La pandémie comme guerre de classe contre les travailleurs

25 novembre 2020, Confédération Autonome des Travailleurs (ARK) –  http://avtonomna.com/

Медицински будилник, Le réveil médical, bulletin d’information des infirmières

Le gouvernement a annoncé un deuxième verrouillage dans le pays, qui débutera le vendredi 27 novembre. Cela se produit dans le contexte d’un effondrement complet de notre système de santé, principalement en raison du manque d’infirmières et d’ambulanciers paramédicaux, d’une propagation incontrôlée du virus, qui place la Bulgarie au premier rang en termes de mortalité en l’Europe et d’une insécurité totale de la majorité des travailleurs quant à leur revenu à court et moyen terme.

Comment en est-on arrivé là ?

Commençons par l’effondrement de notre système de santé. La vérité est qu’elle était au bord du précipice bien avant la pandémie, comme s’en alarmaient les experts médicaux depuis des années. La pandémie n’a fait que nous aider à faire un pas en avant décisif. Il est maintenant temps de se rappeler que les infirmières organisent des manifestations de masse pour des salaires adéquats et des conditions de travail humaines afin de garder les infirmières en Bulgarie (éviter l’émigration) et notre système de soins de santé, ainsi que pour mettre fin au commerce rampant des soins de santé. Elles ont protesté pendant des mois, organisé des campements de tentes et même occupé le parlement, dans une tentative désespérée de forcer le gouvernement à prendre des mesures pour sauver les soins de santé bulgares. Le gouvernement a catégoriquement refusé de se plier ne serait-ce qu’à l’une des demandes des infirmières. Les résultats sont catastrophiques, et aujourd’hui, nous tous – travailleurs de la santé et patients – en ressentons sur le poids sur notre dos.

Bien qu’il ait raté l’occasion de sauver le système de santé de l’effondrement, le gouvernement aurait pu au moins atténuer le déclin en prenant des mesures adéquates après le début de la pandémie. Au lieu de cela, depuis le printemps, nous avons été témoins d’une imprudence criminelle et de la comptabilité la plus effrontée qui a ajouté à l’effondrement inévitable des soins de santé et à un sentiment de désolation et de désespoir. Alors que les gouvernements de toute l’Europe se sont précipités pour augmenter les salaires des infirmières, des ambulanciers paramédicaux et des médecins à pas de géant, la Bulgarie est restée le seul pays où, au lieu d’augmentation, les employés recevaient seulement des primes, et encore pas pour tout le monde. La mesure insensée de 1000 Lev bulgares (500 Euros) en aide ponctuelle aux employés de première ligne a jeté les travailleurs de la santé  dans le chaos, créé des tensions du fait des ambiguïtés – qui devait être considéré comme travailleur de première ligne et qui ne le devait pas – et a contribué à saper la cohésion et la solidarité indispensables en temps de crise. La plupart des travailleurs n’ont jamais rien reçu. Les mesures prévues pour l’année prochaine continuent de creuser le fond, et l’augmentation misérable des salaires ne sera TEMPORAIRE que pour 2021.

Mais ce n’est qu’une goutte dans l’océan. Les milliers de médecins, d’infirmières et d’ambulanciers qui sont épuisés, emballés dans des combinaisons spatiales, enchainant les rotations insupportables pour compenser le manque de personnel, ne disposant toujours pas dotés des équipements de protection les plus élémentaires – gants, masques, tabliers. Alors que des milliards sont versés dans le système de santé chaque année, les travailleurs sont obligés d’acheter eux-mêmes leur propre équipement de sécurité, des dizaines d’hôpitaux survivent grâce à des campagnes d’aide et de charité, d’autres envoient des appels désespérés à des bénévoles et des patients meurent en dehors des hôpitaux faute de personnel. Le gouvernement a eu des mois, depuis le printemps à aujourd’hui, pour essayer de préparer notre système de santé à la deuxième vague du virus à venir. Mais pour économiser de l’argent, ne pas changer le modèle néolibéral des soins de santé, ne pas réduire les revenus des commerçants en santé humaine – ils n’ont rien fait. Et maintenant, les soins de santé s’abattent sur nos têtes.

Les mesures du gouvernement contre l’épidémie

Après avoir vu que le gouvernement a refusé de prendre des mesures dans le domaine de la santé, regardons les autres mesures de lutte contre l’épidémie qui ont été prises depuis le printemps. Dès le début, elles avaient et ont toujours un fort caractère de classe. Avec l’entrée du coronavirus en Bulgarie au début du printemps 2020, le gouvernement a annoncé un verrouillage complet, bien que la propagation de l’infection ait été plusieurs fois inférieure à ce que nous avons vu au début de l’automne, lorsque le gouvernement a refusé d’introduire même un verrouillage partiel. Derrière ces actions apparemment chaotiques des dirigeants, les intérêts économiques de leur classe sont clairement visibles. Le verrouillage au printemps a été principalement dicté par les propriétaires de petites entreprises commerciales qui pensaient pouvoir sauver la saison touristique estivale et limiter leurs pertes financières du reflux attendu si la propagation de la maladie se limitait à la fin du mois de mai. C’est effectivement ce qui s’est passé : au début de la saison estivale, la propagation était contrôlée et tous les bars, hôtels et restaurants ont ouvert leurs portes. Les mesures anti-épidémies ont cédé la place au commerce.

Ceci, à son tour, a conduit de manière tout à fait prévisible à une forte augmentation de la propagation de la maladie, qui a commencé en juillet, est devenue incontrôlable en octobre et continue de croître jusqu’à ce jour. C’est en octobre que le caractère de classe de la gestion de crise s’est révélé dans toute sa splendeur. Lors de briefings devenus notoirement (et comiquement) célèbres, à côté du Ministre de la santé sont apparus des experts tels que Richard Alibegov, président de l’association des restaurants, qui ont commencé à donner des instructions à la population. Cela montrait clairement dans l’intérêt de qui la crise était gérée. En conséquence, les restaurants sont restés ouverts, les cas ont continué d’augmenter et le prix a été payé et continue d’être payé principalement par les familles des travailleurs qui, contrairement à Alibegov, travaillent effectivement dans ses restaurants.

Alors que les patrons se contentent de leur privilège de s’isoler et de tenir des conseils d’administration en ligne, ce sont les travailleurs qui doivent travailler sur place – dans les restaurants, les bureaux et les magasins tous les jours, malgré le risque d’infection pour nourrir leurs familles.

Mais la nature de classe de la gestion de crise ne s’arrête pas là. C’est évident dans chacune des mesures prises depuis le début de la crise. Alors que l’État exprimait son empathie pour les hommes d’affaires qui souffraient depuis longtemps et de la réduction de leurs bénéfices inestimables, il se comportait comme  une stricte « marâtre» pour les travailleurs et le peuple en général. Caressant avec une plume et discutant de manière sacrificielle de tous les caprices des hommes d’affaires, le gouvernement a vicieusement attaqué la population, l’accusant de l’échec de leurs mesures insensées. Parce qu’il a refusé d’introduire de véritables mesures pour faire face à la crise sanitaire afin de ne pas nuire aux bénéfices des entreprises, refusant d’indemniser et de stimuler la responsabilité des gens- l’État a introduit une série de mesures timides, dénuées de sens ou carrément néfastes contre les gens ordinaires. Les gens devaient porter des masques dans les endroits les plus étranges, suivre les horaires en constante évolution de sortie via des corridors « verts », et toutes sortes d’autres caprices des dirigeants. Le travail du parlement a fini par pointer du doigt les gens en les accusant de manque de discipline, de stupidité et d’incompréhension. Dans ce contexte, il n’est pas surprenant que de nombreuses personnes se contentent de dénoncer le gouvernement et le siège et les mesures.

Mesures sociales

La pandémie passera, comme toute autre pandémie similaire dans l’histoire de l’humanité est passée. Mais cela aura de graves conséquences économiques et sociales. Les conséquences ont commencé à apparaître dès le début, lors du premier verrouillage au printemps, lorsque des milliers de travailleurs ont perdu leur emploi ou ont été contraints de prendre un congé sans solde. Les mesures sociales de l’État dans cette situation n’étaient pas surprenantes au vu de l’intérêt de classe qu’il sert, comme nous l’avons déjà vu en détail ci-dessus. Pour les hommes d’affaires, des fonds de soutien ont été immédiatement organisés pour couvrir la plupart de leurs dépenses pendant la période de crise, des prêts sans intérêt et un tas d’autres avantages. Mais les travailleurs qui se pressaient devant les bureaux de chômage n’ont rien reçu. Dans le verrouillage actuel, des milliers de travailleurs sont confrontés à la même situation, mais encore aggravée par le fait que beaucoup d’entre eux ont déjà dépensé leurs indemnités chômage pendant le verrouillage au printemps et restent maintenant littéralement sans revenu au milieu de l’hiver et sans perspective d’assouplissement de la situation dans les mois à venir. Le gouvernement a promis une aide en cas de crise de 24 Lev (12,25 Euros) par jour pour les personnes envoyées en congé forcé sans solde – bien sûr, pas par souci particulier pour les travailleurs, mais surtout pour aider les entreprises à garder leur personnel. Par contre il n’y a pas d’argent pour les travailleurs licenciés à cause du verrouillage, qui sont considérés comme inutiles pour l’entreprise – et donc inutiles pour l’État!

Les conséquences du principe de classe de répartition de la générosité de l’Etat ne s’arrêtent pas à la catastrophe sociale dans laquelle les licenciements sont lancés. Ils détruisent les fondements mêmes de la société. Aujourd’hui, on voit comment le refus du gouvernement de fournir des revenus aux parents contraints de quitter le travail pour s’occuper de leurs enfants alors que les écoles et les jardins d’enfants sont fermés conduit à une affreuse confrontation entre parents inquiets pour leurs revenus et enseignants inquiets pour leur vie. Nous pouvons voir ces exemples dans d’autres secteurs également. Grâce à sa politique antisociale, l’État est en passe de faire plus de mal à la société que la pandémie.

Que pouvons-nous faire?

Concernant la crise sanitaire, le match est terminé. Quelles que soient les mesures prises à partir de maintenant, il est trop tard pour parler de faire face à la situation. Ce qui peut être fait, c’est faire pression sur le gouvernement pour qu’il fournisse au moins une protection de base aux travailleurs du secteur de la santé afin qu’ils puissent continuer à sauver des vies dans la dignité. L’autre chose, encore plus importante, est d’exercer une forte pression, non seulement de la part des travailleurs de santé, mais de l’ensemble de la société – pour que tous les travailleurs de la santé soient équitablement rémunérés pour avoir pris la crise sanitaire sur leur dos, non pas par des primes ponctuelles ou temporaires, mais par des augmentations significative des salaires. Cette augmentation de salaire doit aussi être le premier pas vers une réforme radicale du secteur, qui mettra fin au commerce de la santé humaine et qui est aujourd’hui plus que jamais une question de vie ou de mort.

En termes de mesures sociales, les protestations des travailleurs des secteurs les plus touchés ont déjà éclaté au moment où nous écrivons cet article. Ce qu’il faut faire, c’est empêcher la division des travailleurs, que les dirigeants maîtrisent si bien et exercent chaque fois qu’ils en ont l’occasion. Il faut insister pour garantir les revenus de tous – ceux qui sont en congé sans solde et licenciés, ceux du tourisme et ceux de l’industrie. Pour le droit des enseignants de travailler à distance et le droit des parents d’être à la maison avec leurs enfants sans risquer de perdre leurs revenus. L’heure n’est pas à la division par secteurs, villes et professions, mais à la solidarité et à la cohésion.

evgeni5150

[Bulgarie] Répression contre les agents de santé en grève

02/06/2020, ARK, https://www.facebook.com/avtonomnakonf/

солидарност със здравните работници, solidarité avec les travailleurs de la santé

Fin mai 2020, le syndicat de base ARK a fait état de la peur et de la colère dans le conflit du travail à l’hôpital Pirogov, le plus grand hôpital du pays. Dans les jours précédents, une attaque sans précédent (même pour des standards Bulgares …)  de la répression étatique contre l ‘«Union des professionnels de la santé» (SBMS) avait commencé.

Des manifestations et des grèves dans le secteur de la santé s’y déroulent depuis plus d’un an. Le syndicat d’infirmières SBMS se bat pour des salaires et des conditions de travail décents, ainsi que pour la fin de la commercialisation de la santé humaine dont tout le monde souffre.

Il y a quelques mois, le gouvernement local a tenté d’empêcher la création d’un groupe syndical du SBMS dans l’hôpital de la ville et a engagé une procédure disciplinaire contre la présidente de la section, Boyka Anastasova. Il s’agit de tentatives audacieuses mais désespérées de détruire les infirmières rebelles. La police  a pris également des mesures contre les principaux organisateurs, qui ont été convoqués au commissariat central de Bucarest, la capitale, pour interrogatoire.

