Auteur/autrice : CNT-AIT

آنارکوسندیکالیسم نوشتۀ رودولف راکر ( ترجمۀ محمودرضا عبداللهی)

راکر، همانند دیگر آنارشیست های جدی، «همه ی برنامه ها ومفاهیم مطلق را مردود می شمارد» و تصریح می کند که تعیین «هدف نهایی قطعی برای پیشرفت انسان» غیرممکن است، بلکه فقط می شود درباره ی کمال گرایی بی حد و حصر در برنامه های اجتماعی و شرایط زندگی انسانی اندیشید؛

Rocker, like other serious anarchists, « rejects all absolute plans and concepts », stating that it is impossible to determine the « definitive ultimate goal for human progress, » but merely about limitless perfectionism. Think about social programs and human living conditions;

در اندیشه ی اساسا ً متفاوت راکر، مردم خود زندگی و کار خویشتن را در دست می گیرند. مردم عادی تنها از طریق پیکار خودشان برای آزادی است که به سرشت واقعی خویش پی خواهند برد؛ سرشتی که درون ساختارهای نهادمحور، که برای اطمینان یافتن از تابعیت و فرمانبرداری آنان ایجاد شده، منکوب گشته و تغییر شکل یافته است. تنها در این مسیر است که مردم به تدریج به معیارهای اخلاقی انسانی تری دست خواهند یافت، و به «درک جدیدی از حق»، به آگاهی از توانایی و اهمیت خویش به مثابه ی عاملی اجتماعی در حیات زمانه ی خود و به ظرفیت های جدیدی برای به ثمر رساندن کوشش های خود در جهت «سرشت درونی» خویش نائل خواهند شد. چنین التزام بی واسطه ای در کار نوسازی اجتماعی پیش شرط درک این سرشت درونی و نیز بنیانی ضروری برای رشد آن است.

In Rocker’s fundamentally different idea, people take control of their own lives and work. It is only through their own struggle for freedom that ordinary people will realize their true nature, which has been suppressed and transformed into institutionalized structures created to assure their citizenship and obedience. It is only in this way that people will gradually achieve more humane ethical standards, and a « new understanding of the right », awareness of their capacity and importance as a social factor in their own time, and of new capacities for They will accomplish their efforts for their « inner nature ». Such an immediate commitment to social renewal work is a prerequisite for understanding this inner nature and essential for its growth.

UN MANAGEMENT CRIMINEL

(Article publié initialement le 9 septembre 2009 dans Anarchosyndicalisme !, journal de la CNT-AIT)

Au moment ou nous écrivons ces lignes ( en septembre 2009 …) il y a déjà 23 morts par suicide - soit pratiquement autant, toujours à ce même moment, que la pandémie grippale pour toute la France, DOM-TOM compris  ! - à France Télécom. Il a fallu arriver à ce chiffre incroyable pour que les « hautes sphères » s’en émeuvent - ou fassent semblant de s’en émouvoir.

Mais présenté comme il l’est, on pourrait croire que le problème ne concerne que France Télécom, qu’il est du à une « spécificité » de l’entreprise. Certes, le passage du statut d’entreprise publique à celui d’entreprise privé a entraîné des changements radicaux dans la structure.

Mais là n’est pas la seule raison de ces suicides. Il en est une dont on parle beaucoup moins, mais qui a pourtant une importance bien plus grande : le mode de gestion des entreprises. Et là, c’est le système dans sa globalité qui est coupable, avec ses stratégies pour gagner «  toujours plus  ».

Le magazine Capital, qui est, comme son nom l’indique, consacré au pognon, apporte sans vergogne, aux cadres qui n’auraient pas encore bien compris, les explications de base pour « sauver leur bonus » [1] : « Demandez plus à votre équipe que ce que l’on attend de vous. Assurément, la mesure ne vous rendra pas populaire auprès de vos équipes, mais elle est d’une grande efficacité. Faites en sorte que la somme des objectifs personnels de vos collaborateurs soit supérieure à votre but à vous. Ainsi, même s’ils sous -performent, vous disposerez d’une marge de sécurité qui augmentera vos chances de préserver votre bonus ».

