Information Bulletin – Special Covid19 SRAS2 – Health and care Workers

The Coronavirus pandemic affects all countries and will have an impact – direct or indirect – on the lives of billions of people. It is important despite the crises we are going through to keep our critical mind, to try to understand how we got into this situation, how to cope, and how to imagine solutions for after the crisis.

IWA is the International Workers Association. It brings together worldwide workers, gathered into national sections, who recognize themselves in the principles, tactics and purposes of anarchosyndicalism. We want to contribute to this necessary work of collective critical reflection about the situation.

By this bulletin, we have gathered texts produced by IWA sections, or groups we feel close to, who are active in the health and care sector. It emerges from these articles that overall the situation is the same everywhere: lack of means, lack of training, staff sacrificed by an unpreparedness of the health services which have been destroyed for several years in the name of managerial efficiency and financial profitability. Today we see the effectiveness of these restructurings … otal havoc … This disorganization and even this chaos are not the fruit of chance, they are not due to anarchists, they are the result of the combined action of the State and Capitalism. To save humanity, we have no choice but to organize collectively to put an end to the state and capitalism.

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« Anarchy is the highest expression of Order. « (E RECLUS)

Let’s finish with the Chaos of State and Capitalism!

Download : AIT-travailleurs-santé en

CONTENT

– Care worker organising in a pandemic (Sol Fed, UK, 2020-04-10)    2

– War triage, containment and the role of the working class (CNT-AIT, Spain, 2020-04-03)    3

– Careworkers: Cannon fodder to the coronavirus? (SolFed, UK, 2020-04-08)    4

– In front of the current folly, we oppose experience. Statement from the CNT-AIT Madrid’s Health Section (CNT-AIT, Spain, 2020-03-28)    6

– Professional elections are not protective for unionists, they are a lure and a trap ! No to repression against workers in Health sector ! (CNT-AIT, France, Spain, 2020-04-07)    8

– Even (and especially) during a crisis, Direct action get the goods !  (CNT-AIT, France, 2020-04-07)    9

– Care workers are not soldiers! (CNT-AIT, France, 2020-04-05)    9

– Mutual aid in action: IWA sections exemples of concrete solidarity (BASF-IWA Bangladesh, ZSP-IWA Poland, March 2020)        10

– This System is Making Us Sick (IWA Secretariat, 2020-03-16)    10

– Workers Autonomous Confederation of Bulgaria position in connection with the Global pandemia and introductoin of the emergency state (ARC, Bulgaria, 2020-03-13)    12

– Coronavirus : while politicians chitchat, workers are suffering ! (CNT-AIT, France, 2020-03-08)

In  French : http://cnt-ait.info/2020/05/01/bulletin-ait/

En Español : http://cnt-ait.info/2020/05/08/boletin/

AERONAUTIQUE : Travaille et ferme ta gueule !

L’ODYSSEE PELICANE, Feuille d’info des travailleurs de l’aéronautique d’orientation anarchosyndicaliste

L’autre jour, il y a un mois … (ça me semble un siècle, c’était avant le confinement officiel) je suis allé manger un kebab dans un fast-food du coin, avec mes collègues de boulot. Je bosse dans le secteur aéronautique, dans une PME.

En attendant nos menus, comme d’hab’ nous avons papoté et regardé nonchalamment la télévision du restaurant, qui était bien sûr allumée sur BFM tv. Pendant des plombes tout semblait s’être arrêter autour du coronavirus, et l’inquiétude des journalistes pour les conséquences de cette épidémie l’économie française sur. Pour le business, nous étions à les entendre au bord de la fin du monde. Mais pendant tout ce temps, rien ou si peu sur la santé des gens et l’impact sanitaire que ça laissera dans la société. Seulement l’impact financier pour les entreprises et pour la bourse, en boucle non-stop.

Et puis de fil en aiguille le coronavirus s’installe comme le sujet numéro 1. Dans les médias bien comme il faut, tout le monde s’inquiète pour le climat des affaires. Ainsi le journal le monde s’inquiète du krach boursier, comme étant la pire journée de l’histoire de la bourse de Paris !

Et voilà que la une de ce journal parle de Christine Lagarde, qui fait des pieds et des mains pour rassurer les investisseurs, et donner des leçons de morale aux Etats de l’Union Européenne. Nous sommes content d’apprendre que toutes les grandes place financière d’Europe et des U$A ont vécu tous leurs pire journée de leur histoires, heureux d’apprendre les plans de sauvetage des entreprises par la BCE (la banque centrale européenne), nous voilà bien soulagés d’entendre cela. Bon et après toutes ces bonnes nouvelles (ou mauvaise, ça dépend d’où on se place), dans quel journal télévisé ou papier ils parlent de la situation des gens malades et de l’empoisonnement de leurs vie à cause de cette épidémie ??

Nous pouvons constater que l’Etat Français n’a rien fait pour anticiper cette crise sanitaire. On nous dira que l’Etat ne peut pas penser à tout. Mais ce même État a déboursé en juin 2019 pour le Ministère de l’intérieur, pour je ne sais combien de million d’Euros pour acheter 25 millions de cartouches de fusil d’assaut et de 40 000 grenades de désencerclement pour les 4 années à venir. Par contre seulement deux mois après le début de l’épidémie du coronavirus, l’État n’avait toujours pas constitué de stock de ffp2. La santé de la population ou la préservation de son pouvoir… Chacun ses priorités !

Nous vivons donc une époque formidable, en décembre dernier s’est déclaré une épidémie en Chine, tout le monde s’en foutait un peu, « la Chine c’est loin », « y’a régulièrement des épidémies là-bas », « l’hygiène des marchés Chinois », et puis « ces Chinois ils mangent n’importe quoi tout de même »… (Tout ça entendu dans l’émission tv « C dans l’air »).

Donc l’épidémie arrive ici en Europe, et même ici en France. Alors nous n’étions pas encore au stade de l’hystérie, et puis d’après le gouvernement Macron ce n’était qu’une simple grippe. Donc aucun signal particulier à mon boulot, pas de plan particulier pour notre sécurité sanitaire dans un premier temps.

Les jours passent, et voilà qu’un beau matin le CHSCT, nous conseille de ne plus nous serrer les mains ni de se faire la bise entre collègues. Faut avouer, que leur recommandations, du genre se saluer à la Japonaise, ou à l’Indienne, balancées sans aucune explication, ça avait tendance à prêter à sourire, ça faisait surréaliste.

Nous avons dû continuer à gagner notre vie comme ça sans aucune autre recommandation particulière. Les jours passent l’épidémie s’envenime, nous n’avons toujours pas de masques, toujours pas de gel hydro alcoolique, mais nous continuons à bosser. Et puis un beau matin certain d’entre nous décident de voir leur médecin pour avoir des infos et demander si besoin des arrêts maladie puisque la direction veut que nous continuions à produire, encore et toujours !

Au même moment le soir même Macron nous fait son discours apocalyptique, comme quoi nous serions en guerre contre des envahisseurs venus de la planète Mars, et là j’ai décidé de faire valoir mon droit de retrait, puisque la société dans laquelle je bosse est un sous-traitant d’Airbus et qu’elle ne réagit qu’en fonction de ce qu’Airbus décide de faire, et pas en fonction de l’intérêt de ses salariés. Oui l’industrie de l’Aéronautique à un coté féodal, il y a le Grand Seigneur Airbus et une multitude de PME vassales …

Les conditions de mon droit de retrait ont été celle-ci :

– toilettes communes, et pas désinfectées, donc un nid à choper éventuellement le virus

– lavabos à main, et non à commande à pied ou un système quelconque qui nous dispense de nous servir de nos mains, transformant le robinet manuel en vecteur pour choper ce que nous n’avons pas encore.

