2007 : Levallois-Perret, de la lutte pour le logement à la lutte des places…

L’actualité récente [janvier 2022] nous a rappelé le souvenir des époux Balkany, champions toute catégorie de la fraude municipale, maires omnipotents de Levallois-Perret qui l’ont eu de cesse de faire la chasse aux pauvres … Cela nous a remémoré la lutte des mals logés de Levallois Perret, que nous avions soutenu en son temps. cela nous avais valu quelques « mano a mano » épiques avec Patrick him-self … Quant à Madame Balkany, première adjointe au maire, elle se faisait fort de nous donner « des leçons d’éducation civique ». Avec elle nous aurions été à bonne école, surement …

Si les Balkany et leur système clientéliste étaient les adversaires numéros un de la lutte des mal logés, l’opposition municipale (communistes en tête) avait tout fait pour canaliser la mobilisation autonome et essayer de l’utiliser à des fins électoralistes …

des militants de la CNT-AIT

Fin 2006, juste avant la trêve hivernale, dans la ville de Levallois-Perret, dont les maires étaient le fameux couple Balkany qui a été récemment condamné pour multiples malversations fiscales, plusieurs familles étaient expulsées sans ménagement par la Mairie. Les enfants de ces familles, lycéens, s’organisèrent spontanément avec l’aide de leurs camarades de lycée et organisèrent des rassemblements pour obtenir leur relogement. Un des lycéens, proche des Jeunes Libertaires et de la CNT-AIT, nous informa et c’est spontanément que nous apportèrent notre appui avec nos moyens limités. Ces deux textes, écrits dans le feu de l’action, visent à faire le point sur cette lutte, de l’autonomie de ses débuts jusqu’à la récupération politique finale par les élus locaux qui n’avaient rien fait pour ces familles, mais qui ne supportaient pas que des lycéens puissent s’organiser sans l’aide d’adultes et obtenir de meilleurs résultats qu’eux…

Les débuts de lutte (novembre 2006 – Février 2007)

Espoir#7 Janvier 2007

Dans la nuit du 15 novembre 2006 à Levallois, 17 personnes (dont des jeunes lycéens scolarisés à Levallois) ont été évacuées par la force de l’immeuble qu’ils occupaient, car celui-ci était jugé insalubre, sans proposition concrète de relogement. Certaines de ces personnes vivaient ici depuis plus de 25 ans et demandaient un logement depuis 1984 ! En réaction, des jeunes de Levallois s’organisent en Mouvement Solidaire pour le Logement avec certaines des personnes expulsées et appellent à manifester devant la mairie le samedi 2 décembre.

Ils font le tour de diverses organisations syndicales et politiques afin d’obtenir du soutien et de faire connaître leur lutte. Le PS – sous la forme de sa représentante au Conseil municipal – contacté refuse de venir aider le rassemblement disant que l’opposition c’est eux et que les jeunes peuvent aller se faire voir.

Samedi 2 décembre : première manifestation organisée par le Mouvement solidaire[1] et déposée à la préfecture. Une délégation est reçue par la mairie[2], qui ne donne aucune réponse. Une élue PCF annonce qu’elle enverra une lettre à la préfecture afin d’obtenir d’elle des « logements-tiroirs » … Suite à ce rassemblement, le skyblog [site Internet créé sur le site de la radio RAP Skyrock (la soi-disant la radio libre numéro un sur le rap : « total respect, zéro limite » tu parles…)] créé une semaine avant afin de lancer l’appel à la manif a été supprimé sans préavis de la part de l’hébergeur, de même que tous les autres skyblogs faisant référence à cette mobilisation… Le rassemblement étant un succès, l’élue PS rappelle le collectif pour lui dire qu’elle a entendu parler de la manif, que c’est très bien que des jeunes se mobilisent, mais que maintenant il faut arrêter les manifs et laisser faire les professionnels de la politique…

Samedi 9 décembre : malgré un nouvel appel à manif, non déposée cette fois, seule la police municipale est sur place. Les manifestants, contrairement à la semaine précédente, respectent cette fois-ci la volonté d’autonomie du mouvement, car ils ne portent plus d’autocollants organisationnels. En présence de la famille expulsée, nous avons tenté de rentrer dans la mairie ; nous nous sommes fait repousser à la fois par la police municipale et par leurs amis sans uniforme (PS, Téléthon…). Sous la pression de ce comité d’accueil, une vitre de la mairie a fini par céder, permettant de faire partager à nos chers élus un peu du froid que subissent au quotidien les mal-logés.

Samedi 16 décembre : c’est le début du marché de Noël dans la cour de la mairie. Nous sommes toujours là. Ce coup-ci, face à nous, la police nationale est bien présente, formant un cordon devant la mairie pour nous empêcher d’approcher. Nous distribuons donc les tracts sur le marché de Noël expliquant la situation et demandant le relogement de la famille expulsée à Levallois. La lettre du préfet adressée à la mairie de Levallois est alors lue au mégaphone : celle-ci stipule que la famille doit être relogée à Levallois et pas ailleurs. Le maire a pourtant annoncé à la famille lors de leur dernière rencontre qu’elle devait accepter la proposition de logement à Bois-Colombes sans quoi la mairie ne s’occuperait plus d’elle ! Par ailleurs, la famille a été « invitée » à ne plus venir lors des rassemblements. Censure et intimidation constituent donc l’essentiel des méthodes de la mairie, qui essaie par tous les moyens d’étouffer l’affaire. Notons également que le préfet ne mentionne que la famille expulsée dans son courrier et pas les autres personnes jetées dehors, qui se débrouillent aujourd’hui entre la rue et l’hôtel et dont personne ne se soucie dans les sphères institutionnelles.

