[LIBAN] Le revirement honteux du mouvement du 14 mars

Le revirement honteux du mouvement du 14 mars

November 14, 2008

Le mouvement du 14 mars, en dehors de quelques unes de ses composantes honnêtes, a accepté d’élire un militaire au poste de président de la République libanaise, contrairement à tout ce qu’elle ne cessait de répéter sur son refus de voir un Président militaire un jour. Ce revirement a constitué pour nous un grand choc. Nous, communistes libertaires libanais avions exprimé notre soutien au mouvement du 14 mars à un moment donné et sur des points donnés tout en exprimant notre conviction que la plupart des composantes du 14 mars sont essentiellement bourgeois. Au point  que notre position nous a valu des critiques très dures de la part de nos camarades communistes et anarchistes libanais et étrangers (notamment français). Nous avons insisté sur cette position et nous continuons à penser que le mouvement du 14 mars (peut-être jusqu’à sa position concernant l’acceptation d’un Président issu des rangs militaires) est dans le bon chemin pouvant sauver ce pays face aux dangers du fondamentalisme et de la dictature (notamment syrienne).
Aujourd’hui nous découvrons une chose bien décevante : ce revirement reflète le grand fossé au niveau des convictions qui nous sépare des composantes du 14 mars.
C’est une question d’engagement, de croyance en des principes et de crédibilité.

Alternative Communiste Libertaire

Liban
Décembre 2007

Le SMIC au Liban

November 14, 2008

Il est vrai que nous avons pris position, nous communistes libertaires libanais, plutôt pour le rassemblement du 14 mars, parce que celui-ci a effectivement rassemblé et de manière spontanée et révolutionnaire sur trois axes : rassemblement entre libanais de différentes confessions, unité contre le régime syrien et sa nature dictatoriale et volonté de punir les assassins de nombreuses personnalités libanaises dont le facteur commun est l’anti-syrianisme et la souveraineté du Liban.
Toutefois celle-ci est une chose mais tout autre est le fait que nous ne comprenons pas pourquoi ce gouvernement Siniora ne fait rien en faveur de la classe prolétaire du pays. A tel point qu’il est en train de perdre toute crédibilité. Les gens commencent à avoir plein le cul des 8 mars et 14 mars et 11.. et tous les mars.. Ils veulent manger, ils ont faim.. Le nombre de Libanais autour des poubelles publiques comme privées augmentent. La vie est de plus en plus chère. Le tribunal international ne donnera pas du pain au Libanais. La Syrie est dehors mais la corruption a sein du gouvernement Siniora continue.

Le SMIC est de 300000 livres libanaises (160 euros) avec une vie aussi chère qu’aux Champs-Elysées. Nous lançons à travers ce mot un appel aux autres organisations libanaises pour tenir des réunions afin de décider d’actions sur le terrain (sit-in, grève, entretiens musclés..) pour que ce gouvernement fasse quelque chose pour augmenter ce SMIC et arrêtent de mentir aux gens au nom de la démocratie..

Ceci ne changera pas toutefois notre position à l’égard d’un Hezbollah financé par l’argent énorme des enturbanés iraniens rétrogrades et répressifs. Mais quand même. C’est un contexte bien précis qui nous a poussé à soutenir un rassemblement (14 mars), dont beaucoup de composantes sont carrément bourgeoises.. Mais à la condition de ne pas dépasser un certain seuil : traiter les Libanais comme on traite des animaux.. A quoi bon juger les assassins par un tribunal international dans un pays qui n’existera plus puisque les Libanais s’en vont, émigrent..  Au pays du diable c’est beaucoup mieux…

Mars 2007
Alternative communiste libertaire -Liban-

Alternative communiste libertaire-Liban, Décembre 2006

November 14, 2008

Nous, communistes libertaires au Liban, vibrons avec les idées révolutionnaires élaborées dans tous les coins de l’humanité, chacun à sa manière, de Bakounine à Marx, d’Elisée Reclus à Abdel Rahman el Kawakbi, de Jibran Khalil Jibran à Daniel Guerin, de el Hallaj à Sébastien Faure..

Nous continuons à penser que le sit-in organisé par le Hezbollah au centre de Beyrouth est un mauvais acte. Tout ce mouvement veut barrer la route devant le tribunal international qui devra juger ceux qui ont assassiné les tueurs des hommes de la liberté comme Georges Hawi, Jibran Tueini, Samir Kassir, Pierre Gemayel et autres.. Nous sommes résolument aux côtés de ces gens-là, du mouvement du 14 mars, des dissidents du PC, de l’OACL (mounazzamit al amal), du mouvement d’al Inkaz issu du PC, du mouvement de la gauche démocratique mais aussi aux côtés de tous ceux qui se joignent pour bâtir un nouveau Liban démocratique et qui osent dénoncer le régime dictatorial syrien (les Forces libanaises, le parti progressiste socialiste, le courant al Mostaqbal, etc..).

C’est un pur hasard qui dresse actuellement le mouvement du 8 mars contre Buch : c’est son fanatisme et son soutien du régime dictatorial syrien au nom d’on ne sait plus quel arabisme et nationalisme hypocrite.

Alternative communiste libertaire-Liban
(Décembre 2006)

Au piège de la victoire

November 14, 2008

Al Badil publie ci-dessous l’édito de Issa Goraie du journal libanais L’Orient le Jour dont nous partageons les grandes lignes:

L’éditorial de Issa GORAIEB
Au piège de la victoire

La meilleure des défenses est souvent l’attaque. Après un an et demi de crise, c’est cette règle d’or de la science militaire que vient d’appliquer le Hezbollah pour modifier de fond en comble, à son avantage, les données du problème libanais. Comme toute chose a un prix cependant, il lui aura fallu pour cela jeter aux orties une autre règle non point d’or, mais de bois, celle-là : une règle qu’il affirmait s’être imposée, une règle qui n’a jamais fait trop illusion au demeurant, celle de ne jamais tourner ses armes contre des Libanais.

