Pourquoi manifeste- t- on le premier mai ? Pourquoi l’appelle- t- on « fête du travail » ? D’où vient cette date ? Que cherche- t- on à nous faire oublier en nous faisant promener ? Ce petit texte explique l’origine historique du Premier Mai.
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LES ORIGINES du PREMIER MAI
Fêter le travail, quelle drôle d’idée ! Alors que la France compte des millions de chômeurs, que les plans sociaux se suivent et se ressemblent, que les burn out sont de plus en plus fréquents, que le nombre d’accidents mortels du travail est en constante augmentation, célébrer le travail est paradoxal. Quand on sait d’où vient cette date du 1er mai, l’appeler « Fête du Travail » relève franchement de la manipulation historique et politique. Mais le sait-on vraiment ? Sait-on que le 1er mai 1886, des policiers américains ont tué des travailleurs qui manifestaient pour la journée de huit heures, consacrant ainsi la date comme jour des luttes ouvrières ? Sait-on que ces manifestants étaient anarchistes ? D’ailleurs, sait-on ce que c’est vraiment, l’anarchisme ?

Historiquement, c’est lors de la Révolution française qu’une première tentative a existé en France pour accorder un jour de repos aux travailleurs. Fabre d’Églantine propose, en effet, la création d’une fête du Travail en 1793, le 1er pluviôse du calendrier républicain, soit le 20 janvier. Supprimée lors de l’Empire napoléonien, oubliée lors de la restauration monarchique, la très bourgeoise Seconde république ne la remet surtout pas à l’ordre du jour …
C’est que nous sommes alors en pleine Révolution industrielle, au milieu du XIXème siècle, qui entraine l’apparition d’une masse de travailleurs, assujettie au travail dans les usines, les mines, les ateliers. Les journées sont longues et exténuantes. Pas ou peu de réglementation quant aux conditions de travail. De son côté, la bourgeoisie prospère et amasse de grandes fortunes. La poussière de la Révolution industrielle profite aux uns et asphyxie les autres… Les travailleurs commencent à s’organiser de manière autonome pour exiger le respect de leur dignité et la fin de l’exploitation, dénonçant des conditions de travail inhumaines, ainsi que la complicité de l’État. Avec la Révolution industrielle, les journées de travail ne sont plus rythmées par les cycles des saisons comme dans les travaux agricoles, ou l’alternance du jour et de la nuit comme pour l’artisanat. Il n’y a plus de limitation de la durée du travail. Les hommes, les femmes et les enfants peuvent alors travailler jusqu’à 17 heures par jour. L’idée révolutionnaire d’une journée de travail limitée à 8 heures émerge parmi les travailleurs.
Mais c’est aux États-Unis (eh oui !), parmi la masse des travailleurs migrants, que va survenir l’évènement déclencheur de grandes luttes pour obtenir une journée de travail de huit heures. À Chicago, le 1er mai 1886, une grève générale, suivie par 400 000 salariés, la plupart des migrants pauvres, paralyse un nombre important d’usines. La date du 1er mai est choisie car c’est la date du « moving day » : c’était le commencement de l’année de travail où les ouvriers louaient leurs services.