Lundi 18 décembre : Un conseil municipal se tenant ce jour, nous avons décidé de venir y déployer une banderole pour maintenir la pression sur la mairie. En entrant, nous avons pu constater que la police municipale était présente en nombre. Nous avons pu assister à une partie du conseil municipal et nous rendre compte de l’emprise totale de Balkany sur l’ensemble du conseil, rejetant avec mépris toutes les critiques venant des rares élus d’opposition, que seules les questions d’impôts locaux trop élevés semblaient intéresser. C’est alors que nous avons silencieusement déployé une banderole « solidarité avec les mal-logés ». Balkany agita immédiatement sa clochette dorée afin de suspendre la séance et il demanda aux « forces de l’ordre d’évacuer les perturbateurs ». Les policiers municipaux vinrent pour nous expulser de la salle, nous avons été fermement conduits hors de la mairie, croisant au passage l’élue PCF, qui jouait parfaitement son rôle d’opposante inutile à Balkany, comptant par la même occasion sur ce coup de gueule pour se mettre dans la poche à peu de frais les lycéens en colère. À notre sortie, les agents ont retenu l’un des nôtres dans le bâtiment afin de contrôler son identité, ce à quoi il avait déjà eu droit plus tôt dans la soirée par un policier de la BAC (comme s’il avait changé d’identité depuis…). Nous avons donc déambulé banderole à la main en distribuant des tracts aux bourgeois qui parcouraient encore le ridicule marché de Noël. En repartant, nous avons pu voir, sur une vitrine d’une agence immobilière, que la mairie vend un 4 pièces dans ses propres murs pour la modique somme de… 690 000 euros ! Et après il y en a qui prétendent qu’il n’y a pas de logements vides…

En raison des vacances de Noël, les rassemblements hebdomadaires sont suspendus.

Samedi 6 janvier 2007 : Fin des vacances, reprise des rassemblements. De nouvelles personnes souffrant de problèmes de logements rejoignent la lutte. Rien à signaler de spécial, si ce n’est une petite visite au local de l’UMP tout proche où se tenait une permanence. Une chanson slogan fait son apparition : « Promenons-nous dans Levallois, tant que Balkany n’y est pas, mais si tu veux te loger, tu peux aller te brosser ». Aucun contact avec qui que ce soit de la mairie n’a lieu, le bâtiment étant soi-disant vide d’élus… Un journaliste du Parisien est présent, cela donnera lieu à un article que nous n’avons pu voir.

Samedi 13 janvier : Ce samedi, c’est galette des Rois à la mairie. Une fois rassemblés, nous sommes entrés dans la cour de la mairie, comme d’habitude, en criant nos slogans : « non aux expulsions », « expulsez la mairie, relogez les sans-logis ». Immédiatement, le maire surgit de la mairie et commença, seul, à nous pousser. Les policiers, tant nationaux que municipaux, lui emboîtèrent le pas et nous expulsèrent manu militari hors de la cour de la mairie pendant que Balkany, en première ligne, y allait de ses intimidations physiques et provocations verbales : « c’est moi qui fait la police ici », « t’as vu ta tronche ? ». Il ne manque pas de préciser qu’aujourd’hui il ne peut pas nous tolérer, car « il reçoit ».

Les portes n’ouvraient pour la galette municipale qu’à 17 heures. Les gens étaient donc invités à attendre dans la cour, dans des files d’attente. Quant à nous, les policiers nous ont empêchés d’approcher sous prétexte qu’il fallait un carton d’invitation. Nous sommes allés vérifier cette information auprès des braves citoyens qui infirmèrent les propos des policiers.

Nous regrettons la réapparition des étiquettes politiques sur les manifestants cherchant à mettre en avant leur organisation, principalement le PCF. Cerise sur le gâteau, le maire PS de Clichy la Garenne est venue nous serrer la main à la chaîne en nous vantant les mérites de sa politique du logement social puis repartit aussi soudainement qu’il était apparu, nous laissant tout pantois devant tant d’opportunisme politicien. Tout compte fait, nous sommes satisfaits de ce rassemblement : les 200 ou 300 personnes venues pour la galette n’ont pas pu ne pas nous voir et nous entendre, certains très jeunes manifestants étant même parvenus à passer le barrage policier pour distribuer des tracts dans les files d’attente dans la cour de la mairie.

Samedi 20 et 27 janvier, Samedi 10 février (Pas de rassemblement le 3) : Voir sur le blog du Mouvement Solidaire pour le Logement pour les infos.

Lundi 12 février : Pour la deuxième fois depuis le début de la lutte se tenait un conseil municipal. Comme la fois précédente, nous nous sommes déplacés pour y assister. À notre étonnement, il nous a fallu attendre plus d’une heure dans le froid devant la porte de la mairie avant de pouvoir entrer, car la mairie avait, semble-t-il, décidé que nous resterions dehors ! La chef de la police nous indique cependant que nous pouvons attendre un peu, car nous pourrions peut-être rentrer plus tard, et profite de ce temps pour nous informer que la prochaine manif non déposée serait considérée comme un délit, et que les policiers agiraient en conséquence.

