Auteur/autrice : CNT-AIT

Chile: Nicht wie Marx, eher wie Bakunin

Wie die französische Basisgewerkschaft CNT-IAA Anfang Dezember 2019 mitgeteilt hat, gibt es Neuigkeiten von der Anarchistischen Gruppe Germinal aus der chilenischen Provinzhauptstadt Concepción. Folgenen Brief haben sie in Englisch übersetzt und veröffentlicht:

Liebe Genoss*innen,

[nach einem Monat krasser Kämpfe] ist hier in Concepción noch niemand von unseren Mitstreiter*innen in Polizeigewahrsam oder im Gefängnis, obwohl es in den ersten Wochen des Kampfes einige Verletzte durch Gummigeschosse gab.
Bei uns konnte eine starke, dauerhafte Präsenz auf den Straßen und auch in den Nachbarschaften, wo selbstbestimmte Versammlungen organisiert und gut besucht wurden. Dabei war die Art der Organisierung sehr interessant, auf sehr anarchistische Weise. Bis zum heutigen 03. Dezember war es möglich eine starke Auseinandersetzung zu führen ohne nachzugeben, und zwar überall gleichermaßen: in Santiago, Valparaiso, Iquique, Tocopilla, Puerto Montt – man kann sagen fast im ganzen Land.

Demonstration in Santiago de Chile, 08.12.2019 (Foto: B1mbo, commons.wikimedia.org)

Ich sende dir einen Text, den wir am Anfang des Volksaufstands verfasst haben und der immer noch höchst aktuell ist. Vor allem heute, da die Regierung hervorgehoben hat, dass ihre Feinde, welche für die Brände und Plünderungen verantwortlich seien und die nun die Straße übernommen haben, die Anarchist*innen seien. Und daher soll eine Unterdrückungskampagne gegen Gruppen und Einzelpersonen gestartet werden.

Grupo Anarquista Germinal (Concepción/Chile, 04.12.2019)

CHILI : INFORMATION DES COMPAGNONS DU GROUPE ANARCHISTE GERMINAL (CONCEPTION) / « Je sais juste que ce n’est pas Marx. Cela ressemble plus à Bakounine. »

Chers compagnons,
Tout d’abord, merci de votre sollicitude. À Concepción, nous n’avons pas encore eu de compagnons en détention ni de prisonniers, même si certains ont été blessés par balles au cours des premières semaines de lutte.

Ici, une forte présence a été maintenue dans la rue et dans certains quartiers en organisant ou en participant à des assemblées populaires auto-convoquées, où la teneur de l’organisation, très libertaire, a été très intéressante. Il a été possible de maintenir une lutte acharnée jusqu’à aujourd’hui 3 décembre sans baisser les bras, et ceci de la même manière partout, à Santiago, à Valparaiso, à Iquique, à Tocopilla, à Puerto monte, c’est-à-dire sur presque tout le territoire national.

Je vous envoie un texte que nous avons envoyé au début du soulèvement populaire et qui est encore très valable. Particulièrement aujourd’hui, alors que le gouvernement a pointé du doigt les anarchistes comme les ennemis qui ont initié les feux, les pillages et qui aujourd’hui encore maintiennent les occupations de rues. Ils cherchent donc à lancer une campagne de répression contre des groupes et des individus.

Groupe Anarchiste Germinal
Concepcion, Chile , 2019-12-04

CHILE : Informe del Grupo Anarquista Germinal de Concepción / « Solo sé que no es Marx. Es mas bien Bakunin »

Estimad@s compañer@s,

antes que nada gracias por su preocupación, acá en Concepción no hemos tenido, aun, compañeros detenidos, o presos, si algunos heridos con perdigones en las primeras semanas de lucha.

Acá se ha mantenido una presencia fuerte en la calle y además en algunos barrios organizando o participando de asambleas autoconvocadas, donde ha sido muy interesante el tenor de la organización, muy al estilo libertario. Se ha logrado mantener hasta hoy 3 de diciembre una fuerte lucha sin que bajemos los brazos, de igual forma, esto en Santiago, Valparaiso, Iquique, Tocopilla, Puerto monte, es decir en casi todo el territorio nacional.