Le syndicat de base «Confédération autonome des travailleurs» (ARK) déclare sa solidarité avec la SBMS dans son conflit de travail, et demande le licenciement immédiat du directeur responsable de la clinique, le professeur Asen Baltov. Tous les policiers qui ont violé arbitrairement la constitution et la loi pendant les opérations devraient également être démis de leurs fonctions et une enquête devrait être ouverte. En outre, nous exhortons les syndicats en Europe et dans le monde à prendre position sur ce cas d’attaques de l’État contre la liberté syndicale et à manifester leur protestation contre cette suppression des professionnels de la santé en Bulgarie

Dans la lutte solidaire pour la dignité des travailleurs.

PS : les compagnons en Autriche ont organisé des actions de solidarité cf. http://cnt-ait.info/2021/01/31/bulgarie-autriche/

Extrait du Bulletin d’info international « un autre futur pour la santé »#2

Précarité et répression syndicale dans les EPHAD espagnols

[Espagne] LA RESIDENCE « L’ARBOC » REFUSE DE RECONNAITRE LA SECTION DE LA CNT-AIT

23 août 2020, CNT-AIT, Catalogne, https://www.nodo50.org/cntcatalunya

La section syndicale de la CNT-AIT au sein de la résidence pour personnes âgées « L’arboç » (Barcelone) est en conflit avec la direction, car celle-ci refuse de reconnaitre la CNT-AIT. La Direction a essayé d’acheter nos militantes en leur proposant de participer aux élections syndicales sur une liste montée par la direction. La CNT-AIT a refusé, car elle ne participe pas aux élections syndicales, par principe. La loi espagnole autorise les sections syndicales à agir dans l’entreprise, même si elles ne participent pas aux élections syndicales. Mais la direction de l’entreprise refuse de discuter avec la section syndicale. Ci-dessous un courrier adressé à la Direction pour lui rappeler le droit syndical et lui proposer un cours de formation, à un prix d’ami.

De la Section syndicale de le CNT-AIT de la Résidence pour personnes âgées « L’Arboç »

A la Direction de cette résidence,

Barcelone, le 05 août 2020

Cette section syndicale vous envoie de nouveau ce courrier suite à votre courrier daté du 25 juillet envoyé à la compañera Mme Gillermina G. en tant que collègue qui nous représente parmi les travailleurs. Nous apportons les précisions suivantes :

En lien avec votre courrier susmentionnée, vu la manière dont cette direction s’exprime dans ledit courrier, nous en déduisons qu’il serait utile que vous demandiez conseil au cabinet d’avocats que vous mentionnez avant de nous envoyer une nouvelle lettre, car nous pensons que vous confondez les Elections Syndicales avec les Sections Syndicales. A toutes fins utiles, nous vous informons que la Confederación Nacional del Trabajo (CNT-AIT) organise des cours de formation de droit syndicale au cas où vous seriez intéressé ; pour les entreprises, ces cours sont payants, mais pour vous nous sommes sûrs que nous accepterons de vous faire un prix/ Renseignez-vous dans la Bulletin Officiel Espagnol entre autre des dispositions qui réglementent l’activité des syndicats.

Comme à d’autres occasions, nous renouvelons notre demande de tenir une réunion avec cette direction pour discuter des problèmes et des droits qui nous concernent en tant que travailleurs de cette résidence et que vous ne respectez pas, et pour lesquels vous avez toujours répondu par le silence. Nous pointons que les travailleurs ont été à la hauteur de la tâche lors de la situation de pandémie de coronavirus, comme la gérante Mme Ana Morales peut le confirmer. Nous exprimons notre déception face à la présence nulle dans toute cette situation d’urgence sanitaire du gérant M. Miguel Sánchez, que nous n’avons pas vu à la Résidence, alors qu’il a communiquait aux proches des résidents que ceux-ci allaient bien et même jouaient aux dominos. Merci M. Miguel Sánchez pour votre exemple.

Nous vous communiquons que Mme Isabel M., en raison du dépassement d’heures mensuelles, prendra les mercredis de sa longue semaine, pour compenser les heures l’Accord de branche.

Nous vous communiquons aussi que Mme Yovanna M. prendra les vendredis de sa semaine courte pour les mêmes raisons que Mme Isabel.

Avec tout ce qui est indiqué dans ce courrier et dans ce qui a été mentionné dans les paragraphes précédents, nous demandons encore une fois une rencontre avec vous et nos conseillers syndicaux pour harmoniser les différences qui pourraient exister. Nous sommes à votre disposition.

Bien à vous, cette section syndicale et ses représentants.

HALTE A LA PRECARITE DANS LES EHPAD

Contre la précarité salariale dans les résidences pour personnes âgées et les EHPAD !
– Journées excessives
– Manque de personnel
– Manque de moyens de mobilité pour les anciens
– Corruption du comité d’entreprise avec la direction
– Atteintes aux droits fondamentaux des patients
– Abandon des obligations de l’administration  

ASSEZ !

Organise toi et lutte !    

CNT-AIT

Extrait du Bulletin d’info international « un autre futur pour la santé »#2

هنگامی که بلشویک‌ها آنارشیست‌ها را در پاریس می‌کشتند

Quand les bolcheviks assassinaient des anarchistes à Paris

13 ژانویه گنجه آنارشیستی

نادر تیف :


یادآوری برخی رویدادهای تاریخی جنبش کارگری به این جهت ضرورت دارد که بتوان از آن‌ها درس گرفت و برای امروز و آینده به کارشان بست تا بتوان از تکرار فاجعه جلوگیری کرد. یکی از این فجایع روز ۱۱ ژانویه ۱۹۲۴، نودوهفت سال پیش، در شماره ۳۳ خیابان گرانژـ اُ ـ بل (۳۳, rue Grange-Aux-Belles) در پاریس رخ داد.

در مکان مذکور ساختمانی وجود داشت که از ابتدای سده بیستم میلادی «خانه سندیکاها» نامیده می‌شد. در پی مبارزات کنفدراسیون عمومی کار (CGT) برای هشت ساعت کار در روز، این تشکل به اخراج از ساختمان بورس کار واقع در شماره ۳ خیابان Château d’Eau پاریس تهدید ‌شد. یک مهندس به نام روبر لوزون ارثی ‌برد و آن را در اختیار ث.ژ.ت. گذاشت. اتحادیه ساختمان مذکور را خرید و سندیکای کارگران ساختمان ث.ژ.ت. آن را نوسازی کرد. ث.ژ.ت. از ژوئن ۱۹۰۷ در این مکان مستقر شد و سال ۱۹۱۲ قرار شد که اتحادیه سندیکاهای ث.ژ.ت. سِن (Union des syndicats de la Seine) اسناد مالکیت ساختمان را به نام خود کند. این ساختمان می‌توانست پذیرای تا ۳ هزار نفر باشد. فعالان کارگری در آن محلی برای خدمات رایگان پزشکی و یک چاپ‌خانه راه‌اندازی کردند. این ساختمان فقط محل تجمع کارگران سندیکالیست نبود. در ابتداء آنارشیست‌ها و سوسیالیست‌ها و سپس کمونیست‌ها در آن کنگره، جلسه و جشن برگزار می‌کردند. پس از آن که در کنگره شهر تور (دسامبر ۱۹۲۰) سوسیالیست‌ها و کمونیست‌ها از هم جدا شدند، دوّمی‌ها نخستین کنگره اداری خود را در مه ۱۹۲۱ در همین ساختمان برپا کردند و تصمیم گرفتند خود را «واحد فرانسه انترناسیونال کمونیست» یا (SFIC) بنامند. ۱۵ اکتبر ۱۹۲۲ دوّمین کنگره در همین مکان تشکیل شد و دیمتری مانویلسکی از سوی کمینترن یا انترناسیونال کمونیست در آن شرکت کرد.

کسانی که با تاریخ تحریف‌نشده‌ی ث.ژ.ت. آشنایی دارند می‌دانند که این کنفدراسیون را فعالان کارگری آنارشیست پایه‌گذاری کردند. اما جنگ جهانی اوّل موجب شد که در این سندیکا اختلاف و دودستگی به وجود آید، به ویژه به این دلیل که فراخوان به اعتصاب عمومی ۱۹۲۰ شکست خورد. دو گرایش شکل گرفت. رهبری یک گرایش را که اکثریت پیدا کرد لئون ژوئو، آلفونس مرهایم و ژورژ دومولن به دست گرفت و دیگری که خود را «وحدت‌طلب» معرفی کرد مجموعه‌ای بود از سندیکالیست‌های انقلابی، آنارشیست و کمونیست. در این میان کل اتحادیه سندیکاهای ث.ژ.ت. سِن در میان گرایش وحدت‌طلب بود و لذا حال مالک ساختمان خانه سندیکاها بود. گرایش وحدت‌طلب CGTU یا کنفدارسیون عمومی کار وحدت‌طلب را بنیان‌گذاری کرد.

با توجه به رویدادهایی که در سال‌های ۱۹۲۲ و ۱۹۲۳ در روسیه اتفاق افتاد اختلاف روز‌به‌روز بین کمونیست‌ها یا طرفداران سوسیالیسم اقتدارگرا که از تشکیل رژیم بلشویک‌ها حمایت می‌کردند و آنارشیست‌ها که برای سوسیالیسم آزادی‌خواه و از پایین مبارزه می‌کردند، افزایش یافت. آنارشیست‌ها به شدت به افشای اقدامات بلشویک‌ها در روسیه دامن زدند، جایی که فعالان کارگری پتروگراد، ملوانان کرونشتات و کشاورزان اوکرائین سرکوب شده بودند. کار به جایی رسید که کنفدارسیون عمومی کار وحدت‌طلب پیش از کنگره‌ی فوق‌العاده خود در ۱۹۲۳ جزوه‌ای منتشر کرد با عنوان: سرکوب آنارشیسم در روسیه شوروی. در این جزوه با مثال‌هایی خطر بلشویسم علیه طبقه کارگر به افکار عمومی نشان داده شد. آنارکوسندیکالیست‌هایی که در ث.ژ.ت. وحدت‌طلب متشکل شده بودند به تدریج به این نتیجه می‌رسیدند که کمونیست‌ها تمایل دارند تا جنبش سندیکالیستی را به زیرمجموعه‌ای از فعالیت‌های احزاب تبدیل کنند. کمونیست‌ها در کنگره تشکل مذکور خواهان پیوستن به انترناسیونال سندیکاهای سرخ شدند که در مسکو پایه‌گذاری شده بود. از آن پس آنارکوسندیکالیست‌های ث.ژ.ت. وحدت‌طلب از خود می‌پرسیدند که آیا لزومی دارد که همچنان در آن باقی بمانند؟


حزب کمونیست فرانسه تصمیم گرفت که روز ۱۱ ژانویه ۱۹۲۴ در خانه سندیکاهای خیابان گرانژـ اُ ـ بل میتینگی برگزار کند. فعالان آنارکوسندیکالیست نیز تصمیم گرفتند که در آن شرکت کنند و استفاده‌ی سیاسی این حزب را از مکان مذکور به چالش بکشند. تقریباً ۳ هزار نفر در سالن همایش حاضر بودند که ۳۰۰ نفرشان آنارشیست بودند. زمانی که مارت بیگو، یکی از رهبران حزب کمونیست و همچنین ث.ژ.ت. وحدت‌طلب پشت تریبون رفت تا سخنانی ایراد کند، یکی از آنارشیست‌ها فریاد زد:«سندیکالیسم ربطی به شما ندارد.» تعداد زیادی از حاضران با کف زدن از این گفته حمایت کردند. ناگهان برق سالن قطع شد. پس از آن که برق دوباره وصل شد، یکی از رهبران حزب کمونیست به نام آلبرت ترن پشت تریبون قرار گرفت و فوراً به آنارشیست‌ها فحاشی کرد. عده‌ای از آنارشیست‌ها تصمیم گرفتند به سوی تریبون بروند. ترن که خود یک نظامی بود به رئیس گروه نظم حزب کمونیست که ژورژ بوگران نام داشت و مانند او نظامی بود، دستور داد که با قدرت هر چه تمام‌تر علیه آنارشیست‌ها وارد عمل شود. تیراندازی آغاز شد و ژول بودو، کارگر ساختمان نخستین کسی بود که از ناحیه گردن با گلوله زخمی شد. او یک آنارکوسندیکالیست بود. اما متاسفانه دو کارگر آنارکوسندیکالیست دیگر به نام‌های نیکولا کلو و آدرین پونسه که زخمی شده بودند در راه بیمارستان جان باختند. چه روزنامه‌ی اومانیته، ارگان حزب کمونیست فرانسه و چه روزنامه لیبرتر که آنارشیست بود فردای آن روز مسئولیت فاجعه را به گردن یک‌دیگر انداختند. اما دروغ‌پردازی‌های روزنامه کمونیست اندکی بیش دوام نیاورد، زیرا تمام چند صد آنارشیست در گوشه چپ سالن بودند و تمام آثار گلوله‌ها هم در این نقطه سالن دیده می‌شدند.


