Marguerite Aspès : De sa rébellion contre la police d’Alger à la liste noire du Parti Communiste

Revue de presse de l’Affaire « Marguertie Aspès », après que cette militante anarchosyndicaliste de la CGTST-AIT ait tiré au révolver sur des policiers venus arrêter des militants étrangers à la Bourse du Travail d’Alger, dans ce qui ressemblait fort à un traquenard policier.


Alger : Le mouchard est roi

Le Libertaire, 10 Janvier 1931

Notre camarade Marguerite Sepsa a été arrêtée et emprisonnée dans des conditions tout à fit révoltantes.

Le mercredi 10 décembre [1930], une réunion unitaire syndicale avait lieu et, au cours de cette réunion, notre amie ayant appris que des policiers se trouvaient dans la salle, interpella le bureau et traita les mouchards avec tous les égards dus à leur abominable métier.

Cela ne leur plut pas, comme de bien entendu, mais dans la salle ils ne soufflèrent mot, se réservant avec toute la témérité qui les caractérise, lorsqu’ils ont à faire à une femme, pour la sortie de la réunion.

En effet, Marguerite fut appréhendée et sommée de rétracter les propos qu’elle avait prononcés, moyennant quoi la liberté lui serait rendue. Comme les « bourriques » connaissent mal nos militants ! …

Parce que lâches, ces répugnants personnages s’imaginent que le courage n’existe pas.

Marguerite les envoya promener ainsi que le Commissaire.

Le juge fut traité de la même façon. Tout ce joli monde fut vengé puisque notre amie est en prison.

Nous apprenons que Maître Testa la défendra. Les compagnons et compagnes d’Alger sont immédiatement intervenus et ont exercé la solidarité.

Tous les révolutionnaires, tous les hommes de libre-pensée, tous les hommes de cœur, protesteront contre un tel abus et obtiendront – s’ils le veulent – la mise en liberté immédiate de Marguerite Sepsa.


En avant pour l’Unité Syndicale

Alger Socialiste, n° 537, 13 février 1931

Ordre du jour voté à la Bourse du Travail d’Alger, le 25 janvier 1931

Les camarades soussignés, appartenant aux organisations adhérentes à la CGT, à la CGTU, à la CGTSR et aux organisations autonomes ou indépendantes,

Après avoir pris connaissance des deux manifestes du 9 novembre 1930 et du 11 janvier 1931, sur l’Unité Syndicale,

Déclarent que plus que jamais la fusion de toutes les forces ouvrières devient nécessaire, et font confiance aux promoteurs de ce mouvement.

(…)

Aspès Marguerite (CGTS-SR)

(…)

N.B. — Les camarades confédérés, unitaires, autonomes. C.G.T.R.S. (sic), indépendants qui sont partisans de l’unité spéciale, sur les bases des deux manifestes, sont priés d’écrire au camarade Albenque, Bourse du Travail, rue Massieu de Clerval.


Souvenirs de [la prison] Barberousse

Le Libertaire, 1er Mai 1931

L’anarchiste, c’est l’être qui aime le beau. On ne peut aimer profondément le beau sans aimer à l’extrême ce qui est juste et bien.

Ce n’est pas l’homme qui souffre, surtout, qui nous émeut, mais nous, nous allons toujours à la racine, à la cause. C’est la laideur de ceux qui exercent sans aucune honte la cruauté, de ceux qui font souffrir par plaisir, par vengeance, qui nous émeut le plus.

Tout ce qui est beau réjouit l’anarchiste (sa vue, son ouïe, son odorat, son toucher, tous ses sens enfin, sont des instruments qui apportent en lui du bonheur). Mais, comme son cœur souffre, lorsqu’il voit la laideur et l’injustice !

O camarade qui ressent cela comme moi, as-tu déjà vu de près une scène de guillotine ? Pour moi, je ne l’ai pas vue, mais cela s’est passé si près de moi !… J’ai seulement entendu quelques cris et senti la réalité d’un peu près.

Faut-il donc que l’on doive toucher de près une réalité pour ressentir vibrer ses
« cordes intérieures » ? Des relations écrites ne suffiraient donc pas ? — Merci à ceux qui, artistes, nous font ressentir la vie comme si elle était réelle et qui, par la beauté de leurs œuvres, font toucher à ceux qui vivent au repos, grassement nourris et confortablement logés et honorés dans la société, mais qui ont un cœur, les misères humaines. Gloire aux écrivains comme Zola, Tolstoï, Gorki, Barbusse et tant d’autres ! Gloire à l’écrivain-artiste Panaït Istrati qui nous fait si bien toucher la réalité qu’un livre de lui, on croit le vivre !

C’était un soldat qui, sous l’exaspération du désir sexuel obnubilé par la société avait, sans doute après des résistances violentes de sa victime, tué et ensuite violé un compagnon de caserne.

