« Ce qui est terrifiant pour toutes les hiérarchies établies, ce ne sont pas quelques poubelles brûlées, mais la menace d’une extension de ce mouvement à la société toute entière. »
Les raisons matérielles qui sont évoquées, que ce soit par le mouvement lycéen ou les autres pans de la société qui le rejoignent sont bien connues, concrètes, légitimes.
Les revendications qui en découlent, compréhensibles.
Surtout vu l’écart qui se creuse de manière inversement proportionnelle entre ce qui rend encore la vie à peu près acceptable et les dividendes des actionnaires ou le budget de l’armée !
Mais la rage et la quasi spontanéité avec lesquelles se sont exprimés les lycéens débordent largement le contenu de ces revendications. Et elles résonnent avec la colère froide que partagent tous ceux qui se sentent impuissants devant un monde en feu et en guerre, et qui n’ont plus tellement de doute au sujet du futur qu’on leur prépare.
« Ces semaines d’agitation ont prouvé que n’importe quel prétexte est bon, quand tout ce qu’il donne l’occasion de rejeter est mauvais ».
La RÉPRESSION BRUTALE que l’État leur a opposé, par le biais de ses flics, éclaire autant sur sa surprise que son désir de faire taire le plus rapidement possible toute modalité de contestation qu’il ne peut maîtriser autrement.
Elle est révélatrice aussi de ce que la social démocratie en voie de décomposition peut offrir comme restes faisandés : la matraque, la lacrymo, le LBD…
Depuis les GJ et les retraites, on voit que même les traditionnelles miettes redistributives ne sont plus à l’ordre du jour.
C’est que les acquis produits par la lutte de classe sont toujours dans la balance, voyez. C’est juste un équilibrage, en fonction de ce qui est socialement acceptable dans l’époque, selon le niveau d’intensité des luttes et la nécessité économique. Rien n’est garanti sous le règne du capitalisme qui ne serve à faire tourner la machine.
Et ce quelque soit le taulier à l’Élysée… Aujourd’hui, l’heure est au serrage de vis et à l’économie de guerre.
Pour sortir de ce foutu cercle vicieux, il nous faut à la fois grossir les rangs, avec l’ensemble du prolétariat et quitter l’illusion d’un dialogue possible avec l’état et ses sbires.
L’auto organisation, qui a toujours été l’expression la plus avancée des luttes révolutionnaires et qui revient confusément, ici et ailleurs, en est le moyen et porte en elle la perspective : c’est dans la pratique d’une lutte sans intermédiaire, sans spécialiste du pouvoir politique, en décidant en assemblée, qu’on apprend à poser les bases d’un monde plus désirable.
C’est dans ce monde sans classe, sans gouvernement, sans frontière, sans armée, sans fric et sans patron, où nous pourrions produire et décider ensemble , selon nos besoins et nos moyens sans chantage au salaire ni sans alimenter la machine folle du capital, que nous pourrions peut être devenir réellement libres et égaux.
L’ Anarchie est un projet de société …
Préparons la Révolution sociale !
CNT/AIT
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