تشییع جنازه آدرین پونسه با حضور دست‌کم سه هزار نفر برگزار شد. حزب کمونیست فرانسه دروغ دیگری گفت و اعلام کرد که نیکولا کلو عضوش بوده و حتا برای او تشییع جنازه ترتیب داد، اما تعداد اندکی در آن شرکت کردند.

ا علیه آنارشیست‌ها در قلب پاریس، آنارکوسندیکالیست‌ها تصمیم گرفتند دسته‌جمعی از ث.ژ.ت. وحدت‌طلب خارج شوند. روزنامه یومیه‌ی لیبرتر تیتر زد:«از جنایتکاران جدا شویم.» این چنین بود که آنارشیست‌ها و همه غیرکمونیست‌ها از این تشکل جدا شدند. آنان ابتداء اتحادیه فدراتیو سندیکاهای خودگردان را تشکیل دادند و سپس به اندازه برابر عده‌ای به ث.ژ.ت. پیوستند و دسته دوّم ث.ژ.ت. – سندیکالیسم انقلابی را پی ریختند.


هر چند ث.ژ.ت. وحدت‌طلب با پافشاری فعالان آنارشیست کمسیون تحقیقی تشکیل داد اما زیر فشار کمونیست‌ها هرگز گزارشی منتشر نکرد. سال ۱۹۲۹ دو کارگر آنارشیست به نام‌های ژولین لوپن و آلبرت گیگی گفتند که یکی از تیراندازان گابریل دوکور عضو حزب کمونیست و سندیکای کارگران راه‌آهن بوده است، با این حال هرگز هیچ‌کس برای مرگ دو نفر در میتینگ خیابان گرانژ ـ اُ ـ بل دستگیر نشد.

مه پیک‌ره، زن و فعال آنارکوسندیکالیست که در سالن حضور داشت در کتابش به این فاجعه اشاره گزارش‌گونه کرده است که می‌توان در لینک زیر خواند: http://monde-nouveau.net/spip.php?article594


نادر تیف

دوشنبه ۲۲ دی ۱۳۹۹ ـ ۱۱ ژانویه ۲۰۲۱

LA COLONNE DURRUTI (DIECINUEVE DE JULIO) [FILM]

Les victoires militaires et la vie quotidienne de la colonne Durruti dans la plaine de l’Aragon, dans les premiers mois de la guerre d’Espagne (août-septembre 1936).

Le titre original de ce film anarchiste célèbre le 19 juillet 1936, jour où le peuple en armes mit en déroute les fascistes quelques heures après le coup d’Etat franquiste.

L’armement des miliciens est visiblement disparate et insuffisant. La colonne – que l’on voit se déployer en ordre dispersé dans la plaine Aragonaise – reprend aux franquistes des petites villes (Pina de Ebro et Siétamo) tandis qu’est montré le quartier général de Buenaventura Durruti (Bujaraloz).


Dans les villes libérées, la population et les miliciens anarchistes de la CNT-AIT (Confederacion National del Trabajo, Association INternationale des Travailleurs) et de la FAI (Federacion Anarquista Ibérica) se saluent poing fermé. Dans la dernière partie du film, quelques rares avions appuyant la colonne anarchiste sont filmés à plusieurs reprises.

La colonne Durruti présente un décalage entre la musique (La Chevauchée des Walkyries) et le contenu des images (peu spectaculaires), entre le texte du commentaire (parfois grandiloquent) et son ton (terne et hésitant). La colonne Durruti n’en reste pas moins un document émouvant sur la Révolution espagnole, l’un des tous premiers film produits par les « rangs républicains ». Il témoigne également de la popularité du dirigeant anarchiste.

Musique : La Chevauchée des Walkyries de Wagner.
Lieu : Pina, Siétamo, Bujaraloz (plaine de l’Aragon)
Personnalité : Buenaventura Durruti

Après le soulèvement militaire fasciste du 18 juillet, les ouvriers de Barcelone et les anarchistes , dont Buenaventura Durruti, organisèrent des milices armées qui montèrent aussitôt en première ligne pour libérer les villes tombées aux mains fascistes, dont Saragosse en Aragon.

Ces colonnes étaient formées de soldats improvisés, dont beaucoup voyaient et maniaient les armes pour la première fois, et à qui, en pleine rue, ceux qui avaient un tant soit peu d’expérience enseignaient les rudiments : charger et décharger, prendre la ligne de mire, lancer des grenades, etc. La formation ne fut pas aussi facile que l’imaginaient les militants.

A son départ de Barcelone, la colonne Durruti, malgré le prestige de ce dernier, n’avait que 2000 hommes; les chauffeurs de ses camions étaient si inexpérimentés qu’ils semèrent bon nombre de leurs véhicules sur la route; cependant la colonne se renforça progressivement, atteignant un effectif de 3500 hommes, et elle joua un rôle très important à Madrid, où Durutti mourut en première ligne, dans des conditions encore discutés …

Les organisations anarchosyndicalistes CNT-AIT/FAI constituèrent une équipe de film immédiatement après la victoire de Barcelone sur les rebelles. La première production du CNT-AIT, Reportaje del Movimiento Revolucionario, ne cachait pas l’anti-cléricalisme des révolutionnaires, ce qui déplut fortement aux commuistes et aux républicains modérés, qui trouvèrent que ce film donnait une mauvaise image de la République espagnole …

Le groupe cinématographique CNT-AIT/FAI continua la production de documentaires, en grande partie destinés à l’étranger, si l’on s’en réfère aux commentaires français et anglais dont ils étaient pourvus. En France c’est le Comité pour l’Espagne libre qui s’occupait de la distribution des films CNT/FAI et en Grande-Bretagne l’Anarchist Communist Federation. (in La guerre civile et le cinéma de Bert Hogenkamp, Revue belge du cinéma, n°17, automine 1986)

Lieux de consultation : Ciné-Archives, Archives françaises du film, Archives départementales de la Seine-Saint-Denis, Forum des images

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tc intc outduréedescriptionmots clés
10:00:15:0010:01:20:0000:01:05:00Le convoi s’arrête sur une route de la plaine. Les voitures et camions sont surchargés. Buenaventura Durruti discute avec ses camarades de la CNT-AIT et de la FAI. Les hommes (et une jeune femme) en armes se rassemblent en petits groupes. Plan sur un camion siglé UGT. (Union General de Trabajadores) 
10:01:20:0110:02:50:0000:01:29:24Les combattants à pied se dispersent dans les collines. Durruti observe la plaine avec ses jumelles. 10:02:16:00 Plan très bref sur la soupe, puis sur les combattants aux aguets, et contrechamp sur la plaine qu’ils surveillent. 
10:02:50:0110:03:52:0000:01:01:24Le village de Bujaraloz, « occupé sans combat. Les fascistes avaient fui devant l’ardeur de nos milicien de la CNT et de la FAI ». Images de l’église, des rues et places du village. Une inscription à la craie « Viva la FAI ». « La vie nouvelle s’organise » : plan sur un attroupement devant une affiche, sur un camion de la croix rouge, puis courte séquence sur l’hygiène : tout sourire, les hommes font leur toilette au puits communal. 
10:03:52:0110:04:40:0000:00:47:24Retour dans le maquis. Plan d’ensemble sur depuis une colline. 10:04:03:00 les hommes font traverser la rivière à des moutons en barque. Sur la terre ferme, les soldats s’improvisent bergers et guident le troupeau. 10:04:30:00 L’abattage des moutons. 
10:04:40:0110:05:35:0000:00:54:24Retour au village. Les combattants au repos font la sieste dans la rue. Des charrettes passent dans la rue principale. Puis un des soldats tient au discours à ses camarades venus de toutes les régions de l’Espagne, et aux villageois (jeunes, vieux, femmes et enfants). 10:05:22:00 plan sur un milicien blessé à la tête. 
10:05:35:0110:06:50:0000:01:14:24La colonne s’ébranle et traverse le village. Des combattants en uniforme saluent le passage de la caméra, juchée sur un camion, en levant les fusils et en saluant poing fermé. Foule nombreuse massée le long du cortège. Alternances d’un plan moyen de Durruti en discussion avec des soldats (en dehors du village) et de vues de la foule dans les rues du village. Les hommes montent dans un camion. 10:06:45:00 Des villageois souriants, au premier plan desquels une femme et des enfants saluent les combattants le poing tendu. 
10:06:50:0110:07:40:0000:00:49:24Le convoi des jeeps estampillées FAI et CNT sur les routes de plaine. Décalage criant entre la Chevauchée des Walkyries et la lenteur et l’espacement du convoi…. 10:07:22:00 le drapeau rouge et noir flotte au vent. Les hommes marchent sur la route. 
10:07:40:0110:09:00:0000:01:19:24Bruits de détonations et images d’explosions au loin. Images d’hommes tirant au fusil et à la mitrailleuse. 10:08:07:00 des hommes creusent des tranchées. 10:08:25:00 toujours au son des explosions, des hommes installent une clôture autour du camp. Les hommes courent avec leur fusil. 
10:09:00:0110:10:05:0000:01:04:24Pina de Ebro. Après une journée de combats, la CNT vient de prendre la ville de Pina. L’arrière-garde s’organise. Nouvelles images de villageois saluant (on reconnaît des villageois du village précédent….!) 10:09:26:00 les hommes se baignent, se coupent les cheveux, fauchent le foin. Sous une chaleur de plomb, les hommes construisent un nouveau camp. Plan sur des hommes buvant dans des outres. Images du nouveau camp, avec ses tentes. Une lampe destinée à envoyer des signaux lumineux. 
10:10:05:0110:11:50:0000:01:44:24Plan sur un camion blindé marqué CNT FAI sur lequel flotte le drapeau anarchiste. Les miliciens attendent ou creusent des tranchées (en décalage avec le commentaire qui raconte le combat contre les fascistes postés sur l’autre rive de l’Ebre.) 10:11:00:00 Détonations, une explosion au loin du côté du village de Pina. Montage de plusieurs scènes illustrant les combats (hommes qui tirent) mais qui a priori ne s’accordent pas entre elles (le paysage est très différent de l’une à l’autre), en alternance avec un plan fixe sur le village au loin. De la fumée s’élève de Pina. 
10:11:50:0110:12:33:0000:00:42:24Plan sur la carte d’Espagne. Pina est reprise. Nouvelles images du village ; un homme fait le guet à l’intérieur du clocher ; des combattants, cachés derrière des sacs de sable, sont postés sous un hangar jouxtant l’église. Dégâts des explosions sur les maisons. Ruines. 
10:12:33:0110:13:32:0000:00:58:24Plan d’ensemble sur le camion blindé « CNT FAI – Columna Durruti » Quelques miliciens posent sur le camion. Gros plan sur les impacts de balle sur le camion, et sur le drapeau criblé. 10:12:41:00 plan sur l’ensemble de la colonne qui célèbre sa victoire (les hommes brandissent leur poings, leurs fusils, et le drapeau) 10:12:50:00 vue d’ensemble sur leurs camions dans la plaine . Des combattants saluent, debout devant leur tente. 
10:13:32:0110:14:29:0000:00:56:24Le quotidien. Le moment du repas (plans sur les marmites, sur le cuisinier qui sonne la cloche, puis sur les miliciens présentant leur gamelle, en regardant fixement la caméra). Les combattants reçoivent les nouvelles des journaux venus de Barcelone. 10:14:15:0 un milicien lit Solidaridad Obrera. 10:14:21:00 L’hôpital de Pina. 
10:14:29:0110:17:30:0000:03:00:24De retour dans la plaine, images des tentes. 10:14:50:00 on met en place les canons. 00:15:29:00 on prépare les projectiles. Champ/contrechamp des tirs et d’explosions au loin. 10:16:33:00 succession de plans sur des hommes armés de fusils postés en différents points. 
10:17:30:0110:19:25:0000:01:54:24La bataille finie, les miliciens marchent sur la route et regagnent les voitures. Décalage entre les images tournées à la campagne et le commentaire disant que la milice arrive en ville. 10:18:26:00 les soldats arrivent dans le village désert. 10:19:10 Ils hissent le « drapeau de la liberté » sur le clocher. 
10:19:25:0110:20:47:0000:01:21:24Retour à Bujaraloz, QG de la colonne. Des camions stationnent sur une place 10:19:51:00 Durruti s’adresse à ses troupes. 10:20:00:00 un groupe est massé sous un avion, qui va appuyer les combattants à nouveau sur le départ. Vues des rues du village, des miliciens au balcon, et Durruti avec un enfant. « Il inspire toujours la confiance ». 
10:20:47:0110:21:30:0000:00:42:24L’avion, marqué de la faucille et du marteau, se met en marche. Les avions décollent et volent. 
10:21:30:0110:21:47:0000:00:16:24Retour au village. Les jeunes miliciens défilent sur les camions. « Les aiglons de la FAI partent sur les traces de leurs ainés » 
10:21:47:0110:22:40:0000:00:52:24La colonne en marche, sur la route et à travers champs. Commentaire à nouveau décalé « pas à pas on se bat ». 
10:22:40:0110:27:34:0000:04:53:24A nouveau la carte d’Espagne. d’autres noms apparaissent : Huesca, Sietamo, Zaragoza. Images floues tournées dans les champs, son médiocre. Les miliciens attendent dans des tranchées. Les combats reprennent, pour prendre Siétamo cette fois : alternance de plans du village au loin, de plans d’un avion, et de plans montrant les miliciens au combat avec leurs fusils. Tirs nourris. Les combattants avancent vers la ville. 10:27:04:00 un blessé évacué sur une civière. 
10:27:34:0110:29:08:0000:01:33:24Les combattants courent dans Siétamo. Ils récupèrent des armes, évacuent des blessés, se fraient des passages en abattant des murs à coups de pioche. Le village en ruines fume. « Enfin Setmaos (sic) est pris. Bravo, camarades de la FAI, bravo camarades de la CNT qui luttez pour la liberté. » Fin.

