Analyse anarchistes sur la répression en Iran et le positionnement de la gauche « anti-impérialiste et décoloniale »

Nous avons traduits deux textes écrits par des militants révolutionnaires iraniens en exil à propos de la répression en Iran et du positionnement de la gauche « anti-impérialiste et décoloniale » vis à vis de la République Islamique d’Iran

Par ailleurs nous rappelons que nous sommes sans nouvelle de notre compagnon Soheil Arabi, de nouveau incarcéré le 11 mars dernier (cf. https://cnt-ait.info/2026/04/17/soheil-arabi-ghezel), ainsi que du compagnon anarchiste Afshin Heyratian. Ce dernier, par ailleurs issu de minorité Bahai, a été arrêté le 11 novembre 2025. Après une perquisition musclée chez sa mère où il réside, ses effets personnels ont été saisis par les forces de l’ordre. Pour l’heure, aucune autorité n’a revendiqué l’arrestation, et on ignore toujours où il est détenu. Afshin avait été déjà arrêté pour ses activités au sein de l’association de défense des enfants des rues et du travail.

Nous appelons à rester mobiliser pour exiger leur libération et celle de tous les opposants politiques en Iran, et nous tenons comptable les autorités iraniennes de ce qui pourrait leur arriver pendant leur incarcération arbitraire. Si vous souhaitez recevoir du matériel (tract, affiches) pour faire connaitre la situation des prisonniers politiques en Iran et développer le soutien, nous contacter (contact@cnt-ait.info)


Analyse d’un anarchiste d’Iran de la déclaration du « Ministère du Renseignement » concernant la menace de poursuites judiciaires contre les dissidents et les manifestants

Après 47 ans de répression, d’emprisonnement, de torture, de meurtre et de destruction de la vie sociale en Iran, la « République islamique », l’un des régimes les plus brutaux et les plus meurtriers de la planète, continue de régner comme une machine rouillée. Mais si cette structure persiste, ce n’est pas seulement grâce à son pouvoir répressif ; c’est aussi parce que nous n’avons pas encore réussi à créer des formes durables de coopération, de solidarité, d’auto-organisation horizontale (sans hiérarchie) et de force de résistance collective pour la démanteler.

Selon les médias iraniens, le Corps des gardiens de la révolution islamique, principal bras militaro-économique et politique du gouvernement islamo-chiite fasciste au pouvoir en Iran, a publié aujourd’hui (27 mai 2026) un long communiqué par l’intermédiaire du « Ministère du Renseignement » (dont le ministre a été tué par le gouvernement israélien lors du récent conflit). Dans ce communiqué, tout en se vantant, comme à son habitude, de « victoires militaires contre des ennemis vaincus dans une guerre combinée à grande échelle » (Amérique, Israël, Angleterre, Europe et certains pays arabes), le ministère a menacé ses opposants et les manifestants de poursuites judiciaires, les qualifiant de « mercenaires contre-révolutionnaires et de terroristes résidant à l’étranger, ainsi que de partisans des ennemis vaincus ».

Ce communiqué n’est pas un simple texte sécuritaire ni un « avertissement légal » ; il s’agit plutôt d’un document révélateur de la profonde angoisse d’une structure de pouvoir qui, depuis 47 ans, assure sa survie honteuse non pas grâce au consentement de la population, mais en semant la peur et l’hostilité et en étendant sans cesse son appareil répressif. Derrière les paroles grandiloquentes sur la « victoire sur la guerre combinée des ennemis », on perçoit les fragilités d’un gouvernement qui craint sa propre société plus que toute force extérieure.

Les gouvernements autoritaires et conjoncturels ont toujours recours au mythe du « siège permanent » pour masquer leur crise de confiance envers l’opinion publique. Dans ce récit, les mécontents ne sont plus des êtres humains avec des revendications légitimes ; ils deviennent soudainement des « mercenaires », des « agents étrangers », des « terroristes » ou des « soldats ennemis ». Ainsi, le gouvernement tente d’expliquer la véritable origine des protestations non pas par l’absence de liberté, d’égalité et de justice, d’une part, et par l’existence de l’exploitation, de la pauvreté, du chômage, du sans-abrisme, de la discrimination et de l’oppression, d’autre part, mais par une « main étrangère ». C’est la manœuvre classique de tous les pouvoirs centralisés : dépolitiser la société et instrumentaliser toute opposition à des fins sécuritaires.

