Luc NEMETH

(Le Cri de Paris, 13 février 1899). L’affaire Dreyfus coupe durablement la France en deux, jusque dans les ménages. Le père de famille lit le journal antidreyfusard L’Intransigeant tandis que la jeune femme, lui tournant le dos, est plongée dans le quotidien dreyfusard L’Aurore. Leur fils (?) lit Le Libertaire, feuille anarchiste dirigée alors par Sébastien Faure, favorable à Dreyfus.
« Il faut bénir cette affaire Dreyfus de nous avoir en quelque sorte révélés à nous-mêmes« [1], écrivait en 1898 Octave Mirbeau ; lui-même, parlait d’expérience, ayant jadis commis des articles dont il exprima le poignant repentir. Mais il y eut aussi ceux que cette affaire révéla pour le pire. Non qu’ils soient devenus soudain obtus mais parce que cette affaire les révéla… dans leur lâcheté. Tel fut le cas du Figaro, parfois abusivement présenté comme dreyfusard au motif qu’il publia le 14 janvier 1898 la caricature qui représente une mêlée générale autour de la table de famille, à l’issue d’un dîner lors duquel « Ils en ont parlé ». Mais, parue le lendemain du « J’Accuse …! » dans l’Aurore, elle visait au contraire à mettre en garde le lecteur : le mieux, est de… ne pas en parler à table ![2]

Que ce journal en soit arrivé là peut surprendre quand on sait que c’est dans ses colonnes que Zola s’était exprimé, lorsqu’à la mi-novembre 1897 le cas du capitaine devint une affaire, et là qu’il publia les articles dont celui qui s’achevait par la mémorable formule : « la vérité est en marche, rien ne l’arrêtera plus« .[3] Mais le quotidien avait ensuite pris acte de désabonnements et le 18 décembre l’un des directeurs Fernand de Rodays annonça qu’il passait la main à son associé, ponctuant son propos ainsi :
« Maintenant, qu’ajouter à cette loyale déclaration, sinon de dire que, puisque je n’ai pas toute l’opinion pour moi, je dois abandonner une cause où je risquerais de perdre, pour un moment, l’estime d’amis que m’ont donnés trente ans de bon et honnête journalisme. /… On raconte qu’un jour certain ministre anglais se retira momentanément sous sa tente, parce qu’il n’avait pas l’opinion avec lui. Eh bien ! de mon propre gré, sans l’ombre d’humeur, je veux m’inspirer de cet exemple.[4] »
Ce fut pour Sébastien Faure, dont le [journal] le Libertaire avait entrepris d’animer ce combat,[5] l’occasion d’une réflexion sur la supposée opinion (publique) ; l’article ci-dessous parut en première page la semaine suivante.
On notera que c’est ici jusqu’à la notion d’opinion « publique » qui était contestée : tantôt, cette expression était suivie d’un point d’interrogation, tantôt S. Faure dit « L’opinion »… La cible en effet n’est pas une opinion déclarée mais un magma, qui va du préjugé à la rumeur, derrière lequel s’abrite celui qui vient de jeter l’éponge… En ce sens l’expression majorité silencieuse, qui connut son heure de gloire soixante-dix ans plus tard, eût été aussi appropriée ; même si cette majorité « silencieuse » peut fort bien, pour peu que les circonstances s’y prêtent, servir de caisse de résonance. Mais S. Faure ne tombait pas dans le piège qui aurait consisté à discuter la représentativité de ladite opinion : il déplorait seulement qu’un journaliste de ce renom l’ait laissée « dicter sa loi« …
Du côté du Figaro en revanche on pourrait s’étonner de la maladresse dont avait fait preuve de Rodays en invoquant « l’opinion », pour justifier son désengagement -là où il lui aurait suffi de mettre en avant le souci d’en savoir plus. Mais c’est aussi que ce directeur, plus perspicace en cela qu’on ne le pourrait croire, avait déjà pressenti ce que Sébastien Faure allait résumer d’une phrase à propos de cette affaire : « Elle porte à l’ordre du jour la question sociale toute entière avec ses complexités« [6].