Fin de la grève à Stef Montbartier

Après plus de 40 jours de grève, les travailleurs de l’entreprise STEF de Montbartier ont choisi de reprendre le travail.


Malgré l’opiniâtreté d’un patronat de choc, ils ont obtenu un certain nombre de conditions (salaire, intéressement, panier et prime transports) supérieures à ce qu’il leur avait été proposé initialement.


Cet aboutissement prouve encore une fois que la lutte par l’action directe reste la meilleure arme des salariés pour faire valoir leurs droits et leur dignité.

Les militants de la CNT-AIT ont soutenu cette lutte, en apportant une aide financière et en informant la population de la justesse de leur cause et de la nécessité de leur apporter un soutien solidaire.

A l’issue de ce mouvement, la nécessité d’élargir, sans sectarisme ni a-priori, la solidarité de classe entre les exploités apparaît encore plus urgente.

CNT-AIT Montauban

montauban [at] cnt-ait.info

Another Future for health !

Another Future for health #2

international information for health workers from anarchosyndicalist perspective

News and analysis from France, Spain, UK, Serbia, Ukraine, Bulgaria, Austria, Germany, Iran, Bangladesh, Poland

30 pages, to be downloaded

Revolution through health,
health through Revolution

Digest of international information from health and care workers, from an anarchosyndicalist perspective #2 – second semester 2020

When we produced the first issue of this digest, in Summer 2020, we were only at the start of the Covid 19 pandemic, after the end of the first lockdown. We were already presenting that we were living historic times, with dramatic consequences for millions of people on earth, but we did not imagine that the situation would continue and even worsen 6 months later.

Workers in the health and care sector are on the front lines in fighting the disease. The State has asked them to make superhuman efforts, and it continues. A new world is emerging on the horizon, which we fear will be more authoritarian than ever, and that in the name of health. More than ever, it seems important to us that health workers in different countries can inform each other about their respective situation, because in a globalized world we are all interdependent. Beyond analyzes of the situation, examples of resistance implemented in a self-organized way by the workers themselves can also inspire us and encourage us in our struggles

This digest is made by health workers from CNT-AIT France. We are the section in France of the AIT (International Workers’ Association, IWA). The CNT-AIT brings together workers who identify with the principles, tactics and goals of anarchosyndicalism. With this bulletin we want to contribute to a work of collective critical reflection, beyond borders. We have chosen and collected texts produced by different groups around the world, which are active in the health and care sector. Some of these groups are, for the most part, members or friends of AIT, others do not belong to our international, but with all of them we maintain fraternal and reciprocal contacts.

It emerges from these articles that overall the situation is the same everywhere: lack of resources, lack of training, personnel sacrificed by the lack of preparation of the health services which have been destroyed for several years in the name of managerial efficiency and financial profitability. . We can see today the effectiveness of these restructurings … This disorganization and this chaos itself are not the fruits of chance, they are not due to anarchists, they are the result of the combined action of the State and of Capitalism.

To save humanity, we have no choice but to organize ourselves collectively to end the state and capitalism.

If you wish to continue receiving this newsletter, contact us at contact@cnt-ait.info

« Anarchy is the highest expression of Order. »
(E RECLUS)
Let’s finish with the Chaos of State and Capitalism!


CONTENT

[France] “LET’S GO” TOWARD TOTAL PRIVATISATION OF PUBLIC HEALTH.

[France] PARIS, HEALTH WORKERS DEMONSTRATION, June 16, 2020.

Claude Bernard, Bachelard and Feyerabend: three scientists against scientism

[France] In health services as everywhere: work and die.

HISTORY: HOW DID SPANISH ANARCHOSYNDICALISTS MANAGED THE PUBLIC HEALTH DURING THE 36’s REVOLUTION? (An example of libertarian communism applied in accute health crisis time).

NURSING HOMES, HOSPITALS: TO EXHAUST AT WORK FOR A WAGE OF MISERY? [Sticker]

FREE MASKS FOR ALL ! [Sticker]

[Spain] Public health privatization, the Spanish health nightmare …

[Spain] Against wage insecurity in retirement homes and nursing HOMES!

[Spain] AT THE « L’ARBOC » NURSING HOME, THE MANAGEMENT REFUSES TO RECOGNIZE THE CNT-AIT SECTION

[Ukraine] Worthy salary for the nurses!

[Bulgaria] The pandemic as a class war against workers.

[Bulgaria] Crackdown on striking health workers.

[Bulgaria/Austria] Solidarity with the struggle of Bulgarian nurses.

[Bulgaria/Austria] SARS-CoV-2 Aid delivery has arrived in Bulgaria!

[Austria] POLITICAL DISCRIMINATION AT THE RED CROSS.

[Germany] Protest march against health care crisis in Cologne.

[Iran] Demonstration of the medical students of Tabriz.

[Bangladesh] Distribution of washable masks to tea workers.

[UK] Reduced Life = Reduced Work (The Work/Life Balance).

[UK] The Alarming Rise of Branson’s Virgin Care and the Threat to the NHS.

[UK] World Suicide Prevention Day- Breaking the taboo is everyone’s responsibility.

[Serbia] DRAMATIC SITUATION IN HOSPITALS.

[Poland] WOMEN’S HELL.

[Poland] A LOOK BACK AT A SUCCESSFUL STRIKE OF HOUSEKEEPERS AND KITCHEN STAFF AT THE BELCHATOW HOSPITAL

L’autre assaut du Capitole, il y a 25 ans …

Cette histoire d’assaut du Capitole à Washington m’en rappelle une autre, il y a tout juste 25 ans mais à Toulouse …

17 décembre 1995, fin de manif contre le plan Juppé. La dernière manif du mouvement. Les syndicats avaient décidé d’en faire une démonstration de force et de calme, et surtout un enterrement en grande pompe du mouvement. Noël approchait, il était temps de faire la « trêve des confiseurs ». Les syndicats avaient donc décidé de nous épuiser à tourner en rond autour du centre mais de ne surtout pas rentrer au centre-ville pour ne pas gêner les commerçants en ces veilles de fêtes[1].

Beaucoup de monde à cette manif. C’est même la plus grosse manif jamais vue dans l’histoire de Toulouse, 100 000 personnes …  Arrivés à Esquirol, après avoir marché en rond toute l’après-midi comme un goût d’inachevé. La manif ne pouvait pas s’arrêter là … On ne sentait pas fatigués malgré le parcours interminable. un copain déguisé comme une tortue ninja, masque de ski, casque et bouclier bricolé avec un panneau de limitation de vitesse lance « c’est au Capitole qu’on rigole » [2]. Alors que les syndicats tournent à droite pour aller vers les carmes,  la manif bifurque à gauche et continue en direction du Capitole. Nous sommes plusieurs milliers.

Arrivés au Capitole, la place est envahie. Les copains d’InfoSud (revue autonome de l’époque) essayent d’accrocher leur banderole noire sur la porte du Cap. La porte d’entrouvre. Stationnée à un angle de la place, derrière la banderole rouge et noire de votre anarchosyndicat préféré, les compagnons se disent « tient ca bouge à la porte du Cap, ils ont réussi à rentrer ». 2 copains courent pour voir ce qui se passe. Ils sont suivis par 2 autres copains, puis 20, puis 200 puis tout le monde qui se rue en courant sur la porte pour s’engouffrer. Le reste de la manif suit le mouvement… En fait la porte s’ouvrait pour laisser sortir les gardes-mobiles entassés dans la cour du Cap, mais qui n’étaient pas équipés, ne portant que leur calot … Lorsque la vague se rue sur eux, le choc est frontal sur les boucliers en plexi. Les hampes de drapeau s’abattent. Quelques calots volent. Des dents aussi. La ligne bleue est enfoncée. Ils rentrent sans demander leur reste se calfeutrer dans la mairie. Du premier étage, au balcon du Capitole, des gardes mobiles cassent les carreaux de la salle des illustres et balancent les lacrymos pour noyer la place du Cap. Mais les manifestants ne bougent pas, en redemandent même. A peine les familles avec poussettes se mettent à l’abri sous les arcades des illustres. Des syndicalistes et des squatters du Clandé s’épaulent pour rassembler des poubelles (les éboueurs étaient en grève depuis plusieurs semaines) sur la porte de l’Opéra et y mettent le feu. La porte commence à bruler …

Les manifestants se rependent dans les petites rues autour du Capitole pour prendre position. Un client sort précipitamment du coiffeur, en blouse et les cheveux pleins de shampoing : les émeutiers étaient en train de renverser sa BMW pour en faire une barricade. Rue Paragaminière, d’autres aident le gérant du Petit Casino à rentrer ses étalages ; en échange le boutiquer leur donne de l’eau et des citrons contre les lacrymos.

Quelques voitures sont renversées pour faire obstacle, les petits groupes harcèlent les flics sans s’arrêter. Des jeunes des quartiers populaires, en goguette au centre-ville, se joignent au mouvement. Le jeu de chat et la souris dure plusieurs heures, profitant de la nuit qui vient de tomber. Les « sucrettes », ces fourgons de flics blancs, zigzaguent pour éviter les projectiles et les poubelles qui s’abattent sur eux.

Pas une seule personne ne fut arrêtée, et aussi pas une seule vitrine ne tomba : ce soir-là, pourtant journée d’emplette et veille de Noël, les cibles étaient les flics. Jeunes, moins jeunes, militants et badauds, tous ensembles. La rage pure, sans opportunisme consumériste ni récupération politicarde.

Le lendemain la dépêche titre « l’assaut des anarchistes : 200 anarchistes derrière une banderole rouge et noire attaquent le Capitole. Ils ont balancé tout ce qu’ils avaient dans leurs poches : boulons, bouteilles de bières, etc.  Les loubards s’en mêlent ». Baudis, le Maire de Toulouse, parle d’insurrection. Un groupe anarchiste fédéré dont on taira le nom par charité fait un communiqué pour se plaindre que « la préfecture n’a pris visiblement aucune mesure pour empêcher la manifestation d’accéder à la place du Capitole » (ce dont se plaindra également la FASP, la fédération autonome des syndicats de police …) et rejeter toute confusion entre les anarchistes et les loubards. La CNT-AIT quant à elle se contente de contester que – contrairement à ce que dit La Dépêche – les manifestants soient venus les poches remplies de projectiles et de poser la question des violences policières …

Le soir avec les copains, on se fait une grande bouffe dans le resto autogéré de Titi et Nicolas. Les calots – prises de guerre – tournent, on se marre, une copine sort l’accordéon, on chante et on rit bruyamment.

Ce fut le plus beau noël de ma vie …

Little Mouna

PS :
Finalement le plan Juppé fut retiré. Peut être cet assaut sur le Capitole y a-t-il un peu contribué.