Au bout de ¾ d’heures, nous commençons à entonner quelques slogans, las de patienter… Un adjoint se présente alors à nous, autorisant l’entrée des personnes majeures dans la mairie… Nous sommes donc invités à présenter notre carte d’identité afin de vérifier notre âge (bien entendu). La ficelle est si grosse qu’on en rit encore : il va de soi que nous refusons de présenter nos papiers. Bref, 15 minutes plus tard, le même adjoint revient, le code civil à la main, tout dépité de n’avoir effectivement trouvé aucun texte de loi justifiant notre interdiction de pénétrer dans la mairie.

C’est qu’il y a très vraisemblablement une explication à tout cela : ce conseil municipal était précisément celui où le seigneur Balkany comptait effacer sa dette envers la commune, à qui il devait la modique somme de 230 000 euros. Comme par hasard, nous avons été autorisés à entrer une fois que le point de l’ordre du jour traitant de cette question était terminé. Voici l’affaire (citation du journal 20 minutes[3]) : « Le 7 mai 1996, Patrick Balkany avait été condamné par le tribunal de grande instance de Nanterre, jugement confirmé en appel et en cassation, à 15 mois de prison avec sursis, deux ans d’inéligibilité, 30 000 euros d’amende et près de 120 000 euros de dommages et intérêts, “pour avoir affecté trois agents municipaux de la ville de Levallois-Perret à son usage personnel”, selon un communiqué d’Olivier de Précigout, conseiller municipal UMP d’opposition. Par ailleurs, la justice administrative l’a également condamné à rembourser à la ville environ 524 000 euros représentant les salaires des trois agents communaux sur la période durant laquelle ils ont travaillé pour M. Balkany, et 230 865,57 euros représentant les intérêts de cette somme. »

Après quelques dizaines de minutes passées dans le Conseil Municipal, et la menace par Balkany de terminer le conseil à huis clos à cause de la relative agitation qui mouvait l’assistance par moments, nous décidons de partir de nous-mêmes. Madame Balkany, première adjointe au maire, nous invite à revenir une fois suivante « pour prendre des leçons d’éducation civique ». C’est vrai, faire disparaître 230 000 euros de condamnation grâce aux finances publiques, c’est un bel exemple de civisme. Merci Balkany.

À l’heure qu’il est, nous savons qu’une famille se débrouille pour se loger chez des amis, et une autre a été relogée de façon provisoire dans la ville voisine de Clichy la Garenne, dans un logement qui est bien trop petit par rapport à leurs besoins.

En raison des vacances, les rassemblements sont suspendus, mais nous appelons d’ores et déjà à la reprise de ceux-ci dès le samedi 10 mars à 15 heures, devant la mairie de Levallois (métro ligne 3, station Anatole France).

Article d’Espoir, journal de la CNT-AIT Paris Nord, n° 6, Jan 2007

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Petit bilan sur la lutte pour le logement décent pour tous à Levallois : De la lutte pour le logement à la lutte des places…

Suite à l’expulsion sans relogement en novembre dernier [2006] de 17 personnes de Levallois, des jeunes de cette ville s’étaient organisés spontanément en solidarité avec leurs camarades de lycée expulsés et leurs familles. Depuis, le Mouvement Solidaire pour le Logement (MSL) organise régulièrement des rassemblements devant la Marie de Levallois, pour exiger de la Mairie que les familles soient relogées sur Levallois, là où elles ont leurs amis, leur famille, leur travail, leur école. (cf. notre numéro précédent). Ce texte a pour objet de faire le point sur la dynamique de lutte après 4 mois de mobilisation, et de réfléchir sur notre articulation – ainsi que sur celle des autres organisations politiques – avec un mouvement qui se veut pourtant autonome.

Bilan de la lutte et de la mobilisation en ce début de printemps

Le MSL, regroupement informel, s’est mis en place spontanément l’hiver 2006, suite à une réaction de révolte face à une injustice qui touchait directement les amis des personnes impliquées. Il s’agissait d’un geste de solidarité concrète et directe. Toutefois, avec le temps, cette situation a évolué : une famille expulsée en novembre a effectivement accepté – de guerre lasse – le relogement précaire qui lui a été proposé dans une ville périphérique de Levallois, les autres occupants ayant quant à eux disparu dans la nature. Ainsi, la revendication concrète de solidarité pour ces familles-là s’est peu à peu estompée, pour devenir une revendication générale d’un droit au logement décent pour tous sur Levallois. Ce qui a permis par ailleurs à de nouvelles personnes, confrontées au même problème, de rejoindre le mouvement. Si de nombreux jeunes ont participé aux premiers rassemblements de solidarité du MSL, par la suite ce nombre s’est réduit et seuls les plus mobilisés continuent de venir. Deux raisons peuvent expliquer cela : d’une part, le fait que la lutte ne concerne plus un cas particulier qui touchait directement les amis de ces jeunes ; d’autre part, le fait que la mobilisation politique « classique », à coup de rassemblement et de tracts, ne fait pas partie de leur univers. Ceci dit, on ne peut qu’être impressionné par la ténacité et l’énergie de ceux qui restent mobilisés autour du MSL. Beaucoup d’adultes auraient jeté l’éponge avant eux… Surtout qu’ils se trouvent face à P. Balkany, lequel ne lésine pas sur les moyens d’intimidation policiers pour essayer de briser leur résistance. Il n’est pas rare que certains membres du MSL se fassent contrôler par la police de façon répétée dans la même journée. Et les rassemblements du MSL donnent lieu à chaque fois à un déploiement policier disproportionné.