Peut-être cet homme était-il une brute. Cela m’est assez indifférent à penser, car, même s’il n’a été que momentanément une brute, lui m’intéresse moins que le reste, parce que : 1° la chose est passée. 2° il a souffert, c’est vrai, du mépris que presque tous et peut-être tous ont eu pour lui, même ses compagnons de peine, il a souffert depuis le jour où il a su qu’il était condamné à la peine de mort jusqu’au moment où le couperet est passé sur sa tête. La plupart des hommes ne valent pas que l’on s’apitoie sur leurs souffrances, car ils ressentent peu et s’adaptent facilement. C’est une chose douloureuse à constater.

Mais la société criminelle qui l’a condamné, elle, par vengeance ! Mais tous ceux qui ont préparé la scène sur la place, ceux qui ont sciemment et sans honte, aux yeux de tout un publie inconscient, raisonné et préparé tranquillement la chose afin que, dans la bonne règle, elle fut à telle heure exécutée ! Les exécuteurs d’un innocent ! Car n’est-ce pas la société la coupable ? Elle, qui organise des écoles de dépravation morale, au moyen des casernes. Elle qui, par son éducation fausse et son manque d’éducation et d’instruction à la plupart des prolétaires, ici, en Algérie, pousse les enfants du prolétariat, dès le plus jeune âge, à la misère, à la vue !

Puisque j’ai été en prison, il faut que cela m’ait servi à quelque chose. Eh bien ! Voici une chose que j’ai vue avec « mes yeux » : c’est que, toutes les femmes qui étaient dans la prison avec moi, appartenaient au prolétariat. Je ne puis pas même citer l’exception de « crimes passionnels ».

À part de rares exceptions, pour qui sont faites les prisons ? — Pour le prolétariat. — Qui garantissent et servent-elles ? — La classe bourgeoise et une bande de fonctionnaires, champignons de la classe bourgeoise. De même : pour qui sont faites les maisons publiques ? — Pour les femmes prolétaires. — A qui servent-elles ? — La plupart du temps, à la classe bourgeoise et aux parasites sans conscience qui en font partie. — A qui sont les plus durs travaux ? — Aux prolétaires, mais le meilleur pain et les plus belles maisons sont donnés à ceux qui ne travaillent pas. Oui, les prisons sont dévolues, à de rares exceptions près, à des gens du prolétariat. La guillotine également.

Qu’ai-je constaté encore ? C’est que la plupart des prisonnières étaient illettrées.

Et voici : quand un malade souffre d’un mal, le médecin ne cherche pas à frapper le mal, s’il est un bon médecin. C’est la cause du mal qu’il essaiera d’enlever. Si j’ai, par exemple, un mal de tête provenant d’une maladie profonde qui me cause de la fièvre, comme la syphilis ou la tuberculose, le médecin ne se contentera pas de me donner un cachet d’aspirine, mais il me fera des piqûres afin de traiter la cause du mal de tête, c’est-à-dire, la syphilis ou la tuberculose. Il faudrait que j’aie la tête aussi légère que celle d’un enfant pour penser qu’il traite bien mon mal en me donnant un cachet d’aspirine. Évidemment, par ce moyen, il aurait touché aux apparences du mal, c’est-à-dire qu’il m’aurait enlevé momentanément mon mal de tête. Mais quelques heures après, il aurait fallu recommencer, car le calmant aurait cessé son effet.

Ainsi est la société. Elle s’y prend, vis-à-vis des criminels, comme un mauvais médecin envers un malade. Elle extirpe momentanément un mal en détruisant un être humain. Mais elle n’a pas touché à la cause du mal !

Voici ce que je me suis dit en prison : « Si toutes les détenues qui sont autour de moi avaient été riches, auraient-elles été amenées ici ? »

Vous sentez bien, vous qui me lisez que c’est non qu’il faut répondre. — Les unes, leur manque d’éducation les a conduites à employer la violence envers quelqu’un. Une a tué son enfant à sa naissance parce qu’il était venu contre son gré. Cette autre a tué son père qui buvait et lui menait une vie impossible. Celle-ci est en prison pour recel ; cette autre, domestique, voit 3.000 francs chez sa patronne et les lui prend parce qu’elle fait une comparaison avec la misère qui règne dans sa famille. Cette petite, une Mauresque de 13 ans, est tentée par une petite pendulette chez sa patronne et la lui prend, etc.., etc…

La société ne cherche pas à détruire la cause de ces vols et de ces meurtres, ce dont elle aurait pourtant bien avantage, d’un sens. Il est vrai que, pour cela, il faudrait pour commencer : le travail pour tous et librement accepté et le bien-être pour tous. La liberté sexuelle et le droit à l’avortement. L’instruction à tous, à tous les indigènes. Cela, le portefeuille de certains personnages en souffrirait quelque peu, de même que les sentiments chauvins de quelques autres.

Les prisons pourraient ne pas exister si l’on voulait. Il faudrait vouloir.

Je voudrais, pour terminer, parler de l’horreur des prisons. Ici, on dirait que l’on cherche à tourmenter le monde par plaisir. On veut surtout vous « punir » en prison. Alors toute joie vous est interdite : les oreilles des cerbères qui vous guident ne tolèrent pas chez les prisonnières les manifestations de la joie, joie que l’être humain jeune et enfin adapté à la vie la plus dure, trouve en lui-même; la joie étant le propre de l’homme et surtout de la jeunesse, c’est comme un besoin vital chez une jeune fille de rire et de chanter, même si elle est privée du nécessaire et de la liberté. Car sa vie crie en elle, et cherche à s’extérioriser !