[1] Voici ce que disait la Dépêche du Midi dans son édition de la veille de la manif : « Epargner la rue d’Alsace Lorraine, Wilson, le Capitole, la mairie et la préfecture, avouez que c’est une prouesse ! C’est la concession faite par les syndicats … qui ne veulent pas rendre leur mouvement impopulaire par « la manif de trop ». Pour les commerçants de l‘hypercentre, cela signifie (enfin !) la paix devant leurs magasins. C’est terriblement important en ce premier samedi du rush de Noël. La même satisfaction vaut bien évidemment, pour les acheteurs : ils n’éprouveront aucune gêne. Le centre-ville (propre depuis hier) sera libre de toute manifestation, et parfaitement accessible. … Saluons cette grande boucle … de grande capacité, ouverte et intelligente, qui « n’étrangle pas la ville. Quand la manif sera à saint Cyprien, on sera tranquille en ville ! En revanche, Esquirol et la rue du Languedoc seront noyés de manifestants, disons autour de 16h à 16h30, au moment de la dislocation.» les autorités policières et les syndicats avaient manifestement tout prévu … sauf un petit grain de sable …

[2] le copain s’était inspiré du slogan lancé à son époque par Mouna au quartier latin : « caca .. pipi … capitalisme »

Annexes :

Le parcours négocié par les syndicats … « un parcours intelligent »

La Dépêche, 16 décembre 1995

Manif : une dernière « pour gagner », un parcours intelligent

Voici le parcours qu’empruntera la manifestation aujourd’hui. Il est inédit, et présente de sérieux avantages. Pour tout le monde ;

Epargner la rue d’Alsace Lorraine, Wilson, le Capitole, la mairie et la préfecture, avouez que c’est une prouesse ! C’est la concession faite par les syndicats … qui ne veulent pas rendre leur mouvement impopulaire par « la manif de trop ».

Pour les commerçants de l‘hypercentre, cela signifie (enfin !) la paix devant leurs magasins. C’est terriblement important en ce premier samedi du rush de Noël. La même satisfaction vaut bien évidemment, pour les acheteurs : ils n’éprouveront aucune gêne. Le centre-ville (propre depuis hier) sera libre de toute manifestation, et parfaitement accessible. Un coup d’œil sur le plan le montre : l’accès automobile par le monument aux morts, et le boulevard Carnot , ou bien la rue de Metz et la rue d’Alsace sera toujours ouvert.

Il faut comprendre également, que si le bas des Allées jean-Jaurès est neutralisé de 13h15 à 14h – le temps du rassemblement et du démarrage du cortège- il sera libre ensuite. Les manifestations ne reviendront pas à cet endroit ; l’avancée du cortège se fera vers Jeanne d’Arc, Arnaud Bernard, et très loin jusqu’au pont des Catalans, libérant le boulevard derrière lui. Quand la manif sera à saint Cyprien, on sera tranquille en ville ! En revanche, Esquirol et la rue du Languedoc seront noyés de manifestants, disons autour de 16h à 16h30, au moment de la dislocation.

Saluons cette grande boucle … de grande capacité, ouverte et intelligente, qui « n’étrangle pas la ville »

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La dépêche du 17 décembre 1995

Des scènes de panique indescriptibles

La manifestation avait gardé l’air – et la chanson avec Nougaro en prime, s’il vous plait – d’une grande kermesse. Elle allait se terminer, elle était même terminée pour des dizaines de milliers de personnes qui se séparaient aux carmes. Mais deux ou trois mille éléments du cortège, complètement bloqués au niveau de la place du Salin, ont voulu prendre un petit dessert en passant place du Capitole. Ils y sont allés, naïvement, toujours dans l’esprit détendu du début.

Naïvement, car il faut savoir que l’on ne plaisante pas avec l’interdiction de fouler la place de la mairie un jour de manif. Les gardes-mobiles, massés dans la cour du Capitole, derrière de lourdes portes closes, attendaient de pied ferme. Des imbéciles, des casseurs, quelques dizaines, attendaient, quant à eux l’incident. Ils ont balancés bouteilles et poubelles enflammées sur la façade, cassant des vitres. Et la garde a chargé, sans ménagement et aveuglément.

Les nombreux témoignages indignés qui nous sont parvenus hier se rejoignaient : les forces de l’ordre ont semé une pagaille indescriptibles sur la place et dans les rues adjacentes – rues Baour-Lourmian, de la Pomme, … – très fréquentées par des piétons tout à fait étrangers à la manifestation : ils se baladaient ou faisaient leurs emplettes. Des personnes âgées, des gamins ont été bousculés, rudoyés. Les grenades lacrymogènes tombaient, les coups de matraque aussi, et pas seulement sur les loubards, loin de là. Et comme les rues d’accès à la place furent très vite bouclées par les camions de la police, tous ceux qui s’y trouvaient alors étaient emprisonnés comme des rats dans une nasse, ne comprenant même pas ce qui se passait.

Des questions se posaient hier soi : la riposte aux casseurs n’-t-elle pas manqué de maitrise ? Les loubards auraient très bien pu être stoppés sans que toute la place « trinque ». Ces familles venues exprimer leur opinion dans la rue, souvent avec des enfants, n’avaient certainement pas l’intention de démolir quoi que ce soit. Les gens qui faisaient des courses non plus. Ils s’en rappelleront de leur samedi.

Total, ce qui n’aurait pu être qu’un incident très circonscrit a pris des proportions démesurées, avec des scènes de panique, des blessés, un climat épouvantable ; On voudrait pourrir encore plus la situation que l’on ne s’y prendrait pas autrement …

Hélène, architecte : j’ai eu très peur

Hélène une jeune architecte faisait ses courses en ce samedi après-midi et s’est retrouvée au cœur des affrontements rue Alsace à la tombée de la nuit. Tout à coup j’ai vu des camions de policiers, ils fermaient toutes les rues débouchant sur la place du Capitole alors que des manifestants voulaient s’en approcher. Le face à face était très tendu. Il y avait beaucoup de monde, des manifestants et des passants. Les agents couraient partout. Au loin j’ai vu des grenades lacrymogènes. Il y avait des bousculades. Moi-même j’ai eu peur. Entraînée par le mouvement, j’ai couru. C’était vraiment une atmosphère très glauque.

L’après manif : deux heures de violence autour du Capitole

La manifestation d’opposition au plan Juppé s’est terminée dans la violence à Toulouse. Des « éléments incontrôlés » seraient à l’origine des troubles. Hier soir, on comptait une vingtaine de blessés. En dehors de la mairie, les dégâts matériels sont peu importants.

Des incidents violents se sont produits, hier, entre 1èh30 et 1çh30, au moment de la dislocation de a manifestation. Alors qu’ils s’approchaient de la place du capitole, des manifestants se sont trouvés nez à nez avec les CRS. Pour les disperser, les forces de l’ordre ont fait l’usage de grenades lacrymogènes. Après s’être repliés sous les arcades, les opposants au plan Juppé ont quitté les lieux, dans un certain affolement, en se rendant par petits groupes dans les rues adjacentes. L’ordre de dispersion avait été lancé un peu plus tôt par les organisateurs, du côté de la place des Carmes. Selon un témoin, qui appartenait au cortège, le nombre considérable de manifestants a obligé certains d’entre eux à se déplacer vers la place du Capitole, qui était sous haute surveillance. Les syndicats insistent sur l’aspect pacifiste de ce mouvement de foule non prévu au départ.

L’assaut des anarchistes

Un autre témoin présente une version largement différente des faits. « Vers 17h30, un groupe de 200 personnes a littéralement pris son élan pour fondre sur l’entrée de la mairie, explique celui-ci encore sous le choc. Ils portaient une banderole anarchiste rouge et noire, et hurlaient « c’est au Capitole qu’on rigole ». Ils ont balancé tout ce qu’ils avaient dans leurs poches : boulons, bouteilles de bières, etc. … » Ripostant alors, les CRS n’ont pas fait (ou pas pu faire) le détail entre les manifestants qui tentaient simplement de rentrer chez eux et les « éléments incontrôlés » venus là pour en découdre. Les échauffourées n’en sont pas restées là. Peu à peu le groupuscule s’est replié de l’autre côté de la mairie, autour du jardin du Donjon. Après une brève accalmie, les heurts ont repris rue d’Alsace-Lorraine, avec une violence renouvelée. Des poubelles sont été renversées, des véhicules déplacés. Saisissant tout ce qui se trouvait sur leur chemin (des bouteilles surtout mais aussi des pavés) les casseurs se sont à nouveau frottés aux forces de l’ordre.

Les loubards s’en mêlent

Des voyous, qui n’avaient évidemment rien à voir avec la manifestation de départ, se sont joints alors aux anars pour « casser du flic ». Ces scènes de guérilla urbaine se sont déroulées dans le brouillard du gaz lacrymogène. En raison des incidents, la station de métro du Capitole a été fermée momentanément. La plupart des magasins des envions ont tiré leurs rideaux dès 18h30. Au Monoprix – très exposé comme Mark’s et Spencer et les nouvelles Galeries – la direction a estimé plus prudent de bloquer les issues et de garder ses derniers clients en sécurité, à l’intérieur Pendant une heure, il a fallu utilisé les portes dérobées pour permettre une évacuation en bon ordre. Ver 2à heures, la forte présence policière permettait un retour au calme. Quasi-complet. Une demi-heure plus tard, la circulation était totalement revenue rue d’Alsace-Lorraine.

Blessés légers.

Les affrontements ont fait plusieurs blessés légers chez les manifestants et une quinzaine du côté des forces de l’ordre. Un gardien de la paix a été sérieusement touché à la jambe. Certains blessés ont été soignés sur place par le Samu, d’autres évacués par les sapeurs-pompiers sur l’hôpital Rangueil.

La façade du Capitole, toiletté de frais le matin, a encore beaucoup souffert (vitres brisées, portail brulé …) Pat contre les autres dégâts matériels sont assez réduits (deux vitrines fissurées ou cassées). La police a procédé à l’interpellation d’un homme soupçonné de vandalisme. Toute la nuit, les promeneurs ont assistés, incrédules, aux rondes de police et au nettoyage des rues. Certains avaient des bras chargés de cadeaux. D’autre se rendaient au cinéma pour se distraire un peu. Place Wilson, « le bonheur est le pré » continuait d’attirer les foules.

Jean marc LESCOUARNEC

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Les réactions des organisations anarchistes … et du syndicat policier FASP …

La Dépêche, 19 Décembre 1995

Les incidents :

Des précisions de la Fédération Anarchiste

Militants de la Fédération anarchiste à Toulouse, nous nous sentons mis en cause dans l’édition du 17 décembre de « La Dépêche du Midi »

La Fédération anarchiste s’inscrit résolument dans le mouvement social en cours et participe depuis son début à toutes les manifestations organisées. Celles-ci se sont toujours déroulées dans la sérénité.

Les conditions qui ont rendu inévitables les échauffourées de samedi soir sont largement imputables au fait que la préfecture n’a pris visiblement aucune mesure pour empêcher la manifestation d’accéder à la place du Capitole.

Dans ces conditions, faire porter le chapeau à des « incontrôlés », présentés comme un amalgame « d’anars », de « loubards » et « d’anarchistes » est pour le moins réducteur. C’est en tout cas de nature à engendrer des confusions faces auxquelles nous réagissons.

Fédération Anarchiste, Groupe Albert Camus, Le secrétaire, Jérôme VARQUEZ

… Et de la CNT

Rendant compte des incidents qui ont émaillés la fin de la manifestation samedi, « La Dépêche du Midi » du 17 décembre décrit dans un premier paragraphe une version tout à fait exacte des faits. Elle rapporte ensuite les dires contradictoires d’un « témoin » qui incrimine un groupe de « deux cents personnes », munies d’une banderole rouge et noire, qui aurait fondu sur la mairie en jetant des projectiles.

Comme cent mille personnes peuvent en témoigner, il n’y avait ni casque, ni cagoules, ni matraques, ni sacs de projectiles dans le cortège, ce qui témoigne d’une intention pacifique du début à la fin.

Ce n’est pas la première fois que nous constatons, ces jours derniers, des réactions policières totalement disproportionnées. Jeudi, par exemple, sur cette même place, un rassemblement pacifique de Ras-le-Front a été violemment dispersé. Dans ces conditions, n’y aurait-il pas une volonté délibérée des autorités de provoque des incidents pour pourrir un mouvement social particulièrement profond ? Là est la véritable question que soulèvent les évènements de la place du Capitole.

CNT-AIT (Confédération nationale des travailleurs, Association internationale des Travailleurs)

NDLR de la dépêche du Midi : contrairement à ce que pourrait laisser croire cette mise au point de la CNT, « La Dépêche du Midi » n’a nullement attribué la responsabilité des incidents à cette organisation. Dans notre compte-rendu, nous avons souligné que les actes de violence avaient été déclenchés par des éléments « incontrôlés ».

Communiqué : la Fédération Autonome Syndicale de la Police (FASP) dénonce les casseurs

La FASP solidaire des syndicats que la fonction publique qui ont permis par leur action de maintenir les droits à la retraite actuels, ne fera pas l’amalgame entre des dizaines de milliers de manifestants et une bande de casseurs.

La FASP rejette les accusations portées contre les forces de police engagées samedi lors de l’action menée par 300 individus contre la Capitole. Nos collègues ont fait leur devoir malgré leur faible nombre et ont payé un lourd tribu à cette action avec quinze blessés. La provocation n’est évidemment par de leur fait ;

La FASP avait averti les pouvoirs publics des risques encourus depuis le début de manifestations, compte tenu de la faiblesse des effectifs qu’il était possible d’engager. Depuis trois semaines, jour après jour, la police est sur le terrain et avait réussi à préserver l’essentiel jusqu’à samedi.