Cette évolution dans l’objet des rassemblements s’est aussi accompagnée d’une évolution dans l’attitude des organisations politiques à leur égard.

Un mouvement autonome… mais sous surveillance

Dans un premier temps, le MSL avait rédigé un petit tract court, clair, avec des revendications unifiantes : droit pour un logement décent pour tous à Levallois. Ce texte avait été soumis à toutes les organisations politiques et syndicales, pour leur proposer de le relayer en le cosignant. En ce qui nous concerne notre position a toujours été la même : accord plein et entier pour relayer et soutenir la lutte dans la limite de nos petits moyens. Mais en ce qui nous concerne, nous avons demandé expressément à ce que notre nom ne figure pas sur le tract. En effet, la solidarité n’a de sens que si elle est désintéressée. Il ne s’agit pas de se servir d’un mouvement pour faire la publicité de son organisation.

Ainsi, les tracts n’étaient donc pas signés par d’autres groupes que le MSL. De même lors des rassemblements, il était demandé de ne pas afficher de badges ou d’autocollants d’affiliation, de façon à conserver l’unité dans la lutte, sur les revendications de principe d’un logement décent pour tous. Certes, on sentait bien que du côté des partis politiques ça grinçait un peu des dents, mais l’autonomie du MSL était respectée.

Courant février, les rassemblements du samedi ont été rejoints par de nouveaux militants d’un parti politique découvrant la lutte plus de deux mois après son démarrage. Ceux-ci ont alors commencé à prendre en main l’organisation des rassemblements, pour leur donner une configuration plus « classique ». Les autres partis politiques présents ont de suite vu le profit qu’elles pouvaient tirer de ce nouveau rapport de force. Le principe d’unité qui régnait jusque-là a été abandonné, le MSL ayant vocation à devenir un collectif duquel il y a fort à parier que les individus qui le constituaient vont être progressivement mis en minorité au profit des partis politiques[4]. Ainsi, les tracts sont désormais cosignés « avec le soutien de » et suit une flopée d’organisations, dont on ne verra finalement toujours que les mêmes personnes aux rassemblements (preuve que le fait d’ajouter des signatures ne fait même pas venir les militants des dites organisations signataires… Alors, comment espérer que cela parviendra à mobiliser l’immense majorité des gens que les partis politiques révulsent ?)

Les arguments qui ont été avancés pour ce changement ont été ceux de la reconnaissance par le MSL de l’appui apporté jusque-là par ces organisations : tirage de tracts[5], déclaration des rassemblements… Comme on le voit, on n’est finalement plus du tout dans un rapport de solidarité – geste gratuit par excellence – mais dans un rapport de soumission. Fin de l’autonomie.

Très chères élections

Il faut croire que, en ces temps d’élections, l’image d’un groupe autonome se battant sur ses bases propres et hors des schémas politiques classiques n’était pas souhaitée par les organisations politiques. Oh oui, ils sont tous pour la démocratie citoyenne, participative, etc., mais à condition que ce soit eux qui dirigent…

C’est pourquoi il fallait faire passer le MSL au second plan, afin qu’il laisse le champ libre aux partis pour que chacun – en ordre dispersé et dans la plus grande division – puisse faire sa petite campagne pour les présidentielles (dont on sait que le logement est un enjeu), et plus encore dans la perspective des prochaines législatives et municipales. L’enjeu du pouvoir est ici très vivace et sensible.

Les partis politiques nous ont reproché d’être contre l’organisation. Au contraire ! Nous sommes des partisans de l’auto-organisation. Et ce groupe de jeunes, qui se bat avec courage et force depuis plus de quatre mois montre que l’on peut très bien s’organiser sans les partis politiques, sur des bases autonomes collectives. La question n’est pas de prendre le pouvoir – fut-il local – mais bien d’appuyer le développement des capacités propres des gens à prendre en charge leur propre destinée. La valeur n’attendant pas le nombre des années, nous sommes confiants que cette expérience de Levallois-Perret y aura contribué.

Article d’Espoir, journal de la CNT-AIT Paris Nord, n° 7, Avril 2007


[1] Mouvement Solidaire pour le Logement : http://solidaires.blogspot.com/

[2] Coordonnées de la mairie : Hôtel de Ville, Place de la République, 92300 Levallois. Tel : 01 49 68 30 00 Fax : 01 47 31 26 73 Possibilité d’envoyer un message directement sur le site ici : http://www.ville-levallois.fr/eQ_contact1.php3

[3] Source : http://www.20minutes.fr/articles/2007/02/13/20070213-actualite-france-Levallois-Perret-fait-cadeau-de-231-000-euros-a-Balkany.php

Consulter également : http://www.fairelejour.org/breve.php3 ? id_breve=1254

http://www.lefigaro.fr/election-presidentielle-2007/20070213.WWW000000272_levallois_efface_lardoise_de_balkany.html

[4] Certes des syndicats sont aussi de la partie, mais leurs représentants s’affichant également membres des mêmes partis politiques on voit qu’en fait tout reste en famille…

[5] Ce qui est au passage particulièrement mesquin, car ces organisations patentées oublient qu’elles n’ont pas été les seules à tirer des tracts. Nous y avons aussi contribué largement … Mais en ce qui nous concerne, il est hors de question de monnayer notre soutien contre un quelconque avantage en notre faveur.