– les essuies mains en tissus et non en papier jetable.

– pas de masques

– pas de gel hydro-alcoolique

– impossibilité de tenir la distance de sécurité de 1 mètre (dans les métiers d’ouvriers c’est généralement difficiles)

– pas de gants.

J’informe le service R.H, soulignant que tout ça n’est pas conforme aux règles de sécurité coronavirus que préconisent pourtant le gouvernement.

Donc après ce fameux discours apocalyptique de Macron je suis resté confiné chez moi. Je vaquais à mes occupations quand je reçois un coup de fil d’un collègue pour me dire que la boite ferme pour 1 semaine, parce qu’Airbus ferme pour 1 ou 2 semaines.

La semaine passe et Airbus décide de rouvrir ses sites. Il y a un roi au-dessus du Grand Seigneur, l’État, qui a dit qu’il fallait retourner bosser. Alors Airbus se doit de montrer l’exemple … et les petits vassaux n’ont pas d’autres choix que de suivre. Pour ce faire Airbus annonce qu’ils ont installés un dispositif de sécurité apparemment super chiadé où paraît-il, ils respectent toutes les normes de sécurité, au point qu’ils ont reçu 20 000 masques ffp3 c’est à dire la formule 1 des masques chirurgicaux, 10 000 pour les sites en France et 10 000 pour l’Espagne, Quand on connaît la pénurie de ces masques dans les hôpitaux, ça fait rêver !

Du coup mon employeur a repris le boulot aussi – et moi aussi par la force des choses : comme il paraît que l’employeur respecte les consignes du Gouvernement, le droit de retrait n’est plus autorisé … Bref j’arrive le matin, pour voir : on nous prend notre température pour détecter d’éventuelle fièvre, distance de 1 mètre chacun. J’arrive ensuite à l’atelier, je vérifie les sanitaires : rien de changé, juste qu’ils ont supprimé l’essuie main tissus par rien du tout. Inutile de faire un commentaire sur les masques, le gel hydro-alcoolique, les distances de 1 mètre impossible à tenir …

Pendant ce temps les syndicats officiels n’appellent pas à la grève. Les syndicalistes font jouer la démerde individuelle, ils nous disent « allez voir votre médecin qu’il vous mette en arrêt maladie »

Le sentiment des collègues est que nous sommes sacrifiés sur l’autel de la rentabilité et de la production, que nous sommes de la chair à canon. Une colère froide semble traverser les ateliers, personnes n’a envie de rigoler, surtout quand nous savons que les grands donneurs d’ordre sont en télétravail. Macron a dit que c’est la guerre, il n’a pas complètement tort … Messieurs les officiers de la direction donnent des ordres depuis leur maison en télétravail et les ouvriers-soldats sont priés de monter au front du travail pour se sacrifier.

Comment tout ça va évoluer je n’en sais rien, mais en tout cas rien de ce qui vient de la direction n’est pris au sérieux, nous sommes conscients que nous prenons des risques pour notre santé et celle de nos proches. Mais que vaut la vie des ouvriers de l’industrie ou du bâtiment qui partent au boulot la peur au ventre, pour produire des trucs qui ne sont pas essentiel et urgent, dans la situation sanitaire dans laquelle nous vivons.

Ce que nous vivons est un mépris magistral de ce que nous sommes dans la société.

Il faudra s’en souvenir pour après, pour que tout cela change …

Icare

L’Odyssée Pélicane est une feuille d’info et de liaison entre les travailleurs du secteur aéronautique. Elle ne vit que par vos contributions, vos informations, vos encouragement , vos coups de gueule, votre soutien. N’hésitez pas à partager cette feuille avec vos collègues.

Un tsunami économique et social s’annonce dans le secteur aéronautique. Nous ne pourrons nous en sortir que collectivement.

L’entraide, la solidarité et la lutte sont notre force !

Pour tout contact :contact@cntaittoulouse.lautre.net

Facebook : @cnt.ait.toulouse / @chats.noirs.turbulents

ETRANGE PREMIER MAI 2020 …

Étrange premier mai…

Pas de manif, pas de muguet, pas d’apéro entre potes, ils doivent bien rigoler Jupiter et son copain Roux de mes deux. Un premier mai comme ça, ils n’osaient même pas en rêver. Ce virus de merde, plus à droite, tu meurs. Heureusement, le 8 mai, nous regarderons de nos fenêtres défiler les rescapés de l’armée française, en oubliant bien sûr qu’à cette date en 1945, cette même armée massacrait à Sétif. Nous aurons aussi l’ascension, où enfin en liberté provisoire nous pourrons comme Jésus, nous envoyer en l’air.

Quant aux syndicats et aux partis de « gôche », incapables de réaction, pas la moindre mini-manif, même en respectant la « distanciation », pas de dépôt de gerbe devant les monuments aux morts du travail, pas de drapeau rouge aux fenêtres de la Maison du Peuple, pas d’Internationale vibrante dans la rue, pas de slogans vengeurs, juste de la contestation virtuelle, après le télé-travail, c’est la télé-lutte des classes qui vient de naître, c’est à gerber. Les casserolades ou autres guignolades insoumises n’effraieront même pas les pigeons. A la place de leurs adhérents, je craindrai de me faire tirer par les pieds, nuitamment par le fantôme de la classe ouvrière…

J’aurai surtout peur de la réaction de mes petits enfants, dans quelques années, lorsqu’ils demanderons :

« Où tété Pépé, le 1 er mai 2020, et toi mère-grand, que faisais-tu ce jour là ?

    J’étais chez moi, con-finé et regardais sur ma tablette, vociférer Monsieur Martinez…

    Sur ce ridicule morceau de plastique tout noir ? Wouarf ! Vous étiez vraiment nuls…

Car eux, ils auront retrouvé la libre parole, la belle écriture, qu’ils s’enverront des lettres d’amour, se bécoteront sur les bancs publics, inventeront des poèmes, joueront de la musique, lirons sur des livres en papier, vivront quoi …

Et nous, nous regarderons s’ouvrir notre tombe en regrettant, mais un peu tard, d’avoir oublié de nous battre…


Riton 1 er mai 2020

Pendant ce temps à Auch …

Les compagnons de la CNT-AIT ont bravé le virus du Corona et celui de la Grippe Aviaire (les poulets …) en mettant le nez dehors en ce premier Mai 2020 pour dire « on est là ». (dans les respects des règles sanitaires : on veut être en forme pour la révolution qui viendra, espérons le)

Il n’y avait pas une âme en ville, sauf quelques égarés cherchant désespérement où ils pourraient acheter leur brin de muguet.

Petit tour devant les permanences syndicales et autres maison du peuple, fermées à double tour et même pas une affichette ou un drapeau à la fenêtre … C’était bien la peine que la CGT chouine parce que la Mairie voulait la mettre dehors …

GREVE DES LOYERS : ACTION DIRECTE CONTRE LA VIE CHERE ET POUR UN LOGEMENT DIGNE

La CNT-AIT vient d’éditer une brochure sur l’histoire des grèves des loyers, depuis la Commune de paris (la grève des loyers la plus réprimée de l’histoire), jusqu’à la Grève actuellement en cours en lien avec le  Covid 19, en passant par les grèves de loyers insurrectionnelles d’Argentine, du Mexique ou d’Espagne d’avant guerre. Elle contient d’ailleurs des textes inédits en français sur ces trois derniers mouvements.