Hubert LORTET, secrétaire régional de la FASP

La Dépêche du 28 décembre : retour sur les manifestions

Samedi 16 décembre : on dépasse une nouvelle fois la barre des 100 000 manifestants, sur un parcours allongé et différent dans Toulouse. C’est sans doute le plus grand rassemblement protestataire jamais vu à Toulouse. Un test pour les organisations syndicales : malgré un certain dégel sur le front des grèves, la mobilisation contre le plan Juppé est toujours très massive. Des incidents éclatent place du Capitole en fin de manifestation ? Les gardes-mobiles chargent un groupuscule d’agitateurs, la foule prise de panique pleure sous les gaz lacrymogènes.

TUNISIE : Solidarité avec la jeunesse révolutionnaire !

Depuis le 15 janvier dernier, la jeunesse de Tunisie, privée de ses droits, méprisée et opprimée, se révolte.

La police mene une répression brutale, des centaines de jeunes ont déjà été arrêtés.

Nous exprimons ici toute notre solidarité indéfectible à la jeunesse révolutionnaire de Tunisie !

Liberté pour tous les jeunes arrêtés !

عيش المقاومة الشعبية المستقلة في تونس !

vive la résistance populaire autonome en Tunisie !

Des compagnons anarchistes des deux rives


Messages de compagnons anarchistes tunisiens :

Ce qui est caractéristique du mouvement de contestation qui a eu lieu depuis le 15 janvier:

C’est un mouvement social qui exprime la grande souffrance endurée par les masses pauvres à cause de la faim, de la maladie et du mépris, tandis que les dirigeants plongent profondément dans cette tragédie en couvrant et en apposant des mafias et en étant distrait par des luttes partisanes étroites et décadentes.

C’est un mouvement général qui utilise les médias sociaux pour s’auto-organiser, un mouvement qui touche toutes les parties pauvres du pays et des quartiers populaires, et qui entre ainsi dans le champ du soulèvement sur le chemin de la révolution.

C’est un mouvement de jeunesse par excellence. Son mobile est la jeunesse qui a ouvert les yeux sur des situations explosives, la jeunesse privée de ses droits, méprisée et opprimée.

L’adoption par le mouvement de la violence révolutionnaire contre la police et visant tous les symboles de l’autorité administrative, financière et commerciale …

Et la fausse distorsion morale qui est fabriquée contre le mouvement n’est que la la preuve de la justesse / véracité de l’approche de ce mouvement … Comment allons-nous faire tomber le régime sans viser tout le pouvoir, chaque autorité ? Les soi-disant pillages et vols … ce n’est que la destruction pratique du mode de production capitaliste et de son état mafieux.

ما تتميّز به الحركة الاحتجاجيّة المندلعة منذ 15 جانفي :

ـ هيّ حركة اجتماعيّة تعبّر عن المعاناة الكبيرة التي تكتوي بها جماهير الفقراء من جوع و مرض و حقرة في حين يمعن الحاكم في تلك المأسات بما تردّى فيه من التغطية عن المافيات و التذيل لها و التلهي بالصراعات الحزبية الضيّقة و المنحطّة .

ـ هيّ حركة عامّة تستعمل وسائل التواصل الاجتماعي للتنظم الذاتي حركة مسّت كلّ جهات البلاد المفقرة و الأحياء الشعبيّة و هي بذلك تدخل نطاق الانتفاض على درب الثّورة .

ـ هيّ حركة شبابيّة بامتياز .. فمحرّكها هم الشباب الذي فتح عينه في الأوضاع المتفجرة شباب محروم و محتقر و مقموع .. ان القوى الثوريّة تتجدد و يدخل نطاقها عناصر جديدة تتثقف و تتفولذ في أتون الصراعات الميدانيّة كما تنهل من التراث الثوري المحلي و العالمي .

ـ اعتماد الحركة العنف الثوري ضد البوليس و تستهدف كل رموز السلطة الادارية و المالية و التجاريّة … و ما التشويه الاخلاقي الكاذب الذي يلفّق ضدّها الّا الدليل على صحة منهج الحركة … فكيف سنسقط النظام دون استهداف كل سلطه ؟ أن ما يسمى نهبا و سرقة … هوّ التحطيم العملي لنمط الانتاج الرأسمالي و دولته المافيوزيّة .

الإعتداء على الملكيّة الخاصّة و السّطو على البضائع … انّه لجرم يقترفه الفقراء إنها همجيّة و سرقة … هكذا يتباكى كلاب رأس المال مشوهين أولاد الحفيانة من الجوعى المهمشين … و لكن همجية رأس المال المتحضّرة و قرف دولته المافيوزيّة لا تحرك لكم جفنا يا أولاد شحيبر … و ماهيّ الثورة ان لم تكن اعتداء سافر على الملكيّة الخاصة و على رأس المال في كل أشكاله رأس مال بضاعي أو نقدي أو عقاري … انها حيازة الفقراء للمصانع و الاراضي و الثروات و تشغيلها في ادارة اجتماعية للمنتجين الاحرار بما يعني تصفية نمط الانتاج الرأسمالي و دولته … فليرتفع عويلكم يا كلاب يا مرتزقة يا جهلة. أولاد الحفيانة يجسدون ارادتهم في التحرر و يبعثون الى الوجود بشكل متعجرف قد لا يروق لكم بعد ان تبخرت أوهامهم حول الدولة و الاحزاب و المنظمات و الشخصيات من مثقفي السلطة و رجال الدين …


اتّفق الجميع على تجريم الشباب و تشويهه و التأليب ضدّه و عومل معاملة قاسيّة جديرة بدولة فاشيّة .. اتفق الجميع من سعيّد  » الانتي سيستام  » الذي توجّه للشباب بخطاب يحتقره ضمنيا و يوعده و يعضه بأخلاقيات كان من الأجدى أن يتحلّى بها في فتح ملفات الفساد … كلّ الأحزاب على بكرة أبيها تندد بالسرقة و الفوضى و التخريب و تتهم بعضها البعض …و على رأس هذه الأحزاب الحزب الدستوري الديكتاتوري و ممثلته الزغراطة التي بان بما لا يدع مجالا للشك و للمرة الألف انها فاشية تكن الاحتقار و الحقد للشباب … و مما يلفت الانتباه عودة بعض الوجوه اليسارية للشارع بشكل مقرف و دون خجل أو حياء يعاودون محاولة الركوب على الحراك الشبابي … و لا بد من الانتباه الى ان مظاهرة تونس وسط العاصمة مظاهرة للمساندة و للمطالبة باطلاق سراح الشبيبة و برغم مشروعيتها الا انها كأغلب مظاهرات تونس تموّه التحركات الاجتماعيّة و تفرغها من محتواها بما تربطها بخيوط بالنظام حتى و هي تتعرض للقمع … مظاهرة تونس لها مشروعيّة لمحدودية تجربة الشباب و الذي رفع رايته عالية عسى يفهم الجميع انهم ليسوا قصرا … كانت الراية المناهضة للفاشية بلونها الأحمر و الأسود تؤكد عصرا جديدا تدخله الحركة الثوريّة بتونس .

Tout le monde s’est mis d’accord pour criminaliser et discréditer les jeunes et de le punir contre lui et a été traité de manière cruelle digne d’un état fasciste.. Tout le monde s’est mis d’accord de Said ′′ Anti System ′′ qui s’adresse aux jeunes avec un discours qu’il méprise implicitement, le promet et le mord avec une éthique qui était plus utile Qu ‘ il l’ait dans l’ouverture des dossiers de corruption… Tous les partis dénoncent le vol, le chaos et le sabotage et s’accusent mutuellement… à la tête de ces partis constitutionnels dictature et sa représentante youyou qui n’a rien à faire Il y a du doute et pour la millième fois c’est un fascisme qui est le mépris et la haine envers les jeunes… Ce qui attire l’attention sur le retour de certains visages gauche dans la rue de manière dégoûtante et sans honte, ils réessayent le mouvement des jeunes… Il faut faire attention à La manifestation de Tunis au centre de la capitale est une manifestation de soutien et d’exiger la libération de la jeunesse malgré sa légitimité, mais comme la plupart des manifestations tunisiennes, les mouvements sociaux et les vident de leur contenu en ce qui les relie à des fils au régime même lorsqu’ils subissent Répression… La manifestation de la Tunisie a une légitimité limitée pour l’expérience des jeunes, qui a levé la vue haute, que tout le monde comprenne qu’ils ne sont pas des palais… Le drapeau anti-fascisme avec sa couleur rouge et noire confirme une nouvelle ère d’intervention du mouvement révolutionnaire en Tunisie.


ما عندكم ما تخسروا كان السلاسل , ولي ما يتحركش ما يفيقش بسلاسلو .  Vous n’avez rien à perdre que vos chaînes, qui ne se bouge pas se réveille avec ses châines.  


A bas lEtat policier, à bas l’Etat de classe ! (Beja)

Le président de la République, Kais Saïed, a déclaré dans un discours : » La constitution est ce que les jeunes ont écrit sur les murs. » alors les murs ont la parole …

يا غنوشي يا سفاح يا قتال أرواح

Oh Ghannouchi espèce de tueur en série

UCHIYAMA GUDŌ: FROM SŌTŌ ZEN BOUDDHISM TO ANARCHISM

This article is the chapter 3 of the book « Zen at War by Brian (Daizen) A. Victoria« . (New York & Tokyo: Weatherhill, 1997. pp. 66–73.) This author is not an anarchist, but a contemporary follower of Zen Buddhism, who tries to understand why and how Zen Buddhism was able to constitute one of the pillars of the militarist, imperialist and racist ideology of the Japanese state in the 1900-1945 period.

This chapter highlights one of the precursors of anarchism and anarchosyndicalism, Uchyuma Gudo. He is less well known than Kotoku Sushui, certainly because he was less intellectual. But its course is interesting to know, because it demonstrates the universalism of anarchism.

it also shows how contemporary Buddhists (and even the author in some way) try to mitigate the past crimes of their sect, recovering Uchiyama’s memory and trying to posthumously reintegrate him among their members. Yet Uchyama had begun to reject some of the fundamental principles of Buddhism, such as reincarnation, and he claimed his faith in universalism and Reason.


By the time of the Russo-Japanese War it is fair to say that the clerical and scholarly leaders of Japan’s traditional Buddhist sects were firm supporters of the government’s policies, especially its war policies. But this does not mean that there was no Buddhist resistance to the government. There were, in fact, a few Buddhist priests who not only opposed what they believed to be their government’s increasingly repressive and imperialistic policies but actually sacrificed their lives in the process of doing so.

This chapter will focus on one such group of « radical » Buddhists. Because they were quite small in number, it might be argued that this attention is unwarranted, but few as they were, they had a significant impact on the Buddhist leaders of their time, especially as those leaders continued to formulate their individual and collective responses to Japan’s military expansion abroad and political repression at home.

RADICAL BUDDHIST PRIESTS AND THE HIGH TREASON INCIDENT

It is the High Treason Incident (Taigyaku Jiken) of 1910 that first brought to light the existence of politically radical Buddhist priests. Twenty-six people were arrested for their alleged participation in a conspiracy to kill one or more members of the imperial family. Four of those arrested were Buddhist priests: Shin sect priest Takagi Kemmyō (1864-1914), a second Shin priest, Sasaki Dōgen; a Rinzai Zen sect priest, Mineo Setsudō (1885-1919); and Sōtō Zen sect priest Uchiyama Gudō (1874-1911). All of the defendants were convicted and twenty-four were condemned to death, though later twelve had their sentences commuted to life imprisonment. Uchiyama Gudō was the only priest to be executed. The remaining three Buddhist priests were among those with commuted sentences, though they also all eventually died in
prison, Takagi Kemrnyō at his own hand.

As the execution of Gudō indicates, the authorities clearly considered
him to be the worst of the four priests. This is not surprising, for of all the
priests Gudō was the most actively involved in the movement that the Meiji
government found so reprehensible. Gudō also left behind the most written
material substantiating his beliefs. This said, even Gudō’s writings contain
little that directly addresses the relationship he saw between the Law of the Buddha and his own social activism. This is not surprising, since neither he nor the other three priests claimed to be Buddhist scholars or possess special expertise in either Buddhist doctrine or social, political, or economic theory. They might best be described as social activists who, based on their Buddhist faith, were attempting to alleviate the mental and physical suffering they saw around them, especially in Japan’s impoverished rural areas.

