UTOPIA, L’ENVERS DU DISCOURS (BORDEAUX)

Publié le 14/12/2007 sur la liste de diffusion « Actualité de l’Anarcho-syndicalisme », http://liste.cnt-ait.info

Pour information, un texte sur l’Utopia Bordeaux, trouvé ce jour sur le web.

Où l’on apprend que le cinéma Bordelais n’a rien à envier à la franchise toulousaine : en effet, le directeur du Café Utopia (associé au cinéma) n’avait pas hésité à embaucher deux contrats CNE en plein mouvement anti CPE/CNE …

Sinon petite précision : s’il n’y a pas à proprement parler de CNT AIT sur Bordeaux, c’est par contre là que se trouvait le bureau confédéral de la CNT Vignoles pendant l’affaire …..

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Utopia, l’envers du discours

Place Camille Jullian vit un petit monde étrange. Une communauté de beaux parleurs qui a construit, derrière les murs inoffensifs d’un cinéma, un monde à son image, sans OGM, sans nucléaire, où les films sont tous en VO. On parle des ouvriers sans les voir, mais ça rapporte… Petit voyage dans les coulisses du discours de l’Utopia.

Marché bio tous les mercredis, soirées spéciales organisées par l’Espace Marx Aquitaine ou la LCR, pétitions à perte de vue…. A l’Utopia, on s’inscrit contre.

Bien sûr l’Utopia est un lieu culturel particulier, un cinéma d’Art et d’Essai renommé et solide. Le cadre est magnifique. Immenses plafonds, fresques d’un autre temps, escaliers feutrés… Dans l’ancienne église Saint-Siméon rénovée, on a envie de se lover devant l’écran toute la journée.

La programmation ferait saliver n’importe quel adepte du VO et du cinéma d’auteur : les films sont soigneusement choisis, la ligne est cohérente, on peut y rencontrer les réalisateurs lors de soirées-débats qui font la renommée de l’Utopia.

Incohérences et petites contrariétés

Mais on est loin de la petite salle en péril décrite dans la Gazette de l’Utopia de novembre-décembre.

L’Utopia, c’est huit cinémas en France, un chiffre d’affaire de 1,3 millions d’euros et 1000 visiteurs par jour pour le seul site de Bordeaux… A Toulouse, l’Utopia fait plus de chiffre d’affaire que l’UGC : 600 000 entrées payantes en 2003, plus de 3 millions d’euros de chiffre d’affaire.

En politique, l’Utopia est ostensiblement engagé. Celui de Bordeaux participe à tous les forums sociaux locaux, et la chaîne des cinémas Utopia est liée avec une branche du parti socialiste, le mouvement Utopia. Les intervenants dans les conférences et les soirées spéciales sont la crème de la crème du monde politique de gauche. Mais l’entreprise et ses salariés vivent bien dans notre petit monde libéral à nous.

Malgré les discours qui crient “haro sur le boulot” et “travailler moins pour gagner moins”, les employés de l’Utopia ne sont pas vernis. A Toulouse, le CNT-AIT a été contacté par d’anciens salariés se plaignant de licenciements abusifs. L’une d’entre eux aurait notamment été licenciée pour “manque de conscience politique”. Le conseil des Prud’hommes a tranché en sa faveur.

A Bordeaux, pas de scandale autour de licenciements, même si l’embauche en CNE de deux employés, Sylvie et Mario, par le café de l’Utopia avait fait un peu de bruit en 2006. Tous deux se déclarent ravis de leurs conditions de travail, mais c’est le contraste entre les mots et les actes qui surprend, et qui choque. Le journal Sud-Ouest avait publié un article, et certaines personnes avaient réagi au cours du forum social local. Selon Patrick Troudet, directeur de l’Utopia Saint Siméon, si le scandale n’a pas éclaté c’est qu’ “il n’y a pas de CNT à Bordeaux”. Cynisme ?

Quoi qu’il en soit, un coup d’œil suffit pour remarquer que les seuls pauvres présents à l’Utopia sont ceux qui font chaque jour la manche devant le cinéma. A l’intérieur, pour citer le patron d’un café voisin, c’est “une belle clientèle”. Qui aime les beaux discours.

Jessica Thomas http

http//ceciestunexercice.wordpress.com/2007/11/30/utopia-lenvers-du-discours/

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