Elle fait 188 pages et peut être téléchargée en ligne ici :

a version papier peut être commandée en envoyant un mail à contact@cnt-ait.info. La brochure faire 184 pages, le prix y compris les frais d’envois est de 8 euros. Vu le confinement prévoir malgré tout un délai pour l’acheminement …

Ci dessous l’intro et le sommaire. Bonne lecture !

INTRODUCTION : « LA PROPRIÉTÉ C’EST LE VOL »

Cette phrase prophétique de Proudhon – le Père de l’Anarchie si on en croit les historiens – fut écrite en 1840, en plein essor de la Révolution Industrielle qui réclamait sans cesse toujours plus d’ouvriers pour faire tourner à plein l’économie de production en plein essor.

Les paysans quittent les campagnes et viennent s’entasser en ville, pour rejoindre le cortège des ouvriers qui se feront avaler par l’usine-Moloch, comme l’a immortalisé Fritz Lang dans son film prophétique Metropolis.

Si les paysans étaient logés par leurs maitres, les ouvriers eux doivent payer pour se loger. Mais rien n’a été prévu pour héberger ces masses qui se pressent toujours plus dans les villes. Les logements sont rares, et donc chers. Les propriétaires n’investissent pas dans l’entretien des immeubles, qui deviennent rapidement des taudis, entraînant leur cortège de maladies telles que la tuberculose. La rénovation du centre de Paris par le baron Hausmann a assuré à la bourgeoisie des conditions de logements très confortables, mais a « oublié » la construction de logements pour les ouvriers : il faut dire que ce n’est pas un secteur rentable. Il existe une véritable crise du logement populaire. Cette cherté du loyer explique l’instabilité de l’ouvrier dans la ville, ses déménagements fréquents, faits parfois à la « cloche de bois » quand il ne peut plus payer le loyer.

Avec la naissance du mouvement ouvrier et l’apparition d’une conscience de classe, les ouvriers vont passer de la prise de conscience – la propriété, c’est le vol – à la résistance individuelle – les déménagements clandestins. Puis avec l’émergence de l’Association Internationale des Travailleurs (AIT) et des sociétés de résistance ouvrière, cette résistance va devenir collective. L’idée d’une grève des loyers, comme il y a la grève du travail, commence à germer.

Les premières associations de locataires se forment. Souvent, ce sont les femmes qui sont à la pointe de la lutte : ce sont elles qui dirigent le foyer et sont chargées des tâches domestiques. Souvent le travail leur est interdit, elles sont donc obligées de rester confinées dans des réduits insalubres alors que leurs hommes eux vont se divertir au café ou au cabaret. Elles sont donc les premières à souffrir de cette situation, et logiquement les premières à se rebeller.

Ce phénomène est universel : l’industrialisation et l’urbanisation sont mondiales, les mêmes causes produisent les mêmes effets, de Paris à Buenos Aires, de Tenerife au Ghetto de Harlem.

Mais le problème du logement n’est qu’un des problèmes liés à l’organisation de la société capitaliste. Il est inséparable de celui du travail et de son mode d’organisation. La contestation sur le logement débouche alors sur une contestation globale du capitalisme. Les anarchosyndicalistes de la FORA en Argentine, de la CGT mexicaine, ou de la CNT-AIT à Barcelone et Tenerife, organisent des grèves de loyer qui prennent des tournures insurrectionnelles. En Italie dans les années 70, c’est toute la société capitaliste de consommation qui est remise en cause par l’Autonomie ouvrière.

Si aujourd’hui dans les pays occidentaux la qualité des logements s’est globalement améliorée, il reste néanmoins des ilots d’insalubrité tels que les foyers pour étrangers. Ceux-ci aussi s’organisent et pratiquent la grève des loyers pour exiger leur dignité.

La question de logement reste centrale pour le budget des familles, notamment les plus modestes. Les luttes et les grèves de loyer sont désormais bien ancrées dans le répertoire de lutte, comme des exemples récents en Angle-terre, en Pologne ou en France contre la hausse des APL nous le montrent.

Cette brochure regroupe différents textes, certains théoriques, la plupart historiques, publiés dans le journal de la CNT-AIT « Anarchosyndicalisme ! », ou bien dans d’autres titres militants. Sont aussi proposés à la lecture des extraits de textes d’universitaires, souvent dans des traductions inédites.

En réalisant cette brochure, il nous a semblé voir apparaitre des traits communs à ces luttes pourtant distantes dans le temps (elles s’étalent sur plus d’un siècle) et l’espace (sur plusieurs continents) :

–    ces luttes se mènent souvent quand la lutte dans l’usine ou l’entreprise est difficile, voire impossible, comme à Glasgow en 1915, où la discipline sévère imposée dans le cadre de l’économie de guerre empêche les ouvriers de se mobiliser sur leurs lieux de travail. Mais ces grèves de loyer quand elles s’étendent et se massifient débordent vite sur les questions salariales, par exemple à Tenerife en 1933.

–    elles dépassent souvent le seul cadre de la classe ouvrière. Elles sont d’ailleurs le plus souvent victorieuses quand elles réussissent à associer toutes les couches populaires au-delà des seuls ouvriers industriels : employés, travailleurs indépendants, étudiants, chômeurs, artisans et petits commerçants de quartiers, voire prostitués.

–    les femmes sont soent en première ligne, pour les raisons expliquées auparavant.

–    ces luttes ne sont pas exclusivement quantitatives (le coût du loyer), mais aussi très souvent qualitatives (des logements sains et de qualité), permettant ainsi une réflexion sur la nature et l’organisation du système capitaliste. Le fait que les femmes soient particulièrement impliquées dans ces luttes explique certainement cette richesse et cette intelligence de la lutte.

–    ce sont souvent des luttes de migrants, qu’il s’agisse de migrants ruraux comme pendant la période de la Commune, ou encore à Barcelone en 1931 ou en Italie dans les années 60, ou de migrants transnationaux comme à Buenos Aires, dans le Mexique post révolutionnaire ou les foyers Sonacotra dans les années 70. Cette diversité des acteurs nécessite que se forge une identité commune pour agir ensemble. Dès lors, la mobilisation et la lutte sont les creusets où se forge cette identité qui n’est plus nationale ou ethnique, ni même religieuse, mais bien politique au sens premier du terme (polis, la ville en grec).

Concernant les méthodes de lutte, il est remarquable de voir que dès les origines, l’action directe est employée : menée par les concernés eux-mêmes, sans intermédiaire entre les deux protagonistes (le locataire d’une part et le propriétaire d’autre part). Et surtout, sans revendication autre que l’action elle-même. Que l’on déménage en cachette ou même bruyamment, que l’on diminue de soi-même son loyer ou qu’on l’annule carrément, s’abstenir de payer son loyer est en premier une stratégie individuelle qui déborde le cadre légal. C’est une décision prise par le locataire lui-même, qu’il met lui-même en application, avec l’appui de la solidarité de ses égaux dans le cas des luttes collectives. De même, dans une grève de loyer il n’y a pas de revendication autre que l’action elle-même. On ne paye pas, point barre. À l’origine et tout au long du 20e siècle, ces luttes ne se menaient pas du point de vue de la légalité, mais du point de vue de la légitimité. Pour reprendre une expression du sociologue Hmed CHOUKRI les grèves de loyer sont des « contestations transgressive ».

