Catégorie : SOUVIENS TOI …

Léandre VALERO, anarchiste sans frontière

(d’après différentes sources bibliographiques et des souvenirs d’un militant de la CNT-AIT Auxerre)

Léandre VALERO est né en Algérie, à Oran le 12 octobre 1923 dans une famille d’origine espagnole. Son père, militant actif de la CNT-AIT, avait dû fuir l’Espagne du fait de ses activités militantes. Il devait à ses origines multiples d’être à fois hispanophone, arabophone et francophone.

Léandre a toujours eu le goût de l’action et de l’aventure. Très sportif, il était toujours soucieux de sa forme physique. Dans sa jeunesse, pas trop porté sur les études, sa carrure et son intelligence rusée l’ont amené à exercer différentes activités dont celles de rat d’hôtel dans les palaces, où il s’amusait à détrousser les riches bourgeoises de passage tel Alexandre JACOB le fameux monte-en-l’air anarchiste qui inspira le personnage d’Arsène Lupin.

ALERTE (Tract du MLNA suite à la « Toussaint rouge », Novembre 1954)

Le Mouvement Libertaire Nord Africain estime que le véritable responsable des évènements actuels, en liaison avec ceux du Maroc et de Tunisie est le régime colonialiste, basé sur l’expropriation des terres, la surexploitation, le chômage, la répression et l’opposition au droits des peuples à disposer d’eux-mêmes, et à leurs aspirations révolutionnaires.

Le M.L.N.A. signale que l’accusation contre la propagande étrangère n’est qu’une diversion afin de détourner l’attention internationale des véritables responsabilités du régime colonialiste.

(1951) ALGERIENS NE VOTEZ PAS. VOTER, C’EST CAPITULER

Tract du MLNA (1951)
L’émancipation des travailleurs ne sera l’œuvre que des travailleurs eux-mêmes. L’émancipation des peuples coloniaux ne sera l’œuvre que des colonies eux-mêmes.
Ne confiez pas vos droits à des arrivistes en quête de fauteuils, à des traitres qui oublieront leurs promesses sitôt, à des féodaux, à des agrariens.
ALGERIENS NE VOTEZ PAS

Le Parlementarisme est une duperie sur plan international (ONU), national et algérien.

PROTESTATIONS ANARCHISTES CONTRE LE CENTENAIRE DE LA CONQUETE DE L’ALGERIE (1930)

CGTSR-AIT, Section Algérienne
A l’opinion publique

Au moment où se déroulent, avec un faste inouï, les fêtes du centenaire de la conquête de l’Algérie, il a paru aux Algériens résidant en France qu’il était utile, indispensable même, de faire entendre à l’opinion publique métropolitaine quelques vérités au milieu du concert de louanges officielles qui tend à couvrir de son bruit les plaintes d’un peuple qui souffre.

Certes, il serait beau de commémorer un centenaire si celui-ci avait pour but de magnifier un bel acte : l’affranchissement du peuple algérien. Malheureusement, le centenaire que l’on fête, en Algérie, n’a pas cette haute signification.

EN MEMOIRE DE MARGUERITE ASPES, MILITANTE DE LA CGTSR-AIT D’ALGER DES ANNÉES 30

Ci dessous un article du Cheminot Indépendant d’Alger, qui évoque la mémoire de Marguerite Aspès, militante anarchosyndicaliste de la CGTSR-AIT à Alger dans les années 1930.
Il nous a semblé que la mémoire de cette féministe anarcho-syndicaliste gagne à être honorée. On verra que les temps changent mais pas les mentalités, ni celle des policiers qui font toujours la cherche inlassable aux « anarchistes-terroristes » et aux « agitateurs », ni celle des « Unitaires » dont il est question dans l’article et qui sont les militants de la CGT-U (U comme unitaire), c’est à dire les communistes.

Qui était Marguerite ASPES ?

Marguerite Aspès, dont le frère aîné Charles était également un militant libertaire, était membre au début des années 1930 de la CGTSR–AIT à Alger. Ses grands parents étaient des immigrés italiens de Venise et de Milan -le grand père Carlo (1830-1894) avait combattu avec Garibaldi- et son père Charles (1859-1934) travaillait comme menuisier ébéniste.

Helioz Gomez ou l’artiste à la cravate rouge

Première publication : samedi 28 août 2010 Publié dans le Niglo en Colère noire, bulletin de la Commission des gens du voyages éditée avec le soutien de la CNT-AIT https://cnt-ait.info/2010/08/29/le-niglo-colere-noire Hélios Gómez est l’un des représentants les plus emblématiques du graphisme espagnol du XXe siècle. Il est né à Séville en 1905 d’une vieille famille gitane […]

A propos des maquis anarchistes espagnols en Ariège : Une tentative de révision de l’histoire de la résistance en Ariège

samedi 27 octobre 2007Pour information, Veuillez trouver ci-dessus un droit de réponse adressé à la Dépêche du Midi suite à un article pour le moins incroyable expliquant, à l’occasion de l’anniversaire de la libération de Foix, que les maquisards anar étaient … des communistes qui se faisaient passer pour des anars ! La mode est décidément […]

LE PEUPLE MEXICAIN EST PRET POUR LE COMMUNISME / PRESENCE DU MAGONISME (2006)