Mais la contradiction principale réside précisément là : si la « République islamique » est réellement aussi « victorieuse » et « puissante » qu’elle le prétend, pourquoi craint-elle tant les travailleurs, les manifestants, les militants exilés, les écrivains et même les voix éparses sur les réseaux sociaux ? Un pouvoir qui a constamment besoin de menaces, d’aveux forcés, de manipulations et d’un climat sécuritaire est, en réalité, davantage un signe de crise permanente et de manque de légitimité et d’acceptabilité qu’un signe d’autorité. Car les gouvernements qui ont confiance en leur peuple ne gèrent pas la société comme un champ de bataille.

D’un point de vue anarchiste, le problème ne réside pas seulement dans la République islamique ; il réside dans la logique même de l’État. L’État, quelle que soit sa forme idéologique, est une institution qui assure sa survie par le monopole de la violence, le contrôle du discours et la production de l’obéissance. La « République islamique » clame ostensiblement son opposition à l’impérialisme occidental, mais recourt en réalité aux mêmes techniques que nombre d’États modernes pour contrôler la société : surveillance, sécurisation, propagande, instrumentalisation de la peur et création d’ ennemis intérieurs ».

Cette récente déclaration révèle également que l’État ne se contente plus de contrôler le territoire ; il cherche aussi à dicter le contrôle de la mémoire, du langage et de l’imaginaire politique de la société. La menace d’une opposition étrangère signifie que l’État tente de vider même l’exil de toute substance politique ; autrement dit, aucune distance ne devrait permettre la liberté d’expression. C’est le visage sans fard du pouvoir moderne : un gouvernement qui veut monopoliser non seulement les comportements, mais aussi le récit de la réalité.

Dans un tel contexte, le discours officiel du gouvernement est davantage un signe d’affaiblissement qu’un signe de puissance. Un régime contraint de parler constamment d’«ennemis vaincus» admet de fait, indirectement, sa propre fragilité. Car le véritable ennemi de toute structure autoritaire n’est pas l’État étranger, mais la possibilité de l’émergence d’individus conscients de leur destin, de réseaux de coopération et de solidarité indépendants, et d’une société qui ne se soumet plus au langage de la peur.

L’anarchisme part précisément de ce constat : le refus du principe selon lequel la sécurité s’obtient par l’obéissance. Face à un État qui transforme tout en champ de bataille, la réponse radicale n’est pas de se réfugier auprès de puissances rivales mondiales, mais de construire des formes horizontales de solidarité, de résistance et d’auto-organisation-autogestion sociale. Tant que le pouvoir se reproduira sous la forme de l’État, de l’appareil sécuritaire et des hiérarchies centralisées, un « ennemi » sera toujours nécessaire ; même si cet ennemi est la majorité absolue du peuple lui-même.

Nul n’ignore que les soulèvements continus de ces dernières années, notamment le mouvement révolutionnaire Femmes-Vie-Liberté, ont profondément ébranlé cet ordre oppressif et autoritaire, faisant tomber une fois de plus le masque fasciste et révélant que le pouvoir de la « République islamique » n’est pas un monstre mythique et surnaturel, mais un phénomène bien réel ; et contrairement aux apparences, il n’est pas invincible.

Ce qui demeure, avant tout, c’est la persistance de la peur et la dispersion des opprimés. Ceux qui avaient été réduits au silence pendant des années ont soudain compris que le « pouvoir » n’est pas une entité céleste, mais une relation qui peut être brisée. Car tout État s’effondre lorsque le peuple se rebelle non seulement contre lui, mais aussi contre sa logique.

Hasse-Nima Golkar (traduit du persan par CNT-AIT France)


Entre « anti-impérialisme décolonial » et « lutte pour la démocratie », la gauche occidentale a abandonné la lutte contre son propre État …