Il n’est donc pas étonnant que les anarchistes aient été à l’origine de bien des luttes que nous évoquons dans cette brochure. Du 19e siècle jusqu’à la fin des années 30, on retrouve les sections de l’AIT (première ou seconde époque) dans tous les grands mouvements de grève de loyer, contribuant souvent à leur donner des dimensions quasi insurrectionnelles (Buenos-Aires 1907, Veracruz 1922, Barcelone 1931, Tenerife 1933). Car pour le finalisme révolutionnaire des anarchosyndicalistes, les luttes revendicatives immédiates sont toujours menées dans une finalité révolutionnaire qui structure dès aujourd’hui l’organisation sociale de demain.

Bien sûr, cette potentielle dimension révolutionnaire de la grève des loyers n’est pas du goût de la bourgeoisie ni de l’État. Ce dernier, détenteur du monopole de la violence et garant de l’Ordre public, n’a pas d’autre choix pour faire cesser durablement l’agitation que de faire cesser la cause problème, c’est-à-dire augmenter le nombre de logements disponibles (et ainsi faire baisser les loyers par la « loi du marché ») et améliorer leur qualité. Mais comment faire cela sans que ce soit coûteux pour la bourgeoisie, et même si possible pour que cela lui rapporte sachant que la location sociale n’est pas rentable ? La solution à cette équation passe par l’introduction d’une tierce partie dans l’affrontement locataire – propriétaire : l’État. En chargeant l’État de s’occuper de la construction des logements sociaux, et de leur entretien, la bourgeoisie se dédouane de son obligation de trouver une solution au problème qu’elle a pourtant créé en faisant venir en ville des légions de travail-leurs qui font tourner l’économie à son plus grand profit. Ces logements sociaux seront payés par l’État, c’est-à-dire par les impôts et donc les exploités eux-mêmes contribueront à leur financement (quand ce n’est pas avec un prélèvement effectué sur le travail…).

Par ailleurs, puisqu’elle est propriétaire des terrains constructibles, la bourgeoisie pourra même se faire payer par l’État ce qu’elle devrait autrement mettre à disposition gracieusement. Et mieux encore, par le jeu des appels d’offres pour les travaux de construction et d’entretien, ce qui aurait dû lui coûter va devenir une source de revenus juteux pour la bourgeoisie, ce qui entraîne les scandales à répétitions dans l’immobilier dont nous sommes désormais familiers.

Cette transition a pu s’opérer, car il y a eu des militants, pourtant issus de la mouvance libertaire, qui ont introduit le loup dans la bergerie en abandonnant les pratiques d’action directe au profit d’actions médiatisées. Ils ont dans le même temps abandonné la finalité de la lutte pour y introduire des revendications, lesquelles ne sont pas d’ailleurs pas adressées au premier responsable (le propriétaire), mais à l’État à qui l’on demande de  prendre ce problème en charge (demande de loi pour le logement social, parc locatif de l’État, droit des locataires).

Dès lors, il n’est pas étonnant que sentant tout l’intérêt qu’elle pouvait tirer de ce genre de revendication, la bourgeoisie ait encensé – en lui ouvrant en grand les pages de ses journaux et les carnets d’adresses de ses politiciens – le précurseur de cette stratégie « réformiste radicale » (un radicalisme de pacotille sous forme d’action médiatique au service d’un réformisme politique le plus plat), Georges Cochon et sa bouffonne fanfare de Saint-Polycarpe.

À plus de 70 ans d’écart, les mêmes causes produisant les mêmes effets, alors que la lutte des mal-logés à Paris à la fin des années 80 prenait une tournure d’action directe avec des perspectives révolutionnaires, l’on vit surgir le DAL et ses vedettes médiatiques inamovibles qui, avec ses actions spectaculaires et ses soutiens politiques et médiatiques, a permis de désamorcer une situation explosive en la faisant rentrer dans le jeu de la contestation médiatisée et acceptable. À noter que le DAL a toujours été hostile aux pratiques d’action directe (grève de loyer, squats), privilégiant les négociations avec l’État pour le relogement.

Nous avons souhaité présenter cette richesse d’expérience des luttes, où les anarchosyndicalistes et singulièrement les membres de l’AIT ont souvent pris une part importante, non par nostalgie, mais parce que nous pensons qu’il y a encore des leçons à en tirer pour nos luttes présentes et futures, notamment sur les modes d’organisation, l’articulation entre revendication immédiate et perspective révolutionnaire.

Bonne lecture et n’hésitez pas à nous faire part de vos remarques et commentaires.


Des militants de la CNT-AIT

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– INTRODUCTION : « La propriété c’est le vol »  p.4

– L’exploitation locative et ses conséquences    p. 9

– État, Patrons, Syndicats : 60 ans d’escroquerie en bande organisée    p. 12

– Il resterait plus de 1 million de logements vides si tout le monde était logé !    p. 20

– Grèves de loyers (Dictionnaire des mouvements sociaux, 2009)    p. 22

– 1871 : La Commune de Paris, la grève de loyer la plus réprimée de l’histoire    p. 23

– 1890 : Si tu veux être heureux, pend ton propriétaire ! L’invention de l’action directe    p. 28

– 1907 : Balayer l’injustice, la grève des locataires de Buenos-Aires et le rôle des femmes anarchistes    p. 43

– 1911 : Cochon, inventeur du coup médiatique permanent et du « réformisme radical »    p. 48

– 1922 : « je ne paye pas, je fais la grève des loyers », quand des internationalistes et des prostitués font exploser la marmite sociale au Mexique ….    p. 52

– 1931 : Barcelone, la Grève massive des loyers    p. 103

– 1933 : Toit et Dignité, la grève insurrectionnelle du Syndicat des locataires de Ténérife    p. 110

– 1914-2018 : Un siècle DE Grèves des loyers dans les pays anglophones    p. 128

– 1960-1980 : Autonomie populaire et désobéissance civile, les auto-réductions en Italie    p. 132

– 1975-1980 : La grève des loyers des foyers SONACOTRA    p. 142

– 2007 : Levallois, de la lutte pour le logement à la lutte des places…    p. 157

– 2010 : Grève des loyers de Varsovie : succès de l’organisation communautaire dans le contexte de l’atomisation sociale    p. 165

– 2017 : Baisse des APL ? Baissons les loyers  !    p. 177

– 2017-2019  Grande Bretagne : Succès de la grève des loyers contre G4Lets :    p. 179

– COVID19 : Appel à la grève des loyers    p. 182

Les travailleurs de la santé: chair à canon du Coronavirus?

Traduction d’un texte d’un compagnon de la section britannique de l’AIT, Solidarity Federation, qui montre que les problème sont partout pareil. Il s’agit donc bien d’un problème structurel inhérent au Capitalisme et à l’Etat, donc il faut nous débarrasser pour sauver l’Humanité !

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Les travailleurs de la santé: chair à canon du Coronavirus?