The Japanese government attempted to turn all of the accused in the High Treason Incident into nonpersons, even before their convictions. The court proceedings were conducted behind closed doors, and no press coverage was allowed, because, the government argued, would be « prejudicial to peace and order, or to the maintenance of public morality. » Gudō’s temple of Rinsenji was raided and all his writings and correspondence removed as evidence, never to surface again. Only a few statues of Buddha Shakyamuni that Gudō had carved and presented to his parishioners were left behind. Even his death did not satisfy the authorities. They would not allow his name to appear on his gravemarker at Rinsenji. In fact, when one of his parishioners subsequently dared to leave some flowers on his grave, the police instituted a search throughout the village of Ōhiradai, located in the mountainous Hakone district of Kanagawa Prefecture, to find the offender.

UCHIYAMA’S LIFE

Early Life

Uchiyama was born on May 17, 1874, in the village of Ojiya in Niigata Prefecture. His childhood name was Keikichi, and he was the oldest of four children. Gudō’s father, Naokichi, made his living as a woodworker and carver, specializing in Buddhist statues, family altars, and associated implements. As a child, Gudō learned this trade from his father, and, as noted above, later carved Buddhist statues that he presented to his parishioners at Rinsenji. Even today these simple yet serene nine-inch images of Buddha Shakyamuni are highly valued among the villagers.

Gudō was an able student, earning an award for academic excellence from the prefectural governor. Equally important, he was introduced at an early age to the thinking of a mid-seventeenth-century social reformer by the name of Sakura Sōgorō, Discussions of such issues as the need for land reform to eliminate rural poverty and the enfranchisement of women were an integral part of his childhood education.

Gudō lost his father at the age of sixteen. In his book Buddhists Who Sought Change (Henkaku o Motometa Bukkyōsha), Inagaki Masami identifies this early death as a significant factor in Gudō’s later decision to enter the Buddhist priesthood. On April 12, 1897, Gudō underwent ordination in the Sōtō Zen sect as a disciple of Sakazume Kōjū, abbot of Hōzōji temple.

Over the following seven years, Gudō studed Buddhism academically and trained as a Zen novice in a number of Sōtō Zen temples, chief among them the monastery of Kaizōji in Kanagawa Prefecture. On October 10, 1901, Gudō became the Dharma successor of Miyagi Jitsumyō, abbot of Rinsenji. Three years later, on February 9, 1904, Gudō succeeded his master as Rinsenji’s abbot, thus bringing to an end his formal Zen training.

The temple Gudō succeeded to was exceedingly humble. For one thing, it had no more than forty impoverished families to provide financial support. Aside from a small thatched-roof main hall, its chief assets were two trees, one a persimmon and the other a chestnut, located on the temple grounds. Village tradition states that every autumn Gudō would invite the villagers to the temple to divide the harvest from these trees equally among themselves.

In his discussions with village youth, Gudō once again directed his attention to the problem of rural poverty. He identified the root of the problem as being an unjust economic system, one in which a few individuals owned the bulk of the land and the majority of the rural population was reduced to tenancy. Gudō became an outspoken advocate of land reform, something that would eventually come to pass, but not until many years later, after Japan’s defeat in the Pacific War.

What is significant about Gudō’s advocacy of land reform is that he based his position on his understanding of Buddhism. In discussing this period of his life in the minutes of his later pretrial hearing, Gudō stated:

The year was 1904 … When I reflected on the way in which priests of my sect had undergone religious training in China in former times, I realized how beautiful it had been. Here were two or three hundred persons who, living in one place at one time, shared a communal lifestyle in which they wore the same clothing and ate the same food. I held to the ideal that if this could be applied to one village, one county, or one country, what an extremely good system would be created.

The traditional Buddhist organizational structure, the Sangha, with its communal lifestyle and lack of personal property, was the model from which Gudō drew his inspiration for social reform.

Headquarters of the « Society of Common / Ordinary People » (Heimin-sha) in January 1907, which publishes the Heimin Shimbun.

It was also in 1904 that Gudō had his first significant contact with a much broader, secular social reform movement, anarcho-socialism. Gudō appears to have first come into contact with this movement as a reader of a newly established newspaper, the Heimin Shimbun or « The Commoner’s News. » By the early months of 1904 this newspaper had established itself as Tokyo’s leading advocate of the socialist cause, and Gudō later expressed its impact on him: « When I began reading the Heimin Shimbun at that time [1904], I realized that its principles were identical with my own and therefore I became an anarcho-socialist. »

Gudō was not content, however, to be a mere reader of this newspaper. In its January 17, 1904 edition, he wrote:

As a propagator of Buddhism I teach that « all sentient beings have the Buddha-nature » and that « within the Dharma there is equality, with neither superior nor inferior. » Furthermore, I teach that « all sentient beings are my children. » Having taken these golden words as the basis of my faith, I discovered that they are in complete agreement with the principles of socialism. It was thus that I became a believer in socialism.

The phrase, « all sentient beings have the Buddha-nature » is one of the central themes of the Lotus Sutra, as is the phrase, « all sentient beings are my children. » The phrase, « within the Dharma there is equality, with neither superior or inferior » comes from the Diamond Sutra. Regrettably, this brief statement is the only surviving example of Gudō’s understanding of the social implications of the Law of the Buddha.

Even this brief statement, however, puts Gudō in direct opposition to Meiji Buddhist leaders such as Shimaji Mokurai. In his 1879 essay entitled « Differentiation [Is] Equality » (Sabetsu Byōdō), Shimaji maintained that distinctions in social standing and wealth were as permanent as differences in age, sex, and language. Socialism, in his view, was flawed because it emphasized only social and economic equality. That is to say, socialists failed to understand the basic Buddhist teaching that « differentiation is identical with equality » (sabetsu soku byōdō). Or phrased somewhat more philosophically, socialists confused the temporal world of form (yūkei) with the transcendent world of formlessness (mukei), failing to recognize the underlying unity of the two. It was Shimaji’s position that would gain acceptance within institutional Buddhism.

Village Priest and Social Activist

Shūsui Kōtoku

Of the eighty-two persons who eventually expressed their allegiance to socialism in the pages of the Heimin Shimbun, only Gudō and one other, Kōtoku Shūsui, were later directly implicated in the High Treason Incident. This suggests that Gudō, like Kōtoku, was a leading figure in the nascent socialist movement, but that was not the case. Gudō’s relative physical isolation in the Hakone mountains limited the role that he was able to play. He might best be described as a rural social activist or reformer who, in his own mind at least, based his thought and actions on his Buddhist faith.

Ironically, it was Gudō’s relative physical isolation that eventually thrust him into the historical limelight. The Japanese government and police devoted ever-increasing efforts to suppressing the growing socialist movement with its pacifist platform. This suppression took the form of repeated bannings of politically offensive issues of the Heimin Shimbun; arresting, fining, and ultimately jailing the newspaper’s editors; and forcefully breaking up socialist meetings and rallies. With two of its editors (including Kōtoku Shūsui) on their way to jail for alleged violations of the press laws, the Heimin Shimbun printed its last issue on January 25, 1905. When the newspaper closed down, the socialist antiwar movement within Japan virtually came to an end, thereby enabling the government to prosecute its war with Czarist Russia free of domestic opposition.

Cartoon from the Heimin Shimbun of January 17, 1904: military, political, religious and economic elites try to bring the poor peasant into the temple of war, whose door (Torii) consists of two guns and a saber

In September 1905 the war with Russia ended with a Japanese victory. The victory was, however, a costly one, both in terms of the government’s expenditures on armaments and the high number of military casualities. When it became general knowledge that the peace terms did not include a war indemnity, riots broke out in Tokyo and martial law was immediately imposed. In this atmosphere of significant social unrest, the government pursued its suppression of socialism even more relentlessly than before. On February 22, 1907, the Socialist Party was banned and socialists were harassed, beaten, and jailed. By 1908, unable to hold public meetings or publish either newspapers or magazines, what was left of the socialist movement went underground. Prohibited from advocating socialism openly, some members of the movement came to believe that the only way they could succeed was to take some form of « direct action » against the imperial house itself.

It was these circumstances which prompted Gudō to visit Tokyo in September 1908. He not only met with Kōtoku Shūsui but purchased the necessary equipment to set up a secret press within his own temple. The printing equipment itself was hidden in the storage area located underneath and to the rear of the Buddha altar in the Main Hall. Gudō used this press to turn out popular socialist tracts and pamphlets, and he also wrote and published his own materials, including his best-known work, In Commemoration of Imprisonment: Anarcho-Communism-Revolution (入獄紀念・無政 府共產・革命 Nyūgoku Kinen-Museifu Kyōsan-Kakumei).

That work is interesting for a number of reasons. It contains a pointed critique of the then prevalent understanding of the Buddhist doctrine of karma. After beginning with a lament for the poverty of tenant farmers, Gudō writes:

Is this [your poverty] the result, as Buddhists maintain, of the retribution due you because of your evil deeds in the past? Listen, friends, if, having now entered the twentieth century, you were to be deceived by superstitions like this, you would still be [no better than] oxen or horses. Would this please you?

Gudō clearly understood that the Buddhist doctrine of karma was being interpreted as providing the justification for social and economic inequality. That is to say, if tenant farmers were impoverished, they had no one to blame but themselves and their own past actions. Shaku Sōen was typical of the Buddhist leaders who advocated this interpretation: « We are born in the world of variety; some are poor and unfortunate, others are wealthy and happy. This state of variety will be repeated again and again in our future lives. But to whom shall we complain of our misery? To none but ourselves! » Gudō was also critical of certain aspects of Buddhist practice. For example, on May 30, 1904, he wrote a letter of protest to the abbot of Jōsenji, Orihashi Daikō. In this letter he requested that the Sōtō sect cleanse itself of the practice of selling temple abbotships to the highest bidder. When Daikō refused to endorse his position, Gudō expressed his determination to push for this reform on his own.

The real significance of In Commemoration of Imprisonment lay not only in
its critique of certain aspects of Buddhist doctrine, butalso in its blistering rejection of the heart and soul of the Meiji political system, the emperor system. It was, in fact, this rejection of Japan’s imperial system that, more than any other factor, led to Gudō’s subsequent arrest, imprisonment, and execution. He wrote:

There are three leeches who suck the people’s blood: the emperor, the rich, and the big landowners … The big boss of the present government, the emperor, is not the son of the gods as your primary school teachers and others would have you believe. The ancestors of the present emperor came forth from one corner of Kyushu, killing and robbing people as they went. They then destroyed their fellow thieves, Nagasune-hiko and others … It should be readily obvious that the emperor is not a god if you but think about it for a moment.

When it is said that [the imperial dynasty] has continued for 2,500 years, it may seem as if [the present emperor] is divine, but down through the ages the emperors have been tormented by foreign opponents and, domestically, treated as puppets by their own vassals … Although these are well-known facts, university professors and their students, weaklings that they are, refuse to either say or write anything about it. Instead, they attempt to deceive both others and themselves, knowing all along the whole thing is a pack of lies.

Imprisonment

Gudō printed between one and two thousand copies of the tract containing the foregoing passages and mailed them to former readers of the Heimin Shimbun in small lots wrapped in plain paper. Its radical content, especially its scathing denial of the emperor system, so frightened some recipients that they immediately burned all the copies they received. Others, however, were so excited by its contents that they rushed out onto to the streets to distribute the tract to passersby. It was not long, predictably, before copies fell into the hands of the police. This in turn sparked an immediate nationwide search for the tract’s author and the place and means of its production.

On May 24, 1909, Gudō was arrested on his way back to Rinsenji after having finished a month of Zen training at Eiheiji, one of the Sōtō sect’s two chief monasteries. He was initially charged with violations of the press and publications laws and, at first, believed he would simply be fined and released. Upon searching Rinsenji, however, the police claimed to have discovered a cache of explosive materials including twelve sticks of dynamite, four packages of explosive gelatin, and a supply of fuses.

One contemporary commentator, Kashiwagi Ryūhō, claims, though without presenting any proof, that the charges relating to the possession of explosive materials were false. In an article entitled « Martyr Uchiyama Gudō » he states: « The dynamite had been stored at his temple in conjunction with the construction of the Hakone mountain railroad. It had nothing to do with Gudō. » Nevertheless, Gudō was convicted of both charges and initially sentenced to twelve years’ imprisonment. On appeal, his sentence was reduced to seven years.

On July 6, 1909, even before his conviction, officials of the Sōtō Zen sect moved to deprive Gudō of his abbotship at Rinsenji. Once he had been convicted, they quickly moved on to yet more serious action. On June 21, 1910, Gudō was deprived of his status as a Sōtō Zen priest, though he continued to regard himself as one until the end of his life.

Toward a Second Trial

On May 25, 1910, two socialists, Miyashita Takichi and Niimura Tadao, were arrested in Nagano Prefecture after police searched their quarters and found chemicals used to make explosives. In the minds of the police this was concrete evidence of the existence of a wider conspiracy against the imperial house. This in turn led to Kōtoku Shūsui’s arrest a week later, and the investigation and interrogation of hundreds of men and women in the following months. By this time Gudō had already been in prison for a full year, yet this did not prevent him from becoming a suspect once again.