Ce passage, d’un cynisme incroyable, montre dans quel état d’esprit se trouvent les chefs par rapport à leurs subordonnés : ils n’ont plus à faire à des humains, mais à des générateurs de chiffres et de profits. Le capitalisme devient de plus en plus visiblement ce qu’il est essentiellement : un système d’exploitation et de négation de l’humain. Fini le paternalisme. Aujourd’hui, le chef, le cadre doit assurer son statut de salopard décomplexé. Le capital n’a pas de conscience. Le culte de la rentabilité se célèbre sur des tas de cadavres.

LE POSSIBILISME EST UN SUICIDE QUOTIDIEN

(Première publication jeudi 9 août 2007 dans Anarchosyndicalisme !, journal de la CNT-AIT)

Réflexion à propos des suicides de plusieurs salariés chez RENAULT, PSA, EDF-GDF, … :

Chez Renault, chez PSA, à EDF-GDF, parmi les personnels des maisons de retraite, tout comme chez les ouvriers de l’agriculture où du bâtiment, dans tous les lieux d’exploitation, les suicides, généralement passés sous silence, se multiplient. Pourquoi ?

On peut d’abord penser à l’augmentation des cadences, à la recherche de productivité et au stress à l’intérieur de l’usine,-sur le lieu de travail. Mais aussi, au raccourcissement du temps, à la recherche de la rapidité, à l’omniprésence de technologies addictives à l’extérieur.

Quelle différence en effet entre nos conditions de travail et nos modes de vie ? L’homme moderne, le producteur-consommateur , a fini par transférer les nouveaux carcans de l’exploitation (informatique, téléphone portable, gadgets divers) dans son intimité. Le travail tue ; oui, mais pas seulement. Ce qui tue, c’est la conception et le cadre dans lequel se déroulent nos existences. Dépressions, suicides, sont les réponses individuelles aux problèmes d’une société égotisée, celle du  » chacun pour soi « . De l’individualisation des contrats de travail à l’isolement des individus au quotidien, tout transpire du règne marchand, tout pousse à détruire la vie relationnelle ; aucune différence de fond entre le monde du travail et le reste

Récupération de la Place de la Dignité à Santiago du Chili, le 20 décembre 2019

Page Facebook du Sindicato de Officios Varios, Santiago Nous continuerons de résister dans la rue contre tout État, en tant que SOV (Sindicato de oficios varios) nous avons participé à différentes manifestations, à la fois dans le centre nerveux qu’est la Place de la Dignité (en récupérant le principal point de rencontre de la protestation […]

מרקס לא היה הראשון שכתב ניתוח קפיטליזם… ושגה בגדול!!

מרקס לא היה הראשון שכתב ניתוח קפיטליזם, פורייה וגם פרודון כבר הציגו את הקפיטליזם הנכון שלהם – אנליסטים עשרות שנים לפני שמרקס, מרקס היה צריך כבר להכיר את הניתוחים הקודמים האלה. מה שמרקס עשה זה לא יותר מאשר לכתוב הרבה תיאוריות שגויות שמאז כל הסוציאליסטים יאמינו כאמת האולטימטיבית והדוגמטית. מרקס ואנגלס גם הרסו את הקונגרס הבינלאומי הראשון בכוונה. זה מוכח על פי המון מכתבים פרטיים בין מרקס לאנגלס על הקונגרס בהאג בשנת 1872. זה היה משחק ששוחק בקפדנות קודם לכן והרס את האינטרנציונל הראשון. מרקס ואנגלס היו מודעים לכך היטב, הם גרמו למוות של תנועת הפועלים באותה תקופה. זה היה הסוציאל-דמוקרטיה הגרמנית המטומטמת כמיטב המסורת של מרקס שנמשכה 150 שנה מאז. תנועה זאת עשתה כל מה שניתן ואפשר לדמיין כדי למנוע את התארגנותה החופשית של תנועת העבודה לנצח נצחים. בדיוק על ידי הפיכת האויב הגרוע ביותר של העבודה תנועה לגיבור הגדול ביותר שלהם עם כל התיאוריות השגויות שלו (לעתים קרובות ההפך הגמור מהם נכון) מכיוון שהתיאוריות השגויות הללו ממונות מאז כחוקי הדוגמטיות האולטימטיביים של הסוציאליזם.