Pour autant, ce n’est même pas une guerre préventive qu’a lancée le parti de Dieu afin de se rendre maître des quartiers ouest de la capitale. Car aucune main ne le menaçait, qu’il convenait de trancher vite fait, comme s’y engageait mercredi à la télévision Hassan Nasrallah. À aucun moment il n’a été question, pour l’establishment politique du moins, de le désarmer par la force. Et même quand fut ordonnée l’ouverture d’enquêtes sur ces abus caractérisés que sont la surveillance par caméra des pistes de l’aéroport international de Beyrouth et la mise en place d’un réseau de télécommunications privé, il était évident pour tous que le gouvernement n’avait guère, là, les moyens de sa politique : que ces deux affaires étaient promises aux arguties du débat politique comme aux légendaires lenteurs de la machine judiciaire. Par sa fulgurance et sa violence, mais aussi par les inacceptables exactions qui l’ont accompagnée et qui n’avaient d’autre objet que d’intimider, de terroriser, l’offensive du Hezbollah apparaît bel et bien, dès lors, comme un plan minutieusement élaboré, lentement mûri et qui n’attendait que le jour J pour être appliqué.

Au plan psychologique et de la propagande, l’opération aura été précédée d’une incroyable prestation dans l’art de retourner contre l’adversaire les mêmes arguments qui vous sont opposés. Ainsi, et à titre d’exemple, l’AIB pris en otage au mépris de toutes les lois ? Rien qu’un corridor par où étaient acheminés armes et argent à ces traîtres et vendus de gouvernants, a cherché à faire accroire une milice notoirement fondée, armée et financée par l’Iran. Le déchaînement de violence, le vandalisme, l’élimination des organes d’information du Courant du futur auront donné peu après un éloquent spécimen des vertus démocratiques, civilisées, dont l’opposition n’a cessé de se réclamer.

De même, ce n’est absolument pas un coup d’État qu’a opéré le Hezbollah : si coup il y a bien en effet, c’est en réalité un coup de non-État. Pour avoir violé sa promesse solennelle de ne tirer en aucune circonstance sur d’autres Libanais, pour avoir fait d’une manifestation à caractère social un mouvement de désobéissance civile vite mué en agression militaire, ce parti perd toute crédibilité en ce qui concerne la myriade d’autres engagements contractés sur la place publique. C’est bel et bien l’essence, sinon la totalité du pouvoir, qu’il convoite, même s’il ne revendique qu’une simple, normale et banale association. Et cette énorme part de pouvoir, avec toutes les connexions extérieures qu’elle implique, le Hezbollah ne pourra jamais l’imposer à tous les Libanais. Ce n’est pas une république nouvelle, mais des ruines de république que peut engendrer une telle démarche. Tout cela, le Hezbollah, qui a les dents bien longues, mais qui aura sans doute du mal à digérer son triomphe, devrait en prendre conscience, ne serait-ce que par devoir de loyauté à l’importante communauté libanaise dont il assume le destin. Devraient en prendre conscience aussi ceux des alliés qui plastronnent au spectacle de cette nouvelle (et divine ?) victoire et qui ne dédaigneraient pas une gloriole présidentielle sur ces ruines de république.

Un gouvernement assiégé, mais qui ne peut se dédire et annuler ses dernières décisions sans perdre la face et même bien davantage ; et en face, une organisation armée décidée à récolter tout de suite les fruits de son aventure : par sa gravité, le rébus actuel ne laisse d’autre arbitre en place que le commandant de l’armée, qui se trouve être aussi le président virtuel du pays, si tant est bien sûr que les appuis qui lui ont été exprimés de toutes parts sont tous sincères. Dans l’ensemble, c’est un comportement exemplaire qu’avait eu l’institution militaire depuis le séisme de l’an 2005. Ce n’est pas l’accabler, ce n’est pas méconnaître les précautions qu’exige le souci de sa propre cohésion que de constater qu’en maintes occasions durant ces derniers jours elle a été prise en défaut. Et ce n’est pas pousser l’armée au suicide que de lui rappeler le plus élémentaire de ses devoirs, c’est-à-dire la protection et la défense de l’autorité légale, mais aussi des services publics.

Sagesse et doigté sont de rigueur bien sûr. En revanche, toute tentation manœuvrière ne serait qu’une porte ouverte à toutes les compromissions. Là aussi, c’est sur des ruines de république que se seraient hissées les étoiles d’épaulette…

Issa Goraieb

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Al Badil, Liban, 11 Mai 2008

November 14, 2008

Notre groupe communiste libertaire stigmatise les agissements du Hezbolla qui dévoile ses vraies ambitions et stratégie politique. Nous l’avions déjà dit : il n’y a pas que l’aspect « résistance » dans ce parti religieux. Personne n’ignore et ne salue ce qu’a fait ce parti dans sa lutte acharnée contre l’occupant israélien. Mais peu avouent que ce parti est essentiellement un parti autoritaire, fondamentaliste, ayant des liens privilégiés avec le régime dictatorial et rétrograde iranien ; qu’il refuse de mettre fin à son Etat dans l’Etat et de se fusionner avec l’armée libanaise.
Les derniers événements ont révélé que ce parti utilise ses armes non contre Israél mais aussi contre les autres libanais. Personne ne s’attendait à de telles attaques au dépourvu. L’avenir montrera que ce parti est bien moins fort qu’il ne prétend l’être.

L’histoire va dans le sens de la liberté.

Al Badil- Liban
Beyrouth
11-5-2008

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