Les envío un texto, que enviamos a principios del levantamiento popular y que sigue muy vigente. Sobre todo hoy, que el gobierno ha apuntado a que los enemigos que iniciaron los incendios, saqueos y que hoy mantienen las calles tomadas son los Anarquistas, por tanto, buscan iniciar una campaña represiva contra grupos e individuos ácratas.
Grupo Anarquista Germinal
Concepción Chile, 2019-12-04

CHILE : Some news from Germinal Anarchist Group (2019-12-04).  » just know it’s not Marx. It’s more like Bakunin. »

Dear companions,

[After one month of harsh struggle] here in Concepción we have not yet had detained companions, or prisoners, even if some have been wounded with pellets in the first weeks of struggle.

Here a strong presence has been maintained in the street and also in some neighborhoods organizing or participating in self-convened assemblies, where the way of organizing has been very interesting, very anarchist style. It has been possible to maintain a strong fight until today December 3 without lowering our arms, everywhere in the same way, this in Santiago, Valparaiso, Iquique, Tocopilla, Puerto monte, that is to say in almost the entire national territory.

I send you a text, which we sent at the beginning of the popular uprising and which is still very valid. Especially today, that the government has pointed out that the enemies that started the fires, looting and that today maintain the streets taken are the Anarchists, therefore, they seek to initiate a repressive campaign against groups and individuals.

Germinal Anarchist Group

Concepcion Chile, 2019-12-04
(illustrations: images of popular assemblies in Santiago and Temuco neighborhoods)

APRES UN MOIS DE MANIFESTATIONS DANS LA REGION CHILIENNE (SOV-Santiago)

Après plus d’un mois de manifestations dans la région chilienne : Déclaration du SOV (Sindicato Oficios Varios Santiago)

Bien que le mécontentement [populaire] était présent au Chili depuis de nombreuses années c’était le silence qui régnait dans la population. À contrecœur, les gens exprimaient leur mécontentement, toujours sans crier, toujours obéissants, sachant que le travail est finalement la seule chose qui apporte notre pitance. Et si nous sommes attentifs à l’histoire, il n’y a pas si longtemps, au Chili crier et se lever signifiait des balles, du sang et la mort. C’est ce même manque de justice et d’impunité, et l’indignité de nous avoir fait courber l’échine tant d’années, qui nous ont fait envahir les rues de tout le pays. Les gens ont ouvert leurs yeux pour voir un gouvernement, source d’injustice sur tous les fronts et dans tous les aspects de nos vies. Voilà ce qui a généré un soulèvement social. Tout le mécontentement s’est matérialisé, ils ne s’agissait plus de petits groupes isolés encourageant des revendications, c’est la population dans son ensemble qui s’est arrêtée et qui a dit « ASSEZ ! » (basta !). L’air du temps de l’opinion publique [a changé], on a commencé à mentionner toutes les revendications et les réclamations jamais entendues, les oubliés ont pris la parole. Ce qui s’est passé le vendredi 18 octobre, a été une étape bien franchie, c’est la marche de la population qui s’est prolongée depuis plus de un mois, et dont nous savons qu’il ne doit pas s’arrêter.

QUE PENSER DU 5 DECEMBRE 2019 ?

Et toi tu fais quoi le 5 décembre 2019 ? Un an après le début du mouvement des Gilets jaunes, beaucoup espèrent en cette date pour remettre en question cette société inégalitaire et répressive. La colère qui s’exprimera sera massive, mais pour qu’elle aboutisse comprenons d’abord le jeu des protagonistes institutionnels. Pour le moment ils tiennent […]

LES ANARCHISTES ET L’EDUCATION SOUS JULES FERRY (1880-1914)

Les années qui vont du vote des lois de Jules Ferry à la Grande Guerre de 1914 furent incontestablement celles où le mouvement anarchiste, en France, connut sa période la plus florissante, et où son influence et son importance sur la scène politique furent les plus importantes. Certes, en France et ailleurs, les anarchistes se sont toujours préoccupé du problème de l’éducation, qu’ils placent au cœur de la question sociale. Mais plus encore qu’à d’autres moments, le thème de l’enfant, de l’école, de l’instruction est alors abordé d’une manière récurrente tant dans les journaux que dans les livres édités par le mouvement libertaire.

La critique de la laïcité républicaine

Les préoccupations des « compagnons », comme on les nommait alors, s’inscrivaient indiscutablement dans le débat qui, tout au long du XlXe siècle, avait l’enfant et l’école pour enjeu ; courant qui animait, en vérité, toutes les forces politiques progressistes ou « rétrogrades » du moment. L’école que Jules Ferry et ses collaborateurs avaient mise en place, était pour les libertaires condamnable à plusieurs égards. Pour eux, le système scolaire républicain ne prenait pas en compte les besoins de l’enfant, ne cherchait pas à développer sa personnalité, mais au contraire tendait à l’uniformité des individus et préparait à l’inégalité sociale.

