LA MALADIE DU DOCTEUR UTOPIA (2005)

Utopia contre Utopia

Tract diffusé devant les Cinéma Utopia,
lors de la soirée « Haro sur le travail », 3 février 2005

Beaucoup d’entre nous connaissent le cinéma Utopia de Toulouse mais ignorent tout de ses inquiétants symptômes, dont la préoccupante contradiction entre théorie et pratique.

1)      La Théorie d’Utopia, quelques extraits de ses gazettes :

« Accepteriez-vous de travailler pour un psychopathe ? (…) Alors je vous le dis tout cru, il vous faut voir The Corporation de toute urgence, c’est le bon Docteur Utopia qui vous le prescrit. Une médication à prendre sans délais pour ne pas finir complètement idiot (…) Le moteur de l’entreprise, c’est le profit (sinon quoi d’autre ?) (…) qui détruit la santé des hommes, méprise leur force de travail (…) » Gazette d’Utopia n°112

« Les sucriers de Colleville est une formidable invitation à gamberger sur (…) les économies comptables mises en œuvre par des abrutis dont le cerveau et le cœur ont été remplacés par une calculette » Gazette d’Utopia n° 102

« Loin de provoquer un reflux massif et frileux autant qu’individualiste sous vos couettes, il faut que la vision lucide des choses nous jette hors de nos tanières, nous pousse à fourbir nos alternatives, rende érectiles nos imaginations (aie sweetie !) nous rapproche de nos semblables dans un grand élan cosmique, nous donne la force de renverser les montagnes qui nous gâtent la vue  … » Gazette d’Utopia n°113

« Y-a-t-il une fatalité à tout ce gâchis ? Faut-il s’y résigner, comme Christian Pierret, alors Secrétaire d’Etat socialiste à l’Industrie : « il y a des gens qui refusent de manière magique et artificielle la réalité économique qui, qu’on le veuille ou non, est une réalité plus forte que la loi de la pesanteur » ? Ou bien, est-il possible de s’opposer à ces pratiques, dévastatrices et imposer d’autres choix économiques et sociaux » Gazette d’Utopia n°113

2)      La pratique d’Utopia, extrait du compte-rendu de la réunion d’équipe du jeudi 25 novembre 2004

« Point sur l’évolution de l’équipe. Pourquoi des licenciements ?

Licenciements indésirés mais tout même possible si « connerie » avec un manque de réflexion grave. Si refus de dialogue et mésentente avec le reste de l’équipe, et la condition d’un minimum de conscience politique.

Les primes : pourquoi, comment, dans quel état d’esprit ?

Distribution d’un polycopié sur les « critères pour l’attribution des primes ». La répartition des primes se fera en concertation, au cas par cas, sur le mois de janvier 2005 ; Selon 4 critères :

1.  La qualité de la prestation quotidienne,

2.  L’évolution d’un savoir-faire développé hors du temps de travail,

3.  La participation bénévole à des activités internes à Utopia hors du temps de travail, entraînant une ouverture d’esprit, un engagement, une progression dans le domaine du cinéma ou autre …

4. La participation à des activités, (…) provoquant un « retour de réflexion » pour l’ensemble de l’équipe d’Utopia, pour les spectateurs, … »

3)      La pratique de la théorie

La conclusion s’impose : Utopia court le danger d’une grave schizophrénie. Nous devons d’urgence lui porter secours, avant que le mal ne devienne incurable. Aidons donc le bon Docteur Utopia à prendre sa propre médication sans délai pour ne pas finir complètement idiot. Soignons vite ces patrons, afin qu’ils ne soient point des psychopathes, des abrutis dont le cerveau et le cœur ont été remplacés par une calculette.

Intervenons pour que cette SARL (et non pas une association comme le croient certains), cette société du spectacle ait d’autres moteurs que le profit qui détruit la santé des hommes et méprise leur force de travail.

Tout en provoquant un reflux, il faut que la vision lucide des contradictions du Docteur Utopia nous jette hors de nos tanières, rende érectile nos imaginations (aïe sweetie !), nous donne la force de renverser les montagnes qui nous gâtent la vue … des films que nous aimons tant.

Soyons utopistes : Il n’y a pas de fatalité à tout ce gâchis. Il ne faut pas s’y résigner comme Christian Pierret. Il est possible de s’opposer à ces pratiques dévastatrices et imposer d’autres choix économiques ou sociaux. Car même si, de droite ou de gauche, un patron reste un exploiteur, nous pouvons être bien plus que des spectateurs …

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