ALGERIE : LES MURS DE LA HONTE

Les murs de la honte…

C’est ainsi que les Algériens de la côte ouest appellent les constructions en béton qui défigurent aujourd’hui un des plus beaux paysages de la Méditerranée. D’Oran à la frontière marocaine, des portions de mur percées d’ouvertures étroites se succèdent aux accès les plus faciles vers les plages. Ces obstacles ont officiellement pour raison d’être d’empêcher les « harragas », entendez les candidats à la fuite vers l’Europe, d’accéder au rivage avec leurs zodiacs.

En plus de se révéler inefficaces face à des individus prêts à tout pour fuir un pays sans avenir, ces abominations sont une insulte au peuple algérien, qui, alors que l’on commémore le soixantième anniversaire de son indépendance, mériterait une tout autre considération. Mais le pouvoir, c’est-à-dire l’armée omnipotente et muette, envisage-t-il à son tour de conduire une guerre ? Le conflit larvé avec son voisin marocain franchirait-il une étape supplémentaire ? Ça redevient à la mode de s’entre tuer…

Qu’ils édifient des murs pour éviter les entrées ou empêcher les sorties, les états qui entravent la libre circulation des êtres humains devraient s’interroger sur pourquoi la jeunesse préfère la fuite ou la mort plutôt que de participer à la construction de son pays. Mais faudrait-il que leurs dirigeants aient un soupçon d’humanité ou ne soient pas rendus fous par l’usage du pouvoir.

L’Algérie est un pays plein de richesses. Si son sous-sol est outrageusement exploité, sa terre ne demande qu’à produire. Son peuple est fier et plein d’énergie et nous avons pu apprécier sa conduite exemplaire tout au long du « hirak ». Aujourd’hui encore il manifeste et bien qu’il subisse une répression impitoyable, ce n’est pas du béton qui pourra le contraindre à se taire, ni nous à lui tendre la main…

Riton

Article du journal « anarchosyundicalisme » #176

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