À chaque instant ici l’on voit les manifestations de l’autorité des chiennes du garde.

N’ont-elles pas honte de jouer constamment un pareil rôle ? Voici en quoi consiste le métier : si vous entendez rire : vous criez ; si voûte entendez chanter, vous hurlez. Il faut tout le temps chercher à embêter les détenues. Ainsi, si elles veulent du linge de chez elles, il faut qu’il passe avant à l’étuve, comme cela, il mettra quelques jours à leur parvenir. Mais si vous avez besoin d’une bande, on vous en procure une qui n’a même pas été lessivée, mais seulement lavée à la main et encore toute maculée de sang. Si l’on vous voit, en hiver, lorsque vous allez chercher la soupe, vous arrêter auprès du poêle pour vous chauffer un peu — car votre soupe est moins que tiède — on crie. Ce poêle, comme vous le pensez, est pour les surveillantes. Pauvres détenues ! Vous pensez en vous-mêmes : « Comme il ferait bon chauffer un peu notre soupasse à ce poêle qui ne sert pas ! » — Cela serait trop bon pour vous. Il faut avaler votre soupe presque froide.

De combien de choses autres pourrait-on parler encore ? Des gamelles qui servent : à manger la soupe, à faire sa toilette, à vomir, et même… de pot de chambre. Cela, j’affirme l’avoir vu.

Oui, il y a bien une sorte de grand lavabo dont les robinets de cuivre brillent et font certainement beaucoup d’effet. Cela, c’est pour les visiteurs, ainsi que les appareils de douche. Comme cela, vous comprenez, ils ne vous posent pas la question, si ces appareils d’hygiène servent ou ne servent pas; puisqu’ils les voient ! Ils disent sûrement en eux-mêmes : « Comme ils sont heureux ces prisonniers de Barberousse ! Quelle hygiène tout de même ! » Seulement, les prisonnières ne s’en servent pas en réalité, les appareils en question ne fonctionnant pas. C’est juste du tape-à-l’œil.

Quelle laideur que de consacrer sa vie, comme gardien de prison, à faire du mal autour de soi, à « empêcher d’être heureux ».

Cela exaspérait encore plus ma sensibilité que la souffrance des prisonniers. Comme je l’ai déjà dit, l’être humain, surtout la masse, s’adapte facilement, même à la plus mauvaise vie. Cela n’est peut-être pas très beau, mais c’est une constatation.

Pour moi, qu’est-ce que mes yeux constatent ? Plus du tout de souffrance chez les uns, ou bien une souffrance à peine ressentie et, chez d’autres, une souffrance momentanée.

Mais je vois la méchanceté perpétuelle des gardes chiourmes, méchanceté de règle, dans un seul but : faire souffrir, pour « punir ».

C’est déjà en germe, cela, chez la mère qui punit son enfant lorsqu’il a fait quelque chose de mal.

Cela se retrouve aussi dans les théories des hommes comme Gandhi, qui veulent
« purifier par la souffrance ». C’est une sorte de folie chez Gandhi. Le bonheur seul rend meilleurs et le jour où la société sera telle que chacun sera libre et heureux en son sein, alors, ce jour-là, l’évolution morale aura fait un grand pas.

Marguerite SEPSA


ALGER : Est-ce un mal, oui ou non, d’apprendre l’Espéranto ?

Est-ce un mal d’entrer dans une Bourse du Travail ? Trois de nos camarades étrangers arrêtés !

Le Libertaire, 20 novembre 1931

Pour quoi est faite une Bourse du Travail, sinon pour aider les travailleurs de toutes catégories, sans distinction de race ou de nationalité, à connaître et à faire respecter leurs droits légitimes contre le patronat ?

C’est pourtant bien un droit que la « Démocratie » a accordé à tous les travailleurs, en leur réservant même des bâtiments spéciaux pour cela.

Eh bien, dans notre souriante ville d’Alger ce n’est pas ce que l’on prétend, puisqu’on veut interdire l’étude de l’Espéranto ainsi que le seul fait de pénétrer dans la Bourse du Travail à nos camarades étrangers.

En effet, trois de nos « esperantaj amikoj[1] » venaient l’autre jeudi à notre réunion habituelle, quand, à leur sortie de la Bourse du Travail ils furent appréhendés par deux bourres[2] qui leur demandèrent, d’une façon grossière, leurs papiers d’identité (qui étaient, d’ailleurs, fort bien en règle).

Deux d’entre eux furent obligés d’aller passer une partie de leur temps à la Préfecture pour s’expliquer, s’expliquer de quoi ? Avaient-ils commis quelque délit ? Il paraîtrait, sans doute, que c’est un délit d’apprendre l’Espéranto dans une Bourse du Travail, puisqu’interdiction leur fut faite de fréquenter nos réunions et même… de pénétrer dans la Bourse du Travail.

