Yet Kone village in Myanmar in which at least 11 children and two adults died Les PDF utilisent actuellement des armes de la seconde guerre mondiale, comme des fusils de type Lee-Enfield, contre une armée classée 39e sur 142 en termes de puissance militaire. Même s’ils peuvent essayer d’affronter une armée professionnelle équipée des fusils automatiques derniers cris tels que les Heckler & Koch G3, IMI Galil et Type 95, les PDF ne peuvent pas rivaliser avec les forces aériennes de l’armée. Fin 2022, la junte militaire a décidé d’attaquer une école remplie d’étudiants et d’enseignants avec ses forces aériennes. Au moins 11 enfants et 2 adultes ont trouvé la mort.

Photographie d’un bâtiment scolaire après son bombardement

La junte militaire a justifié son attaque en affirmant que des PDF se cachaient à l’intérieur de l’école pour y préparer des attaques contre des convois militaires. La résistance du Myanmar a désespérément besoin d’armes par tous les moyens. Actuellement, la Chine vend officieusement des armes aux groupes armés ethniques (EAO, ethnic armed organisations) du Myanmar. Les groupes armés ethniques à leur tour les  revendent aux PDF et aux forces de résistance à un prix élevé.

Les Camps impérialistes dans la révolution de printemps

L’armée du Myanmar est approvisionnée par le camp impérialiste russe, les entrepreneurs militaires israéliens et le camp impérialiste chinois. Officiellement, la République Populaire de Chine se définit comme un camp impérialiste neutre qui n’a pas décidé de prendre parti dans cette révolution. Elle est prête à protéger ses zones économiques, car la République Populaire de Chine a beaucoup d’investissements et d’intérêts économiques au Myanmar. La république populaire de Chine proclame se préoccuper de la sécurité et de la santé d’Aung San Suu Kyi. En revanche, la République Populaire de Chine n’a jamais hésité à bloquer les déclarations du Conseil de sécurité des Nations unies condamnant le coup d’État militaire au Myanmar. En revanche, la Fédération de Russie soutient ouvertement la junte militaire par tous les moyens possibles. Les moines bouddhistes ultranationalistes du Myanmar, ainsi que les officiers militaires de haut rang, y compris le chef de la junte militaire, Min Aung Hlaing, sont les bienvenus en Russie. La Fédération de Russie continue de fournir à la junte militaire des armes qui seront utilisées pour attaquer des civils, des bâtiments publics et des propriétés privées.

Le gouvernement d’unité nationale (NUG) et son conseil consultatif d’unité (NUCC, National Unity Consultative Council) ont demandé à la Réserve fédérale des USA d’approuver leur demande d’utilisation d’un milliard de dollars de fonds gelés par les États-Unis. Avec un tel budget, les milices du PDF pourraient être correctement armées et préparées à se défendre contre les frappes aériennes de la junte militaire. En outre, le NUG et le NUCC cherchent également à obtenir des pays démocratiques libéraux occidentaux qu’ils leurs vendent des armes militaires et à bas prix. La population du Myanmar pense que les Birmans ne sont pas blancs comme les Ukrainiens, qu’ils sont donc ignorés et qu’ils ne recevront jamais le soutien militaire de l’Occident. Politiquement, c’est vrai dans une certaine mesure, même si cela n’a rien à voir avec la « race » ou la couleur de la peau. En fait c’est que le camp impérialiste occidental n’a rien à gagner à agir de la sorte. [C’est donc une question de profit capitaliste].

Néanmoins, cela fait deux ans que le NUG et le NUCC supplient les camps impérialistes occidentaux de les aider en leur fournissant du matériel militaire ou en intervenant. Mais le camp impérialiste occidental a été plus réactif que proactif. Récemment, certaines fractions du NUCC ont décidé de soutenir l’impérialisme chinois plutôt que l’impérialisme occidental contre l’armée. Ils essaient de trouver un compromis avec la République Populaire de Chine pour que les intérêts économiques de la Chine soient protégés, promettant qu’ils seraient plus prospères sous leur administration. Dans une déclaration publiée par le NUCC à la suite du 20e congrès national du Parti Communiste Chinois (PCC), le NUCC appelle au renforcement de la relation «entre cousins éloignés » (« Pauk-Paw » en birman) entre les deux pays, ce qui signifie que le Myanmar soutiendra l’impérialisme de la République Populaire de Chine. La déclaration mentionne également que la NUCC est désireuse de travailler avec la Chine pour restaurer la paix et la stabilité au Myanmar.

Le localisme : un avenir possible pour les communes démocratiques de base

Ironiquement, ces factions pro-Parti Communiste Chinois du NUCC ont critiqué le NUG et l’administration précédente de la NLD pour avoir gardé le silence sur le génocide des Rohingyas. Elles ont accusé certains membres du NUG et de l’administration de la NLD d’avoir gardé le silence pour travailler en étroite collaboration avec la junte militaire dans l’espoir d’éviter un éventuel coup d’État. Mais en 2022, les mêmes fractions qui ont réussi à entrer dans le NUCC ont décidé d’ignorer le génocide ouïghour pour obtenir le soutien du camp impérialiste chinois contre la junte militaire. Ce type d’hypocrisie révèle que la direction du NUCC est composée de libéraux opportunistes qui ne prennent pas au sérieux la justice sociale, ni les droits de l’homme ou  la démocratie de base.