Mais le Figaro avait, comme on dit, fait ses comptes : le mois suivant ce fut son concurrent L’Aurore qui publia J’Accuse…!
LE BON ET HONNÊTE JOURNALISME
Sébastien Faure, Le Libertaire, 25/12/1897, p. 1
Il serait à souhaiter que sur tous les murs fût affichée l’adresse de M. F. de Rodays, directeur du Figaro, aux lecteurs de ce journal : c’est un monument d’hypocrisie et de lâcheté.
Chaque phrase serait à souligner ; chaque alinéa mériterait un commentaire. La conclusion de ce morceau est condensée en ces cinq lignes :
« Puisque je n’ai pas toute l’opinion pour « moi, je dois abandonner une cause où je risquerais de perdre, pour un moment, l’estime d’amis que m’ont donnés trente ans de BON ET HONNETE JOURNALISME. »
Précisons le sens de cette phrase. M. de Rodays déclare que :
1° trente ans de bon et honnête journalisme lui ont valu des amitiés et de la considération ;
2° ayant plaidé une cause où ne l’a pas suivi l’opinion, il perdrait, en y persistant, cette considération et ces amitiés ;
3° en de telles conditions, il abandonne cette cause pour conserver ces amis.
Que de choses en peu de mots !
Ainsi, ce n’est pas parce qu’il lui a été démontré que sa religion avait été mal éclairée, que sa bonne foi avait été surprise, ou encore que cette cause n’est ni juste ni généreuse, que l’intègre directeur de la plus vertueuse des feuilles quotidiennes renonce à la cause qu’il avait embrassée et défendue. Non ! ce bon et honnête journaliste avait espéré entraîner l’opinion à sa suite, celle-ci a résisté, elle ne l’a pas suivi ; en conséquence, il abdique, il déserte, j’écris le mot qui est au bout de ma plume, il plaque.
Le successeur de Magnard[7] a peur de perdre ses amis. Cette crainte implique l’idée que les sentiments des amis en question ne résistent pas plus que ceux des amis de de Rodays à la pression de l’opinion publique et que, pour se décider à embrasser une cause, les amis du directeur du Figaro, d’accord en cela avec ce dernier, ne s’inquiètent pas de savoir si noble, juste, vraie, grande est la cause, mais uniquement s’ils ont l’opinion pour eux.
C’est donc l’opinion qui dicte l’attitude, qui inspire les articles. Tout le journalisme, le bon et honnête journalisme est là.
* * *
Et pourtant, M. de Rodays et ses confrères savent bien ce que vaut l’opinion et ils en ont le plus profond et le plus qualifié mépris.
L’opinion publique ? C’est elle qui sacre et consacre les gloires frelatées ; c’est elle qui fait les popularités malsaines ; c’est elle qui, à des heures d’inexplicable engouement, porte au pinacle des coquins et des imbéciles, avec la même inconscience qu’elle précipite les intelligents et les justes en des chutes irrémédiables.
C’est cette flagorneuse qui rampe servilement devant tout ce qui sait s’entourer d’éclat. C’est cette cohue de courtisans, en posture d’aplatissement, devant le carrosse du millionnaire ou la ferblanterie du soudard.
C’est cette force aveugle, ondoyante, stupide qui détermine les ascensions prodigieuses et les déchéances foudroyantes.
Soumise, respectueuse, elle subit le caprice des Grands, s’incline devant les fantaisies des Puissants. Insolente, injuste, hargneuse, elle prend revanche de ses humiliations sur les petits, les humbles, les pauvres ; cruelle et lâche, elle piétine les tombés, frappe les sans-défense, s’acharne sur les désarmés.
Elle véhicule, inconsciente et routinière, tous les préjugés, toutes les erreurs. Sa sordide ignorance est le rempart qui protège le plus solidement les exactions des riches et les tyrannies des gouvernants contre la révolte des gueux et l’insurrection des opprimés.