L’obtention des 8 heures par jour était au centre des revendications pour lesquelles les travailleurs des États- Unis étaient décidés d’aller jusqu’à la grève générale pour faire pression sur le patronat et le gouvernement. Le 1er mai fut déclaré jour international de solidarité de classe et de revendication pour les 8 heures par les Knights of Labour, la première organisation autonome ouvrière aux Etats Unis. Au cours du printemps 1886, les ouvriers de tous les secteurs ont focalisé leurs actions sur cet objectif et ont parfois obtenu gain de cause dans ce domaine. Devant la détermination des ouvriers et l’expansion du mouvement syndical, le patronat et le gouvernement décidèrent d’adopter des mesures de répression plus expéditives
Le samedi 1er mai 1886, la mobilisation est un grand succès. En dépit des avertissements haineux et des prédictions alarmistes de la presse bourgeoise, aucune émeute n’éclata, aucune atteinte à la propriété n’eut lieu et la manifestation des travailleurs – même si illégale et auto-convoquée – fut une démonstration de force calme et sûre d’elle-même. Par ce beau samedi ensoleillé, les fabriques, les usines, les entrepôts furent désertés. Dans leurs plus beaux vêtements, les ouvriers de Chicago, accompagnés par leur famille, défilèrent par milliers dans les rues, sous les yeux sidérés de la police, de l’armée et des gardes privés prêts à intervenir au moindre trouble. La manifestation de solidarité se déroula sans encombre et s’acheva sur les bords du lac Michigan, où les principaux orateurs, parmi lesquels les anarchistes ouvriers Albert Parsons et August Spies, prirent la parole devant la foule. Dans la seule ville de Chicago, 80 000 ouvriers participèrent à la manifestation et, dans tout le pays, le 1er mai eut le même retentissement et fut suivi avec le même enthousiasme
Le lundi suivant, 3 mai, le mouvement de grève continua et beaucoup d’ouvriers se joignirent aux grévistes du 1er mai, paralysant ainsi l’économie de la ville de Chicago. La violence des forces de l’ordre, contenue durant la journée du samedi, allait éclater devant les grilles d’une usine de machines et outils agricoles, la McCormick Harvester Work. Ripostant à la journée de grève du 1er mai par un lock- out massif, le patronat de cette usine avait remplacé ses employés par 300 briseurs de grève. À la sortie, ceux- ci furent pris à parti par les grévistes. Brusquement, la police chargea l’arme au poing. Les grévistes tentèrent alors de se disperser, mais les policiers, sans doute déçus et exaspérés par le caractère pacifique des manifestants du 1er mai, tirèrent sur la foule, abattant six hommes alors qu’ils s’enfuyaient. Les organisateurs de la journée du 1er mai virent dans ce massacre un fait honteux et inacceptable qu’il fallait dénoncer publiquement. Une manifestation fut décidée pour la soirée du lendemain sur la place de Haymarket, non loin d’un des commissariats de police de Chicago. Cette soirée de protestation contre les brutalités policières se déroula sans heurt, les orateurs se succédant devant une foule calme. Vers la fin de la manifestation, alors que les principaux orateurs avaient déjà quitté la place, 180 policiers, la matraque à la main, firent irruption parmi les manifestants, les enjoignant de se retirer immédiatement, ce à quoi Sam Fielden, un des organisateurs, eut le temps de répliquer que la foule était paisible. Une bombe explosa alors au milieu des policiers et ce fut la panique. Les policiers, dont un fut tué et sept blessés, firent feu et la foule se rua dans toutes les directions pour échapper à la fusillade.

Du côté des manifestants, le bilan fut également lourd, un mort et de très nombreux blessés. On ne retrouva jamais le lanceur de bombe, peut- être un provocateur. Cependant, les autorités ne prêtèrent aucun crédit à cette version des faits. La situation, à leurs yeux, ne comportait aucune énigme, les responsables étaient connus : les anarchistes. Non contents d’inspirer les mouvements de grève des jours précédents et de semer le trouble en incitant les ouvriers à manifester sur la place de Haymarket, ils s’attaquaient directement aux forces de l’ordre. Les autorités devaient donc réagir vite et frapper à la tête du mouvement pour endiguer une révolte qui mettait tout le système en péril.
Les animateurs les plus actifs du mouvement ouvrier de Chicago, les anarchistes Albert Parsons, August Spies, Michael Schwab, George Engel, Adolph Fischer, Samuel Fielden et Louis Lingg sont arrêtés et rapidement jugés.