Ce système absurde, qui farcit les cerveaux de préjugés et truffe les consciences de devoirs est inacceptable pour des générations vivant au siècle de la vapeur et de l’électricité, écrira ainsi le militant pédagogue Sébastien Faure(1). Mais le discours anarchiste ne participait pas uniquement de la critique de l’école officielle, bien au contraire. Depuis les origines, l’anarchisme avait affirmé des conceptions éducatives particulières, et il s’agissait également de les mettre en avant et de les faire connaître. Aucun des théoriciens de l’anarchisme en effet (Stirner, Proudhon, Bakounine) n’avait oublié d’accorder une place de tout premier plan à l’éducation, jugée indispensable à la réalisation d’une société nouvelle ; place que les compagnons reprenaient à leur compte dans leur propagande. Le maître mot en est la liberté. La liberté par l’enseignement sera d’ailleurs le titre d’une des premières brochures éditées par un groupe de compagnons (et cosignée par Louise Michel, Élisée Reclus, Léon Tolstoï) en 1898.

Liberté la plus grande possible laissée à l’enfant, par opposition au « carcan » proposé par le système institutionnel. Par conséquent, l’adulte n’est plus un maître mais un guide, qui aiguille le jeune afin de le faire profiter au mieux de cette toute nouvelle liberté. Car l’enfant qui est considéré comme un individu à part entière, dispose selon les compagnons dès le départ d’aptitudes très riches.  » Laissez les enfants libres, écrit le hollandais Domela Nieuwenhuis, car l’enfant apprend à penser à comparer, à juger par lui-même. » (2)

EN FRANCE COMME AU CHILI, LE SERVICE NATIONAL CE SERA SANS NOUS !

Nous publions deux exemples de la lutte des Jeunes Libertaires contre le Service National, en France et au Chili. FRANCE : SNU, MACRON NOUS VOILA ! télécharger le tract en PDF : https://cnt-ait.info/wp-content/uploads/2019/11/SNU-TRACT-CNT-AIT-lyceens.pdf Aujourd’hui, la JDC (1), « offrant » aux jeunes Françaises et Français huit intenses heures de propagande militaire et étatique, n’est plus suffisante aux […]

LIBAN : DECLARATION DE KAFEH ! (Lutte !) du 22 Novembre 2019 حركة كافح! (كوادر أناركية فاعلة حرة)

Déclaration du mouvement KAFEH ! (Lutte !

(Organisation d’anarchistes actifs libres)

Tout le monde a pris conscience des événements révolutionnaires au Liban. Ce mouvement est mondialisé et les médias internationaux en parlent et le louent pour son caractère unique et son succès.

Le mouvement KAFEH est fier de participer aux événements de cette révolution et fier d’être au centre de ce mouvement. Que ce soit dans les appels et les invitations, les sit-in, la mise en place de tentes, les affrontements, les déclarations, ou la présence permanente et une disponibilité totale, KAFEH a été en première ligne.

Ces manifestations représentent KAFEH idéologiquement à tous points de vue:

A PROPOS DU DERNIER LIVRE DE PIKETTY ET DU DEPASSEMENT DU CAPITALISME

Dans le dernier livre de Piketty, « Capital et idéologie », il doit s’y trouver beaucoup de choses intéressantes je pense. C’est une somme de plus de1 000pages et ça tiendrait de l’exploit s’il avait écrit une telle somme uniquement avec des conneries.

Cependant, quand on l’entend expliquer ses propositions pour « dépasser » le capitalisme actuel, ben ça fait plouf.

Par exemple, la propriété privée.

Plutôt que de proposer sérieusement d’abolir la propriété privée au profit de la propriété d’usage, il propose une propriété sociale et temporaire dans laquelle les salarié-e-s (espèce en voir de disparition il faut le rappeler) seraient majoritaire au capital de l’entreprise qui les emploie et les actionnaires, minoritaires. Ca sonne comme quelque chose de cool dit comme ça. Mais quand on y réfléchit un peu plus avant, sa proposition n’est rien d’autre qu’une forme d’ubérisation extrême et généralisée, les salarié-e-s devenant dans ce cas leurs propres exploiteurs. De quoi dissoudre très concrètement et complètement la lutte des classes. Et le fait que cette propriété sociale soit temporaire ne change rien à l’affaire.

Ensuite, concernant le système d’imposition.

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