The imperial cat is about to eat the socialist pest, cartoon that appeared in Japanese newspapers during the time of the trial

At the conclusion of its investigation, charges were brought against twenty-six persons, including Gudō and one woman, Kanno Sugako. If convicted under Article 73, « Crimes Against the Throne, » of the new criminal code, all of them could face the death penalty. Under Article 73 prosecutors had only to show that the defendants « intended » to bring harm to members of the imperial house, not that they had acted on this intent in any concrete way. Ideas, not facts, were on trial.

The trial commenced in Tokyo on December 10, 1910. Kanno Sugako not only admitted in court that she had been involved in the alleged conpiracy but indicated how many others had been involved as well. Upon being asked by the presiding judge, Tsuru Jōichirō, if she wished to make a final statement, Kanno responded:

From the outset I knew that our plan would not succeed if we let a lot of people in on it. Only four of us were involved in the plan. It is a crime that involves only the four of us. But this court, as well as the preliminary interrogators, treated it as a plan that involved a large number of people. That is a complete misunderstanding of the case. Because of this misunderstanding a large number of people have been made to suffer. You are aware of this …

If these people are killed for something that they knew nothing about, not only will it be a grave tragedy for the persons concerned, but their relatives and friends will feel bitterness toward the government. Because we hatched this plan, a large number of innocent people may be executed.

In her diary entry for January 21, 1911, Kanno identified the other persons involved in the plot as Kōtoku, Miyashita, Niimura, and Furukawa Rikisaku.

Kanno’s plea on behalf of the other defendants fell on deaf ears. As for Gudō, Chief Prosecutor Hiranuma Kiichirō went on to identify his earlier writing, with its uncompromising denial of the emperor system, as « the most heinous book ever written since the beginning of Japanese history. » He also mentioned a second tract which Gudō had printed, entitled A Handbook for Imperial Soldiers (Teikoku Gunjin Zayū no Mei). Here Gudō had gone so far as to call on conscripts to desert their encampments en masse. In addition, Gudō had, as already noted, repeatedly and forcefully advocated both land reform in the countryside and democratic rights for all citizens.

Many years later an alternative view of Gudō’s role in the alleged conspiracy came from a somewhat surprising source, namely the administrative headquarters of the Sōtō Zen sect. In the July 1993 issue of Sōtō Shūhō, the administrative organ for this sect, an announcement was made that as of April 13, 1993, Uchiyama Gudō’s status as a Sōtō priest had been restored. The announcement went on to say, « [Gudō’s] original expulsion was a mistake caused by the sect’s having swallowed the government’s repressive policies. »

The explanation as to what caused this turnabout in the sect’s attitude toward Gudō was contained in a subsequent article that appeared in the September 1993 issue of the same periodical. Written by the sect’s new « Bureau for the Protection and Advocacy of Human Rights, » the highlights of the article are as follows:

When viewed by to day’s standards of respect for human rights, Uchiyama Gudō’s writings contain elements that should be regarded as farsighted. We have much to learn from them, for today his writings are respected by people in various walks of life, beginning with the mass media. In our sect, the restoration of Uchiyama Gudō’s reputation is something that will both bring solace to his spirit and contribute to the establishment within this sect of a method of dealing with questions concerning human rights …

We now recognize that Gudō was a victim of the national policy of that day … The dynamite found in his temple had been placed there for safekeeping by a railroad company laying track through the Hakone mountains and had nothing to do with him … The sect’s [original] actions strongly aligned the sect with an establishment dominated by the emperor system. They were not designed to protect the unique Buddhist character of the sect’s priests … On this occasion of the restoration of Uchiyama Gudō’s reputation, we must reflect on the way in which our sect has ingratiated itself with both the political powers of the day and a state under the suzerainty of the emperor.

While the Sōtō sect’s statement clearly views Gudō as a victim of government repression, it presents no new evidence in support of his innocence. It merely repeats Kashiwagi’s earlier unsubstantiated claim that the dynamite found at his temple was put there as part of a nearby railway construction project. All in all, the Sōtō sect’s statement must be treated with some scepticism, perhaps as more of a reflection of the sect’s regret for what it came to recognize (in postwar years) as its slavish subservience to the state.

Because of this lack of evidence, no definitive statement can be made about the guilt or innocence of those on trial in the High Treason Incident. As noted earlier, much critical evidence was destroyed by the government as it sought to make the accused into « nonpersons. » When in 1975 the descendents of one of those originally convicted in the case petitioned for a retrial, the Ministry of Justice stated clearly for the first time that the trial’s transcripts no longer existed. Even if the transcripts had existed, it is doubtful that they would have provided definitive evidence, given that everyone directly connected with the trial was by then dead. Historian Fred Notehelfer admits at the end of his study of the case that « an element of mystery … continues to surround the trial. » It probably always will.

There was never any doubt at the time, however, that the defendants would be found guilty. The only uncertainty was how severe their penalties would be. On January 18, 1911, little more than a month after the trial began, the court rendered its verdict. All defendants were found guilty, and twenty-four of them, Gudō and the three other Buddhist priests included, were condemned to death. One day later, on January 19th, an imperial rescript was issued which commuted the sentences of twelve of the condemned to life imprisonment. Three of the Buddhist priests–Takagi Kemmyō, Sasaki Dōgen, and Mineo Setsudō–were spared the hangman’s noose, though all would die in prison.

Toward Execution

The condemned are taken away in handcuffs, their heads covered with a balaclava Tokyo Asahi Shimbun, 12/10/1910

Mikiso Hane has suggested why the government was so determined to convict all of the defendants:

The authorities (under Prime Minister Katsura Tarō, who had been directed by the genrō [elder statesman] Yamagata Aritomo to come down hard on the leftists) rounded up everybody who had the slightest connection with Kōtoku and charged them with complicity in the plot.

Yamagata was particularly concerned by the fact that the court testimony of nearly all the defendants revealed a loss of faith in the divinity of the emperor. For Yamagata, this loss of respect for the core of the state represented a serious threat to the future of the nation. Those holding this view had to be eliminated by any means necessary.

Acting with unaccustomed haste, the government executed Gudō and ten of his alleged co-conspirators inside the Ichigaya Prison compound on the morning of January 24, 1911, less than a week after their conviction. Kanno Sugako was executed the following day. Gudō was the fifth to die on the twenty-fourth, and Yoshida Kyūichi records that as he climbed the scaffold stairs, « he gave not the slightest hint of emotional distress. Rather he appeared serene, even cheerful–so much so that the attending prison chaplain bowed as he passed. »

The next day, when Gudō’s younger brother, Seiji, came to collect his body, he demanded that the coffin be opened. Looking at Gudō’s peaceful countenance, Seiji said, « Oh, older brother, you passed away without suffering … What a superb face you have in death! »

The other assault on the Capitol 25 years ago …

For French people, the Capitol is not only the US institution, it is also the name of the City Hall of Toulouse, 4th city in France in term of inhabitants, and France’s capital of anarchist movement since one century.

This story of the assault on the Capitol Hill in Washington reminds me of another assault, just 25 years ago, but in Toulouse … December 17, 1995, was the last demonstration against the “Pension and social securty reform” (“plan Juppé” in French, named from the 1st minister of that time, Juppé). The social movement against Plan Juppé has been the widest since May 68, a renewal of contestation, with massive demonstration and large general strike in public transport branch, paralyzing the country for one month.

For the last demonstration of the movement, Unions had decided to make it a show off, to demonstrate strength and calm, and above all to organize the movement’s funeral with great fanfare. They wanted to stop the strike and street movement, to make place to round tables negociations. Christmas was approaching, it was time for the « confectioners’ truce » (tradition in France that all type of conflicts are stopped during Christmas holidays). The Unions had therefore decided to exhaust us in circling around the city center but above all not to return to the center so as not to hamper the shops and stores on these eve of the holidays [1].

There had been a huge crowd at this demo. It is even the biggest demo ever seen in the history of Toulouse, 100,000 people … Arrived at Esquirol square, after walking in circles all afternoon, walkers still had a desire for something more… The demo couldn’t stop there… We didn’t feel tired despite the endless journey. A friend disguised as a ninja turtle, ski mask on the face, an helmet and a DIY shield made with a speed limit sign starts to shout  « it’s at the Capitol that we will have fun ». While the Unions turn right to go towards the Carmelites square, the demo branches off to the left and continues towards the Capitol square. We are several thousand. Arrived at the Capitol square, (the Cap’), the place is invaded.

The friends of InfoSud (autonomous magazine of the time) try to hang their black banner on the Capitol’s gate. The doors opens. Parked at a corner of the square, behind the red and black banner of your favorite anarchosyndicate, the companions say to themselves « it seems that things are moving at the Cap’s doors, they have managed to get into the city hall ». 2 friends run to see what’s going on. They are followed by 2 other fellow mates, then 20, then 200,then everyone who is rushing to the doors. The rest of the demonstration follows the movement…

In fact the doors had opened to let out the mobile guards (anti-riot elite unit) piled up in the courtyard of the Capitol building. Getting outside, they were not wearing any protective equipment, only wearing their caps… When the wave rushes on them, the impact is frontal on the plexiglass shields. The flag poles come down. A few caps fly. Teeth too. The blue line is scattered. Anti-riots flee and get back quickly into the Capitole to lock themselves in the town hall. From the first floor, on the balcony of the Capitol, mobile guards smash the window glasses of the Hall of illustrious people and swing the tear gas to drown the Cap Square. But the demonstrators do not move, even ask for more. Families with strollers barely take shelter under the arcades surrounding the square. Workers on striker and autonomous squatters help each other to gather garbage cans (the garbage collectors had been on strike for several weeks) on the door of the Capitole Opera House which is inside the City Hall, and set it on fire. The door starts to burn …

The demonstrators are spreading in the small streets around the Capitol to take a stand. A customer rushes out of the hairdresser, in a blouse and his hair full of shampoo: the rioters were in the process of overturning his BMW to make a barricade of it. In Paragaminière street, other rioters help the shopkeeper of a small convenience store to bring in his shelves; in exchange the shopkeeper gives them water and lemons against the tear gas. A few cars are overturned to obstruct, small groups harass the cops without stopping. Young people from working-class neighborhoods, on a strolling in the city center, are joining the movement. The cat and mouse game lasts several hours, taking advantage of the night that has just fallen. The « sugars, » those white cop vans, zigzag to avoid the projectiles and the trash that fall on them.

Not a single person was arrested, and also not a single store window fell: that night, despite shopping day and Christmas Eve, the targets were the cops. Young and old, activists and onlookers, all together. Pure rage, without opportunism neither consumerist nor political.

The following day the news headline  » Anarchists assault on Capitole : 200 Anarchists behind a Red and Black Banner Attack the Capitol. They threw away whatever they had in their pockets: bolts, beer bottles, etc. The thugs get involved « . Baudis, the Mayor of Toulouse, speaks of an insurrection. A federated anarchist group, whose name will be kept silent for pity,  made a statement to complain that « the police headquarter obviously took no measures to prevent the demonstration from accessing the Capitol square  » (the Police union, FASP, will also complain on the same tone  … ) and reject any confusion between anarchists and thugs. The CNT-AIT for its part, only disputes that – contrary to what newspapers wrote – the demonstrators didn’t joined the demo with any projectiles in their pockets and asks the question of police provocations …

In the evening with our friends of the anarchosyndicate, we had a great meal in the self-managed restaurant of Titi and Nicolas. The caps – war prizes – turn from one head to another, we laugh, one compañera takes out the accordion, we sing and laugh loudly.

It was the best Christmas of my life …

The reform pension has been withdrawn, and would be reintroduced only 10 years after. May be this assault on the Capitol had played a small role in this

Little Mouna …

[1] Here is what the “Dépêche du Midi”, the main newspaper of Toulouse  said in its edition the day before the demo: « To spare the city center shopping streets, the Capitol square, the town hall and the prefecture from the demonstration, admit that it is a feat! This is the concession made by the Unions … who do not want to make their movement unpopular by « too many demonstrations ». For shops and retailers in the centre, this means (finally!) peace in front of their stores. It’s terribly important on this first Saturday of the Christmas rush. The same satisfaction is obviously valid for buyers: they will not feel any discomfort. The city center (clean since yesterday) will be free of any event, and perfectly accessible. … We salute this great loop… of great capacity, open and intelligent, which « does not strangle the city. When the demonstration will be in Saint Cyprien square, we will be quiet in town! On the other hand, Esquirol square and Languedoc street will be drowned in demonstrators, say around 4 pm to 4:30 pm, at the time of the dislocation. ” the police authorities and the unions had obviously planned everything… except a minor glitch …