Lors du procès, les accusés nient avoir lancée la bombe, ni être au courant de la « conspiration ». D’ailleurs seuls deux d’entre eux se trouvaient sur Haymarket Square au moment des faits. Des douze jurés chargés de prononcer la sentence, aucun n’était ouvrier, quatre déclaraient haïr les radicaux et tous reconnurent ultérieurement être déjà convaincus de la culpabilité des accusés avant le début du procès. Le gouverneur de l’Illinois, John Peter Altgeld, indiquera à la suite de son enquête que « la plupart des preuves présentées devant le procès étaient des faux purs et simples » et que les témoignages avaient été extorqués à des hommes « terrorisés » que la police avait « menacé de tortures s’ils refusaient de signer ce qu’on leur dirait »
Le 19 août ; ils sont condamnés à être pendus, sans aucune preuve de leur culpabilité. Parsons, Spies, Fischer, Engel furent exécutés, Fielden et Schwab réclamèrent la clémence et virent leur condamnation commuée en peine d’emprisonnement à vie. Quant à Lingg, dont la mort reste un mystère qui n’a toujours pas été éclairci, il se serait suicidé dans sa cellule. Le procès des martyrs de Chicago a inauguré le règne de la terreur pour le mouvement ouvrier dans tous les États-Unis. Le 1er mai 1886 ainsi que les événements dramatiques qui ont secoué le mouvement ouvrier américain sont à l’origine de la célébration de la Fête des Travailleurs, jour chômé et réservé aux manifestations des travailleurs. Comme, plus tard, le cas de Sacco et Vanzetti en 1928, autres anarchistes injustement condamnés à mort pour des faits imaginaires, le procès des martyrs de Chicago reste un exemple de la justice à la solde des possédants dans l’Amérique capitaliste. Les dernières paroles d’August Spies, à ce propos, sont prophétiques :
« Il viendra un temps où notre silence sera plus puissant que les voix que vous étranglez aujourd’hui »

Les débuts du premier mai en France
Paris connut le premier mai 1890 son premier « Premier Mai ». Une tradition allait naître, mais, pendant longtemps encore, sa célébration va se faire dans l’illégalité, contre les forces de répression et 1er Mai va signifier affrontements, brutalités et sanctions de tous ordres. En 1901, le syndicaliste anarchiste Pouget propose dans son journal Le Père Peinard : « Fixons-nous une date et proclamons qu’à partir du jour que nous aurons choisi pour rien au monde nous ne consentirons à faire plus de huit heures ! ».
Il faudra attendre le 8ème congrès de la CGT, à Bourges en septembre 1904, pour que l’idée soit reprise et la date fixée : ce sera le 1er mai 1906 ! Pour préparer cette journée, la CGT entame la première grande campagne de propagande de son histoire : affiches, tracts, papillons, brochures, création de comités d’action pour les 8 heures, articles dans le journal confédéral d’alors, La Voix du Peuple. On y développe toute une argumentation autour de l’idée des 8 heures : moyen pour combattre le chômage, éliminer fatigue et surmenage, supprimer les maladies professionnelles, développer les bibliothèques et l’instruction, élever le niveau culturel des travailleurs, etc.
C’est dans ce climat qu’arrive le 1er mai 1906, qui va être marqué par de violents affrontements avec les forces de police. Dès le matin, Paris est mis en état de siège : soldats et policiers en armes à chaque carrefour, forte concentration de policiers à cheval aux abords de la Bourse du travail, place de la République. La caserne proche a même été aménagée en « prison » temporaire…
Les divers syndicats ont convoqué leurs adhérents en plusieurs points de la capitale. Un meeting est prévu à la Bourse, mais comme tout le monde ne peut y pénétrer, c’est une manifestation de rue que la police s’efforce de disperser : il y a des charges brutales, des arrestations par centaines. À l’heure du bilan, le soir, on comptera même deux morts. Et il faudra attendre 23 heures pour que les rues de Paris retrouvent leur aspect habituel. Mais les violences continueront pendant plusieurs jours encore. Les patrons licencieront plus de deux mille travailleurs coupables d’avoir quitté leur travail le 1er mai !
Et aujourd’hui … en France et dans le Monde, une journée de lutte
Si cette journée reste le seul jour légal chômé et payé en France (mais pour combien de temps ? Le Patronat et l’État voudraient bien nous reprendre cette journée de temps pour nous afin de la donner au profit du patron), elle est encore illégale dans de nombreux pays, notamment aux USA ! Mais c’est aussi le cas dans de nombreux pays du Sud global, où les indépendances obtenues suite à la décolonisation des années 60 ont mis au pouvoir des bourgeoisies certes indigènes mais pas moins exploiteuses et oppresseuses que les bourgeoisies coloniales.
Dans tous les pays où ils sont présents, que ce jour soit légal ou pas, les anarchosyndicalistes regroupés au sein de l’Association Internationale des Travailleurs (AIT) participent au Premier mai pour en faire une journée de lutte et de solidarité.
Si ce combat vous tient à cœur, rejoignez-nous !
cnt-AIT (Association Internationale des Travailleurs)
contact@cnt-ait.info / https://cnt-ait.info
Le Premier Mai : Fête du travail ou Fête des travailleurs ?
