SOLIDARITE AVEC LES PRISONNIERS EN GREVE DE LA FAIM EN ESPAGNE

Chronique de l’acte du 19 octobre 2019 en appui de la grève de la faim des prisonniers et en solidarité avec Antoine Nieto Galindo

Alors que les nationalistes catalan à Barcelone se mobilisent depuis plusieurs semaines pour empêcher que leurs dirigeants adorés n’aillent en prison, l’anarchiste Antoine Nieto Galindo est lui dans les prisons en Espagne (il a aussi connu les prisons de Catalogne …) depuis 40 ans, sans que cela n’ait beaucoup ému ces mêmes nationalistes … On ne las a pas vu brûler de conteneurs poubelles pour dénoncer cette injustice qui va s’accompagner d’une double peine avec son extradition annoncée pour début 2020 …

Malgré les vicissitudes de la politique Catalane, les compagnons de la CNT-AIT de cette région avaient planifiés de longue date pour le 19 octobre un acte de solidarité avec Antoine Galindo et avec les prisonniers qui mènent en ce moment une grève de la faim tournante.

Les anarchosyndicalistes, n’ayant pas l’habitude de se faire dicter leur agenda par des considérations politiques ont donc maintenu sans problème leur acte de protestation, qui s’est déroulé sur la Place des Anges à Barcelone, dans le quartier populaire du Raval, non loin de leur local « la rose de foc », rue Joacquin Costa.

Les compagnons de la CNT-AIT de Catalogne ont rappelé qu’Antoine est le déteteur du triste record européen (et peut être mondial) de plus vieux prisonnier politique (47 ans …). De plus il attend son extradition vers la France début 2020, où il devrait purger une peine d’emprisonnement à perpétuité (voir Communiqué). L’introduction a été réalisée par un compagnon de la CNT-AIT de Catalogne, qui est intervenu pour faire le point sur la situation carcérale avant de passer la parole à d’autres intervenants liés aux différents groupes de soutien aux prisonniers. Sont ainsi intervenus des membres des familles de prisonniers, un compagnon de l’Ateneu Llibertari de Gràcia, un autre de Tokata et deux représentants du CNT-AIT de France venus du Sud Ouest, ainsi que notre secrétaire du Comité Pro-Prisonniers et notre secrétaire général de la CNT-AIT de Catalogne.

Lors de leurs interventions, ils ont présenté de manière réaliste la situation des détenus dans les prisons espagnoles, en replaçant le mouvement actuel de grèves de la faim tournantes des prisonniers anarchistes dans le cadre de leurs 14 revendications présentées ci-dessous. Cette grève tournante est la troisième opération du genre. Elle est effectuée à tour de rôle par différents prisonniers tous les quinze jours. Elle devrait donc durer jusqu’en février de l’année prochaine.

Comment pourrait-il en être autrement ?

Pendant l’acte, la situation des prisonniers à l’intérieur et la façon dont leurs proches le vivent a été évoquée. Un examen détaillé de l’organisation de leurs revendications au cours des dernières années et un communiqué public d’appui de notre Comité régional en faveur d’Antoine ont été lus. De même, les compagnons de France ont fait le point sur la poursuite du combat des Gilets jaunes en France et de leur criminalisation. Ce mouvement dure depuis  bientôt un an et plus de 3 000 peines de prisons allant de trois mois à quatre ans de prison ont été prononcées pour mater la rébellion.

Nous nous sommes séparés au bout de deux heures, alors que la nuit était déjà tombée depuis longtemps, après avoir rappelé les 14 revendications immédiates des prisonniers en lutte :

1. Eradication de la torture.

2. Abolition des FIES (Fichero de Internos de Especial Seguimiento : fichier des internés en suivi spécial, notre QHS), du régime spécial de punition et d’isolement.

3. Fin de la dispersion géographique.

4. Services médicaux indépendants des autorités pénitentiaires.

5. Libération de tous les prisonniers gravement malades.

6. Que les personnes ayant des problèmes de santé mentale ne soient pas en prison.

7. L’administration de méthadone et de médicaments psychiatriques doit être accompagnée de groupes de soutien et de thérapeutes indépendants.

8. Clarification et délimitation des responsabilités pour tous les compagnons assassinés dans les en prison depuis le début de ce qu’ils appellent la «démocratie».

9. Les salles de classe, les ateliers et les activités doivent s’adresser également aux prisonniers qui sont taxés d’être « irrécupérables ».

10. Que le traitement et les «modules de respect» ne soient pas utilisés pour faire chanter des prisonniers.

11. Cessation des fouilles intégrales des familles et des visiteurs et des rayons X. Liberté de communication par tout moyen, sans limitation ni exigence bureaucratique.

12. Que la solidarité ne soit pas criminalisée. Les prisonniers et les groupes de soutien ne font qu’un.

13. Contre l’emprisonnement à perpétuité révisable et camouflé. Pour la restauration du système de réduction des peines.

14. Contre l’impossibilité de se défendre juridique.

Mur par mur, pierre par pierre, nous détruirons toutes les prisons !

Des militants de la CNT-AIT de Catalogne et de France

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