CINEMA DES CARMES – ORLEANS : IL Y A COMPROMMISSION ET COMPROMISSION – NOUS SOUTENONS LES GREVISTES DANS LES FILMS … ET DANS LES CINEMAS

Article publié le 4 septembre 2004.

On peut rétorquer à ceux qui dénoncent la passivité des associations et militants face à une situation de conflit social dans ce genre d’établissement socioculturel – qui ne sont pas foules -, que quoi que l’on fasse comme action, militante ou non, on se trouve toujours corrompu d’une manière ou d’une autre.

Effectivement on se trouve dans un état de société où on se compromet tout le temps. Ne serait-ce qu’en allant au supermarché, on cautionne l’exploitation des caissières (entre autres). Mais – même si c’en est un – le problème dénoncé n’est pas celui-là !

La comparaison à faire porte plus sur quelle réaction apporteraient les associations et militants, si (poursuivons notre exemple) des caissières de leur supermarché (préféré ?) se mettaient en grève ? S’il était diffusé l’information qu’une procédure de licenciement pour fait de grève avait été engagée ?

Quelle aurait été la réaction de nos joyeux drilles militants si un conflit social avait eu lieu dans leur librairie préférée, celles où ils essayent de mettre en dépôt leur canard par exemple ?

Ces associations participent à l’animation de ces lieux culturels, qui prennent ainsi surtout grâce à elles, une teinte sociale voire militante. Ces structures mélangent alors de fait (de façon plus ou moins poussée) militantisme et tiroir-caisse (si ce n’est bénéfice). Il est donc d’autant plus important ne serait-ce que d’un point de vue de cohérence au sein même de leur activité militante, que ces associations – impliquées par leurs partenariats – prétendant intervenir sur un plan économique et social, réagissent (inutile de préciser qu’en présence du loup et de l’agneau, la neutralité – libérale – consiste à se ranger du côté du plus fort).

Reste à savoir si ces associations sont prêtes à mettre en cause leur mode de rentabilisation militante.

NOUS SOUTENONS LES GREVISTES DANS LES FILMS … ET DANS LES CINEMAS

Article publié le 6 octobre 2004.

Le cinéma “Les Carmes”, “art et essai” et indépendant, est apprécié pour sa volonté d’être un cinéma différent. Sa programmation est en effet souvent audacieuse, les films proposés nous font réfléchir, voyager, partager le monde actuel et ses diversités. Son ambiance fait “petit ciné” avec ses 10 salariés, et son activité s’organise régulièrement avec des associations locales. On pouvait donc penser qu’être salarié de cette fameuse “Belle équipe” aurait pu un peu échapper aux sanctions après un conflit social.

Et pourtant c’est bien la société exploitante “Eden Carmes” qui a licencié pour faute grave l’un de ses salariés, à la suite d’une grève cet été visant à améliorer des conditions de travail.

En tant que spectateurs, salariés nous aussi, nous ne voulons pas cautionner une entreprise culturelle qui sanctionne un de ses salariés ayant exercé son droit de grève pour revendiquer. Nous nous opposons à cette arrogance patronale qui remet en cause l’action collective, sous prétexte de difficultés financières de l’entreprise, de « particularisme” d’un cinéma “art et essai” où l’on mélange allègrement bénévolat et salariat…

Nous regrettons aussi l’indifférence de certains membres d’associations “sociales et culturelles” ayant organisé des débats au cinéma “Les Carmes”, plus préoccupés de délivrer leur message, et soigner leur image que de s’interroger sur le fonctionnement interne de cette entreprise cinématographique que ces associatifs ont tacitement accepté.

Des spectateurs, le 2 octobre 2004.

Illustration : Jean-Paul Van Der Els

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