C’est une honte pour la France du « Droit d’Asile » qu’il puisse s’y trouver une police (aux ordres de qui ?) qui se permette d’interdire à nos camarades étrangers et exploités comme nous par le même patronat, l’entrée de la Bourse du Travail sans aucun motif contre eux. C’est une chose absolument illégale et contre laquelle tous les travailleurs doivent réagir, autrement, si nous laissons porter ainsi, journellement, atteinte à nos droits, peu à peu, des coutumes fascistes pénétreront dans nos mœurs et nous serons tout étonnés un jour, que le régime fasciste n’existe plus seulement en Italie, mais se soit étendu jusqu’à nous et qu’il soit trop tard pour le vaincre. N’attendons donc pas que ces mœurs aient atteint un tel développement pour les combattre car, à ce moment, nous n’oserions pas faire ce qu’il nous est encore possible de faire maintenant.

Droit syndical pour tous les travailleurs, sans exception ; indigènes, étrangers ou français. Pas d’expulsion sans motif et sans jugement ! Que les travailleurs étrangers qui produisent des richesses dont ils ne reçoivent en paiement qu’une minime partie, trouvent asile chez nous et ne soient pas considérés comme des chiens !

Marguerite Aspès.


Interdiction des travailleurs étrangers (Algérie)

Sennaciulo (Oficiala organo de Sennacieca Asocio Tutmonda), Numeroj 374-375, la 3-an de Decembro (1931) [le Sans-nation, organe officiel de l’Association anationale Mondiale, numéro 374-375, 3 décembre 1931]

Senrajtigo de fremdaj laboristoj (Alĝerio) / Interdiction des travailleurs étrangers (Algérie).

Afin de contraindre les travailleurs étrangers à accepter les conditions des employeurs français, la police les maltraite durement. À Alger, 3 camarades ont été arrêtés alors qu’ils se rendaient à la Bourse du Travail de cette ville pour participer à un cours d’espéranto. Ils ont été libérés parce que leurs papiers étaient en règle, mais la police leur a interdit d’entrer dans les locaux.

Hm.


La Bourse du Travail et la Police

Alger Socialiste, n° 572, 4 décembre 1931

Dans la « République » du 24 novembre [1931], notre camarade Marguerite Aspès, proteste énergiquement contre les agissements policiers algérois. Voici les faits exposés sommairement:

« Dans l’une des salles de la Bourse du Travail il y a des réunions régulières, entre Français et étrangers, pour apprendre l »espéranto. L’autre jeudi, trois de nos camarades étrangers, à la sortie de cette réunion, furent appréhendés par deux agents de la Sureté qui leur demandèrent d’une façon grossière leurs papiers d’identité, qui étaient d’ailleurs fort bien en règle.

Deux de ces prolétaires; furent obligés d’aller passer une partie de leur temps à la préfecture pour s’expliquer. S’expliquer de quoi ? Avaient-ils commis un crime. Il paraîtrait que c’est un délit que d’apprendre l’espéranto dans une Bourse du travail, puisqu’interdiction leur fut faite de fréquenter nos réunions et même de pénétrer dans la Bourse du Travail.

C’est une honte pour la France du « Droit d’asile » qu’il puisse s’y trouver une police (aux ordres de qui ?) qui se permette d’interdire à nos camarades étrangers l’entrée de la Bourse du Travail, sens aucun motif contre eux. C’est une chose absolument illégale et contre laquelle tous les travailleurs doivent réagir, sinon les coutumes fascistes s’implanteront ici… Droit syndical pour tous les travailleurs sans exception : indigènes, étrangers ou français. Pas d’expulsion sans motif ou jugement.

M. Aspès »

Nous protestons avec notre camarade Aspès contre ces mœurs policières fascistes, qui s’implantent de plus en plus à la Bourse du Travail d’Alger. Si les groupements ouvriers organisés d’Alger ne protestent pas contre cet état de choses, la Bourse du Travail sera bientôt intenable pour les étrangers. Qu’attendent-ils aussi pour- réclamer leur Maison du Peuple, pour être chez eux comme sont chez eux les colons, les commerçants, les étudiants, dans leurs maisons somptueuses construites aux frais de la « Princesse ».

V. SPIELMANN


Tentative d’homicide contre un inspecteur de la Sûreté à la Bourse du Travail

Les trois communistes sont placés sous mandat de dépôt

L’Écho d’Alger, 20 décembre 1931

Nous avons signalé hier dans quelles circonstances l’inspecteur principal de la sûreté départementale Philippe Filippini, 51 ans, avait essuyé un coup de révolver, ne l’atteignant heureusement pas, de la communiste Marguerite Aspès, 31 ans, syndicaliste unitaire militante. Sur le moment, Marguerite Aspès et un autre communiste, Sastre Manuel, 29 ans, garçon limonadier étaient arrêtés ; un troisième, Fons Séraphin, 17 ans, était en fuite. À son tour, il a été arrêté hier matin.

Les trois communistes ont été présentés hier matin au parquet à M. Turpault, juge d’instruction qui leur a fait subir un premier interrogatoire d’identité ; Sastre Manuel et Séraphin Fons ont déclaré qu’ils ignoraient tout de cette affaire et ne savaient pas pourquoi leur camarade avait tiré. Marguerite Aspès a répondu au magistrat instructeur qu’elle réservait ses déclarations pour plus tard.

