ln Tunisia [l’espulsione di Paolo Schicchi, anarchico antifascista , 15-12-1924]

La Rivista lnternazionate Anarchica, Ano primo, n°2, 15 diciembre 1924

ln Tunisia

In ogni angolo della: terra i delittuosi governi dell’Europa moderrïa hanno portato la più uniqua reazione. Eanche in .questa colonia · della democratica -répubblica francese, spira, più che altrove, un perfido ventaccio repressivo contro quanti si dedicano, o sono sospetti di dedicarsi, ad iniziative unanitarie ed emancipatrici delle classi schiave.

Le elezioni dell’undici maggio [1924] che, col governo Herriot, hanno portato al potere i radicali e i socialisti, non hanno cambiato nulla dei – vecchi sistemi reazionari poincaristi nel regime coloniale. Se un cambiamento c’è ; è in peggio.
Sono rimaste in tutte le amminisfrazioni pubbliche e notamente negli uffici di polizia, le creature di Poincaré, le quali filano d’accordo con le autorità consolari di Mussolini e con le sette fasciste italiane laggiù annidatesi per lavorare la numerosa e importante colonia di nostri connazionali. La popolazione italiana si può dire che in Tunisia prevale per numero e per interessi su quella francese. E il governo fascista di Mussolini detta ordini alle autorità francesi coloniali, le quali si compiacciono di eseguirli in pieno, come se queste fossero tanti ras delle provincie italiche conquistate al· manganello fascista.

Di questa servilità al fascismo, ne abbiamo avuto un’impudente esempio con la récente espulsione da Tunisi del compagno Paolo Schicchi ·e con la soppressione del suo giornale. Lo Schicchi era riparato a Tunisi, dopo le note persecuzioni del governo fascista contro di lui, non tanto per sottrarsi a queste, quanto per cercare colà la libertà sufficiente per far risorgere il Vespro Anarchico definitivamènte soppresso in Sicilia per ordine del brigante Mussolini.

Aveva infatti pubblicato un numero unico, ·Il Vespro Sociale,e non aveva ancora fatto in tempo ad effettuare la spedizione del primo numero del Vespro Anarchico che il commissario di polizia -gli comunicava il decreto della espulsione é della soppressione del giornale ; decreto emanato dal governo radico~socialista francése sù ordine diretto di Benito Mussolini…

Su ciò non v’ha dubbio, poichè lo conferma il fatto. che i fascisti italiani di Tunisi andavano pubblicamerite vantandosi che · non più · tardi di una ·settimana di tempo lo Schicchi sarebbe stato espulso e il Vespro soppreso. Un simile provvedimento, del resto, non ·poteva prenderlo e giustificarlo il governo francese di motu proprio, inquantochè l’attività dello Schicchi si svolgeva unicamente sul terreno antifascista, . senza ingerirsi minimamente nella politica coloniale francese. · Tanta servilità a Mussolini dimostrata dal governo radico-socialista francese contro Paolo Schicchi, non l’ha mai mostrata nemmeno il teschiatissimo prefetto Gasti !

Ma dove si vede chiaramente il governo francese curvarsi servizievolmente agli ordini diretti di Mussolini e del suo stile fascisticamente illegale e arbitrario, è nella posizione in cui tutt’ora è tenuto il nostro caro compagno. Benito Mussolini, non si è accontentato di ordinare la soppressione del Vespro e I’espulsione di Paolo Schicchi dalla Tunisia. Ma egli ha voluto che il pericoloso anarchico antifascista fosse relegato a DOMICILIO COATTO ! E siccome in Italia non è ancora prevalso il concetto giuridico del pazzo criminale Farinacci per istituire il domicilio ·coatto, Benito Mussolini ha voluto che questo lo istituisse il governo antifascista francese per relegarvi Paolo Schicchi. Ed ecco che quell’arbitrio e quell’illegalismo reazionario che non ha ancora osato attuare il governo fascista in Italia, lo attua invece, su ordine di questi, il governo antifacista in Francia. Cosi Paolo Schicclù è- stato relegato, su ordine di Benito Mussolini, al ministro deglt esteri francese che lo ha fatto eseguire, al domicilio coatto in Marsiglia !… Molti non crederanno a cotanta enormità ; eppure questa è la verità.

Ognuno sà che è arbitrarto, illegale, arcifascistico relegare un’individuo a domicilio coatto senza che vi sia stato condannato da una sentenza del giudice. Ciò è, infatti, ancora considerato arbitrario, iniquo, illegale nella stessa Italia pur sotto il famigerato regime fascista. Ebbene, a colmo del colmi, quello que non è permesso a Mussolini di fare in Italia, questi, lo fà fare ad Herriot in Francia ai danni di Paolo Schicchi. Sembrerebbe un’atroce beffa giuocata dal nero duce della reazione al socialisteggiante leader della democracia. E sono invece due aspetti dello stesso volto liberticida : fascismo e democrazia !

Chi dei due è più fascisa ? Desidereremmo una chiara risposta in merito dalla Lega dei Diritti dell’Uomo e dal Partito Socialista Francese, i quali dividono le responsabilità del potere conquistato con un programma antifascista. Ripetiamo : Chi dei due è più ·fascista ?