Par Manchester Solfed

Quiconque a déjà travaillé dans le secteur de l’aide sociale, ou l’a côtoyé, sait à quel point les employeurs de ce secteur tentent d’exploiter leur personnel et à quel point ils le traitent mal. Les travailleurs de la santé ont longtemps eu le sentiment d’être mal considérés par les autorités locales et le gouvernement, jusqu’à ce que les politiciens locaux et nationaux les qualifient récemment de « peu qualifiés ». Ce phénomène a commencé à faire la une de la presse nationale et à se propager dans l’opinion publique et n’a jamais été aussi évident que pendant la crise actuelle du coronavirus, où les employeurs ont fait preuve d’un mépris total pour la sécurité non seulement de leurs travailleurs, mais aussi des personnes qui utilisent leurs services.

Les travailleurs de la santé ont fait preuve d’un engagement et d’une compassion sans faille envers les personnes dont ils s’occupent en continuant à se rendre au travail pour les soutenir chaque jour malgré les risques, certains travailleurs allant jusqu’à rester sur leur lieu de travail, laissant leur famille à la maison, afin de contribuer à protéger du virus les personnes dont ils s’occupent.

Entre-temps, les employeurs de la santé ont montré leur engagement et leur compassion habituels envers leurs employés en les traitant aussi mal que possible afin de protéger les marges bénéficiaires. La plupart des soignants n’ont jamais eu droit à des indemnités de maladie et ne reçoivent que des indemnités de maladie légales (SSP), et cela a continué pendant la crise actuelle.

Quiconque a déjà travaillé dans le secteur de l’aide sociale, ou l’a côtoyé, sait à quel point les employeurs de ce secteur tentent d’exploiter leur personnel et à quel point ils le traitent mal. Les travailleurs de la santé ont longtemps eu le sentiment d’être mal considérés par les autorités locales et le gouvernement, jusqu’à ce que les politiciens locaux et nationaux les qualifient récemment de « peu qualifiés ». Ce phénomène a commencé à faire la une de la presse nationale et à se propager dans l’opinion publique et n’a jamais été aussi évident que pendant la crise actuelle du coronavirus, où les employeurs ont fait preuve d’un mépris total pour la sécurité non seulement de leurs travailleurs, mais aussi des personnes qui utilisent leurs services.

Les travailleurs de la santé ont fait preuve d’un engagement et d’une compassion sans faille envers les personnes dont ils s’occupent en continuant à se rendre au travail pour les soutenir chaque jour malgré les risques, certains travailleurs allant jusqu’à rester sur leur lieu de travail, laissant leur famille à la maison, afin de contribuer à protéger du virus les personnes dont ils s’occupent.

Entre-temps, les employeurs de la santé ont montré leur engagement et leur compassion habituels envers leurs employés en les traitant aussi mal que possible afin de protéger les marges bénéficiaires. La plupart des soignants n’ont jamais eu droit à des indemnités de maladie et ne reçoivent que des indemnités de maladie légales (SSP), et cela a continué pendant la crise actuelle. Les travailleurs ont déclaré avoir subi des pressions pour aller travailler et faire des changements même s’ils s’isolent chez eux, soit parce qu’ils sont eux-mêmes tombés malades, soit parce qu’un membre de leur famille est malade ou qu’il les protège, et certains de ceux qui vivent dans un ménage avec un membre de la famille à haut risque et qui veulent s’isoler pour les protéger, se sont fait dire qu’ils ne pourront même pas bénéficier du SSP et ne seront pas payés, car ce n’est pas eux qui sont malades.

Le personnel soignant a également été contraint de fournir des justificatifs de maladie pour toutes les périodes d’auto-isolement dues à des symptômes de coronavirus, malgré les conseils du gouvernement selon lesquels il suffit de fournir un justificatif d’isolement, qui peut être demandé en ligne pour alléger la pression sur les cabinets médicaux, et bien sûr le fait que toutes les absences de 7 jours ou moins peuvent être auto-certifiées.

Les messages contradictoires du gouvernement sur la rémunération des travailleurs qui se protègent pour des raisons de santé ont conduit à une confusion totale quant à savoir si le personnel soignant qui se protège à domicile pendant 12 semaines a le droit d’être mis à pied selon le programme du gouvernement et de recevoir au moins 80 % de son salaire normal.

Certains travailleurs disent que leur employeur a accepté de les mettre à pied tandis que d’autres rapportent qu’on leur a dit qu’ils ne recevraient le SSP que pendant 12 semaines. Certains employés ont même été informés qu’ils seront mis en congé pour être informés plus tard que leur employeur ne le fera pas.

Pour les employés à bas salaire qui touchent le salaire minimum et n’ont souvent pas d’économies, la perspective de bénéficier du SSP, qui n’est actuellement que de 94,25 £ (107,20 €) par semaine, pendant au moins 12 semaines sans savoir quand cela sera terminé, est assez décourageante et peut ne pas être abordable pour beaucoup.

Le manque d’équipements de protection individuelle (EPI), tels que gants, masques et tabliers, ainsi que de désinfectant pour les mains et d’équipements de nettoyage pour le personnel soignant, est un scandale national et expose le personnel soignant et les personnes dont il s’occupe à un risque massif de contracter ou de propager, sans que ce soit leur faute, le coronavirus.

La situation est devenue si désespérée que les entreprises ont essayé de s’approvisionner en EPI auprès de bars à ongles et de vétérinaires locaux, jusqu’à 80% des fournisseurs affirmant ne pas disposer d’EPI adéquat. Un rapport inquiétant a été publié par le syndicat GMB en Écosse concernant un foyer de soins qui enferme l’EPI dans un placard à l’écart du personnel.

Le personnel soignant a reçu des conseils variables, voire inexistants, sur la manière et le moment d’utiliser l’EPI, certains se faisant dire par leur employeur que certains EPI ne seront fournis que si l’utilisateur présente des symptômes de coronavirus et qu’il doit effectuer des soins personnels, malgré le fait que le virus semble être extrêmement contagieux, facilement transmissible et se propageant à un rythme rapide, et qu’au moment où l’entreprise décide de fournir des EPI, il peut être trop tard.

L’absence de tests de dépistage du coronavirus signifie également que le personnel soignant doit isoler pendant 14 jours sans savoir si lui-même ou une personne avec qui il vit est porteur du virus et qu’il risque de subir des pressions de la direction pour reprendre le travail, sans savoir s’il est toujours malade ou s’il l’a été.

Le coût humain même du manque de ressources du gouvernement et des pratiques négligentes des entreprises de soins est tragiquement démontré dans tout le pays alors que le nombre de décès augmente et que le virus se propage. Une maison de soins de Glasgow a perdu 16 résidents après la propagation du coronavirus dans le service et une autre à Liverpool a également été durement touchée, où 9 résidents sont morts, la directrice de la maison ayant déclaré que deux tiers de son personnel étaient malades. Plusieurs travailleurs de la santé à travers le pays sont malheureusement décédés.

Les travailleurs de la santé ont décrit leur état actuelle comme étant de la « chair à canon », une expression qui vient d’un conflit armé où les soldats, historiquement issus de milieux pauvres et ouvriers, étaient envoyés en première ligne et étaient considérés comme jetables. La similitude ici est qu’une fois de plus, la classe ouvrière est considérée comme remplaçable et les patrons et les politiciens ne se soucient guère de son bien-être tant que le travail est effectué et que des services sont fournis ou que des profits sont réalisés.