Nous avons traduit ce texte du militant révolutionnaire d’origine iranienne Siyâvash Shahabi, dont nous partageons l’analyse sur l’orientalisme des soit disant « anti impérialistes » et autres décoloniaux occidentaux. Sous couvert de prendre position contre « l’Occident », ces derniers font surtout le jeu des régimes les plus autoritaires qui martyrisent leur population. Comme le dit Siyâvash, la posture toute spectaculaire de cette gauche se nourrit d’images qu’elle forge elle-même (ou qu’elle relaye pour d’autres qui la forge pour elle …) Ces images, ces représentation, invisibilisent, font écran, à la réalité de ce que vit la population, à commencer par la classe ouvrière, qui n’entre jamais en ligne de compte dans les savantes analyses géopolitiques des « décoloniaux ». Elle permet surtout de se donner la bonne conscience de « faire quelque chose » en agitant des images et des slogans, sans avoir à lutter dans le réel ici, c’est-à-dire sans avoir à se confronter réellement à notre propre État, cette lutte étant déléguée au soit disant « Axe de la résistance ». À partir de là cette gauche construit (ou relaye) une esthétique, avec ses codes visuels, vestimentaires, de langage, devenant une affirmation identitaire mais qui n’a aucun contenu émancipateur car là n’est pas son objet. Cette analyse rejoint celle que nous avions exprimé dans les colonnes d’Anarchosyndicalisme sur le campisme : « Nous assistons actuellement en fonction des divers conflits, à un retour de cette idéologie d’affrontement entre l’axe du bien et l’axe du mal, qui est en fait la description du campisme, qui consiste à dire quiconque n’est pas avec moi, est contre moi (comme au bon vieux temps de la guerre froide). C’est une vision idéologique binaire, qui appelle à soutenir n’importe quelle saloperie pour diverses raisons, notamment des luttes anticolonialistes, des luttes de libération nationale, tout ce qui paraît de près ou de loin « anti-impérialiste » mais authentiquement interclassiste, à partir du moment où l’ennemi de mon ennemi entre en conflit. Le campisme ce n’est pas de l’internationalisme, ce n’est pas la solidarité, mais un aveuglement. [1]»

La gauche occidentale ne combat plus son propre État. Elle vit politiquement à travers les images qu’elle créé des autres [États].

Quand il s’agit de l’Iran, cette image prend généralement deux formes. Soit l’Iran est réduit à un régime islamique oriental qui a besoin d’être sauvé [contre lui-même] par l’Occident, soit il devient un bastion de résistance où toute contradiction de classe, de genre, de travail, ethnique et sociale interne doit être occultée. Ces deux images peuvent sembler antagonistes, mais elles se rejoignent en un point : toutes deux effacent la société iranienne.

En tant que communistes iraniens, nous avons été contraints d’expliquer une évidence : nous sommes contre la guerre. Contre une attaque américano-israélienne contre l’Iran. Contre les sanctions. Contre les bombardements. Contre un « changement de régime » [apporté de l’extérieur]. Contre l’instrumentalisation de la population iranienne dans des projets géopolitiques.

Mais être contre la guerre ne signifie pas se taire face à la République islamique. Nous sommes contre la guerre car elle détruit la même classe que la République islamique opprime en temps de paix. Nous sommes contre la guerre car les bombes et les sanctions appauvrissent la société, la fragmentent et la rendent plus vulnérable. Et c’est précisément pour cette raison que nous ne pouvons pas décrire un État répressif comme un bouclier de libération.

Le bouclier libérateur de la classe ouvrière, c’est sa propre organisation, et non un État sécuritaire et capitaliste.

Une partie de la gauche occidentale, au lieu de combattre la politique étrangère de son propre État, ses propres bases militaires, ses propres entreprises d’armement et ses propres sanctions, soutient des régimes autoritaires ou des organisations militaires et qualifie cela d’anti-impérialisme. Ce n’est pas de l’internationalisme. C’est une externalisation de ses politiques.

Quand on abandonne la lutte contre son propre État, l’anti-impérialisme devient l’esthétique de l’Axe de la Résistance. Mais un communiste iranien ne peut pas faire cela, car pour nous, il ne s’agit pas d’une image. Il s’agit de la réalité d’une classe écrasée à la fois par les bombes et les sanctions, mais aussi par la privatisation, la prison, les exécutions, le port obligatoire du hijab, la répression des grèves et une économie sécuritaire.

Siyâvash Shahabi


[1] Pour en finir avec le « Campisme » Journal Anarchosyndicalisme n° 184   Nov.Dec .23 ; https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?article1372


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تحلیل آنارشیستیِ بیانیه ی اخیر «وزارت اطلاعات» در مورد تهدید به پیگرد قانونی مخالفان و معترضان

نویسنده: هاسّه-نیما گُلکار

“جمهوری اسلامی”، پس از ۴۷ سال سرکوب، زندان، شکنجه، کُشتار و ویران‌سازی زندگی اجتماعی در ایران، یکی از خَشن ترین و مرگ‌بارترین حکومت ها همچنان مانند ماشینی فرسوده به سُلطه ‌‌گریِ خود ادامه می دهد. اما اگر این ساختار هنوز برپاست، تنها از نیروی سرکوبش نیست؛ بلکه از آن روست که ما هنوز نتوانسته‌ایم شکل‌هائی پایدار از همیاری، همبستگی، خودسازمان‌دهی اُفقی (بدون سلسله مراتب) و نیروی مقاومتِ جمعی برای ازکارانداختن آن بیافرینیم.