Il governo fascista .d’Italia, che ordina, o il governo antifascista di Francia che lo serve ?


En Tunisie

Dans tous les coins de la terre, les gouvernements criminels de l’Europe moderne ont provoqué la réaction la plus inégale. Et même dans cette colonie de la République démocratique française, plus qu’ailleurs, un vent répressif perfide souffle contre ceux qui se consacrent, ou sont soupçonnés de se consacrer, aux initiatives unitaires et émancipatrices des classes esclaves.

Les élections du 11 mai [1924] qui, avec le gouvernement Herriot, portèrent au pouvoir les radicaux et les socialistes, n’ont rien changé aux vieux systèmes poincaristes réactionnaires du régime colonial. S’il y a un changement; c’est pour le pire.

Les créatures de Poincaré sont restées dans toutes les administrations publiques et notamment dans les commissariats, et elles sont d’accord avec les autorités consulaires de Mussolini et avec les sectes fascistes italiennes nichées là pour travailler la nombreuse et importante colonie de nos compatriotes. On peut dire que la population italienne l’emporte sur les Français en Tunisie en termes de nombre et d’intérêts. Et le gouvernement fasciste de Mussolini dicte des ordres aux autorités coloniales françaises, qui se plaisent à les exécuter intégralement, comme si c’étaient autant de provinces italiennes conquises par la matraque fasciste.

Nous avons eu un exemple effronté de cette servilité au fascisme avec l’expulsion récente de Tunis du camarade Paolo Schicchi et avec la suppression de son journal. Schicchi s’est réfugié à Tunis, après les persécutions connues du gouvernement fasciste contre lui, non pas tant pour échapper à celles-ci, mais pour y chercher la liberté suffisante pour ressusciter le journal il Vespro Anarchico , définitivement supprimé en Sicile par ordre du brigand Mussolini.

Il n’avait en effet publié qu’un seul numéro, Il Vespro Sociale, et n’avait pas encore eu le temps d’envoyer le premier numéro du Vespro Anarchico que le commissaire de police lui communiqua le décret d’expulsion et d’interdiction du journal ; décret pris par le gouvernement socialiste radical français sur ordre direct de Benito Mussolini …

Il n’y a aucun doute là-dessus, comme le fait le confirme que les fascistes italiens de Tunis se vantaient publiquement que – dans une semaine au plus tard – le Schicchi serait expulsé et le Vespro interdit. De plus, le gouvernement français ne pouvait prendre une telle mesure et la justifier par motu proprio, puisque l’activité de Schicchi se déroulait uniquement pour des motifs antifascistes. sans interférer le moins du monde avec la politique coloniale française. Tant de servilité envers Mussolini montrée par le gouvernement radical-socialiste français contre Paolo Schicchi, même l’effrayant préfet Gasti ne l’a jamais montré !

Mais là où l’on voit clairement le gouvernement français plier obligeamment sous les ordres directs de Mussolini et de son style fascistement illégal et arbitraire, est la position dans laquelle se trouve toujours attaché notre cher compagnon. Benito Mussolini ne s’est pas contenté d’ordonner l’interdiction du Vespro et l’expulsion de Paolo Schicchi de Tunisie.Il voulait que ce dangereux anarchiste antifasciste soit relégué dans une RESIDENCE FORCE ! Et comme en Italie la notion juridique du criminel fou Farinacci n’a pas encore prévalu pour établir l’assignation à résidence obligatoire, Benito Mussolini a souhaité que cette notion soit établie par le gouvernement antifasciste français pour y reléguer Paolo Schicchi. Et voici que l’arbitraire et l’illégalité réactionnaire que n’a pas encore osé mettre en place le gouvernement fasciste en Italie, sont plutôt mis en œuvre par le gouvernement antifaciste en France sur leurs ordres. Ainsi Paolo Schicclù fut relégué, sur ordre de Benito Mussolini, par le ministre des Affaires étrangères français qui le fit exécuter, en résidence forcéé à Marseille !… Beaucoup ne croiront pas à une telle énormité ; pourtant c’est la vérité

Chacun sait qu’il est arbitraire, illégal, archi-fasciste de reléguer un individu dans une résidence forcée sans qu’il ait été préalablement condamné par un juge à cette peine. Ceci est, en fait, toujours considéré comme arbitraire, injuste, illégal et même en Italie même sous le régime notoirement fasciste.

Bon, pour couronner le tout, ce que Mussolini n’a pas le droit de faire en Italie, il laisse Herriot le faire en France contre Paolo Schicchi.

Cela semblerait une blague atroce jouée par le leader noir [comme la couleur des chemsies fascistes] de la réaction au leader socialiste de la démocratie. Et ce sont plutôt deux aspects d’un même visage liberticide : le fascisme et la démocratie !

Lequel des deux est le plus fasciste ? Nous voudrions une réponse claire à ce sujet de la part de la Ligue des droits de l’homme et du Parti socialiste français, qui partagent les responsabilités du pouvoir conquis avec un programme antifasciste.

Nous répétons : lequel des deux est le plus fasciste ? Le gouvernement fasciste d’Italie, qui commande, ou le gouvernement antifasciste de France qui le sert ?

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