Floreal Barberà : un siècle de lutte anarchosyndicaliste et antifasciste

Les compagnons de la CNT-AIT de Catalogne nous informent dans le journal « Solidaridad Obrera » de la disparition de Floreal Barberà, à l’âge de 98 ans, survenue le 20 juillet dernier, soit le lendemain de la commémoration du 83ème anniversaire du déclenchement de la Révolution Espagnole.

Fils d’un des fondateurs de la CNT-AIT en Espagne en 1910, il a subi au cours de sa longue vie trois exils.

Le premier exil, en 1924, lorsque sa famille s’enfuit à Toulouse à cause des activités anarcho-syndicalistes de son père. Enfant étranger, il sera scolarisé comme son frère Calmisto (qui participera lui aussi à la lutte anarchosyndicaliste) à l’école française. La maitrise de la langue et la culture française lui sera fondamentale dans le succès de ses futures missions clandestines. Lorsque la Révolution éclate en Espagne, la famille retourne en Espagne, à Barcelone. Le père présidera l’Industrie de fonderie socialisée, tandis que les deux fils intégreront les milices confédérales et se battront en première ligne contre les fascistes franquistes.

Le second exil, en 1939, alors que la guerre civile était déjà perdue, il est contraint de fuir Barcelone et traverse la frontière à pied, comme des centaines de milliers d’anarchistes et de républicains. L’accueil est terrible : c’est le sinistre camp de concentration d’Argelès, où l faut essayer de dormir le soir dans des trous creusés dans le sable, sans couverture. Pendant l’occupation nazi, il s’enfuie du camp et part rejoindre la lutte armée clandestine. Agent de liaison libertaire indépendant, il sera cependant bien connecté avec la résistance française (FFI), comme les services secrets alliés. Il réalisa pour leur compte de nombreuses missions d’information en France ou en Espagne, et participa au sauvetage de nombreux juifs pour le compte de l’Organisation Juive de combat (OJC).

Poursuivi par les polices Franquistes, françaises et la Gestapo, il finira par être arrêté, interrogé et torturé. A Toulouse, il était lié à Francisco PONZAN, autre militant de la CNT-AIT, qu’il fut un des derniers à le voir en vie avant son exécution par les nazis le 17 aout 1944, deux jours avant la libération de la ville.

Le compagnon Antoine Galindo va être transfere en France – Intensifions la campagne pour sa libération !

Nous vous informons que la date à laquelle prend fin la peine de prison notre compagnon Antonio Nieto Galindo en Espagne se rapproche et qu’un Mandat d’Arrêt Européen (MAE) lui sera appliqué par l’État français.

A cet effet, la CNT-AIT convoque un acte d’appui et de solidarité pour la libération immédiate d’Antoine Nieto Galindo à MADRID le LUNDI 23 décembre, devant l’Audition Nationale C / GARCÍA GUTIÉRREZ, 1, de 12 heures à 14 heures. Nous y appelons tous les syndicats de la CNT-AIT, ainsi que d’autres groupes apparentés qui souhaitent faire preuve de solidarité avec le compagnon.

SITUATION ACTUELLE DU COMPAGNON ANTONIO NIETO GALINDO

En ce moment, le camarade Antoine est toujours emprisonné dans la prison de Murcie II, en attendant de terminer sa peine qui se termine le 3 janvier 2020. Cependant, la justice a déjà rédigé une Ordre pour qu’il soit transféré en détention préventive à Madrid en attendant d’être remis aux autorités françaises. Il y a une volonté de l’appareil judiciaire et du Tribunal National, ainsi qu’Interpol, de livrer notre compagnon Antoine malgré tout recours judiciaire qui pourrait être présenté. En outre, l’appareil judiciaire a présenté de nombreux obstacles à la défense.

LE SALARIAT ET SES CONSEQUENCES

(Première publication : août 2007, MàJ : décembre 2019)
« Usine à la campagne », « small is beautiful », « P.M.E. à visage humain », ¨start-up conviviale »…, durant les dernières décennies, les promoteurs du libéralisme nous affirmaient que le monde économique serait composé de petites unités décentralisées et conviviales. Mensonge et imposture, nous sommes en fait dans une étape historique qui est le contraire des discours lénifiants. Nous sommes entrés dans une période d’accélération des fusions, des rachats, des absorptions. Les mêmes promoteurs du libéralisme qualifient cela de globalisation nécessaire pour faire face à la compétition économique internationale.
Cette globalisation est largement entamée pour la construction et le transport aérien, l’industrie pharmaceutique, l’informatique, les produits bancaires… et demain, même chose pour l’automobile, les télécommunications etc… Le capitalisme est en train de constituer des conglomérats universels qui n’ont rien à envier aux anciens combinats des temps anciens du capitalisme sauvage ou d’État. La compétition va être féroce. Que pèseront les fournisseurs de travail, c’est-à-dire les salariés, c’est-à-dire nous ? Peu de chose, ou plus exactement un paramètre, une pesanteur, une contrainte financière froidement banalisée.