Par son persistant attachement aux usages, par son respect craintif de l’ordre établi, elle forme obstacle aux projets des novateurs, aux hardiesses des penseurs, aux découvertes des chercheurs.
C’est la commère[8] qui traîne dans la saleté de sa tabatière, dans la puanteur de ses jupes et la bave de ses lèvres toutes les suppositions malveillantes, tous les racontars suspects, tous les potins odieux contre ceux que n’abritent ni la fortune, ni l’influence.
Quand elle ne s’affirme pas catégorique et cassante en ses jugements sans appel, elle se fait tortueuse, louche, sournoise, et décoche le trait par derrière et dans la nuit. Elle abuse du « on » parce que ce vocable qui signifie « tout le monde et personne », laisse ouverte à toutes les insolences et à toutes les lâchetés la porte de sortie de l’anonymat.
L’opinion publique ? – C’est elle qui fait les Baïhaut, les Sans-Leroy, les Saint-Martin, les Wilson[9], puisque c’est elle qui nomme les députés et les met à même de vendre leur vote. C’est elle qui fait les Dreyfus… ou les Esterhazy puisque c’est elle qui entretient les haines internationales avec leur fatal cortège d’armées permanentes et de tueries périodiques.
C’est le troupeau dont les mauvais bergers : dirigeants, mandataires, patrons, magistrats, officiers, prêtres, meneurs de foules, chefs et grands hommes, tondent impitoyablement la laine et vendent les chairs. C’est la majorité compacte : fermée aux idées larges, aux élans généreux, aux spontanéités héroïques, aux saines impulsions, aux sentiments élevés ; ouverte aux turpitudes, aux trahisons, aux bassesses. C’est la foule panurgienne qui hurle : « Vive! » ou « A bas! » sans plus d’amour pour ce qu’elle acclame que de haine contre ce qu’elle honnit.
C’est le passant qui s’attèle volontairement aux plus répugnantes besognes : prêtant main forte aux argousins qui collètent un pauvre diable[10], dénonçant et servant de témoin (mouchard ignoble qui n’a même pas l’excuse de gagner son pain) applaudissant le ministre qui passe, conspuant le déguenillé qu’on arrête, livrant le déserteur ou l’anarchiste qu’on traque, insultant la pauvresse prostituée qu’on pourchasse.
L’opinion publique ? c’est elle qui, en 1870, sanctionnait à une formidable majorité, le régime de honte et de servitude que l’Empire faisait peser sur elle ; c’est elle qui, depuis près de vingt ans, maintien au pouvoir la bande qui la détrousse et l’affame ; c’est elle qui, naguère, voulait installer à l’Élysée le général d’opéra bouffe que la déconfiture de son parti a conduit au suicide[11] ; c’est elle qui, plus récemment, réclamait contre les anarchistes les plus épouvantables traitements ; c’est elle qui poursuit, à cette heure, de ses sarcasmes, de ses injures, de ses vociférations les Scheurer Kestner, les Zola, tous les robustes et les généreux qui ont affirmé hautement la conviction de leur conscience.
C’est cette masse grouillante et bruyante, carnassière et sanguinaire, qui envahit la place de la Roquette, à l’heure de la guillotine, se repait des récits démoralisants de batailles et de répression, se délecte au spectacle du carnage, adore le tragique.
C’est cette brute que les maîtres du jour déchaînent furieuse, contre cette poignée de vaillants : autrefois républicains, naguère socialistes, aujourd’hui anarchistes, qui parlent Justice et Progrès. Chacun la méprise et presque tous la redoutent, chacun trouve son joug exécrable et presque tous le supportent sans murmurer.
* *
L’opinion est flottante, son principal caractère est l’indécision. C’est un courant. Il est ardu de le remonter, mais aisé de le détourner et, par des lignes indirectes, de l’orienter vers des voies nouvelles.