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mardi 16 janvier 2007

LE MOUVEMENT SOLIDAIRE POUR LE LOGEMENT

Dans la nuit du 15 novembre 2006 à Levallois, 17 personnes (dont des jeunes scolarisés à Levallois) ont été évacuées par la force de l’immeuble qu’ils occupaient, jugé insalubre, sans proposition concrète de relogement. Certaines de ces personnes vivaient ici depuis plus de 25 ans et demandaient un logement depuis 1984.Chaque année en France, des milliers de personnes sont expulsées, tandis que d’autres vivent aussi dans des conditions extrêmement précaires.
La France compte aujourd’hui plus de 3 MILLIONS DE MAL-LOGES.
Sans parler de toutes les personnes qui ont à peine de quoi vivre décemment à cause des loyers de plus en plus chers qu’elles doivent payer.
À Levallois-Perret comme dans beaucoup d’autres villes, une politique d’apartheid sociale est mis en place, consistant à rendre inaccessible aux plus modestes les prix de l’immobilier pour que ceux et celles-ci ne viennent pas faire « tâche » dans des municipalités qui se concurrencent sans cesse pour le titre de commune la plus chic (et la plus chère).

À coups d’expulsions, d’évacuations d’immeubles insalubres suivies de relogement dans une ville plus lointaine (et souvent moins chic), de hausses constantes des loyers, et de critères toujours plus restrictifs d’attribution de logements sociaux, la sélection se fait entre ceux/celles qui ont le « droit » de vivre décemment et ceux/celles qui -faute de moyens- sont obligés de prendre ce qu’on leur donne si ils/elles ne veulent pas se retrouver dans la rue.
Le droit au logement, que les politiques se vantent tous/tes de défendre, est donc loin d’être respecté, aujourd’hui en France :
– 3 000 000 de mal-logé(e)s.
– 2 000 000 de logements vacants, dont près d’un quart en Ile-de-France.
– L’article 55 de la loi SRU (obligeant les municipalités à construire un minimum de 20% de logements sociaux) qui reste inconnu pour un bon nombre de communes.
– Les augmentations des loyers HLM votées massivement par les organismes.

En réaction le Mouvement Solidaire pour le Logement s’est formé. Nous sommes un collectif de soutien à tous/tes les mal-logé(e)s, nous soutenons toutes les manifestations, réquisitions, occupations, toutes les actions en faveur des mal-logé(e)s. Nous luttons depuis notre création pour le droit à un logement décent pour toutes et tous, aussi nous réclamons :

1)- L’arrêt immédiat des expulsions
2)- La réquisition de tous les logements vacants
3)- La réhabilitation des immeubles insalubres
4)- L’application de la loi SRU dans toutes les communes
5)- La baisse des loyers des logements sociaux afin de les rendre accessibles à tous/tes
6)- Le relogement immédiat de tous les mal-logé(e)s (squatters, sans-abris, locataires …)

Nous organisons des actions pour réclamer l’application de ces mesures. On vous tiendra régulièrement au courant des prochaines actions et de celles qui ont déjà eu lieu.

MSL : mouvement-solidaire@hotmail.fr Publié par Mouvement Solidaire pour le Logement à 09:40


Expulsion du 15 Novembre 2006 (1)

La Situation des Expulsé-e-s

Depuis le 2 décembre 2006, nous organisons chaque samedi devant la mairie de Levallois des manifestations de soutien aux mal-logé(e)s.Après les expulsions du 15 Novembre à Levallois, on a réclamé un relogement à Levallois pour les personnes évacuées, parmi lesquelles une famille dont les enfants sont scolarisés à Levallois et qui a été répartie (suite à l’expulsion) dans 3 chambres d’hôtels à Asnières. Le Préfet a estimé que cette famille était en droit d’être relogée sur Levallois, la mairie n’a rien voulu savoir et a proposé un appartement à Bois-Colombes d’abord puis à Clichy ensuite, que la famille a accepté sous la pression de la mairie.

Cette famille vit à Levallois depuis plus de 20 ans et demande un logement social depuis 1984. Des membres de la famille ont travaillé pour la mairie. La famille a donc demandé un logement HLM F4 à Levallois. Sous prétexte qu’il n’y avait pas de logement HLM 4 pièces libre sur Levallois, la mairie a envoyé cette famille à Clichy … dans un 3 pièces.
D’une part, étant donné qu’il y a chez les enfants des garçons et des filles et que la loi oblige à donner à la famille des chambres séparées pour ceux et celles-ci, la mairie est hors-la-loi.
D’autre part, la famille a été écartée de Levallois sous prétexte qu’il ne s’y trouvait pas de F4, prétexte qui devient complètement incohérent vu que l’appartement obtenu finalement est un F3.

Nous savons qu’il y a des logements sociaux F4 libres à Levallois, nous réclamons donc que cette famille soit relogée -comme convenu- dans un 4 pièces À LEVALLOIS.