TRAVAILLER, POUR QUOI FAIRE ?

(Tract initialement diffusé en 2007 pendant le mouvement étudiant)

A celui qui vous dira qu’il s’est enrichi par le travail, demandez : « De qui ? »
LE TRAVAIL, C’EST LA SANTÉ (DES PATRONS)

L’aliénation par le travail, c’est le sentiment du travailleur de ne pas se reconnaître dans ce qu’il produit. De plus, le travail produit plus de valeur que le travailleur n’en retire en échange. En effet, Le commis de cuisine d’un quatre étoiles qui cuisine des plats qu’il n’aura jamais les moyens de se payer, l’ouvrier du bâtiment qui construit des villas qu’il ne pourra jamais habiter ou le travailleur à la chaîne qui assemble des pièces de voitures qu’il ne pourra jamais conduire sont tous des exemples vivants de l’aliénation par le travail, véritable cause du mal-être généralisé de notre société malade et obstacle à notre volonté d’émancipation. Et pourtant nos sociétés occidentales ne sont pas les plus mal loties.

La CNT-AIT, une histoire à écrire

L’histoire de l’anarcho-syndicalisme en France n’a jamais, ou très peu, suscité l’enthousiasme des historiens français. Faire un bilan historiographique de l’anarcho-syndicalisme est donc relativement rapide. Trois travaux principalement relatent la période de l’entre-deux guerres (1). Son histoire à partir de 1945, quant à elle, n’a encore jamais été retracée. Les différents ouvrages traitant du syndicalisme d’après-guerre se limitent le plus souvent à informer le lecteur de la création de cette organisation. On ne trouve ainsi qu’un simple paragraphe, ou tout au plus une page, consacrée à la CNT-AIT. Certains auteurs se sont cependant montrés soucieux de relater la participation de la CNT-AIT à certaines grèves, mais sans s’éterniser pour autant sur la nature de cette organisation (2). Notre critique s’arrêtera particulièrement à l’ouvrage de Guy Caire. Ce dernier, après avoir mentionné rapidement la création de la CNT-AIT, écrit dans son livre : “En fait la véritable tradition de l’anarcho-syndicalisme se retrouve davantage dans certains courants minoritaires de Force Ouvrière” (3). Une telle affirmation, sans fondement (4), suffit à écarter la CNT-AIT de l’histoire des syndicats ouvriers. Une fois de plus, le lecteur n’en saura pas d’avantage sur la CNT-AIT. Difficile donc pour ce dernier de se faire une idée sur cette organisation. A la lecture de ce type d’ouvrages, il semblerait que la CNT-AIT n’ait joué aucun rôle dans la recomposition syndicale de l’après-guerre, ce qui, comme nous le verrons, est entièrement faux. Pour mieux connaître la CNT-AIT, on peut étudier l’histoire de l’anarchisme, notamment à travers deux ouvrages de Roland Biard (5). Les travaux de Roland Biard permettent en effet d’avoir une idée assez large de la CNT-AIT. S’il ne s’agit pas d’une histoire détaillée, elle donne en revanche un aperçu général et relativement fiable de l’évolution de la CNT-AIT entre 1946 et la fin des années soixante. Le tome II du travail de Jean Maitron (6) sur le mouvement anarchiste en France apporte des informations intéressantes, malgré quelques erreurs -mais ne s’intéresse pas en particulier à la CNT-AIT. Jean Maitron conclut simplement à la quasi-impossibilité de retracer l’histoire de cette organisation. Suite à ce rapide bilan historiographique, nous voyons qu’il est très difficile, et même impossible, de retracer l’histoire de la CNT à partir d’ouvrages historiques.

Page suivante » « Page précédente