Ils n’ignorent pas ce fait, ceux qui seraient en situation de redresser les torts, de corriger les erreurs de l’opinion : les journalistes.
Ce serait une haute et noble mission, ce serait un magnifique apostolat que pourraient se donner ceux qui tiennent une plume, ceux qui ont un nom dans les lettres.
Mais deux circonstances s’y opposent : la presse est entre les mains des manieurs d’argent qui vivent de l’ignorance des multitudes et qui se garderaient d’autant mieux de dissiper celle-ci qu’elle leur est indispensable. De plus, les écrivains qui rédigent les quotidiens n’ont ni convictions, ni idées. En eussent-ils, ils s’empresseraient de les étouffer. De quoi leur serviraient elle, puisque ce sont les intérêts et les sentiments de ceux qui les paient qu’ils doivent exprimer et non les leurs ?
Un journal est une entreprise commerciale. Ses ressources sont triples : les affaires, la politique, la clientèle.
Les affaires, les détenteurs de la richesse les monopolisent. La politique, malgré ses nuances, est une : gouverner est l’objectif de tous les partis. Minorité, un parti poursuit la conquête du Pouvoir. Majorité, il cherche à le conserver.
La clientèle c’est l’opinion et celle-ci, c’est la cire molle sur laquelle travaillent la politique et les affaires coalisées, sous la raison sociale « Capital et État ».
Aussi, quand M. De Rodays déclare qu’il n’a pas l’opinion pour lui, il faut traduire ce mot : « opinion » par cet autre : « clientèle ». Quand il ajoute qu’il craint de perdre ses « amis » il faut lire qu’il appréhende de perdre « sa situation ».
L’attitude du Figaro dans l’affaire Dreyfus avait fait baisser le tirage et menaçait – si on y persistait – l’avenir de ce journal. Le directeur l’a compris ; on le lui a fait sentir.
Un homme simplement courageux et droit n’eut jamais fait une aussi piteuse retraite. Mais M. De Rodays est comme son journal : marchand de papier.
Entre une cause généreuse et le tirage, entre le souci de la vérité et celui de ses appointements, il fallait se prononcer.
Monsieur De Rodays n’a pas hésité et, sachant que nul ne peut servir deux maîtres divisés, il a choisi le plus lâche des despotes : l’Opinion, le plus vil des tyrans : l’Argent.
Voilà du bon et honnête journalisme.
Sébastien Faure
[1] Octave Mirbeau, « Palinodies! », L’Aurore, 15/11/1898, p. 1.
[2] « J’Accuse… ! » de Zola parut dans l’Aurore le 13 janvier 1898, pp. 1-2, la caricature de Caran d’Ache « Un dîner en famille » dans le Figaro du 14 janvier 1898, p. 1.
[3] Émile Zola, « M. Scheurer-Kestner », Le Figaro, 25/11/1897, p. 1.
[4] Fernand de Rodays, « A nos lecteurs », Le Figaro, 18/12/1897, p. 1. Le plus navrant est qu’à titre… personnel, de Rodays était dreyfusard ; Histoire générale de la presse française, tome III, Paris, PUF, 1972, p. 349.
[5] Cf. notre étude « Un accélérateur d’énergies dans l’espace dreyfusard: Sébastien Faure, du début de l’Affaire au procès Zola », Historical Reflections/Réflexions Historiques, Vol. 31 n. 3, Fall 2005, pp. 409-432. Texte republié dans le tome 3 de la série de brochures « des anarchistes et l’affaire Dreyfus »
[6] S. Faure, « Les anarchistes et l’affaire Dreyfus » (I), Le Libertaire, n. 115, 29/1/1898, p. 1 ; cette série de quatre articles, ensuite rassemblés en brochure, parut du 29/1 au 19/2/1898. Brochure numérisée et mise en ligne ici : https://cnt-ait.info:XXXXXX

[7] désigne Francis Magnard (1837-1894), précédent gérant du Figaro.