Depuis le début du XXème siècle, les travailleurs s’auto-organisent pour revendiquer leur dignité. Ils se regroupent dans des Sociétés ouvrières de résistances, des bourses du travail, des syndicats. L’État et les patrons au début essayent de réprimer ces mouvements auto-organisés qui revendiquent, protestent, manifestent, font grève, le tout illégalement. Mais rapidement, ils comprennent que la meilleure façon de canaliser les mouvements autonomes de travailleurs c’est de les institutionnaliser, de les faire assoir à la table des négociations. Les syndicats sont autorisés, la grève est encadrée, le droit du travail s’accompagne aussi de devoirs des travailleurs et notamment celui de ne pas perturber l’économie et les profits patronaux. Mais le Premier mai reste illégal, et manifester ce jour-là est – pour ceux qui sont dans la rue – l’expression d’une volonté de s’affronter à l’État et au patron.
Après le Front Populaire en 1936, les travailleurs occupent spontanément les usines et les ateliers, un vent révolutionnaire souffle sur la France, alors qu’une Révolution éclate en Espagne en même temps. Le patronat s’affole, lâche des miettes (congés payés notamment) pour ne pas perdre l’essentiel, le pouvoir économique. Il est aidé en cela par la gauche qui – bien qu’au pouvoir – appelle à « savoir terminer une grève » (Thorez, dirigeant communiste). Le Premier ministre, le socialiste Léon Blum, refuse par ailleurs d’aider la Révolution espagnole, qui sera étranglée par les fascistes de Franco (aidés par l’Allemagne Nazi et l’Italie fasciste) et par les Républicains (aidés par les Communistes), aucun d’entre eux ne voulant d’une révolution anarchiste.
Après la défaite de la France face aux Nazi en 1940, le gouvernement de collaboration de Pétain installé à Vichy a besoin de mobiliser les travailleurs pour qu’ils participent à sa politique de « Révolution nationale ». René Belin, ministre du travail de Vichy et ancien secrétaire général adjoint de la CGT, a l’idée alors de faire du Premier Mai un jour férié légal. Cela permet à Vichy d’amadouer les syndicalistes réformistes qui sont pour le respect de la loi et contre l’action directe révolutionnaire. Devenu un jour férié officiel, le Premier mai est banalisé, évitant qu’il devienne un jour de manifestation de résistance. Désormais légalisées, les manifestations du Premier Mai seront encadrées par la police et l’État … Vichy applique aux relations sociales la politique fasciste, qu’on appelle le corporatisme : il proclame qu’il faut dépasser le conflit capital-travail par la collaboration entre les classes sociales. La doctrine prône la négociation et le dialogue plutôt que le conflit, l’organisation d’institutions rassemblant les travailleurs et les patrons, dont les institutions paritaires et autres CSE sont l’actuel prolongement. Le Premier Mai n’est donc plus la Journée de solidarité des travailleurs, mais devient la « Fête du travail », s’inscrivant dans la nouvelle formule de l’État Français : « Travail – Famille – Patrie ».
Les anarchosyndicalistes, et les travailleurs révolutionnaires en général, rejettent cette appellation de « fête du travail », une dénomination issue du fascisme français. Le travail – mot qui vient du latin « tripalium », instrument de torture à trois pointes – n’est pas à fêter il est à détruire, pour le remplacer par la libre activité des humains auto-organisés.
Depuis Chicago en 1886, c’est cette solidarité internationale des travailleurs en lutte pour l’abolition de l’État et du Salariat que nous célébrons ce Premier Mai. Et cela sera ainsi jusqu’à la Révolution sociale, égalitaire et libertaire, pour laquelle nous luttons !
Vive le Premier Mai ! Vive la solidarité internationale des travailleurs !
cnt-AIT (Association Internationale des Travailleurs) / contact@cnt-ait.info / https://cnt-ait.info


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A propos de quelques Premiers mai :
- Le Premier mai à Tokyo dans les années 1920
https://cnt-ait.info/1931/05/01/le-premier-mai-a-tokyo-dans-les-annees-1920
- 1947 : le premier Premier Mai de la CNT-AIT française
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- 2020 : ETRANGE PREMIER MAI 2020 …
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- Premier Mai 2025 à Montluçon : jour international de lutte des travailleurs et contre le fascisme
https://cnt-ait.info/2025/05/17/01-05-25-cnt-ait03
- Rassemblement de protestation contre l’annulation du Premier mai, Paris, Assemblée Nationale, 10 avril 2026


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