MSL : mouvement-solidaire@hotmail.fr


Rassemblement du 2 Décembre

Le 2 Décembre 2006, environ 150 Solidaires manifestaient pour la 1ère fois, devant la mairie de Levallois-Perret, pour soutenir les mal-logé(e)s. Une délégation a été reçue par la mairie par rapport aux familles expulsées le 15 Novembre à Levallois. La mairie a affirmé qu’un logement à Montrouge avait été proposé à la famille, logement que la famille aurait dû visiter le jour de l’expulsion, et dont le loyer était excessivement élevé par rapport à la situation de la famille. La mairie a rejeté la responsabilité des décisions au préfet, qui a renvoyé une lettre 3 jours plus tard (le 5 Décembre) dans laquelle il déclarait que la famille « était en droit d’être relogée à Levallois », que « le relogement ne pouvait se faire que sur la commune de Levallois ».
Nous avons appelé au rassemblement chaque samedi devant la mairie et nous nous sommes dispersé(e)s.


Rassemblement du 9 Décembre

Le 9 Décembre, on était une cinquantaine devant la mairie.Nous occupions les marches de la mairie quand le directeur de cabinet du maire est sorti pour déclarer que nous n’aurions rien du tout. Nous avons essayé de rentrer dans la mairie où se déroulait le Téléthon. Nous sommes finalement resté(e)s devant la mairie pendant que les sbires du maire essayaient de nous faire passer pour des ennemi(e)s du Téléthon en déclarant que nous étions là pour perturber son déroulement. Nous nous sommes dispersé(e)s un peu plus tard, évidemment sans rien obtenir. Les Solidaires tiennent quand même à rappeler une chose :
NOUS NE SOMMES PAS CONTRE LE TELETHON MAIS CONTRE CEUX ET CELLES QUI PRATIQUENT L’APARTHEID SOCIALE ET QUI TAPENT SUR LES PLUS MODESTES DEPUIS PLUS DE 20 ANS À LEVALLOIS-PERRET ET PARTOUT AILLEURS.


Rassemblement du 16 Décembre

Le 16 Décembre on était une trentaine devant la mairie.La mairie avait alors proposé, en accord avec le sous-préfet, un logement à Bois-Colombes à la famille. La mairie a essayé de faire pression sur la famille en leur disant que c’était ça ou rien, et que si les manifs ne cessaient pas on ne s’occuperait plus d’eux. Une délégation a été reçue par la mairie mais encore une fois, la mairie est restée sur ses positions en affirmant qu’elle ne pouvait pas reloger la famille à Levallois, faute de logements vides. Nous avons distribués des tracts aux passants puis nous nous sommes dispersé(e)s.


Conseil Municipal du 18 Décembre

Le 18 Décembre, c’était le conseil municipal.Une quinzaine d’entre nous sont allés y assister. Nous avons déployé une banderole « SOLIDARITE AVEC LES MAL-LOGES », le maire a alors suspendu l’audience et demandé aux forces de l’ordre « d’évacuer les perturbateurs ». Les Solidaires ont donc été sortis de la mairie, à l’exception d’un qui a été retenu par la police afin de procéder à un « contrôle d’identité ». Nous avons ensuite distribué des tracts en circulant, banderole déployée, sur le marché de noël de Levallois. Un deuxième groupe plus nombreux est à son tour entré au conseil municipal, la police ayant cette-fois du mal à évacuer la salle et la séance étant à nouveau suspendu par le maire.

Les rassemblements ont cessé pendant les vacances et ont repris peu avant la rentrée.


Rassemblement du 6 Janvier

Le 6 Janvier 2007, on était une soixantaine de Solidaires. Nous avons demandé qu’une délégation soit reçue pour parler du cas d’une famille expulsée en Juin et vivant à droite à gauche, chez des amis voulant bien les héberger. La mairie étant soi-disant fermée, nous n’avons pas été reçus. Nous nous sommes dispersé(e)s deux heures plus tard.


Rassemblement du 13 Janvier

Le 10 Janvier, un logement a été proposé à Clichy à la famille expulsée en Novembre qui, sous pression, a accepté en demandant que ce logement ne soit que provisoire en attendant qu’un logement se libère à Levallois.

Le 13 Janvier, la mairie organisait la « Fête de la Galette », nous étions environ 75 devant la mairie ce jour-là. Alors que nous avancions vers l’entrée de la mairie, le maire est venu nous repousser avec ses policiers et gardes du corps en braillant que la famille était relogée, et qu’on ne manifesterait pas devant la mairie (nous avions pourtant une autorisation préfectorale). Nous sommes donc resté(e)s devant l’entrée des jardins de la mairie, pendant que quelques dizaines de policiers nous empêchaient d’entrer. Quand les gens commencèrent à arriver pour la « Fête de la Galette », quelques-uns d’entre nous sont allés leur distribuer des tracts, alors que les autres se faisaient entendre à l’entrée. Aucune délégation n’a été reçue.


Rassemblement du 20 Janvier

Le 20 Janvier, nous étions une dizaine face-à-face avec une cinquantaine de policiers qui nous empêchaient l’accès au parvis de la mairie. Nous avons distribué des tracts et balancé quelques slogans avant de nous disperser.

Le 25 Janvier, le cabinet du maire accepte de recevoir la mère de la famille expulsée en juin. Celle-ci a exigé que deux membres du MSL soient reçus avec elles. Le directeur de cabinet a refusé, estimant que « ces jeunes devraient être en train de travailler ou de faire du sport plutôt que de s’occuper d’affaires qui ne les regardent pas ». Le directeur de cabinet a déclaré encore une fois que la famille ne pourrait pas être relogée sur Levallois, faute de logements vides.