Tous les trois, qui ont constitué Maître Testa comme défenseur, ont été placés sous mandat de dépôt, sous l’inculpation de tentative d’homicide.

En raison des incidents qui se sont produits vendredi soir à la Bourse du Travail, le préfet du département d’Alger a interdit la réunion qui devait y avoir lieu aujourd’hui dimanche.


La Bourse du travail et la police (bis)

Alger Socialiste, n° 575, 1er janvier 1932

Sous ce titre, nous protestions dans notre numéro du 4 décembre contre la présence de la police à la Bourse du Travail. Un incident qui aurait pu être un drame, vient malheureusement de nous donner raison.

Marguerite Aspès, la signature de l’article paru dans La République d’Alger et que nous avons reproduit, a tenté d’atteindre l’inspecteur de la Sûreté Filippini d’un coup de revolver, alors que celui-ci s’était introduit à l’intérieur de la Bourse du Travail pour réclamer des papiers à un travailleur qui était, paraît-il, avec M. Aspès. Heureusement, l’inspecteur de la police a pu prévenir le coup et la balle qui lui était destinée alla se perdre dans le plafond.

Sans doute, nous n’applaudissons pas au geste de Marguerite Aspès, mais nous disons que si l’Administration policière n’avait pas ordonné la présence d’un inspecteur dans la Maison des syndicats, cet incident regrettable ne se serait pas produit.

La police n’intervient pas dans les réunions de la Chambre de commerce ou, si elle le fait, c’est avec mesure et discrétion. Pourquoi les travailleurs ne sont-ils pas traités dans les mêmes conditions ? Il n’y a, à notre connaissance, aucune ville de France qui impose aux travailleurs de délibérer dans les Bourses du travail sous l’œil ironique de la police. Nous demandons le même traitement pour les syndicats algérois.

A. CAYRON [Secrétaire de la Fédération Socialiste d’Alger]


LES UNITAIRES JUGÉS PAR LEURS ACTES

Le Cheminot Indépendant d’Alger, Mars 1932

[Ci-dessous un article du Cheminot Indépendant d’Alger, reprenant lui-même un article de La Révolution Prolétarienne, qui prend la défense de Marguerite Aspès, militante anarchosyndicaliste de la CGTSR-AIT à Alger dans les années 1930. Il nous a semblé que la mémoire de cette féministe anarcho-syndicaliste gagne à être honorée. C’est pourquoi nous l’avons republié le 24 avril 2010 sur le site https://cnt-ait.info. On verra que les temps changent mais pas les mentalités, que ce soit celle des policiers (qui de tout temps ont fait la chasse inlassable aux « agitateurs anarchistes-terroristes ») ou celle des « Unitaires », qui ont toujours su apporter leur concours « unitaire » de gauche à la police …]

Les Unitaires jugés par leurs actes, Une attitude qui les dépeint, sous leur véritable jour

On se souvient de l’incident qui eut pour théâtre la Bourse du Travail d’Alger, au cours duquel une « militante affiliée à la CGTSR. « (lire : Confédération Générale du Travail socialiste [sic] révolutionnaire[3] ), la camarade Aspès, perdant tout contrôle, tirait, sans l’atteindre, un coup de revolver sur le policier provocateur Filippini.

Alors que des syndicalistes sincères, dont nous étions, se constituaient en Comité pour assurer la défense morale et matérielle de l’emprisonnée, retenant le fait qu’elle avait été conduite à ce geste malheureux par suite des excès de zèle du policier en cause, les dirigeants unitaires, passant du ridicule à l’odieux, de la lâcheté au crime se conduisaient comme de vrais goujats en accablant celle qui, dans un moment d’exaspération, avait cru être utile à la classe ouvrière.

Voici, à ce sujet, ce que la « Révolution prolétarienne »[4] pense de cette attitude :

« Il s’est passé, à la fin du mois dernier, à la Bourse du Travail d’Alger, un incident qui en dit long sur l’état de déchéance dans lequel est tombé, en bien des lieux, le mouvement ouvrier.

« Lorsque les bourgeois « républicains » fondèrent, il y a quarante ans, les premières Bourses du Travail, les ouvriers n’acceptèrent d’y aller qu’à la condition d’y être
« chez eux ». On mettait des locaux à leur disposition ! bien ; mais ils entendaient les administrer eux-mêmes et que, ni la Municipalité, ni le Gouvernement, et encore bien moins la police, n’aient rien à y voir. Ces temps sont loin ! Aujourd’hui, à Alger, à la Bourse du Travail, la police est chez elle. Non seulement il est à peu près impossible d’aller à la Bourse, à quelle qu’heure que ce soit, sans rencontrer des mouchards à la porte, mais, même à l’intérieur de la Bourse, qu’il y ait réunion ou qu’il n’y en ait pas, ceux-ci pénètrent à tout moment. Et c’est ainsi que le
18 décembre, l’un de ces mouchards n’hésita pas, de sa propre autorité, à pénétrer à l’intérieur d’un des bureaux de Syndicats de la Bourse où se trouvaient deux camarades, un homme et une femme, sous le prétexte de leur demander leurs papiers d’identité.