بر پایه گزارش رسانه های داخلی، امروز (۲۷ مه ۲۰۲۶) سپاه پاسداران انقلاب اسلامی به عنوان بازوی اصلیِ نظامی-اقتصادی-سیاسی دولت فاشیستی اسلامی- شیعی حاکم بر ایران از زبانِ “وزارت اطلاعات” (که وزیر آن در جنگ اخیر توسط دولت اسرائیل کُشته شد) بیانیه ای طولانی صادر کرد و در آن ضمن رَجزخوانی های معمول و متداول مبنی بر “پیروزی های نظامی در مقابل دشمنان شکست خورده در جنگ ترکیبی تمام عیار” (آمریکا-اسرائیل-انگلیس-اروپا و برخی کشورهای عربی)، مخالفان و معترضان خود را زیر نام ” مُزدورانِ ضد انقلاب و تروریست‌های مقیم خارج کشور و حامیان دشمنانِ شکست خورده” تهدید به پیگرد قانونی نمود.

آنچه در این بیانیه آمده، صِرفن یک متن أمنیتی یا «هُشدار حقوقی» نیست؛ بلکه سَندی واضح و گویا از اضطراب عمیق یک ساختار قدرتی می باشد که ۴۷ سال بقای ننگینِ خود را نَه در رضایت اجتماعی، بلکه در تولیدِ ترس، دُشمن‌سازی و گسترش مداوم ماشین سرکوب جست‌وجو کرده است. پُشت واژه‌های پُرطمطراق درباره «پیروزی بر جنگ ترکیبی دشمنان»، می‌توان لَرزش حکومتی را دید که از جامعه خود بیش از هر نیروی خارجی واهمه دارد.

دولت‌های سُلطه طلب و اقتدارگرا همیشه برای پنهان کردن بحران مقبولیّتِ عمومی به اُسطوره «محاصره دائمی» پناه می‌بَرند. در این روایت، مردم ناراضی دیگر انسان‌هائی با مطالبات واقعی نیستند؛ آن‌ها ناگهان به «مُزدور»، «عامل بیگانه»، «تروریست» یا «پیاده‌نظام دشمن» تبدیل می‌شوند. حکومت از این طریق تلاش می‌نماید ریشه ی واقعیِ اعتراضات را از یک سو، نَه در عدم وجودِ آزادی-برابری-عدالت، و از جانب دیگر در وجودِ استثمار، فقر، بیکاری، بی خانمانی، تبعیض و سرکوب، بلکه در «دست‌های خارجی» توضیح دهد. این همان تَرفند کلاسیک همه قدرت‌های متمرکز است: حذف سیاست از جامعه و تبدیل هر مخالفتی به پرونده أمنیتی.

اما تناقض اصلی دقیقن همین‌جاست: اگر “جمهوری اسلامی” واقعن آن‌گونه که ادّعا می‌کند «پیروز» و «مقتدر» است، چرا تا این حدّ از مردم زحمتکش، معترضان، فعالان تبعیدی، نویسندگان و حتا صداهای پراکنده در شبکه‌های اجتماعی وحشت دارد؟ قدرتی که مدام نیازمند تهدید، اعتراف اجباری، پرونده‌سازی و فضای أمنیتی است، در واقع بیش از آنکه نشانه اقتدار باشد، نشانه بحران دائمی و فقدان وِجاهت و مقبولیت می باشد. زیرا حکومت‌هائی که از مردمِ خود اطمینان دارند، جامعه را همچون میدان جنگ اداره نمی‌کنند.

از منظر آنارشیستی، مسئله فقط جمهوری اسلامی نیست؛ مسئله خودِ منطق دولت است. دولت، فارغ از شکل ایدئولوژیکش، نهادی است که بقای خود را از طریق انحصار خشونت، کُنترل روایت و تولیدِ اطاعت تضمین می‌کُند. “جمهوری اسلامی” در ظاهر علیه امپریالیسم غربی شعار می‌دهد، اما در عَمل از همان تکنیک‌هائی استفاده می‌نماید که بسیاری از دولت‌های مُدرن برای مهار جامعه به کار می‌گیرند: نظارت، أمنیتی‌سازی، تبلیغات، ترس‌اَفکنی و ساختن «دشمن داخلی».