Rassemblement du 27 Janvier

Le 27 Janvier, on était une dizaine devant la mairie. Encore une fois nous n’avons pas pu accéder au parvis de la mairie, nous avons donc marqué notre présence devant l’entrée en déployant notre banderole « SOLIDARITE AVEC LES MAL-LOGES » et en balançant quelques slogans, pendant que les policiers surveillaient chacun de nos mouvements.

Nous appelons au rassemblement CHAQUE SAMEDI À 15H DEVANT LA MAIRIE DE LEVALLOIS


mardi 20 février 2007

Appel au Rassemblement le 10 Mars 2007

Les Solidaires appellent à un nouveau rassemblement le 10 Mars, à 15h, devant la mairie de Levallois :

– POUR LE DROIT AU LOGEMENT, RASSEMBLONS NOUS-


Alors que l’Etat matraque son « droit au logement opposable » à un moment critique, la réalité reste toute autre pour les mal-logé(e)s de France :
3 MILLIONS DE MAL-LOGES dont plusieurs centaines de milliers de sans-abri, alors qu’il y a en France plus de 2 MILLIONS DE LOGEMENTS VIDES!

Une réalité que nos dirigeants refusent de voir, à l’exemple de la loi SRU (obligeant un minimum de 20% de logements sociaux par commune) que beaucoup de mairies ne respectent pas ! Comme à LEVALLOIS !

Aujourd’hui, grâce à la mobilisation, comme nous le faisons ici, les problèmes de mal logements sont de plus en plus médiatisés ! Cela valide notre action !

Sans attendre, il faut passer aux actes

Jusqu’ à maintenant l’Etat n’a rien fait. Ne comptons pas sur lui :

C’EST A NOUS D’AGIR !

Depuis le 5 décembre, le Préfet s’est engagé à reloger une famille à Levallois, nous demandons qu’il tienne ses engagements et que la mairie l’y aide

Nous réclamons :

1)- L’arrêt immédiat des expulsions
2)- La réquisition de tous les logements vacants3)- La réhabilitation des immeubles insalubres4)- L’application de la loi SRU dans toutes les communes5)- La baisse des loyers des logements sociaux afin de les rendre accessibles à tous/tes6)- Le relogement immédiat de tous les mal-logé(e)s (squatters, sans-abris, locataires …)

SAMEDI 10 MARS (15H)
devant la MAIRIE DE LEVALLOIS (M° 3 – Anatole France)

VENEZ NOMBREUX ! IL Y A URGENCE

CONTINUONS à nous RASSEMBLER contre les expulsions et pour le DROIT de TOUS à un LOGEMENT DECENT

Mouvement Solidaire pour le Logement


mouvement-solidaire@hotmail.fr
…On vous encourage à reproduire ce texte et à le diffuser le plus possible…


dimanche 18 mars 2007

POUR LE DROIT AU LOGEMENT
RASSEMBLONS NOUS

Le Conseil municipal ne doit pas servir uniquement à annuler les dettes de Balkany

Alors que l’Etat matraque son « droit au logement opposable » à un moment critique, la réalité reste toute autre pour les mal-logéEs de France …

Le 26 Mars aura lieu le conseil municipal de Levallois, à 19h à la mairie. Le député-maire Balkany (qui s’est auto-exonéré de quelques 230 000 euros) et sa municipalité ignoreront comme à leur habitude le problème du mal-logement à Levallois, alors que la trêve hivernale se termine et que des expulsions sont déjà prévues.
En parallèle, le Mouvement Solidaire pour le Logement appelle à un rassemblement à la mairie de Levallois, afin d’obtenir un réel dialogue avec la municipalité et réclamer l’application de nos revendications.

Nous réclamons :

1)- L’arrêt immédiat des expulsions2)- La réquisition de tous les logements vacants3)- La réhabilitation des immeubles insalubres4)- L’application de la loi SRU dans toutes les communes5)- La baisse des loyers des logements sociaux afin de les rendre accessibles à touTEs6)- Le relogement IMMEDIAT de touTEs les mal-logéEs (squatters, sans-abris, locataires …)


LUNDI 26 MARS à 18H30

À LA MAIRIE DE LEVALLOIS

(M°3 – ANATOLE FRANCE)


Mouvement Solidaire pour le Logement

http://solidaires.blogspot.commouvement-solidaire@hotmail.fr

On vous encourage à reproduire cet appel, à le diffuser le plus possible, et à faire circuler l’info autour de vous …


Permanences du Mouvement Solidaire

Lors du rassemblement du 26 Mars à la mairie, à l’occasion du conseil municipal, le Mouvement a été reçu par la mairie qui s’est engagée à étudier les dossiers des familles mal-logées.

Le Mouvement Solidaire pour le Logement tient des permanences chaque mardi de 18h30 à 20h30 (voire plus tard), à partir du mardi 3 Avril 2007, à Levallois (appelez-nous pour connaître le lieu exact : 06 81 88 2XX XX / 06 76 5X XX).


Une centaine de manifestants se mobilisent après l’expulsion [Le Parisien]

Par V.M. Le 4 décembre 2006 à 00h00

«NON… NON… NON… aux expulsions. » Scandant ce slogan et brandissant des panneaux « Droit au logement pour tous », une centaine de personnes ont manifesté samedi après-midi sur le parvis de l’hôtel de ville en soutien à la famille Mjaidri, expulsée le 15 novembre d’un immeuble frappé d’un arrêté de péril. Un arrêté pris par le préfet des Hauts-de-Seine concernant ce bâtiment du 67, avenue Jean-Jaurès, insalubre et presque sur le point de s’écrouler.