Pendant trop longtemps, les soignants ont été décrits comme peu qualifiés et ils restent parmi les travailleurs les moins bien payés du pays, mais récemment, nous avons pu constater leur dévouement et leur courage dans la lutte contre le coronavirus. Une main-d’œuvre composée en très grande majorité de femmes et de travailleurs migrants, qui a beaucoup à voir avec l’exploitation dont ils ont fait l’objet, a montré à quel point ils sont essentiels, tandis que les patrons et les personnes en position d’autorité ont démontré une fois de plus à quel point ils sont incompétentes et lâches avec les PDG, directeurs et cadres supérieurs des entreprises de soins qui travaillent en toute sécurité depuis leur domicile mais qui attendent du personnel de première ligne qu’il prenne d’énormes risques.

Lorsque, espérons-le, nous sortirons de cette crise, il est évident que le secteur des soins doit être complètement transformé pour travailler pour les personnes qui ont besoin de ses soins et les personnes qui les fournissent, plutôt que dans l’intérêt du profit. Le système tel qu’il est aujourd’hui ne peut tout simplement pas continuer. Si vous souhaitez vous organiser sur votre lieu de travail et améliorer vos conditions de travail, contactez la Solidarity Federation et nous vous aiderons.

Pour tenir bon #4 : Contrainte versus bon sens…

Contrainte versus bon sens…


Les gouvernements mondiaux et en particulier le nôtre, donnent depuis longtemps l’impression de naviguer à vue. La gestion désastreuse de la crise actuelle en plus d’être inhérente au capitalisme, est une conséquence flagrante des politiques du « en même temps », du ni oui ni non, du j’avance et je recule (je vous ferai grâce du reste du couplet), du protégeons la nature et engraissons ses assassins, bref de l’imprévision totale et du mépris pour ceux qui depuis des lustres tiraient le signal d’alarme. Élevés dans le mythe de leur toute puissance, les maîtres du monde, forts éloignés des problématiques de vie quotidienne de chacun d’entre nous, pensaient détenir un pouvoir absolu sur l’ensemble du vivant. Patatras, le virus débarque. Panique à bord. Pas de vaccin, pas de sérum, pas d’infrastructures hospitalières adaptées, des soignants exsangues, des scientifiques en pleine controverse. Que faire Mon Dieu ? Même les églises sont fermées et l’eau bénite prohibée… La seule solution reste l’incarcération à domicile de la moitié de la population mondiale et l’attente du remède miracle ou de la fin du monde.

Si le confinement demeure en effet l’ultime façon d’appréhender la chose, pour qu’il soit efficace et accepté, il faut qu’il soit compris, et pour qu’il soit compris il faut qu’il soit expliqué. Je doute de la capacité et de la volonté de nos gouvernants à s’improviser professeurs de sagesse. Il est beaucoup plus aisé pour eux de contraindre et de verbaliser. Pourtant nombreux sont les témoignages dans nos histoires personnelles des bienfaits d’une pédagogie bien conçue s’appuyant sur l’intelligence et le bons sens de chaque individu. Expliquez à un enfant pourquoi il est nécessaire de se laver les mains avant d’aller à table, il le comprendra et à son tour l’expliquera aux autres et plus tard à ses propres enfants. Sanctionnez-le pour l’avoir oublié, il vous en voudra et ne cherchera qu’à tricher.

J’ai les souvenirs durant mon enfance de ces vacances en totale liberté que je passais hors de la surveillance familiale, dans une bourgade lomagnole où nous nous retrouvions, une ribambelle de garnements à troubler la quiétude estivale des anciens. Lorsque la limite de la décence était atteinte, un adulte venait nous rappeler à l’ordre et le garde champêtre n’avaient nul besoin d’interrompre sa sieste ni les pandores leurs interminables parties de manille. La société semblait avoir alors une formidable capacité à s’auto-réguler. Plus tard dans nos parcours de militants, combien furent utiles les conseils de nos vieux compagnons pour nous éviter de tomber dans les pièges tendus ou d’autres moins conscients se sont enlisés.

Dans mes activités professionnelles et parfois pour des raisons plus personnelles, j’ai été amené à assister à des procès en correctionnelle, d’y voir comparaître d’éternels récidivistes pour la même infraction et des juges incapables de réaliser que la sanction qu’ils prononceraient ne servirait à rien tant qu’il n’aurait pas convaincu de son sens. Victor Hugo, ou peut-être un autre a dit « ouvrir une école c’est fermer une prison », quoiqu’il en soit l’éducation sera toujours plus efficace que la répression.

Mais pour connaître ce temps-là, il faudra avoir changé de monde. Si nous restons vivants et cultivons notre intelligence, ce sera peut-être pour demain…


Riton 28 03 20

ACHAT DE MATERIEL : LE GOUVERNEMENT INDIQUE CLAIREMENT SES PRIORITES …

Ne croyez pas que – malgré l’impréparation et la désorganisation totale dont il a fait preuve jusqu’ici – l’Etat  ne continue pas de s’occuper de nous et de notre futur. Le 3 mars dernier, le gouvernement a passé un appel d’offre de plus de 3 642 000 euros (trois millions six centre quarante deux mille euros), pour acheter … devinez quoi ? Des masques ? du gel hydroalcoolique ? des médicaments ? Non, du gaz lacrymogène… et l’Etat est prévoyant, puisque le marché est renouvelable, dès fois qu’il épuise le stock plus vite que prévu. Voilà ou est passé l’argent public  – nos impôts –  qui aurait pu servir à acheter des masques , des respirateurs, qui aurait évité de fermer des lits dans les hôpitaux et de déconsidérer le personnel soignant !
  Mais n’oublions pas que Macron , Castaner et et leur clique étatique on plutôt choisi de soigner le personnel soignant en le gazant   Information, à  diffuser sans modération   Ni oubli , ni pardon, #ETAT_ASSASSIN Attention les yeux !
Transmis par CNT-AIT 82

Avis No 20-31056, publié le 01/03/2020

Acquisition d’aérosols lacrymogènes au profit de la police nationale et de la gendarmerie nationalehttps://www.boamp.fr/avis/detail/20-31056/officiel?fbclid=IwAR19M4-9MK-FAiPk4L0S2x-A2EK-kLHBQc-1I6joW9Snnyu76WOCmPqcLio

أمل / ESPOIR #1 : Parce qu’on a besoin d’Espoir …

أمل / Espoir est une feuille de critique littéraire et politique, réalisée par des compagnons anarchistes des deux côtés de la Méditerranée, bilingue arabe / français.

Au menu de la première tranche d’Espoir :

– Parce qu’on a besoin d’espoir ! – Aimez-vous en vous-même (poème d’Hana, ar/fr)

– LE MARTEAU CORONA ET L’ENCLUME DE LA FAIM (À propos de la vie des immigrants illégaux) ar/fr

– CONSEILS DE HONG KONG: PARTAGE D’EXPERIENCE ANTI-EPIDEMIQUE AVEC DES AMIS D’AUTRES REGIONS

– EN COREE, LA POPULATION S’ORGANISE SANS AVOIR BESOIN AU RECOURS DE L’ETAT NI DE LA POLICE POUR FAIRE RESPECTER LES MESURES DE SANTE PUBLIQUE

– TUNISIE, INTERDIT DE REVER …

– LIBERTE POUR LES PRISONNIERS D’OPINION EN IRAN suivi d’un poème de Soheil ARABI  : L’ANARCHISME C’EST S’ENVOLER POUR TOUJOURS

– Tu t’es réjoui de ma souffrance? (poème de Ridha naghmouchi)

– Muhammad Shukri et la malédiction du pain aux pieds nus (ar)

Espoir … Jamais ce mot n’aura semblé plus incongru qu’aujourd’hui alors qu’un cycle de catastrophe semble s’être déclenché partout dans le monde et que rien ne semble pouvoir l’arrêter : guerres, misère, famines, haines religieuses et sectaires, réchauffement climatique, effondrement de la biodiversité, intelligence artificielle et commercialisation de la Vie et des corps, et maintenant la pandémie de Coronavirus !