Le Myanmar est bien connu pour avoir la plus longue guerre civile avec des groupes ethniques pour obtenir leur propre État indépendants depuis l’indépendance du pays en 1948. Depuis les dictatures militaires et les derniers gouvernements pseudo-démocratiques issus de la constitution de 2008, le Myanmar a été divisé territorialement de la manière suivante : sept régions auxquelles s’ajoutent sept États ethniques, un territoire de l’Union, une division auto-administrée et cinq zones auto-administrées. Sous la direction du NUG et du NUCC, le concept de huit États ethniques avec des divisions et des zones auto-administrées variables a été introduit. Sept régions et le territoire de l’union seraient fusionnés en un seul État pour le peuple ethnique Bamar. Superficiellement, cela semble être la solution qui mettra fin à tous les conflits ethniques au Myanmar.

Le Myanmar compte 135 groupes ethniques distincts, mais seulement 7 à 8 États ethniques. Si l’on considère sérieusement la question nationale, le localisme est la seule solution pour une confédération démocratique de base avec des groupes ethniques aussi divers. Par exemple, l’État ethnique Shan est un État pour la majorité ethnique Shan au Myanmar. Toutefois, l’ethnie Shan est elle-même composée d’une majorité de plusieurs groupes ethniques minoritaires. Ainsi, dans l’État Shan, plusieurs organisations armées ethniques représentent différents groupes ethniques, comme les Shan, les Wa, les Pa-O, les Ta’ang, etc. Le Conseil de restauration de l’État Shan (RCSS, Restoration Council of Shan State) est l’une des plus grandes organisations armées ethniques de l’État Shan. Le RCSS s’appuie sur le nationalisme shan et réclame une administration shan indépendante qui englobe l’ensemble du territoire shan. Cependant, l’Armée unie de l’État Wa, une scission militaire ethnique de l’Armée populaire de libération du Parti communiste de Birmanie, affirme que le groupe ethnique Wa est différent de la majorité ethnique Shan et demande une administration indépendante de la région Shan elle-même. De même, l’armée de libération nationale Ta’ang, une organisation armée ethnique représentant le groupe ethnique Ta’ang, se fait également l’écho d’une demande similaire, à savoir que les groupes ethniques Ta’ang réclament une région indépendante, libre des administrations Shan. De même, l’État ethnique Shan partage une longue frontière avec l’État ethnique Kachin. Comme ils partagent une longue frontière, il y a eu beaucoup de migrations entre les deux États. Par conséquent, il y a des membres de l’ethnie Shan dans l’État Kachin et des membres de l’ethnie Kachin dans la région Shan. Ces régions sont donc historiquement revendiquées par les deux parties. Certains membres de l’ethnie Shan vivant dans l’État de Kachin demandent que les régions de l’État de Kachin occupées par les Shan fassent partie de la région Shan. L’armée d’indépendance kachin (KIA), qui représente le nationalisme kachin, refuse d’accepter une telle scission. En raison de ces différends, la KIA elle-même s’est divisée et l’armée des nationalités Shanni (SNA) a été créée pour libérer ces régions de l’ethnie kachin.

De tels conflits nationalistes entre divers groupes ethniques pourraient être résolus en créant des régions autonomes pour chaque groupe ethnique. Ensuite, si les États ethniques voisins insistent toujours pour former une administration fédérale ou confédérale, une telle alliance devrait être conclue volontairement. Ni les solutions prêtes-à-l ‘emploi des dirigeants libéraux – à savoir la création de huit États ethniques au sein d’une union-, ni la solution chauvine des Bamar, qui consiste à maintenir le statu quo par la force, ne permettront de résoudre ces mouvements de libération ethnique nationalistes complexes. Des mouvements militants plaidant la cause du localisme (advocacy movements) devraient être menés pour remplacer le nationalisme par une conscience communautaire dans un avenir proche afin de parvenir à un localisme communautaire légitime qui mettra fin aux concepts effrayants connus sous le nom d’État et d’organisations nationalistes. Ces mouvements ne devraient pas se limiter à la région du Myanmar mais s’étendre aux États voisins afin d’affaiblir la nature impérialiste des pays voisins.

En résumé, l’idée d’avoir huit États ethniques au sein d’une union sous un gouvernement néolibéral est plus susceptible d’être le résultat de cette révolution si le peuple ne parvient pas à s’organiser spontanément pour créer des régions autonomes démocratiques gérées de manière communautaire. Dans le pire des cas, la junte militaire pourrait être en mesure de maintenir le statu quo si les PDF ne bénéficiaient pas d’un soutien militaire suffisant.

Un communiste libertaire (Texte transmis à la CNT-AIT par l’auteur)

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Texte tiré de la brochure « La révolution du printemps au Myanmar :Une révolution oubliée en cours« 

Table des matières :

La révolution du printemps au Myanmar : Une révolution oubliée en cours.

La lutte anarchiste en Birmanie.

La lutte des travailleurs de Myanmar Pou Chen, sous-traitant d’Adidas.

Bref résumé historique du Parti Communiste de Birmanie.

Création d’une initiative de l’AIT au Myanmar.

Pourquoi les anarchistes ne soutiennent pas Aung San Suu Kyi ?

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