Comme Hamma, un des fils de la famille Mjaidri, les manifestants ne contestent pas l’état de dangerosité de l’immeuble. L’objet de leur courroux, c’est l’absence de relogement pour ces locataires. « Après l’expulsion, la famille a été relogée dans un hôtel à Asnières, mais ce sont des gens de Levallois et ils vivent ici depuis vingt-cinq ans », insiste Baptiste, 15 ans, élève en seconde au lycée Léonard-de-Vinci.

Avec Alexandre, Thomas et quelques camarades, Baptiste a pris en main l’organisation de la manifestation. « Kaori, un des enfants de la famille, était au collège avec nous. Et Batoul, sa soeur, galère pour venir tous les jours à l’école. » C’est donc par solidarité avec leurs camarades d’école que ces adolescents se sont réunis pour appeler à la manifestation. « Nous ne faisons partie d’aucune organisation mais avons tout de même sollicité les associations reconnues pour nous aider », expliquent-ils.

Haut-parleur en main, ils entonnent les slogans pendant qu’une délégation se forme pour rencontrer le directeur de cabinet du maire, Jean-Pierre Aubry. Une délégation de six personnes dont les représentants de Droit au logement (DAL), de la Ligue des droits de l’homme (LDH), Annie Mandois, la conseillère municipale communiste, la famille et le jeune Baptiste.

Le préfet sollicité

« Grosse déception » à l’issue de l’entretien, selon Ali, membre de la délégation et proche de la famille : « Les Mjaidri sont dans leur droit. Ils ne sont pas squatters, ont vécu dans des conditions épouvantables pendant des années et, visiblement, on ne tient pas à les reloger à Levallois. » « Selon Jean-Pierre Aubry, le relogement serait impossible à Levallois, alors on a demandé une table ronde avec le préfet, ajoute Baptiste. Jean-Pierre Aubry s’est seulement engagé à solliciter le préfet et à organiser cette table ronde. »

La mobilisation continue pour la famille Mjaidri [LE PARISIEN]

Par Gaëtane Bossaert et Sylvain Merle Le 8 janvier 2007 à 00h00

APRES UNE PAUSE pendant les fêtes, une quarantaine d’amis et de soutiens de la famille Mjaidri étaient à nouveau rassemblés, samedi, devant la mairie de Levallois-Perret. Ce rendez-vous de protestation mobilise chaque semaine entre 20 et 100 personnes depuis le 2 décembre. Née après l’évacuation du 67, avenue Jean-Jaurès – frappé d’un arrêté municipal de péril imminent – et concernant initialement seuls membres de la famille Mjaidri, alors titulaire d’un bail, la mobilisation semble dorénavant concerner le problème du mal-logement dans la ville et « la chasse aux pauvres », comme le dénoncent certains manifestants.

« Le cas de cette famille mobilise, alors, on le fait pour tous les mal-logés, et il y en a », explique Baptiste, l’un des lycéens engagés depuis le début dans ce qu’il définit comme « un mouvement solidaire pour le logement ». Ainsi, Laure Deutchoua, expulsée le 17 juin dernier avec ses deux enfants d’un immeuble de la ville, retrouve « un peu d’espoir avec cette action ». En première ligne sur le parvis de l’hôtel de ville, elle réclame au mégaphone un rendez-vous avec le maire… qu’elle n’obtiendra pas.

« Malgré une décision de justice, le maire ne nous a pas reçus et n’a jamais voulu nous reloger dans la ville », déplore la jeune femme qui va depuis d’hôtel en hôtel, au gré des places octroyées par le 115. « Il y a des logements vides dans cette ville » « Pourtant, c’est certain, il y a des logements vides dans cette ville, assure Dominique Cloarec, conseillère municipale des Verts. Seulement il y a une politique de relogement discriminatoire à Levallois-Perret ».

A l’origine du mouvement, les quelques lycéens de Léonard-de-Vinci sont aujourd’hui soutenus par plusieurs syndicats d’enseignants, Droit au logement et la Ligue des droits de l’homme, mais aussi de l’opposition municipale.

Quant à la famille Mjaidri, elle est logée dans un hôtel d’Asnières depuis le 15 novembre et attend une solution de relogement à Levallois-Perret. Elle a déjà décliné deux propositions, à Montrouge et à Bois-Colombes. « Elle est attachée à cette ville », plaide Martin, un lycéen. « Je suis sûre qu’on peut leur trouver quelque chose ici », estime Annie Mandois, conseillère municipale PC. Mais rien.

« On va maintenir la pression », assure Baptiste, qui prévoit un nouveau rassemblement samedi prochain. Le comité est d’autant plus convaincu de sa démarche qu’il a pris connaissance d’un courrier adressé par le préfet des Hauts-de-Seine au député-maire (UMP) de Levallois-Perret, Patrick Balkany. Michel Bart y indique qu’un relogement dans une autre commune « ne saurait être imposé à cette famille », qu’elle a « droit à un relogement dans sa commune de résidence » et que « la sortie d’une famille d’un local insalubre et dangereux (…) rentre dans les catégories pour lesquelles est établie une priorité dans l’attribution des logements du contingent préfectoral ». « On n’est plus dans le sentimental, mais bien dans une dimension juridique et officielle, avec des éléments légaux qui justifient notre démarche », estime Annie Mandois.

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Balkany : « il n’y a pas de pauvre en France »

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