Première publication : jeudi 9 novembre 2006 LE PEUPLE MEXICAIN EST PRET POUR LE COMMUNISME Les habitants de Morelos, comme ceux de Puebla, de Michoacan, Durango, Jalisco, Yucatan, et des autres états, dans lesquels de vastes étendues de terrains ont été occupées par des masses prolétaires qui se sont voués a leur culture démontrent au […]

I. Histoire de la CNT-AIT : Une courte apogée (1945 – années 1950)

Nous verrons dans cette première partie comment la CNT-AIT, après sa constitution, connaît une rapide apogée. Elle fut écourtée par des problèmes théoriques et pratiques qui la divisèrent. Ces divisions affaiblirent fortement l’organisation et la plongèrent dans un isolement dont elle n’est pas parvenu à sortir.
1- Des débuts prometteurs (1945-1949)

a) Les anarcho-syndicalistes dans la CGT (1945-mai 1946)

Au sortir de la deuxième guerre mondiale, les anarcho-syndicalistes étaient entrés à la CGT. Les anciens adhérents à la CGT-SR, qui avait cessé d’exister pendant le conflit (1), dans un appel daté du 15 septembre 1944 adressé aux syndicalistes révolutionnaires, demandèrent en effet “de faire, tous, l’Unité Syndicale, complète, totale, absolue, qui nous donnera dans ce pays une seule Centrale Syndicale : la CGT ; dans le monde une seule Internationale dont peu importe son titre.” (2) . Ainsi, plutôt que de faire renaître une CGT-SR, ses anciens adhérents ont préféré former la Fédération Syndicaliste Française (F.S.F.) afin de regrouper tous les syndicalistes révolutionnaires au sein de la CGT. Ils créèrent en même temps un journal, L’Action syndicaliste. Outre les anciens de la CGT-SR, la FSF était composée de jeunes issus de la résistance, tel que Raymond Beaulaton, ou bien encore d’espagnols en exil en France. L’importance de cette FSF en terme d’adhérents est difficile à évaluer. Selon Aimé Capelle (3), on pouvait compter environ 2000 adhérents rien que sur Paris. Toujours selon Capelle, la FSF aurait surtout été constituée par “les copains des métaux”, et dans une moindre mesure par “les copains du bâtiment” qui avaient reconstitué le S.U.B. (Syndicat Unifié du Bâtiment, principal syndicat de la CGT-SR). Des sections F.S.F. se sont constituées à Paris, Bordeaux, Toulouse, Lyon, Marseille, Lille, Saint-Nazaire. Une toute autre estimation de la F.S.F. est donnée par l’union locale de la CNT-AIT de Bordeaux en novembre 1947 : “La F.S.F. n’eut pas grand succès. Elle ne groupa jamais plus de quelques centaines d’adhérents, -presque tous anciens de la CGT-SR- et surtout elle n’eut aucune influence dans la CGT”. On peut ainsi affirmer que la F.S.F. n’eut aucun poids au sein de la CGT, bien qu’il soit difficile d’évaluer précisément ses effectifs. Si la F.S.F. semble être une tendance de la CGT, ses statuts sont assez flous et même proches de ceux d’une centrale : “Article premier. -La Fédération Syndicaliste est organisée sur la base de groupes locaux intersyndicaux, ou, à défaut, de groupes régionaux. Dès que le nombre de leurs membres le permet, les groupes doivent constituer des sections industrielles qui, elles-même, devront s’appuyer sur des sections d’ateliers, chantiers ou bureaux.” (4). D’après cet article, il est donc possible de constituer dans une entreprise une section F.S.F. à côté d’une section CGT. L’article 2 montre également que la F.S.F. se présente comme une organisation à part entière plus que comme une tendance de la CGT : “Article 2. -Les adhérents des groupes peuvent être membres d’une Centrale Syndicale non adhérente à l’A.I.T. (…)”. Or, la F.S.F. est la seule section française de l’A.I.T. (selon les statuts de l’A.I.T., il ne peut y avoir qu’une seule section par pays). Elle se présente comme une organisation syndicale tout en autorisant ses membres à adhérer à une autre centrale. Elle ne s’affirme donc pas comme une tendance organisée de la CGT, bien qu’elle n’existe qu’au sein de cette dernière. L’objectif de la F.S.F. au sein de la CGT n’était autre que de s’opposer à sa direction, et de diffuser les idées syndicalistes révolutionnaires. L’article fondamental des statuts de la F.S.F. présente un condensé du syndicalisme révolutionnaire. Apparaissent les thèmes de “suppression du patronat, d’abolition du salariat et la disparition de l’État”. Elle vise l’instauration d’une société basée sur le “communisme libre”. Il paraît d’ailleurs plus judicieux de parler d’anarcho-syndicalisme plutôt que de syndicalisme révolutionnaire. A la lecture des statuts, il est peu probable que la F.S.F. ait pu recruter les syndicalistes révolutionnaires regroupés autour de la revue La Révolution prolétarienne. La F.S.F. affirme clairement son opposition aux partis politiques : “Son action se déroule en dehors de celle de tous partis politiques et en opposition avec ceux-ci” (article fondamental). Il est également ajouté qu’“en aucune façon, ils (les adhérents de la F.S.F.) ne peuvent être membres de partis politiques” (article 2).

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