Pour faire une démonstration contre ce qu’elle considérait, d’après ses déclarations, comme une violation de domicile (le policier n’étant naturellement muni d’aucun mandat de perquisition ou autre), la camarade libertaire, Marguerite Aspès, tira de son sac un revolver – que le policier n’eut aucun mal à détourner – et une balle alla se loger au plafond.

Second acte : Dix minutes après, le Secrétaire de l’Union Régionale Unitaire, Sastre, arrive : il est arrêté. Quel rapport, entre sa venue à la Bourse, où devait se tenir précisément la réunion d’un Syndicat unitaire et le geste de Marguerite Aspès ? Les policiers ne s’embarrassent pas de si peu ; à Alger, plus encore qu’ailleurs, l’arbitraire est la règle ; on arrêta Sastre, parce qu’il plaisait de l’arrêter.

Troisième acte, le plus triste : Les journaux d’Alger ayant, dans leur relation de l’affaire, indiqué que Marguerite Aspès était communiste, le Secrétaire du parti dit « communiste » d’Alger, leur envoya aussitôt la lettre suivante :

« Notre parti et aucun de ses militants n’ont, rien à voir avec de pareilles gens contre lesquels nous luttons au même titre que contre les ennemis de la classe ouvrière. Nous désapprouvons complètement le geste de cette femme, geste qui ne peut être que celui d’une malade » (Presse Libre, 20 décembre).

Ainsi, voilà des gens qui laissent mettre la Bourse du Travail sous la coupe de la police, qui acceptent que la Bourse devienne une véritable succursale de la Tour Pointue[5], et lorsqu’une femme – par des moyens que nous n’entendons pas défendre mais dont elle a pris seule l’entière responsabilité – entend protester contre cette situation, ces prétendus révolutionnaires, – sans doute dans l’espoir de faire relâcher plus tôt leur secrétaire – n’hésitent pas à accabler publiquement cette femme, la déclarent « malade » et affirment qu’ils « luttent » contre elle. Ce n’est pas contre les policiers pénétrant dans la Bourse qu’ils en ont, c’est contre cette
« ennemie de la classe ouvrière » qui, à ses risques et périls, s’est opposée à leur intrusion.

Il n’y a jamais eu, dans les annales du mouvement ouvrier, d’acte aussi vil. »


LA DECHEANCE …

L’Avenir de Valencienne, repris par Alger Socialiste, n°581, 1é février 1932

Les bolcheviques nous répètent à chaque instant que seuls les purs à 250% ont le courage d’employer tous les moyens contre les forces répressives et ce, au risque de leur vie ou de leur liberté.

Ils se déclarent aussi solidaires de-ceux qui subissent la contrainte de l’appareil judiciaire. Eh bien ! non, ce ne sont que des bluffeurs, des cyniques menteurs. Comme preuve, [on lira] l’histoire authentique que publie la Révolution Prolétarienne à propos de la CAMARADE libertaire Marguerite Aspès. …

[suit la copie de l’article de la Révolution Prolétarienne reproduit ci-dessus]


Section indigène algérienne de la CGTSR à Paris

Le Combat Syndicaliste CGTSR-AIT, numéro 50, 1er janvier 1932

Notre groupe ayant pris connaissance du cynisme policier qui arma la main de Marguerite Aspès, qui tira un coup de revolver sur le provocateur Filippini, dans la Bourse du Travail d’Alger, adresse son salut fraternel à la victime du régime mussolinien régnant en Algérie. Cette camarade n’a fait que défendre la liberté de nos compatriotes d’outre-mer, écrasés sous le fardeau puant d’un gouvernement sans scrupule.

Anarchiste, disait cyniquement le manifeste des larbins de Moscou, nous la saluons d’autant plus que seuls les gens de ses idées luttent, sans intérêt personnel, pour le triomphe d’un régime égalitaire … même pour les sidis.

Fuyant le fascisme le plus répugnant, laissant bien et famille, tout ce qui chez nous est cher dans notre pays natal, seulement chez les anarchistes nous avons trouvé une atmosphère de fraternité et de justice pour notre cause d’opprimés.

Durant tout son séjour à Alger, Marguerite Aspès a lutté vaillamment contre la barbarie que subissent les êtres de notre race et c’est pour toutes ces raisons quel est le flambeau vivant de notre estime et de notre reconnaissance.

Le secrétaire, Saïl Mohamed.


Peuple algérien, debout !

L’Éveil social, première année, n°2, février 1932

Un cri de haine et de dégoût autant que de désespoir et de révolte vient de jaillir de la poitrine d’une jeune femme pour votre délivrance.