Pourtant jamais l’espoir n’a été autant nécessaire à l’humanité. Le terme chinois pour crise est composé de deux caractères : Le premier, 危 (wei), représente le chaos, le danger. Le second 机(ji) représente l’opportunité à saisir que créé cette nouvelle situation. Il signifie que face à une crise, nous avons toujours le choix de comment nous allons en sortir : soit nous enfoncer dans le chaos, c’est-à-dire continuer comme avant … soit enfin décider de rompre avec ce qui a causé la catastrophe, c’est dire rompre avec l’égoïsme et a méchanceté, rompre avec les classification hiérarchique et l’autoritarisme, et bâtir un monde plus juste, plus solidaire, plus égalitaire, plus libertaire. Redevenir humains !

Les gestes de solidarité qui se sont exprimés partout, dans tous les pays, spontanément, pour faire face à la pandémie nous montrent que l’Humanité n’est pas morte, qu’il y a encore de l’Espoir. Nous souhaitons y contribuer par notre petite feuille sans prétention.
Si l’aventure vous tente, rejoignez-nous, toutes les bonnes volontés sont les bienvenues !

Les compagnons d’Espoirs

Le triage de guerre, le confinement et le rôle de la classe ouvrière

Nous diffusons ci après un texte écrit le 3 avril 2020 par nos compagnons du Syndicat interco de la CNT-AIT Union d’Albacete, et de sa section syndicale à la résidence pour personnes âgées Alábega, ainsi qu’un appel à la solidarité avec des compagnons du syndicat CNT-AIT de l’EHPAD de …, toujours en Espagne.

Les faits qui sont dénoncés par les compagnons anarchosyndicalistes espagnols sont exactement les mêmes qu’en France. Cela montre bien que le problème est systémique, que ce chaos est généré par l’organisation sociale actuelle, et uq’il faut en finir avec l’Etat et le Capitalisme, cela devient une question de survie de l’Humanité.

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Le triage de guerre, le confinement et le rôle de la classe ouvrière

Les membres du Syndicat interco de la CNT-AIT Union d’Albacete, et de sa section syndicale à la résidence pour personnes âgées Alábega, nous nous adressons à l’ensemble de la classe ouvrière afin de faire connaître la lutte que notre organisation anarcho-syndicaliste mène contre le Direction provinciale de la protection sociale d’Albacete.

Ce n’est pas la première fois que la CNT-AIT a dénoncé les services minimalistes mois en place par l’État et par les entreprises dans ce secteur, à leurs résultats insuffisantes, et ce malgré les dispositions légales en vigueur (arrêté du 04/06/2013, du ministère de la Santé et des Affaires Sociales par lequel les conditions minimales des centres pour personnes âgées en Castille et Manche sont réglementées, modifiant  l’arrêté de 2001). Ce n’est pas une question de paperasse, de ce côté-là lis ont tout ce qu’il faut …

La situation était si grave dans les résidences que l’urgence sanitaire, produite par le COVID-19, a mis en évidence le manque d’attention sanitaire dont disposent les personnes âgées. Cette situation n’était pas et n’est pas une situation isolée, ou limitée à l’instant présent, bien au contraire; Dans de nombreuses résidences, la situation se maintien malgré tout, grâce aux efforts importants déployés par le personnel, et ce malgré des charges de travail importantes, malgré le manque de personnel, le manque d’équipements techniques, et surtout la forte consommation d’anti-inflammatoires par le personnel [pour tenir. Ce qui est fortement déconseillé médicalement]. Cependant, la crise sanitaire de COVID-19 a fait éclater la précarité qui se vivait dans ce type de service, et à rendu évidente que tout repose sur effort des travailleurs.
En fait dans les résidences pour personnes âgées, il n’y a qu’un seul problème, que nous pourrions bien appeler la tristement célèbre « entreprise de gestion gériatrique ». Au cours de ces années, les services minimaux des résidences, en plus d’être insuffisants, n’ont pas pu satisfaire les besoins des personnes âgées, principalement parce que les services minimaux avaient été sanctionnés par les coupures programmées pour soutenir les bénéfices et la rentabilité des entreprises gestionnaires, dans un moment où on assiste à un vieillissement de la population. On estime qu’environ 75% des personnes de plus de 65 ans souffrent de maladies chroniques et 20% de maladies mentales.

Cette situation d’abandon n’est pas différente du reste de l’Etat. Le système capitaliste et son idéologie individualiste ont non seulement renforcé l’appareil d’État mais ont généré une déstructuration de la société, en particulier dans le secteur de la santé et des soins, de la solidarité et du soutien mutuel. Une déstructuration sociale qui a engendré, d’une part, un isolement social, et d’autre part, le renforcement du modèle économique de la gestion privée des soins des maisons de retraite.

Au 26 mars, sur les 4366 personnes décédées en Espagne, 1 517 provenaient de résidences de personnes âgées, avec un pourcentage total d’au moins 37% des personnes décédées dans toute l’Espagne. Dans la seule communauté de Madrid, au moins 1 065 personnes sont décédées de ce type de résidence.

Le vieillissement de la population a développé dans notre pays un secteur économique qui voit augmenter ses bénéfices visant à exploiter le négoce des vétérans de la classe ouvrière. L’activité de ces centres est extrêmement rentable. Au cours de l’année 2020, il était prévu que ces groupes d’entreprises voient leurs bénéfices augmenter de 20%. Le capitalisme international non seulement ne répugne pas à ce genre d’entreprise, mais en plus il a réussi à trouver la formule pour exploiter les travailleurs le plus longtemps possible, en continuant de les exploiter une fois qu’ils ne sont plus suffisamment productifs et directement rentables.

L’infâme commerce de la santé est encore plus répugnant lorsque la classe ouvrière se voit obligée d’utiliser ce type de services. L’application des critères capitalistes à la santé n’a rien de nouveau. Lorsque le profit est ce qui compte, il est toujours directement proportionnel aux économies réalisées sur les installations, les soins, le personnel et l’équipement. Même si ils sont mécontents de cette situation, les personnes âgées n’ont qu’une seule garantie pour préserver autant que faire se peut la qualité de leur situation : les travailleurs du secteur de la santé. Cependant, ces travailleurs voient de plus en plus leurs droits bafoués, convention après convention, sans générer aucune améliorations considérables

Le protocole d’admission en USI (Unité de Soin Intensif) est un exemple de l’application de critères capitalistes  énormément mis en œuvre dans les hôpitaux. Le protocole d’intervention, – encore appelé « triage » -, consistant à sélectionner et classer les patients, est utilisé par la médecine d’urgence et de catastrophe. Ce protocole n’aspire pas à satisfaire les besoins de santé de la population, mais à sauver les centres de santé d’une une possible crise. Ces protocoles n’ont de sens que dans une situation de ressources limitées du système de santé actuel. Les critères utilisés par les protocoles de médecine d’urgence ou de catastrophe ne fonctionnent plus avec la maxime de sauver le plus grand nombre de vies, mais avec le critère selon lequel certaines vies sont plus importantes que d’autres.

