Télécharger au format PDF : https://cnt-ait.info/wp-content/uploads/2026/01/2026-01-22-Carnage-Industriel-dans-l-allier.docx.pdf

Le couperet est tombé. Après les vagues de licenciements qui ont meurtri Erasteel et Adisseo à Commentry, Amis à Montluçon, c’est au tour des travailleurs de Bosch à Moulins de subir la stratégie de la terre brûlée menée par les directions capitalistes. Le bassin Montluçonnais et Moulinois ne sont pas seulement des points sur une carte économique : ce sont nos vies, nos familles et nos territoires que le patronat sacrifie sur l’autel de la rentabilité financière.
Une stratégie coordonnée de casse sociale
Ce qui se joue aujourd’hui à l’usine Bosch, comme hier ailleurs, n’est ni une fatalité, ni une « crise » imprévisible. C’est une offensive délibérée. Les grands groupes empochent les aides publiques (CICE, exonérations de cotisations), puis délocalisent ou restructurent dès que les dividendes ne grimpent plus assez vite. La violence patronale ne s’exprime pas seulement par des lettres de licenciement ; elle s’exprime par le mépris des savoir-faire, le chantage à l’emploi et la destruction du tissu social de tout un département.
Les limites du dialogue social
À la CNT-AIT, nous le répétons : les négociations polies dans les bureaux de la préfecture ou les salles de réunion des DRH sont des impasses. Le « dialogue social » est le masque de notre soumission. Pendant que les syndicats réformistes s’épuisent à négocier le poids des chaînes ou le montant des primes de départ, le patronat, lui, avance ses pions. On ne négocie pas avec ceux qui nous affament. On s’organise pour leur arracher ce qu’ils nous volent.
Notre réponse : L’Anarchosyndicalisme
Face à cette avalanche de plans sociaux dans l’Allier, la résignation est notre pire ennemie. La CNT-AIT 03 appelle à :
L’Unité de base : Ne restons pas isolés par entreprise. Ce qui frappe Bosch frappe l’ensemble des travailleurs de la métallurgie, de la chimie et des services.
L’Action Directe : La grève, l’occupation, le blocage des flux de marchandises. C’est au portefeuille qu’il faut frapper le Capital.
L’Autogestion : Si les patrons ne sont plus capables ou plus désireux de faire tourner les usines sans nous licencier, alors reprenons l’outil de production ! L’économie doit être au service des besoins sociaux, pas des actionnaires.
Solidarité de classe !
Nous apportons tout notre soutien aux compagnons de Bosch et à tous ceux qui, de Montluçon à Moulins, refusent de baisser la tête. La peur doit changer de camp. Les usines sont à nous, les machines sont à nous, et l’avenir nous appartient si nous savons le prendre.
À bas le salariat et l’exploitation !
Vive l’Anarchie, vive la CNT-AIT !
Face au naufrage industriel : Organisons la riposte collective !
L’heure n’est plus aux lamentations ni aux simples défilés protocolaires derrière des ballons syndicaux. Le département de l’Allier est transformé en cimetière industriel par des prédateurs qui ne connaissent que le langage du profit. Chez Bosch, comme chez Erasteel, Amis ou Adisseo, le scénario est identique : on pressure le travailleur jusqu’à l’os, puis on jette l’humain comme une pièce d’usure.
Briser les barrières entre usines.
Le patronat joue sur la division. Il veut que les ouvriers de Bosch se sentent isolés de ceux d’Adisseo. C’est un piège. La CNT-AIT 03 appelle à la création de comités de base inter-entreprises. Ne restons pas enfermés derrière nos clôtures d’usines. Mutualisons nos forces, nos caisses de grève et nos moyens de lutte. Quand une usine est attaquée, c’est tout le bassin d’emploi qui doit se lever !
Harceler le Capital partout où il se trouve.
Si le patronat de l’Allier se croit à l’abri derrière ses procédures juridiques de licenciement, montrons-lui la réalité de notre colère. Nous appelons à multiplier les actions de blocage économique :
Blocage des flux : Rien ne sort, rien ne rentre. Si nos emplois disparaissent, leurs profits doivent s’arrêter net.
Actions de visibilité : Allons interpeller les décideurs là où ils se cachent, dans les sièges sociaux et les instances patronales.
Solidarité active : Organisons des assemblées générales ouvertes à tous (salariés, chômeurs, précaires, retraités) pour décider nous-mêmes des suites du mouvement, sans attendre les consignes des centrales parisiennes.
Ne pas demander, mais prendre.
Le « savoir-faire » dont ils se gargarisent dans leurs brochures de communication, c’est nous qui le détenons. Les machines, les usines, c’est notre travail qui les a payées. Si le privé se désengage, la question de la réappropriation doit être posée. L’autogestion n’est pas une utopie, c’est une nécessité de survie face à l’incompétence et à la cupidité des directions.
« La force de l’ouvrier, c’est qu’il tient tout entre ses mains. S’il s’arrête, le monde s’arrête. »
Appel aux travailleurs de l’Allier
Nous ne gagnerons rien par la supplication auprès des élus locaux ou des ministres de passage. Nous ne gagnerons que par le rapport de force pur et simple. La CNT-AIT 03 invite tous les travailleurs de Bosch et des entreprises sous-traitantes à se réunir, à s’organiser de manière horizontale, sans chefs ni permanents, pour préparer une riposte qui fera date.
Contre la violence patronale : Solidarité, Autonomie, Action Directe !