Entendez bien, mes frères musulmans, c’est une femme, une femme Française, une anarchiste, qui, exaspérée par l’abominable régime d’exception qui vous opprime et vous empêche d’être des hommes comme les autres, tira un coup de revolver sur un policier qui se trouvait à la bourse du travail d’Alger. C’est pour votre cause, peuple musulman, qu’une anarchiste souffre en ce moment dans la prison de cette ville. Elle n’a fait cependant que manifester son indignation à votre place, à vous qui êtes des hommes ! En correctionnelle ou à la cour d’Assises où son geste doit l’amener, c’est toutes les atrocités que vous subissez, depuis un siècle que l’on vous “civilise”, qui seront évoquées. Mais vous, peuple algérien, peuple esclave, allez-vous rester indifférents à cette cause qui est la vôtre ? Laisserez-vous cette femme, cette sœur, sans défense, au milieu de l’organisme draconien qui s’apprête à la broyer, quand elle-même sacrifie sa liberté pour défendre votre liberté ? Cela serait un crime des plus lâches. Soyez donc prêts à répondre à l’appel des organisations ouvrières françaises et algériennes, soyez prêts à vous battre s’il le faut contre tous ceux qui voudront vous empêcher de demander justice et libération pour une sœur qui doit être pour vous sacrée. Pendant la guerre [de 14-18], le gouvernement de la Troisième République vous a montré comment il fallait mourir pour les beaux yeux des financiers et des banquiers de la métropole. Aujourd’hui, à votre tour, sachez lui montrer que vous êtes prêts à lutter de toutes vos forces pour votre propre cause et, en arrachant la libération de Marguerite Aspès, c’est la libération de toute une race honteusement opprimée que vous obtiendrez. Pour elle comme pour vous, debout, peuple algérien, debout !

Mohamed Saïl


La Voix libertaire, dans son n°157, Samedi 27 février 1932, signale la parution du nouveau journal l’Éveil Social, et remarque l’appel de Saïl Mohammed en faveur de Marguerite Aspès :

« Saïl Mohamed nous entretien chaleureusement de notre camarade Marguerite Aspès qui, en Algérie, est poursuivie pour avoir tiré un coup de révolver sur un policier qui se trouvait dans la Bourse du Travail d’Alger »


L’anarchiste Marguerite Aspès est condamnée à six mois de prison

ELLE AVAIT TIRE UN COUP DE REVOLVER SANS L’ATTEINDRE, SUR UN INSPECTEUR DE LA SURETE DEPARTEMENTALE

L’Écho d’Alger, 12 mars 1932

Devant le tribunal correction présidé par M. Knoertzer, vice-président, a comparu hier matin l’anarchiste – ou se déclarant-elle – Marguerite Aspès, inculpée de violences sur un agent de la force publique et de port d’arme.

C’est elle, qui le 18 décembre dernier, dans l’une des salles de la Bourse du Travail d’Alger, tirait un coup de revolver, sans l’atteindre, sur l’inspecteur de la Sûreté départementale M. Filippini. Elle était arrêtée immédiatement, et en même temps qu’elle deux militants communistes qui, quelques jours après bénéficieront d’un non-lieu après information faite par M. Turpault, juge d’instruction.

Quant à Marguerite Aspès, 31 ans, dactylographe et employée de commerce, elle était écrouée à la prison civile de Barberousse.

À l’audience celui qui faillit être la victime, Philippe Filippini, 51 ans, relate les faits. Marguerite Aspès déclare que c’est à la suite de nombreuses provocations qu’elle a fait usage de son arme, exacerbée et dans un vif mouvement de colère.

Après réquisitoire de Me Béraud-Reynaud, substitut du Procureur de la République, qui demande une condamnation, et une très habile plaidoirie de Me Testa, défenseur, qui plaide l’indulgence, l’anarchiste Marguerite Aspès est condamnée à six mois de prison. Elle a déjà fait trois mois de prévention.

Il n’y avait pas affluence à l’audience.


Épilogue du drame de la Bourse du Travail

La citoyenne M. Aspès est condamnée à 6 mois de prison

Alger Socialiste, n° 586, 18 mars 1932

Il ne nous est pas permis de discuter des attendus de ce jugement, mais nous avons entendu parler de violence. On lui reproche la violence de l’acte. Notamment « la Dépêche Algérienne » dans son compte-rendu du 12-03-1932 dit : « … Défendu par Maître Testa, qui plaida habilement une cause mauvaise, etc. »

Halte-là ! Mes seigneurs, car vous nous faites rire quand vous nous reprochez de la petite violence, alors que votre régime pourri n’est constitué et ne se maintient que par la violence. N’y avait-t-il pas cinq gendarmes derrière la petite Marguerite. Des gendarmes et de la police pour maintenir votre système oustricard [6]… Violence ! Vous oubliez votre guerre de 1914-1918, vos violences coloniales continuelles, en Indochine, à Madagascar, et ici-même en Nord Afrique Française.

V. Spielmann


D’Alger à Paris, la solidarité s’organise

Comité de défense sociale ALGER

Alger Socialiste, 8 janvier 1932, numéro 576

Un comité de défense sociale, composé de camarades socialistes, syndicalistes, libertaires et sympathisants, s’est constitué pour assurer la défense morale et matérielle de la camarade Marguerite Aspès, actuellement emprisonnée.

Ce comité de défense sociale, en dehors de toutes préoccupations politiques, de sectes et de tendances, entend d’abord assurer la défense d’une camarade que les excès de zèle d’un policier ont conduit au geste malheureux qui lui vaut aujourd’hui une inculpation.

Ce comité entend ensuite défendre les libertés syndicales menacées, car c’est le principe même du droit syndical qui est en jeu dans cette affaire.

