CINEMAS UTOPIA : DANGER, PATRONS DE GOCHE !

Ça se passe comme ça chez Utopia !

Article publié dans le Combat Syndicaliste Midi Pyrénées, n°89, mars avril 2005

Le tract qui suit a été distribué par des militants de la CNT/AIT lors de la soirée d’ouverture du cycle « Haro sur le boulot», organisé par le cinéma Utopia. Cette entreprise y dénonce sévèrement l’exploitation capitaliste, alors même qu’elle la pratique allègrement comme le prouve le document interne cité dans le tract.

Il y a ceux qui, par hasard, par choix ou par force sont délivrés du travail comme le montre le film de Pierre Carles « Attention : Danger Travail ». Et puis il y a tous les autres, ceux qui en cherchent, et ceux qui en ont, tous ceux qui doivent bosser, non par plaisir, mais par nécessité, pour bouffer, pour dormir au chaud, pour élever leurs gosses, pour vivre tout simplement.

Et pour tous ceux-là, à l’injustice du temps de vie volé et de la force de vie vendue pour un salaire, s’ajoute l’obligation de subir les petits chefs et les patrons, leur suffisance, leur autoritarisme, et leurs mesquines combines de profiteurs. Certains croient limiter leur degré d’exploitation et d’humiliation en bossant pour des patrons de gôche. En effet, dans le paysage du turbin foisonnent ces associations dites non lucratives et ces petites boîtes dites culturelles où l’on bosse pour des salaires à gueule d’aumône, où les horaires sont dignes des rêves les plus flexibles du noblaillon Sellière, où le mépris et le cynisme servent de règlement intérieur. La région toulousaine n’échappe pas à la règle.

Ainsi une PME culturelle locale, spécialisée dans la « culture de gôche », faisant de la participation « démocratique » et du « citoyennisme » ses produits d’appel, a dans le même temps une conception de l’entreprise et du salariat très en pointe par rapport aux rêves les plus fous de l’aristocrate du MEDEF. A titre d’exemple, un compte rendu d’une réunion d’équipe du jeudi 25 Novembre 2004 aborde deux aspects intéressants montrant comment on traite les salariés dans cette entreprise citoyenne. Dans un premier paragraphe intitulé « Point sur l’évolution de l’équipe. Pourquoi les licenciements ? », on apprend que deux licenciements sont en cours, dont l’un pour un « déficit d’heures de travail d’un délégué du personnel » ainsi qu’un manque « d’un minimum de conscience politique ». On pourrait croire à une farce, mais il n’en est rien.

Le second paragraphe concerne « Les primes : Pourquoi, comment, dans quel état d’esprit ? ». Car dans ce temple de la démocratie, les primes cela se mérite. Et voici comment :

« La répartition des primes se fera en concertation, au cas par cas, selon 4 critères :

1/ La qualité de la prestation quotidienne,

2/ L’évolution du savoir-faire développé hors du temps de travail,

3/ La participation bénévole à des activités internes … hors du temps de travail,…

4/ La participation à des activités provoquant un retour de réflexion pour l’ensemble de l’équipe …  »

Si vous souhaitez aider les employés de cette PME de l’exploitation à obtenir des conditions de travail décentes, si vous souhaitez rappeler à ces petits patrons exploiteurs que si la démocratie fait vendre, il convient au minimum d’en donner l’illusion, n’hésitez pas à manifester votre désaccord avec ces pratiques digne du MEDEF devant cette entreprise. Vous n’en êtes pas très loin. Vous êtes même devant ! Car il s’agit bien d’UTOPIA !

La lutte ne fait que commencer !

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