[8] Le terme « catin » était déjà utilisé dans ce contexte dès le début du dix-neuvième siècle.
[9] désigne les députés Charles Baïhaut, Charles Sans-Leroy et Jean Saint-Martin, impliqués dans le scandale de Panama, et Daniel Wilson, dans celui du trafic de décorations
[10] En argot, les argousins désignaient les officiers de police subalternes chargés de surveiller les prisonniers dans les bagnes puis ce mot est devenu synonyme de policier. Colleter c’est attraper quelqu’un par le cou pour lui faire violence.
[11] Le Général Georges Boulanger, (1837 – 1891) avait été Ministre de la Guerre en 1886. Nationaliste, cherchant une revanche militaire sur l’Allemagne après la défaite de 1870, mais cependant attaché à la République, il se lance dans une campagne électorale populiste qui réunit autour de sa personne une hétéroclite coalition de mécontents, allant de l’extrême-gauche à la droite monarchiste et bonapartiste. Par un double jeu périlleux et habile, le « général Revanche » parvient à concilier l’inconciliable, pour bénéficier du soutien financier des uns (la duchesse d’Uzès, notamment), de la logistique des autres (la Ligue des patriotes de Déroulède) et des voix de tous. Il vole de succès électoral en succès électoral, remportant notamment un siège de député parisien le 27 janvier 1889. Au soir de cette victoire, ses partisans les plus fiévreux (Déroulède, Rochefort) le pressent de tenter un coup d’État. Boulanger refuse, par pusillanimité sans doute, mais surtout par légalisme républicain. Pour lui, la conquête du pouvoir passe par les urnes. La déception est grande dans les rangs boulangistes. Rasséréné, le Gouvernement réagit en accusant Boulanger et deux de ses principaux soutiens, Rochefort et Dillon, d’atteinte à la sûreté de l’État. Menacé d’arrestation, le général abandonne ses fidèles pour fuir avec sa maîtresse, Marguerite de Bonnemain, à Bruxelles, puis à Londres. Le 12 avril 1889, le Sénat, réuni en Haute Cour, ordonne l’instruction du procès. Les audiences commencent le 8 août. Le dossier d’accusation est faible, mais l’absence des prévenus, présentée comme un aveu de culpabilité, leur nuit considérablement. Le 14, la Haute Cour les reconnaît coupables de « complot et d’attentat pour changer la forme du gouvernement » et les condamne par contumace à la déportation. Cette condamnation et la défaite électorale de septembre 1889 sonnent le glas du boulangisme. En juillet 1891, Marguerite décède à Bruxelles et Boulanger se suicide sur sa tombe deux mois plus tard.
Cet article est tiré du premier volume d’une série de quatre brochures sur les anarchistes dans l’affaire Dreyfus.
Article précédent : Bernard LAZARE, le premier des Dreyfusards. (https://cnt-ait.info/2006/07/31/bernard-lazare)
Article suivant : Sébastien Faure et l’opportune opinion publique, décembre 1897
Volume 1 : Les anarchistes dans l’Affaire Dreyfus : Sébastien Faure, Constant Martin, Louise Michel et Élisée Reclus
Volume 2 : 1898 – 1899 : les anarchistes passent à l’action directe contre l’antisémitisme !
Volume 3 : Les anarchistes et l’affaire Dreyfus (brochure de 1898 de Sébastien Faure)
Volume 4 : Antisémitisme et Inquisition, suivi d’un poème de Louise Michel, « Le rêve » (brochure de 1898 de Constant Martin, inédit)
Les brochures sont téléchargeables en ligne (liens ci-dessus). elles sont disponibles au format papier. Pour les recevoir écrire à contact@cnt-ait.info ou à CNT-AIT, 7 rue St Rémésy 31000 TOULOUSE. Participation aux frais d’impression de d’envoi : 8 euros pour un volume, 12 euros pour deux volumes, 20 euros pour les quatre volumes