Ces procédures de sélection et de classification pourraient être qualifiées de triage de guerre, lequel répond principalement au sauvetage du plus grand nombre de troupes utilisables, selon le concept de qualité de vie des patients.

 En tant que personnel de santé membre du Syndicat interco d’Albacete de la CNT-AIT, nous dénonçons ces protocoles – qui pourraient être définis comme des protocoles d’eugénisme social – dirigés contre la population la plus vulnérable. Encore plus parce que si ces protocoles doivent être utilisés, c’est parce que le soutien sanitaire dont dépend la population, a été détruit et qu’il est incapable de supporter la charge de travail actuelle. Par ailleurs, nous disons clairement que c’est l’ensemble des partis politiques qui sont responsables de cette destruction de l’infrastructure sanitaire et il est plus que nécessaire que les responsabilités soient recherchées dans chacun d’eux.

 L’un des cas les plus aberrants est celui qui a réuni le ministère de la Santé de la Generalité de Catalogne et le Sistema d’Emergències Mèdiques (SEM) (Système d’Urgences Médicales de Catalogne),, lesquels ont  recommandé aux professionnels de la santé de que les unités de soins intensifs (USI) n’accueillent pas les patients de plus de 80 ans dans le contexte de la pandémie de coronavirus. Cette recommandation politique et sanitaire ne peut être autre que celle issue de ce type de protocoles infâmes.


Depuis le Syndicat interco d’Albacete de la CNT-AIT, nous dénonçons le commerce de la santé et les multinationales de gériatrie, et nous nous battrons pour que notre santé ne soit pas un négoce entre les mains des entreprises, qu’elles soient des Mutuelles, des entreprises privées ou d’Etat. Nous n’allons pas leur permettre d’amasser leur fortune avec notre sang. ==================== LICENCIEE DE L’EPHAD POUR AVOIR REFUSEE … DE VOTER AUX ELECTIONS PROFESSIONNELLES !!! Nos compagnons de la CNT-AIT de Tolède nous informent d’un conflit avec l’EHPAD « Notre-Dame de la Nativité » dans la ville de Guadamur.
Le 19 février, notre collègue, infirmière et affiliée du syndicat CNT-AIT à Tolède, a été licenciée de la résidence Nuestra Señora de la Natividad, pour avoir informé l’entreprise qu’elle n’était pas prête à subir de nouvelles menaces et contraintes à participer aux élections syndicales qui devaient avoir lieu dans l’entreprise.

Le patron avait déjà choisi son représentant, un travailleurs vendu à la direction, et tout le monde était contraint de voter pour lui sous menace de licenciement. La compagne a refusé de jouer cette mascarade infâme, d’autant plus que par essence les anarchosyndicalistes ne participent pas aux élections professionnelles. Cela a donc entraîné son licenciement par la direction de l’entreprise.

cet acte odieux, en pleine crise du Coronavirus, est une menace pour notre collègue et pour la classe ouvrière, violant les droits fondamentaux et la liberté d’association.
Ici c’est notre campagne qui est licenciée pour avoir refusé de collaborer. Dans le Nord de la France, c’est une élus syndicale de SUD qui s’est cru protégée par son statut syndical mais qui a été mise à pied pour avoir dit tout haut des vérités que la direction ne voulait pas entendre.On le voit, en Espagne comme en France, les patrons veulent des travailleurs dociles et à leur botte, et les élections professionnelles servent juste à donner l’illusion de la démocratie.
Seule la construction d’un rapport de force, basé sur l’autoorganisation des travailleurs en dehors de tout schéma institutionnel, permettra de gagner l’autonomie, préalable nécessaire à nos victoires contre l’exploitation.

Frankreich: Das Bildungssystem in der Gesundheitskrise

Im Bildungssystem und überall – Die Gesundheitskrise beweist das strukturelle Versagen von Staat und Kapitalismus

Seit dem Beginn der Ausgangssperre müssen wir Arbeiter*innen im landesweiten Bildungsystem unseren Auftrag unter neuen beruflichen Bedingungen erfüllen, auf die wir nicht vorbereitet waren. Wir haben uns organisiert, trotz der widersprüchlichen Anordnungen unserer Vorgesetzten und trotz ihrer völligen Unfähigkeit, für unsere Sicherheit vorzubeugen und diese zu garantieren.

schwarze Katze

Wir arbeiten weiterhin daran, unseren Bildungsauftrag umzusetzen und neu zu bestimmen. Trotz aller pädagogischer Vorschriften, die manchmal – wie in der Akademie von Créteil – erst drei Wochen nach Beginn der Quarantäne am letzten Tag vor den Ferien erlassen werden. Einige unserer Kolleg*innen sind bei der Ausübung ihrer unverzichtbaren Aufgaben erkrankt, weil sie nicht den notwendigen Schutz bekommen hatten, um ihre körperliche Unversehrtheit zu erhalten.

Wir erfüllen diese Aufgaben jedoch trotz der Hierarchie im Bildungswesen, welche bewusst die sozialen Probleme unserer Schüler*innen ignoriert:
– Unterbringung in beengten und manchmal ungesunden Räumen;
– katastrophale Bedingungen (Isolation, Gesundheitsgefahren, Hunger) von Jugendlichen, die von sozialen Diensten abhängig sind, welche seit Jahren abgebaut wurden;
– häufiges Fehlen von Computerausstattung und Internetanschluss, welche die Fortsetzung eines sozialen Lebens auf Abstand und die Aufrechterhaltung einer pädagogischen Verbindung ermöglichen.

Wir fordern daher, dass unverzüglich folgende Maßnahmen ergriffen werden:
– Schutz des in den Schulen arbeitenden Personals;
– Aufstockung der Budgets von Sozialdiensten, um eine gute menschliche Betreuung der Jugendlichen, sowie die Verbesserung ihrer intellektuellen und materiellen Versorgung zu ermöglichen (Einkauf besserer Lebensmittel, Bücher, Spiel);
– sofortige und bedingungslose Anerkennung aller Migrant*innen ohne Papiere;
– unmittelbare Ausstattung mit neuer Computerausrüstung und 4G-Verbindung, um die gesamte Bevölkerung kostenlos versorgen zu können, damit alle Schüler*innen ihr unveräußerliches Recht auf Bildung garantiert bekommen und alle die Möglichkeit bekommen, ihre sozialen Anbindung aufrechtzuerhalten;
– sofortiger und völlig kostenloser Zugang zum Internet für alle in Frankreich ansässigen Personen. Das Internet muss als Gemeinwohl und öffentliche Dienstleistung betrachtet werden und sollte frei zugänglich sein, ohne jegliche Anforderungen an technische Ausstattung oder persönlicher Identifikation.

Es versteht sich von selbst, dass diese Maßnahmen, die ein Existenzminimum darstellen, nach der Gesundheitskrise, die wir jetzt durchleben, noch ausgeweitet werden müssen.

Einige Arbeiter*innen im landesweiten Bildungssystem

CNT-IAA

contact [at] cnt-ait.info;
http://cnt-ait.info;
http://cntaittoulouse.lautre.net
FB : @chats.noirs.turbulents @cnt.ait.toulouse

Quelle: http://blog.cnt-ait.info/post/2020/04/EDUCATION
Übersetzung: ASN Köln, https://asnkoeln.wordpress.com/ (CC:BY-NC)

Danke schoen ! https://anarchosyndikalismus.blackblogs.org/2020/04/10/frankreich-das-bildungssystem-in-der-gesundheitskrise