Les ouvriers de toute tendance qui estiment nécessaire notre mouvement sont priés de donner leur adhésion au camarade Spielmann Victor, 4, rue de Lyon, Alger »

Comité de l’entr’aide

Comité de l’entraide, caisse de secours aux emprisonnés politiques et à leurs familles

La Voix Libertaire, 30 avril 1932, n°166

Compte-rendu financier du premier trimestre 1932 : expédié à M. Aspès : 102 francs


Solidarité policière !

La Révolution Prolétarienne, n° 166, 10 janvier 1934

Formidable !

Il y a deux ans, à Alger, une camarade libertaire, Marguerite Aspès, qui, quelque temps auparavant avait été une première fois condamnée pour avoir protesté contre ]a présence de policiers dans une réunion syndicale, défendait – cette fois l’arme à la main – l’inviolabilité des Bourses du Travail, en tirant, sans l’atteindre, un coup de revolver dans la direction d’un policier qui, sans mandat, donc illégalement, était entré dans le bureau de la Bourse où elle se trouvait (voir la Révolution Prolétarienne de janvier 32 (31, sic). Pour ce fait, elle fut une seconde fois condamnée et passa 6 mois en la prison de Barberousse.

Son temps achevé, elle quitta l’Algérie, puis vint à Paris, où elle se fit inscrire au syndicat unitaire [CGTU, communiste] de sa profession, le syndicat des employés. Mais ne voilà-t-il pas que cette terrible rebelle s’avise, lors de la grève de la faim de Ferjasse, d’aller jeter sur les crânes des députés, des tribunes du Palais Bourbon, des tracts qu’elle avait dactylographiés elle-même, demandant la libération de l’objecteur.

Aussitôt les directeurs du syndicat unitaire des employés, de demander son exclusion, comme « provocatrice ! ».

Et comme Aspès demandait sur quoi on fondait cette accusation, elle s’attira cette réponse foudroyante : « Il nous suffit de savoir que vous avez tiré sur un policier pour ne pas vouloir vous garder dans notre sein » (textuel) !

En nous faisant part de cette réponse, Marguerite Aspès s’en étonne. Celle-ci contient cependant toute l’explication de sa demande d’exclusion; les polices de tous États ont, de tout temps, été parfaitement solidaires : le Guépéou n’admet pas que l’on tire sur ses collègues de la police française. Et surtout pas, foutre !, pour défendre l’inviolabilité du domicile des syndicats !

Robert Louzon


[1]   Amis espérantistes, en esperanto

[2]   Note du claviste : policiers en argot

[3] En fait la CGT-SR était la Confédération Générale du Travail Syndicaliste Révolutionnaire, section de l’AIT en France dans les années 20-30

[4] À la Bourse du Travail d’Alger, La Révolution Prolétarienne, n°123, janvier 1932, p. 2

[5] Surnom du commissariat de Police

[6] Du nom d’Albert Oustric, banquier qui dans les années 20-30 avait fait de la spéculation boursière sa spécialité. Il est resté célèbre par la faillite frauduleuse de sa banque en 1930 qui entraîna la chute de plusieurs hommes politiques de l’époque éclaboussés par le scandale.


exte tirés de la Brochure « Marguerite ASPÈS : Anarchosyndicaliste, espérantiste,anti-colonialiste, féministesans concession des années 1930 »

Pour télécharger la brochure cliquer ici :

https://cnt-ait.info/wp-content/uploads/2026/03/BRO-Marguerite-Aspes-2026-03-04.pdf

Pour la recevoir au format papier, envoyer 8 euros (chèques à l’ordre de « La lettre du CDES ») à CNT-AIT, 7 rue St Rémésy, 31000 TOULOUSE (pour payement par transfert bancaire, nous contacter)

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SOMMAIRE

EN MEMOIRE DE MARGUERITE ASPÈS, MILITANTE DE LA CGTSR-AIT D’ALGER DES ANNÉES 30 (https://cnt-ait.info/2026/03/07/marguerite-aspes/)

  • Une anarchiste sensible et engagée
  • Alger : une agitatrice anti-colonialiste trop remuante pour le pouvoir
  • De retour en France, l’agitation anti-militariste
  • Sur la liste noire du Parti Communiste
  • Une espérantiste militante dans la révolution espagnole
  • Marguerite Aspès victime d’un prédateur sexuel ?

ANNEXES

TEXTES POLITIQUES DE MARGUERITE ASPÈS (https://cnt-ait.info/2026/03/07/textes-politiques-aspes)

Participation au congrès de 1935 de la SAT à Paris (https://cnt-ait.info/2026/03/07/marguerite-aspes-esperantiste)

POEMES DE MARGUERITE ASPÈS (https://cnt-ait.info/2026/03/07/poemes-marguerite-aspes)

De sa rébellion contre la police d’Alger à la liste noire du Parti Communiste (https://cnt-ait.info/2026/03/07/marguerite-aspes-alger)

La liste noire du Parti Communiste Français

Ecrits anticolonialistes

Ecrits et activités antimilitaristes de Marguerite Aspès , pionnière de l’objection de conscience

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