Floreal Barberà : un siècle de lutte anarchosyndicaliste et antifasciste

Les compagnons de la CNT-AIT de Catalogne nous informent dans le journal « Solidaridad Obrera » de la disparition de Floreal Barberà, à l’âge de 98 ans, survenue le 20 juillet dernier, soit le lendemain de la commémoration du 83ème anniversaire du déclenchement de la Révolution Espagnole.

Fils d’un des fondateurs de la CNT-AIT en Espagne en 1910, il a subi au cours de sa longue vie trois exils.

Le premier exil, en 1924, lorsque sa famille s’enfuit à Toulouse à cause des activités anarcho-syndicalistes de son père. Enfant étranger, il sera scolarisé comme son frère Calmisto (qui participera lui aussi à la lutte anarchosyndicaliste) à l’école française. La maitrise de la langue et la culture française lui sera fondamentale dans le succès de ses futures missions clandestines. Lorsque la Révolution éclate en Espagne, la famille retourne en Espagne, à Barcelone. Le père présidera l’Industrie de fonderie socialisée, tandis que les deux fils intégreront les milices confédérales et se battront en première ligne contre les fascistes franquistes.

Le second exil, en 1939, alors que la guerre civile était déjà perdue, il est contraint de fuir Barcelone et traverse la frontière à pied, comme des centaines de milliers d’anarchistes et de républicains. L’accueil est terrible : c’est le sinistre camp de concentration d’Argelès, où l faut essayer de dormir le soir dans des trous creusés dans le sable, sans couverture. Pendant l’occupation nazi, il s’enfuie du camp et part rejoindre la lutte armée clandestine. Agent de liaison libertaire indépendant, il sera cependant bien connecté avec la résistance française (FFI), comme les services secrets alliés. Il réalisa pour leur compte de nombreuses missions d’information en France ou en Espagne, et participa au sauvetage de nombreux juifs pour le compte de l’Organisation Juive de combat (OJC).

Poursuivi par les polices Franquistes, françaises et la Gestapo, il finira par être arrêté, interrogé et torturé. A Toulouse, il était lié à Francisco PONZAN, autre militant de la CNT-AIT, qu’il fut un des derniers à le voir en vie avant son exécution par les nazis le 17 aout 1944, deux jours avant la libération de la ville.

Les compagnons de la CNT-AIT de Catalogne nous informent dans le journal « Solidaridad Obrera » de la disparition de Floreal Barberà, à l’âge de 98 ans, survenue le 20 juillet dernier, soit le lendemain de la commémoration du 83ème anniversaire du déclenchement de la Révolution Espagnole.

Fils d’un des fondateurs de la CNT-AIT en Espagne en 1910, il a subi au cours de sa longue vie trois exils.

Le premier exil, en 1924, lorsque sa famille s’enfuit à Toulouse à cause des activités anarcho-syndicalistes de son père. Enfant étranger, il sera scolarisé comme son frère Calmisto (qui participera lui aussi à la lutte anarchosyndicaliste) à l’école française. La maitrise de la langue et la culture française lui sera fondamentale dans le succès de ses futures missions clandestines. Lorsque la Révolution éclate en Espagne, la famille retourne en Espagne, à Barcelone. Le père présidera l’Industrie de fonderie socialisée, tandis que les deux fils intégreront les milices confédérales et se battront en première ligne contre les fascistes franquistes.

Le second exil, en 1939, alors que la guerre civile était déjà perdue, il est contraint de fuir Barcelone et traverse la frontière à pied, comme des centaines de milliers d’anarchistes et de républicains. L’accueil est terrible : c’est le sinistre camp de concentration d’Argelès, où l faut essayer de dormir le soir dans des trous creusés dans le sable, sans couverture. Pendant l’occupation nazi, il s’enfuie du camp et part rejoindre la lutte armée clandestine. Agent de liaison libertaire indépendant, il sera cependant bien connecté avec la résistance française (FFI), comme les services secrets alliés. Il réalisa pour leur compte de nombreuses missions d’information en France ou en Espagne, et participa au sauvetage de nombreux juifs pour le compte de l’Organisation Juive de combat (OJC).

Poursuivi par les polices Franquistes, françaises et la Gestapo, il finira par être arrêté, interrogé et torturé. A Toulouse, il était lié à Francisco PONZAN, autre militant de la CNT-AIT, qu’il fut un des derniers à le voir en vie avant son exécution par les nazis le 17 aout 1944, deux jours avant la libération de la ville.

En décembre 1944, au retour d’une mission effectuée en Espagne pour le compte de l’OJC, il est de nouveau arrêté en Cerdagne et emprisonné à Gérone et à Barcelone jusqu’en 1945. Après sa sortie de prison, il revint en France où il essaya d’organiser un réseau de combat contre le régime franquiste qui avait le soutien du gouvernement en exil de la République espagnole. Mais finalement, en 1948, le financement légal promis n’arrivant pas et devant les dissensions autour de ce mode d’action, le projet fut abandonné.

Commença alors sont troisième et dernier exil, cette fois au Venezuela, où il a continué à travailler pour la réunification confédérale et la lutte contre Franco. Il rencontre García Oliver et Octavio Alberola, alors exilés au Mexique, mais la distance qui les séparait était trop grande pour mener à bien leurs projets. Finalement ces deux derniers déménagèrent à Paris où ensemble, avec Cipriano Mera et d’autres compagnons, ils fondèrent à la demande du Mouvement Libertaire espagnol en Exil (CNT-AIT, FIJL et FAI) la « Defensa interior », groupe armé antifranquiste d’idéologie anarcosyndicaliste, qui va mener des actions de guerillas et de maquis en Espagne dans les années 60.

La vie militante de Floréal fut très intense et avec son départ, c’est l’un des meilleurs témoins de l’histoire de la CNT-AIT qui a vécu ses moments les plus aigus et intenses, les meilleurs (la révolution) comme les pires (la guerre et la répression). La lutte pour ses idéaux l’a conduit à lutter contre le fascisme en Espagne et en France dans la résistance, ce qui lui vaudra d’être décorée par le pays voisin, en 2001.

Humainement, parmi ceux qui l’ont connu personnellement, nous retiendrons les mots de Xavier Montanyà, qui nous ont servi à écrire ce mémorial :  Homme aux idées fermes, intelligent, constant et rigoureux, sans peur du risque, lutteur né, activiste clandestin,  Floréal était  un homme fraternel, discret, mais aussi réservé, qui mesurait bien ses paroles. Ce fut un des grands hommes de la lutte antifasciste.»

A toujours, Floréal.

Des compagnons de la CNT-AIT de Barcelone et de Toulouse

A suivre :

Floreal Barbera, Joan Catala, Luis-Andres Edo, Xavier Montanya ; Debat sur le groupe Ponzan. Barcelone, 2000, Espai-Obert

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