بیانیه اخیر همچنین نشان می‌دهد که حکومت دیگر فقط بر قلمرو جغرافیائی اصرار ندارد؛ بلکه می‌خواهد حافظه، زبان و تخیُل سیاسی جامعه را نیز کنترل کند. تهدید مخالفان در خارج از کشور به این مفهوم است که دولت تلاش می‌کند حتا تبعید را از معنای سیاسی تُهی نماید؛ یعنی هیچ فاصله‌ای نباید امکان سخن گفتن آزادانه را فراهم آورد. این همان چهره عُریانِ قدرت مدرن است: حکومتی که می‌خواهد نه‌فقط رَفتار، بلکه روایت واقعیّت را نیز در انحصار خود نگه دارد.

در چنین وضعیتی، زبان رسمی حکومت بیش از آنکه نشانه ی قدرت باشد، نشانه فرسایش است. رژیمی که ناچار است مدام از «دشمنان شکست‌خورده» سخن بگوید، در حقیقت در حال اعتراف غیرمستقیم به شکنندگی خویش است. زیرا دشمن واقعی برای هر ساختارِ اقتدارگرا نَه دولت‌های خارجی، بلکه امکان شکل‌گیری انسان‌هائی خودآگاه، شبکه‌های همیاری و همبستگی مستقل، و جامعه‌ای است که دیگر از زبانِ ترس تبعیت نکُند.

آنارشیسم دقیقن از همین نقطه آغاز می‌شود: اِنکار این اصل که أمنیت باید به بهای اطاعت به دست آید. در برابر دولتی که همه‌چیز را به میدان جنگ تبدیل می‌کند، پاسخ رادیکال نه پناه بُردن به قدرت‌های رقیب جهانی، بلکه ساختن اشکال اُفقی همبستگی، مقاومت و خودسازماندهی-خودمُدیریت اجتماعی است. زیرا تا زمانی که قدرت در قالب دولت، دستگاهِ أمنیتی و سلسله‌مراتب متمرکز بازتولید می‌شود، «دشمن» همواره لازم خواهد بود؛ حتا اگر آن دشمن، اکثریت مطلق خودِ مردم باشند.

واقعیّت جُزاین نیست که خیزش های مُداوم در چند سال اخیر به ویژه جنبش انقلابیِ زن-زندگی-آزادی، شکاف‌هائی جدّی وعمیق بر پیکر این نظمِ سرکوبگر و اقتدارگرا وارد آورد و بارِ دیگر نقاب فاشیستی را از چهره‌اش کنار زَد و نشان داد که قدرتِ “جمهوری اسلامی” نَه هیولای اُسطوره ای و فراطبیعی، بلکه پدیده ای زمینی است؛ و برخلافِ ظاهرش، شکست‌ناپذیر نمی باشد.

بنابراین آنچه هنوز پابرجاست، بیش از هر چیز، تداومِ ترس و پراکندگیِ فرودستان است. مردمی که سال‌ها به سکوت رانده شده بودند، ناگهان دریافتند که «قدرت» موجودی آسمانی نیست، بلکه رابطه‌ای‌ست که می‌تواند گُسسته شود. زیرا هر دولت-ای هنگامی فرو می‌ریزد که مردم نه فقط علیه آن، بلکه بیرون از منطقِ فرمان‌برداری و سلسله‌مراتب، شکل‌های تازه‌ای از همبستگی، همیاری و خودگردانی (خودسازماندهی-خودمدیریتی) را بَنا کُنند.

با این‌همه، هیچ حکومتی تنها با نفرت از میان نمی‌رَود. استبداد زمانی فرو می‌پاشد که مردم، بیرون از منطقِ فرمان‌بُرداری، شکل‌های تازه‌ای از زندگی را بیافرینند: همبستگی به‌جایِ رقابت، خودگردانی به‌جای فرمان، و آزادی به‌جای اطاعت.

آنان که بر تختِ قدرت نشسته‌اند، از مردمِ مُسلّح به آگاهی بیش از هر سِلاحی هراس دارند؛ زیرا دولت، هرقدر هم خون‌ریز و خشن باشد، بدون عادتِ مردم به اطاعت دوام نمی‌آورد.

آینده نَه از آنِ رهبران، نه مُنجیان، و نه دولت‌های تازه است؛ بلکه آینده از آنِ مردمی‌ست که می‌آموزند بدون اَرباب، بدون پیشوا، و بدون زنجیر، جهانِ خویش را خود بسازند.

نَه مُلا! نه شاه! نه جَنگ!

زَن-زندگی-آزادی!

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